CONSULTATIONS
CHOISIES
DE PLUSIEURS MEDECINS CELEBRES
DE L’UNIVERSITÉ
DE MONTPELLIER»
DES MALADIES AIGUËS ET CHRONIQUES.
CINQUIEME,
Durand, rue feint Jacques , à feint Landri,
& au Griffon.
PrssoT, Fils, Quai des Auguffins, à la SagefTe.
M. D C C. L.
Aveç Approbation, et privilège m roi.
r pï|ÏÏÏÏjüK| 11H | Il II 1111 *|JI IjjJI jj ]±U UrU I |4IM j 11 il | U H11111111H j M1111 lijM I
0 1 2 3 4 '5 6 ' 7 é
TABLE
Des Confultations contenues dans
le cinquième Volume,
CONSULTATION PREMIERE.
S
U R une Orthopnœe,
avec enflure des
jambes, pag. i
Confultation II. Peur une attaque de para-
lyfi* , 6
Confultation III. Sur un foupçon de grof-
JeJfe , ou d.e mole , ^
Confultation IV, ObjlruElions du bas-ven¬
tre devenues fqnirrheufcs ,
Confultation V. Peur une femme çroffe at¬
taquée de fievre intermittente , i j
Confultation VI. Sur une difficulté périodi¬
que de refpirer , j/j
Confultation VII. Sur une jauniffe , Z z
Confultation V II. Sur une difficulté de
refpirer , oppreffion , 25
Con'ult. IX. Pour un eftomac dérangé, zS
Coniultation X. Sur un vomljfement ancien
& habituel # ^ j
Tome a jj
ij TABLE (
Confultation XI. Sur une fièvre continue
putride, 3 S
Confultation XII. Pour le meme malade ,
dans la même maladie, 41
Confultation XIII. Sur me inflammation
des gencives d'un enfant a la mammelle , 47
Confultation XIV. Sur un œdème des deux
pieds, & du bas des jambes , & des do u-
leurs rhumatifantes aux genoux, 48
Confultation XV. Sur une affection mélan¬
colique , 55
Confultation XVI. Sur une affettion hypo -
chondriaque, 6 z
Confultation XVII. Sur un afihme çaufiè
par des tubercules aux poumons , 70
Confultation XVIII. Sur une ardeur de
poitrine, un dérangement d’eftomac, cours;
de ventre, accès de fièvre, ophtalmie,' 1 ] %
Confultation XIX. Sur un skvrre au bas-
ventre , ' 85
Confult. XX- Suite de la précédente , 90
Confultation XXI. Sur une hydropifiecom¬
mençante,
Confultation XXII. Sur une jauni (fie, 100
Confultation XXIII. Dyfenterie ancienne ,
& compliquée de lie merie, 105
Confult. XXIV. Sur un afihme humide, 109
Confultation XXV. Sur. un foupçon de mo¬
le dans la matrice 3 jiq
DES CONSULTATIONS. Ifj
Confultation XXVI. Sur une affettionfior-
butique , ni
Confultation XXVII. Sur me ardeur dm
rine dune Religieuse de Saint Benoit, âgée
de dix - huit ans , 127
Confultation XXVIII. Sur une colique
deftomac, 135
Confultation XXIX. Dartres â l’entrefefi
Jon, avec demangeaifon , 144
Confultation XXX. Maux d’eflomac 3 dé¬
goûts , vents , rapports , opprejjion , dou¬
leurs rhumatique s 3 ijo
Confultation XXXI. Sur des douleurs de
rhumatifme goûteux , 1 y 5
Confultation XXXIL Sur des douleurs en
diffèrens endroits du corps , 1 6 3
Confultation XXXIII. Sur une pajjion hyfi
térique , 167
Confultation XXXIV. Sur une colique ven-
teufe , des douleurs de poitrine , des frifi
fins , oppre(fions , &c. 175
Confultation XXXV. Sur un écoulement
enfuite dune chaude-pijfe 181
Confultation XXXVI. Sur un crachement
de fûng , & un vomijfement habituel ,187
Confultation XXXVII. Perte de mémoire
& de connoijfance, fuivie de mouvemens
canvulfifs , 19 S
‘Confultation XXXVIII. Pour me perfinne
qui crache vomit le fitng , Z04
b TABLE
Confuitation XXXIX. Sur une confuflon
dans les idées , précédée d'engourdijfemeni
& pefanteur t & de tiraillemens dans la
tête , z 1 z
Confultarion XL. Sur une foihleffe généra¬
le , avec étourdijfemens , langueur & lajfi-
tudes univerfelles , èblouiffemens , z 1 3
Confulcation XLI. Sur un ulcère carcim-
mat eux a la lèvre inferieure , 224
Confuitation XLlI. Sur des loupes qui ont
paru en différents endroits du corps , 131
Confuitation XLIII. Sur des excroiffances
dans le canal de Vurèthre , 2-37
Confuitation XLIV. Gonflement ffeflomac , -
parcjfe du ventre . pefanteur & chaleur au
fondement, hémorrhoides, Jupprejflon des
règles , 24<T
Confuitation XLV. Tour le même malade ,
& la même maladie poux lefqutls efl la
C onfultatïon XL1I. z j I
Confuitation XLVI. Sur une maladie va-
poreufe ou hypocondriaque , accompagnée
d'une foule de fymptornes qui ont fouvent
varié, 237
Confuitation X.LVIL Sur un larmoyement
des deux yeux , 273
Confuitation XLVIII. Sur une opprejfion
avec toux , expectoration difficile , chaleur
brûlante entre les épaules ? infomnie s &c.
DES CONSULTATIONS. *
Confultation XLIX. Sur des camofités dans
ïurèthre y 190
Confultation L. Sur des vents dans Veflo-
mac, gonflement dans le bas-ventre , flu¬
xion fur le gofler avec picottement , cra¬
chement glaireux, 29 ç
Confultation LI.S#r une ajfeÜion hypocho»
driaque, 503
Confultation LIT. Sur me ajfeiïion mélan¬
colique y j i l
Confultation LUI. Sur me fenfibilitc aux
yeux a la chandelle , fans inflammation
extérieure y 320
Confultation LIV. Sur une affeBion fapo-
reufey précédée de migraines , 324
Confultation LV. Sur des dartres, des
clouds y des maux de tête , & aux oreille
accompagnés de tintement , & quelquefois
de dureté d'ouie y 330
Confultation LVI. Pour la même perfonnc
de la même maladie que la Confultation
w . m
Confultation LVII. Sur des attaques de
goûte y -3 41
Confultation LVIII. Sur un engourdijfe-
ment , une irritation & chaleur aux doigts ,
attaques de graveüc } & de goûtes , cardial-
8 e > 349
vj TABLE DES CONSULTATIONS 5
Confultation LIX< Sur des tumeurs froide
apres la petite vérole , 356
-Confultation LX. Sur uneehaudspijfe d'u¬
ne Dame , 363 •
Confultation LXI. Tour des attaques d'épi-
lepfie , t v - :■ 371
Confultation LXIL Sur, affeiïion hyfléri-
que , . 3S0
Confultation LXIII. une colique rénale
compliquée avec des mouvement épilepti¬
ques. Le malade de plus ëfi attaqué de la
colique quon nomme c olica piètonum,
390
- Confultation LXIV. Sur une dartre répan-
. due fur tout le corps 3 & un rhumatifme
gouteux , ’ ■ 39p
Confultation LXV. Sur des palpitations-de
cœur } des vapeurs convulfives fdes verti¬
ges t&c. 407
Confultation LXYI. Pour une perte blan-i
che y 417
Confultation LXVII. Sur une affeftioh va-
poreufe &■ convutfivçy 7J . 7... 424
Fin de la Table du cinquième Volume.
CONSULTATIONS
CONSULTATIONS
CHOISIES
DE MEDECINE-
CONSULTATION PREMIERE.
Sur une Orthopnœe, avec enflure des jambes*
r ysgæ g-gîl ’Orthopn<b.e , Ou diffi-
j| ||l|||j| culté de refpirer confidéra-
|| gSpij bie, accompagnée de l’enflu-
i re , ou tumeur œdémateüfè
des jambes, pour laquelle on nous con-
fulte , ne peut provenir que d’une confti-
tutiôn du fang épailïe êc vifqueufe ; en
forte qu’il ne fçauroit rouler avec liberté
dans les petits tuyaux capillaires des véiî-
cules des poulmons.
Ce fang s’arrêtant, ou faifan-t plus de
Terne T, A
x Consultations .choisies
féjour qu’il n’en doit faire dans fes vai£-
féaux , les dilate 5 c les gonfle. Ils ne peu¬
vent fe gonfler qu’ils ne compriment les
bronches ou tuyaux deftinés à recevoir
. l’air 5 ce qui caufe la difficulté de refpi-
rerplus ou moins forte , fui'vant que la
prefïïon eft plusou moins .grande. Cette
flifficulté de refpirer augmente de jour en
jour j parce que l’.air n’entrant qu’en pe¬
tite quantité dans les véficules pulmonai¬
res, elles ne peuvent être dilatées comme
elles doivent l’être , & le fang qui circule
flans |es poulmons ne reçoit pas aflèzj
abondamment les particules nitro - aé¬
riennes , que l’air, a accoutumé de lui
fournir.Les véficules n’étant pas dilatées,
j 5 c le nitre de l’air venant à manquer ,il
s’enfuit néceflàirement que le fang ne
circule pas avec la même liberté 5 c que
fon mouvement de fermentation dimi¬
nue. De - là encore fon féjour , Jte fon
épaiffifièment, ce qui ne contribue pas
peu à entretenir & augmenter la force de
la maladie,
C’eft à cette même caufe qu’il faut at¬
tribuer l’enflure, ou œdème, des jambes.
Ile fang épais, Sc dépourvu des particules
nitreufès ou fpirîtueufes, ne pouvant rou¬
ler facilement dans ces parties ,inférieur
DE MEDECINE J
tes, comprime les vaifleaux lympnati-
cues, de maniéré que la lymphe n étant
réforbée qu’en partie, l’autre partie refte
8 c croupit dans les glandes & pores de
communication quelle fait enfler.Ajoutez
à ce que nous avons dit ci-deffixs, que la
lymphe dans cette eonftitution devant
être groiïiere & épaille, concourt aulîï
par les mêmes raifons avec le fang à
produire & augmenter les mêmes acci-
dens, auxquels il faut au plutôt réroédier 9
de peur que le fang 8 c la lymphe n’ac-
querant tous les jours plus devifcofité, 8 c
ne failànt par conféquent un trop long fé-
jour dans les vailleaux pulmonaires, ou
dans les diflerens couloirs du bas-ventre ,
lie produifent enfin ou une inflammation,
ou une hydropifie. Cette derniere e'ft
d’autant plus à craindre que l’œdême des
jambes fait voir que la lymphe aune
grande difpofition à s’arrêter dans les
tuyaux véficulaires & glanduleux.
Pour prévenir des fuites fi fàcheulès ,
nous croyons que , nonobftant les cha¬
leurs, le malade doit ufer pendant dix ou
douze jours d’une poudre apéritive 8 c
purgative propre à ranimer le fang, &îa
lymphe, 8 c à détourner le cours des féro-
fités qui pourroiens fi; dégorger dans la
Aij
4 Consultations choisies
poitrine ou le bas-ventre ; c’eft-à-dire ^
qu’il prendra tous les matins dans quel¬
ques cuillerées de bouillon , une poudre
compofée de quinze grains de rouille
de fer préparée à la rofëe , douze grains
de rhubarbe pulvérifée , fix grains de
mercure doux , & autant de diagréde. Si
cette poudre le fatigue, on pourra laif-
fer repofer le malade de tems en tems ,
je veux dire qu’on lui donnera du relâche,
de trois ou de quatre jours l’un, ce qui
dépendra de la prudence du Médecin or¬
dinaire -, &même,pour en rabattre un peu
la force , il avalera une heure après un
bouillon de poulet farci de deux onces
des quatre femences froides & deux drag^
mes de femence de pavot, dans lequel ou
fera aüffi bouillir une bonne poignée de
chicorée &debuglofe.
Avant que d’ufer de cette poudre, nous
forâmes d’avis , pour qu’il n’en foir pas
trop échauffé , & que le malade refpire
avec plus de liberté , de défeniplir les
vaitîeaux par une faignée f ainfî on tirera'
au plutôt huit à neuf onces de fang de l’un
des bras 3 & le jour même de la làignée
on donnera fur le foir un lavement
fait avec une décodion émolliente, &
Um once, delénitif, avec autant de miel
DE MED! CINE# J
rcfar. Le lendemain il commencera à
prendre fa poudre, & continuera comme
il a été dit.
Pendant qu'il uferâ de ce rerftéde,
nous trouvons à propos qu'il boive à Ton
ordinaire deux ou trois verres d'une pci—
•Panne faite avec la plante appellée Cam-
phorata , qui croît abondamment dans
nos garrigues. On jette fur une pinte
d eau bouillante une poignée des brins
les plus tendres de cette plante , qu’on
laide bouillir un quart d’heure ; on retire
enfuire le pot du feu pour couler la li¬
queur 8 c la garder dans une bouteille.
Toutes les fois qu’il en voudra boire on
pourra la mettre au frais , & non à la
glace ; s’il s’en trouve bien il en ufera
plus îongrtems que de la poudre.
Nous ne parlons pas ici du régime de vie,
le malade étant entre les mains d’un Mé¬
decin prudent & habile. Nous ajouterons
feulement qu’après les chaleurs on fera
fans doute obligé de renouveller ces re¬
mèdes pour redonner au fang fa première
fluidité, & récablir parfaitement notre
malade.
Délibéré à Montpellier ce u. Juillet
17 oZ.figné, CmcoYNtAU , Bezac.
é Consultations choisies
CONSULTATION II.
Pour me attaque de Paralyjîe.
P Our dilUper les indifpofitions qui
relient, & pour prévenir le retour
de 1’attaque que le malade a efluyée, il
faut qu’il prenne les remèdes fuivans.
Il ira à Balaruc, ou il boira les eaux
pendant quatre jours de fuite , feize ver¬
res chaque marin en quatre reprifes dif¬
férentes ; on ajoutera "au dernier verre
du premier jour deux onces de manne ;
êc autres deux onces au dernier verre du
quatrième jour.
Le jour quil y arrivera , & le qua¬
trième jour qu’il boira., on lui douchera
la tête, l’épine du col , l’épine du dos
jufqu au-deffous des épaules, à la maniéré
ordinaire, furlefoir.
Il prendra enfuite pendant trois jours
un bain entier chaque jour, ouilref-
tera jufqu a ce qu’il puiiTe lui exciter une
fueur raifonnable.
Deux jours après qu’il fera arrivé chez
lui, on le purgera avec la Medecine qui
fuit.
IE MîDÏCÏNî; 7.
P V RG A 7 ION,
Prenez feuilles de fenné inondées deux
drâgmes -, crème de tartre folüble, 8 c
rhubarbe choifie , de chacune une drag-
me , faites bouillir légèrement, 8 c puis
infufêr dans l’eau dè fontaine 5 diffolvez
tîans la côlature deux onces de manne j
faites une potion qui fera prife le matin.
Quand il aura été purgé, il prendrai
pendant douze jours le mâtin à jeun Po-
piate qui fuit 3 avalant par deflus un
bouillon fait avec un petit poulet 8 c un©
grande poignée en tout de feuilles d’aigre-
moine & de pimpinelle 3 8 c on le repur¬
gera à la fin.
OP 1 A TE.
Prenez conferve d’aunée -, 8 c rhu¬
barbe , dè chacun deux dragmes ; fel
admirable de Gkuber , cloportes pré*
parés, 8 c feuilles de lènné mondées, de
chacun deux drachmes & demie ; faites
avec le fyrop de chicorée compofé une
opiate qui fera partagée en douze prifes.
L’Automne prochain on lui redonnera
la même opiate , & quand il ên aura fini
Aiiij
3 Consultations choisies
l’ufageil prendra pendant vingt jours
Le matin à jeun un bouillon fait avec
demi-livre de colet de mouton,une grande
■poignée de feuilles de bourache , huit
écrevilïes de -riviere lavées dans l’eau
■bouillante , & écrafées dans un mortier
de marbre ; & quand le bouillon fera fait
& coulé,,on y difloudra demi- dragme
de tartre martial foluble, & on le repur¬
gera au bout.
Il doit s’abftenir de la falure, des épi¬
ceries , de la friture, des ragoûts, des
viandes de carême, de la falade, des ar-.
tichauds 5 & du fromage ; en un mot il doit
être nourri de foupe à la viande, de bouil¬
lon , de rôti , & il ne doit manger que
de la viande du boucherie , de la volail¬
le, & du gibier, excepté celui de rivière,
& la viande noire, & il doit boire le vin
bien trempé.
Délibéré à Montpellier ce 18. mai ,
1719-figné 3 ViRNY,Doâ:eur en Medecine*
de Médecine.
*
CONSULTATION III.
Sur un fiuppon de grojjejfe 3 ou de mole.
L ’Etat préfent de la malade ne permet
pas de fe déterminer encore, ni pour
la grolïèlîeni pour la mole. Il manque
l’examen de la matrice par une Sage-fem¬
me, ou unAccoucheur habile. Dans cette
indécillon on commencera d’employer
les remèdes ci- joints , en attendant de
plus grands éclairciflemens. que le teins
fournira.
On purgera la malade avec une once de
tamarin, deux dragmes de fenné, & une
dragme de fel végétal , que l’on fera
légèrement bouillir, & enfuite infufer
dans la quantité d’eau de fontaine nécef-
faire pour qu’il refte un verre de colatu-
re , dans lequel on dilfoudra une once 8 c
demie de manne , & vingt-cinq grains de
rhubarbe en poudre. La medecine ainfi.
compofée , fera donnée le marin , & fui-
vie d’un bouillon trois heures après. Elle
ufera enfuite pendant neuf matins d’un
bouillon fait avec un morceau decolet de
mouton , & les feuilles de chicorée amé-
Av
ïo Consultations choisies
re, & de creflfon de fontaine , en tout
une poignée ;• on diiïoudra dans la cola-
ture vingt-cinq grains de tartre chalybé
foluble ; la purgation fera réitérée après
la neuvaine. Pendant les neuf jours fui-
vans elle prendra chaque matin une poudre
faite avec vingt grains de cryftal minéral,
vingt grains de rhubarbe en poudre, &
douze grains de cloportes, avalant par
deffus chaque prife un bouillon fait avec
un morceau de colet de mouton, & les
feuilles des plantes déjà mentionnées. On
repurgera à la fin avec le même remède.
La malade' employera pour fa boilTôn
ordinaire une ptifanne faite avec la raci¬
ne de gramen, & les fruits de kynorrho-
don.
Elle évitera les alîmens de haut goût,
la falade, les fruits cruds , & toutes for¬
te de mets indigeftes ou échaüfFans. Elle
fe nourrira avec de la foupe à la viande ,
du bouilli 8 c du rôti ; on tiendra le ventre
libre par des laveœêns convenables , s’il
eft poffible.
Délibéré à Montpellier ce ii. mai ïjiiï
figne , Montagne.
mm
CONSULTATION IV.
QbjîruEliom du bas-ventre devenues fiftùr*
rheufès.
P Ar Pexamen qui a écé fait de 1 état du
malade , ton voie que tous les vif-
céres du bas - ventre font farcis , 5 c que
Tes obftrucfciôns qui les engagent, font
félon toutes les apparences ? devenues
fquirrheufès. La difficulté qu’a le malade
de fe coucher fur l’un des côtés, le cra¬
chement defang, lafievre lente, les re-
dùübîémens qui furviennent le foir, 8 c les
fuêürs nocturnes, font avec raifon crain¬
dre Une fuppiiration déjà faite, ou pour
le moins qui fe prépare dans la poitrine.
Sur cës faits il paroît très-difficile de com¬
biner les indications qui fe préfenterit,
pour remédier aux defordres du bas-ven¬
tre , 8 c à ceux de la poitrine , parce que,
pour fuivre à propos ces indications, il
raüdtoit employer des remedes oppofés.
Parmi ces difficultés on va fe propfer ce
qui- convient aux accidens les plus pref-
fàns , 5 c l’on aura en vue de procurer aux
humeur s une plus grande fluidité , de les
A vj
i i Consultations choisies
détremper, & de les adoucir.
Pour cet effet on employera les remé^
des que l’on trouvera ci-joints, 8 c qui
tendront auffi à calmer le crachement de
fang.
On commencera par faire une faignée
du bras au malade, & on lui tirera feule¬
ment deux paletes de fang. Le lendemain
on le purgera de la maniéré fuivante.
F V RG ATI O K.
Prenez une dragme de rhubarbe, une
once de tamarin , & une dragme de
fel végétafque l’on fera légèrement bouil-
îïr dans la quantité d’eau de fontaine né-
ceflaire pour qu’il refte un verre de co-
lature , dans lequel on difloudra deux
onces de manne. La medecine ainfi pré¬
parée fera donnée le matin , 8 c fuivie
d’un bouillon trois heures après.
Le malade ufera en fuite pendant dou¬
ze jours le matin de l’opiate ci - jointe ,
avalant par d’ellus chaque prife un bouil¬
lon fait avec un jeune poulet ou un mor¬
ceau de maigre dé veau, ou d’agneau , 8 c
les feuilles de pimpinelle , d’aigremoine,
& de millefeuille , en tout une poignée :
en réitérera la même purgation a la fin.
de Médecins; 13
O P IAT E,
Prenez fang dragon en larmes, anti-
heétique de Poterius, ïeux d’écrevifles de
riviere , de chacun deux dragmes & de¬
mie ; corail rouge préparé , tartre martial
fo lubie, cloportes préparés, de chacun
une dragme & demie - r rhubarbe en
poudre une dragme ; ipécacuanha deux
lcrupules ; faites avec le fyrop de rofes
feiches une opiate qui fera partagée en
douze prifes égales, pour autant de jours.
Pendant ce même tems il prendra cha¬
que foir un julep fait avec trois cuillerées
de fuc d’ortie bien dépuré, vingt grains
de fang de dragon en larmes, & autant
de corail rouge préparé , hx dragmes de
fyrop de capillaire, & un grain de lau¬
danum:
Immédiatement après il boira pendant
douze ou quinze matins un lait préparé
par la méthode qui fuit, & on aura foin
de réitérer la même purgation pour ter¬
miner l’ufàge de ce lait coupé.
LAIT COVPE\
Prenez infufion de feuilles de capillaire
ï4 Consultations ghoisiïs
feiches^préparée à la maniéré du thé, dix
onces, 6 c autant de lait de vache & à-
jfon défaut de celui de chevre , que vous
jetterez, dans un vaiffeaü propre pour
êxpofer le mélange à- un feu doux &
fort clair ; on écrémera à mèfure que la;
pellicule fera formée, continuant de nie*
me jufqu’à diminution de la moitié ; on?
coulera & on diflôudfa dans là colature
une dragraê de fucre candi-
Après ces remèdes, file crachement dé
fang continueje malade reprendra enco¬
re la même opiate & un bouillon de pou¬
let par deflus, avec les plantes déjà men¬
tionnées, pendant une autre douzaine dé
matins ,, obfervant dé purger au com¬
mencement & à la fin. Si le Crachement
de fang avoir celle il i^feroit dés bouillons-
fans opiate , gardant lés mêmes précau¬
tions pour la purgation.
Le malade employera pour fa bôilïon
ordinaire une ptifanne faite avec les
feuilles de capillaire feiches , 6 c les rofes
rouges, qu’on infufera en maniéré dé
thé. On lui procurera de bonnes nuits pat
le moïen du laudanum , ou des gouttes
anodynesX’on verra l’Automne prochain
û les bouillons d’écreviflès , le lait, ou
fes préparations conviendront àfonécat.
DÉ Medecinï.. ¥f
duquel on nous donnera avis. On pourra
tenir le ventre libre par des lavemens
émollfens, & médiocremement purgatifs,
s’il deveneit pareflèux.
Le malade fe privera des alimens de
haut goût, de la falade y des fruits cruds,
8 c de toute forte de mets indigeftes ou
échauâFans.Ilfe nourrira avec des potage»
à la viande, des crèmes de ris , du bouil¬
li 8 c du rôti. Il foupera très-légèrement 8 c
fe contentera d une foupe, ou d’une crè¬
me de ris, avec un morceau de pain , ou
quelques bifcuits pour boire un coup.
Déféré à Montpellier ce C juin 17*4^
fîgné , Montagne.
CONSULTATION Y.
Tour une femme greffe attaquée de fievre
intermittente.
O N ne peut 8 c on ne doit faire d’au¬
tre remède à une femme enceinte
de fept mois, qui a une fievre intermit¬
tente 8 c quotidienne , que de lui faire
prendre du quinquina dans l’intervalle’
d’un accès à l’autre pour arrêter les accès.
tS Consultations choisies .
Il en faut donner une dragme chaque
fois , avec douze grains de rhubarbe en
poudre > & le donner le plus fouvent que
l’on pourra. '
Il faut de plus lui donner le foir demi-
once de fyrop de pavot blanc délaie dans
demi verre d’eau de fontaine pour calmer
Tes douleurs, ôc lui procurer un fommeii
doux & paifîble.
Il faut lui faire boire à foh ordinaire
une ptifanne faite avec une petite poi¬
gnée de racines de perhl, & donner dou¬
ze grains de kynorrhodon, qu’on fera
bouillir pendant un quart d’heure dans
une pinte de bonne eau.
fignéyV ERNY.
CONSULTATION VI.
Sur uns difficulté périodique de rejpirer.
W A difficulté de refpirerqui attaque le
-I . malade par intervalles depuis environ
quinze années , eft la fuite de la foibîéffè
des petits vailîeaux qui compofent le
poumon , qui fe trouvent trop dilatés par
h perte de leur reflort , ôc ne peuvent
DE MEDECINE. 17
cbafïer les liqueurs que le cœur leur en¬
voie continuellement , lorfqu elles font
plus épaiffes, & qu’elles ont perdu leur
fluidité naturelle. On ne peut pas foup-
çonner qu’il y ait des tubercules dans le
poumon du malade, parce que i’opprefi-
fion feroit continue, & quelle ne clonne-
roit pas au malade des intervalles auffi
longs qu’il a eu , mais on peut foupçon-
ner que les vaifleaux du poumon foibles
& relâchés ont été fi dilatés dans le teins
des paroxyfmes qu’ils pourraient être
! devenus variqueux.
Le foulagement que le malade a tou¬
jours reçu des purgatifs, les longs inter¬
valles qu’il a eus pendant fes voïages,prou¬
vent évidemment que l’épaiffiiTement des
liqueurs a beaucoup de part dans les at¬
taques d’afthme, & qu’il n’y a pas en¬
core un vice fort confidérable dans la
poitrine ; ce qui pourrait pourtant arri¬
ver dans la fuite par le retour des atta¬
ques, & caufer peut-être une hydropifie
de cette cavité.
Or, puifque les évacuans, les altérans,
le mouvement, & l’exercice, ont toujours
procuré du foulagement au malade, on
11e craft pas pouvoir combattre cette ma¬
ladie plus efficacement qu’en atténuanties
i8 Consultations choisies
liqueurs, re&ifiant les digeftions, & en
donnant du reflort aux vailfeaux du pou¬
mon qui l’ont perdu.
Puifque le malade a été purgé de¬
puis peu , on eft d’avis quil prenne incef-
famment l’opiate & le bouillomfuivans,.
OP IA T E.
Prenez tartre martial, & poudre dë’
cloportes, de chacun une dragme 8c de¬
mie ; faites avec une fuârfanre quantité'
de fyrop d’abfynthe une opiate pour une
dofe.
Il avalera par de (fus cette opiate un*
bouillon fait avec un jeune poulet, dansfr
lequel on Fera bouillir pendant Une heure
de racines de chicorée & d’âfperges , dë-
chacune une once, 8c deux dragmës de
racines d’énula-campana $, fur la fin on*
y fera bouillir pendant un moment Une
poignée de feuilles de chicorée arriére, 8c.
line pincée de Campborata Monftèlienfîs 5 ;
©11 paffera en fuite à travers une ferviett©
8c on exprimera fortement..
Le malade prendra l’opiate & le bouil¬
lon pendant neuf jours de fuite , après*
îefqueis il fe purgera-avec la médecine-
qui fuit.
DE MEDECINE. I£
TV RG AT 10 N.
Prenez feuilles defenné mondées deux
dragmes ; rhubarbe concaffée, & fel vé¬
gétal , de chacun une dragme -, graine de
coriandre une pincée ; faites bouillir dans
une décoétion de feuilles de chicorée fau-
vage , jufqu’à ce qu elle fe reduife à fix
onces, ; diffolvez dans la colature deux
once$ de manne de Calabre coulez avec
expreffion pour une potion.
Il partira enfuite pour aller à Balaruc
où il boira les eaux pendant trois jours
confécutifs. Il en boira chaque jour dix-
huit verres en quatre ou cinq reprifes ,
lailTant un quart d heure d’intervalle d’u«
lie prifeà l’autre.Après les trois jours de
la boilToii il s’en retournera chez lui, &,
dès qu’il fera arrivé, il fc repurgera avec
la médecine qui eft ordonnée ci-deflus.
Il le repofera cinq ou fîx jours pour
îailTer appaîfer le feu que les eaux de
Balaruc pourroient lui avoir donné , Sc
enfuite il: prendra le matin à jeun l’opiate
qui fuit...
io Consultations choisies
OP 1 AT E.
Prenez extrait de rhubarbe un demi
gros; faffran de Mars apéritif préparé à
la rôfée du mois de mai quinze grains;
poudre de cloportes un (crupùle ; fleurs
de fel ammoniac martiales , éthiops mi¬
néral préparé (ans feu,de chacun un demi
(crapule ; diagrede fîx grains ; faites une
opiate pour une dofe avec une fuffifame
quantité de fiyrop des cinq racines.
Le malade, prendra une heure après
cette opiate un bouillon de poulet à la
chicorée^a continuera pendant neuf jours,
& fe purgera à la fin avec fa médecine
ordinaire.
Il prendra enfuite pendant trois femai-
nés tous les matins,en fe mettant à table
pour dîner , vingt grains de (afraiï de
mars apéritif"préparé à la rofée qu’il ava¬
lera dans la première cuillerée de foupe
qu’il mangera ; 5c, s’il fe trouve bien de
ce remede , huit ou dix jours après il le
^reprendra de la même manière, 3c pen¬
dant le même tems.
Pendant l’hiver il fe purgera de tems
en tems pour nettoïer (èneftomac, & vin*
der les crudités qui pourroient s’y amaf*
R£ MîDÏCINî, 21'
fer. Si pendant ce -tems-là il a quelque
attaque d’afthme , oneft a avis qu’il te-
mette au bouillon & à la ptifane qu’on
lui ordonnera plus bas ; & afin que l’at¬
taque foit moins violente, & plus courte,
il prendra le remède qui fuit.
T I LV LES.
Prenez blanc de baleine une demi- *
dragme ; racines d'iris de Florence en.
poudre quinze grains 5 fleurs de benjoin
douze grains ; faites avec le fyrop de ve-
lart deux ou trois pilules qui feront pri-
fes de bon matin.
Le malade prendra immédiatement
après cette pilule deux taflès d’infu-
fion de citronelle faite en maniéré de
thé, ajoutant à chacune- une cuiller à
caffe de miel de Narbonne. Il prendra la
pilule ôç l’infufion quelques jours de
fuite.
Après que l’attaque fera paflee il fe
purgera avec fa médecine ordinaire.
Pendant tout le tems qu’il fera aux re¬
mèdes , & même pendant tout l’hiver , il
boira à fon ordinaire d’une ptifane faite
avec les feuilles du Camÿhomta Monfte-
lisnjîso
r îi Consultations choisies
Le malade gardera un bon régime de
■vie j il Te privera du maigre , des viandes
falées, & épicées, de la chair de bœuf &
de cochon : il ne mangera rien qui foie
aigre ou crud , fe privera du fromage, des„
faîades, des légumes, & du fruit ; il boira
peu de vin toujours trempé, jamais de
liqueurs ni d’eau-de-vie ; il fe nourrira
avec des foupes à la viande , du bouilli,
& fur-tout du rôti. Il foupera de bonne
heure & légèrement, & pourra manger
davantage au dîner; il fera de 1 exercice,le
mouvement étant propre à donner delà
fluidité à fes humeurs. Il nous fera fçavoir
fon état à la fin de l’hiver, pour lui con* *
feiller d’autres remèdes, s’il en a befoin.
Délibéré à Montpellier ce 23. octobre
1729. fîgné , Lazerme.
CONSULTATION VIL
. Sur me jœunijfe *.
CUppofé que Monfieur n’ait pas été
*3 purgé depuis quelques jours , il le
fera inceffamment .avec irx dragmes
de tamarins , deux fcrupules de rhu¬
barbe concaffée s & une dragme de
DI M EDEC 1 N!, 23
fél végétal, dont on fera une décoéfion,
dans une livre de laquelle on laiflèrain-
fufer durant la nuit à froid trois drag-
mes de fenné. On partagera le matin
l’infufion coulée en deux verres, qu’on
donnera à deux heures 8 c demie de difi-
tance l’un de l’autre , dHlolvant dans le
premier une once Jk demie de bonne
manne. Monfieur pourra boire quelques
rafles d’infufion de thé, on un bouillon
après le fécond verre.
Immédiatement après il boira pendant
dix matins un bouillon fait avec un mor¬
ceau de collet de mouton , deux drag-
mes de racine d’énula - campana con-
caflee , & une poignée en tout des feuil¬
les de chicorée amère de jardin Scde Gref¬
fon de fontaine. On jettera dans le pot
fur la fin de la coclion quinze ou fei—
xe cloportes frais , lavés & étouffes
dans le vin blanc , auxquels on donnera
une ébullition de .quelques minutes. On
diffoudra dans Jeux'ou trois cuillerées de
ce bouillon coulé vingt-cinq grains de
•tartre chalybé, & l’on fera prendre le
refte par deffus, réitérant la même me.
decine après la dixaine.
La boiffôn ordinaire de Monfieur fera
Kiie ptifanefaiteay.ee la racine daiperges.
î'4 CONSUXTATIONS CHOISIES
les fruits de kynorrhodon , 8 c les feuilles
feiches de capillaire. On y joindra un
riouet de fix drachmes de limaille de fer
rouillée , qu'on changera de tems en
tems : on pourra joindre un peu de vin à
cette ptifane au repas.
Si la jauni fie fu'bfifte après ees remèdes,
Monfieur ufefa durant dix autres matins
d’une poudre faite avec vingt S grains de
rhubarbe en poudre , vingt grains de
fafran de mars apéritif préparé à la rofée,
dix grains de cloportes en poudre, 8 c
douze ou quinze grains de poudre corna-
dhine. On diffoudra cette poudre dans
deux ou trois cuillerées d’infufion de thé
ou de méliiTè , 8 c l’on avalera par deflus
une couple de rafles de cette même infu-
fion , repur-gea-nt à la fin , & continuant -
toujours la même ptifane.
Monfieur fe nourrira avec des potages '
à la viande , du bouilli, & du rôti, fou-
pant frugalement, & fe privant, de toute
forte d’alimens indigeftes ou échaufîans.
Monfieur pourra faire donner avis de
fon état, 8 c il doit être convaincu & de
la reconnoiflance 8 c de la confidëration
qu’a pour lui fon très-humble 8 c très-
obéifiant ferviteur, Montagne.
. Déli héréà Montpellier ce 1 4. déc. 17 3 -
CONSUL-
fii Médecins.
M
.CONSULTATION VIII.
Sur me difficulté de retirer , & opprcffiatt.
L A faifon n’eft guère avantagealê
pour exécuter des remèdes propres
à combattre l’oppreflion dent le mala-r
de eft fatigué , & qui peut être regardée
comme une fuite de fa difpofition àfthma-
tique démontrée depuis long - tems , &
du rhume épidémique qu’il vient d’ef-
fuyer en dernier lieu. Cependant comme
il s’agit d’empêcher le progrès de fon
oppreffion , en attendant l’automne on
fera les remèdes fuivans.
, On commencera par une iajghéë du
bras, dans laquelle on tirera deux palet-»
tes de.fang j & le lendemin l’on purgera
avec une once de tamarin ; la pulpe tirée
de quatre onces de-calTe en baron fans
la palier, une dragme de rhubarbe oon--
cadée , & autant de fel végétal, dont on
fera une décoéüou, dans un grand verre
de laquelle, apres l’avoir coulée, on dif-
foudra deux onces & demie de manne.
Immédiatement après le malade boira
pendant dix matins un bouillon fait avec
Tome r, B
i 6 Consultations choisies
un jeune poulet ; ou à Ton défaut j uft
morceau de collet de mouton , une drag¬
ua e de racine d’énula campana concaflee ,
&: une petite poignée en tout des feuil¬
les de chicorée amère de jardin , fc de
bourrache. On jettera dans le pot fur la
fin de la coétion huit ou dix cloportes
frais ^ lavés , & étouffés dans le
vin blanc , auxquels on donnera une
ébullition de quelques minutes , avant de
couler ie bouillon. On réitérera la meme
médecine après la dixaine.
Pendant les quinze matins fuivans, le
malade prendra une écuellée de petite
lak , qu’on tirera du lait de vache ou de
èbevre, caillé avec la préfure ordinaire*
& qu’on féparera de fon fromage, en
lê laiffant égouter à travers un linge ,
pour le clarifier d’abord après avec le
blanc de deux œufs. On éteindra dans 1 §
petit-lait coulé quelques morceaux de
fer rougis au fêu , & on repurgera à la
fin avec la même médecine.
Vers le qïânze du mois de feptembrq
prochain le malade fera reffaigné, & re*
purgG } -& reviendra aux mêmes bouillons,
qu’il continuera pendant dix matins , §c
dont il terminera Pillage par la même
, p@ùï pendant dig
ÔE M E B £ C I N E. Vf
atetîns de l’opiate ici jointeavalant par-
deflus chaque prife une nu deux taflès
d’infufion des fleurs de pied de chat, 8c
de tnflïlage , préparée â la maniéré du
thé. On aura recours au même purgatif
à la fin de lopiate.
O ? I A T E.
Prenez de la conferve de fleurs de
buglofe j & celle de racine d enula cam-
pana, de chacune demi-once ;d antiheéfci-
que de la Poterie , & de foufre lavé fui-
vant la méthode d’Helvetius' de chacun
deux dragmes & demie ; de blanc de
baleine deux dragmes, de rhubarbe en
poudre quatre fcrupules , que l’on in¬
corporera avec le fyrop de capillaire pour
en former une opiate qui fiera partagée
en dix prifes égales.
- Après ces préparations le malade boira
pendant vingt-cinq jours chaque matin
une écuellée de lait de vache qu’on au¬
ra eu foin de décrêmer à un feu très-
doux, jufqu’à la diminution du tiers ,
ou du quart. Et Ton emploiera à la fût
le purgatif déjà marqué ci-deffiis.
Pendant l ufage des remèdes propofés
pourieteftede fiéte, 8c pour lautomne 3
iS Consultations choisies
ta boifïbn ordinaire du malade fera uns
ptifanne faire avec les feuilles feiches de
capillaire ? & les fleurs de pied de chat,
înfufées à la maniéré du thé.
Le malade doit fe nourrir avec des
foupes à la viande, & un peu de bouil¬
li , pu de rôti. Il fe privera de la friture,
de toutes fortes de ragoûts, des falades *
d,es fruits cruds, des aliipeus maigres,
des légumes, & de tous les mets qui
font venteux , indigeftes & échauffans.
ïl pourroit eflayer de fumer de têms en
tems les feuilles feiches de tuflilage, où
de calfe lunette..
Délibéré à Montpellier le 8. juillet
T738. Signé\ Montagne.
CONSULTATION IX
Four un eftemac dérangé.
0 N ne peut fe déterminer dans la
chaleur ou nous fommes que pour
îés eaux de Vais, qui conviennent d’ail¬
leurs parfaitement au malade, & qui ne
manqueront pas d’opérer les effets quon
-doit en attendre,pourvu qu il n y ait p#
U, Ml DIC IN!. tf
de gonflement particulier dans le bas-
ventre , & d’obftruéHons confidérables
dans les vifcéres de cette cavité , ce
qu’on ne nous marque pas dans le mé¬
moire qui nous a été remis ^ mais il faut
qu’on les prenne dégourdies , c’eft'à-dire
un peu tiédes, & fi à la fécondé prife,
on s’apperçoit quelles ne palfent pas
bien , on doit ajouter à la première vec-
rée deux onCes de manne. On peut con¬
tinuer ces eaux pendant neuf ou dix jours
à deux differentes reprifes , en met¬
tant feulement un invervalle de quatre
jours d’une prife à l’autre - y éc fuppofé
que la première prife de quatre jours fa¬
tigue un peu le malade, on pourra pren¬
dre quatre jours des eaux d’Yeuzet > mais
également dégourdies.
. Ôn prendra une purgation ordinaire
après avoir fini les eaux , ou bien on
mettra deux onces de manne dans la der¬
nière verrée de ces eaux , & après s’être
repofé fept à huit jours on prendra tous
les matins pendant une femaine une pri¬
fe de fopiate fui vante#
Û P I A TE
Prenez de la conferve d enula caitf pa-
Büj
Consultations choisies
lia, de celle d’abfinthe , demi-once de
chacune j d’extrait de rhubarbe, une
dragme & demie ; de corail en poudre
& des yeux décrevifles , de chacun une
dragme ; vous ajouterez au tout un peu
de fyrop d’abfynthe , & vous en com-
Î mferez une opiate dont on prendra tous
es matins deux dragmes , avalant une
heure après deux taftès d’infufion de mé*
liflè.
Après que ces remèdes feront finis,
on attendra que les grandes chaleurs
foient paflees , auquel tems on fe dé-
terminera-pour les apéritifs '& les ftoma-
chiques qui font néceffàires pour le ré*
iablifTement du malade , qui doit avoir
foin de ne prendre que des alimens de fa¬
cile digeftion , évitant les ragoûts , les
fritures, & toute forte depiceries ? com¬
me auffi le vin pur.
Délibéré à Montpellier le 2,6. juillet
•573 ^.Signé , Fournier.
CONSULTATION X.
Sur un vomijfement ancien & habituel.
L E vomifïèment donc le malade eft:
fatigué depuis long-'tems, doit être
attribué à un amas de matières groffieres
ëc irritantes qui fe trouve dans l’efto-
mae , & à une trop grande fenfibiiité
de ce vifcere, comme les douleurs qu’il
foufffe dans la région de l’eftomae avant
Je vomiflèment 8 c le foulagement qui
fuit cette évacuation, auffi-bien que cel¬
le des vents qui forcent par la houche,
le prouvent évidemment. Il eft naturel
de penfer que cette maladie eft foutenue
par un vice local, ou dans l’eftomac
même, c’eft-à-dire dans le tiflu de fes
membranes, & dans le pylore ,ou dans
les parties du voifinage, fans qu ? il foit
permis de déterminer fi quelque corps
glanduleux placé dans le fond de l’ef¬
tomae, ou dans le pylore, caufe ce dé¬
rangement , ou ft le pancréas ou le lo¬
be de Spigelius font obftrués & gênent
Porifice inférieur ; ou enfin fi le defordre
â fon fiége dans quelqu’autre corps voi-
$1 CONÎTJITATIOHS CHOIS T-ï?
fin ; de forte qu’il fe pâlie une compref.
fion, ou dans le pylore , ou dans le com¬
mencement des inteftins grêles ; ce qui
d’ailleurs trouble la circulation du fang
dans l’eftomac^ & entretient une difpo-
fition approchante de la phlogofe dans ce
vifcere. Comme l’on n’a point vu le ma¬
lade , & qu’il n’a point été par confé-
quent permis d’examiner avec attention
les vifcéres du bas - ventre , ni la vérita¬
ble fituationdesparties affè&ées } il y au-
jroit de la témérité de fe déterminer pré*
eifément fur l’endroit du vice local. L’on
conclud pourtant que toute la malle du
fang pèche du: côté de la trop grande
confiftance & de la trop grande faumure.
On n’a pas pu être; informé-fi'-le mala¬
de ou fes proches: parents ont des obf*
««étions dans les glandes.
Pour tirer toutie parti poffible de l’é¬
tat préfènt du malade, l’on doit fe
propofer d’étourdir, la grande fenfîbilité
de i’eftomac, d’en reélifier les fonctions-,
-de divifer avec beaucoup de ménagement
la malle du lang , d’en tempérer la tro-p
grande acrimonie, & de corriger le vi¬
ce local, qu’on a lieu de foupçonner ou
dans l’étendue de l’eftomac , ou dans
quelqu’une des parties voilmes , fana.
. ® E - M E D E C I N F.. 3.5
pouvoir la déterminer faute d’éclaircifîe—
mens convenables ; nous efpérons que
ces indications feront remplies par le
-moyen des remedes fuivans.
On pourra commencer par une petite
daignée du bras s qu’on fera le matin , Æ
la foiblelTe du malade ne s’y oppofe j
mais qu on abandonnera fi Te malade e£t
extrêmement foible , 8 c on donnera pen¬
dant quatre jours le remède fuivanc
qu’on partagera en deux dofes, en fai-
fant prendre une au malade à jeun I©
matin, 8 c l’autre à l’heure du coucher-
IV LE JV
Prenez quatre ou cinq cuillerées d'eau
de menthe, dans lefquelles vous diflou-
drez une dragme de thériaque récente x
demi-drachme de fel d’abfynte, une once
de fyrop de limon, 8 c deux grains de
laudanum ; mêlez le tout exactement, 8 c
faites-en une potion,que vous partagerez;
en deux prifes. Suppoft que ce remède
ne calmât pas, ou ne diminuât pas le
yomi-iïement, °n pourioit ajouter à 1&
prife du jfoi'r un demi grain , ou un grain;
entier de laudanum..
.Après ces précautions le malade ferm
34 Consultations choisies
purgé avec une dragme de rhubarbe
concatfèe, une poignée de fleurs de pê¬
cher, fix dragmes de racines de polypode,
la pulpe tirée de quatre onces de caflè en
bâton fans la pafler , & deux dragmes de
fel d’Angleterre, dont on fera une décoc¬
tion , dans une livre de laquelle on laif.
fera infufer pendant la nuit à froid une"
dragme tk demie de fenné , diflolvant le
matin dans i’infufion coulée deux onces
de manne. La médecine ainfi préparée -
fera partagée en deux vertes que l’on
fera boire à deux heures ou à deux
heures & demie de diftance l’un l’au¬
tre.
Immédiatement après le malade ufera
pendant fix matins de-l’opiate fuivante,
avalant par-deffus chaque dofe, ou une
tafle de thé, ou une demi-prife d’un
bouillon ordinaire.
O P JA TE.
Prenez de conferves de kynorrhodon,
derofes, & d’énulacampana, de chacune
deux dragmes & demie ; d’extrait de
genièvre une dragme , d’extrait de rhu¬
barbe ,deux forupuies 5 que vous mêlerez
enfemble pour en former une opiate ,
DE MEDECINE.'
St la partager en fix priiês égales. On
ajoutera à chaque prife un grain de lau¬
danum , ou un demi grain feulement, fi
cette quantité fuffifoit ; mais pendant
ces fix jours on fera prendre le foir un
grain ou un grain Sc demi de laudanum
avec demi-dragme de confërves deky-
«orrhodon.
Pendant les fix matins fuivans 3 la
malade prendra le demi - bain domefti-
que tiède } où il demeurera une heure
chaque fois , avalant à la fortie un bouil¬
lon fait avec un morceau de collet de
mouton, une dragme de racine d’énula
campana concaflee, St les cuifles de qua¬
tre grenouilles écorchées & auffi écra-
fées. On jettera dans le pot fur la fin ce
la codion une pincée de fommités
feiches St fleuries d’hy péricon , 8 t on le
-purgera à la fin avec le remède ci-deffiis.
Mais on aura eu foin pendant les fix jours
du demi-bain, de donner au malade cha¬
que foir un grain & demi 3 ou deux grains
de laudanum , avec la conferve de ky-
norrhodon.
Pendant les fix jours fuivans, on aura
recours à la même opiate . St enfuite.au
même bouillon pendant cinq autres ma¬
tins , obfervant durant ces douze jours
B vj
Consultations dHonsïES'
d’employer ls calmant le foir , Sç cfe.
réitérer la même médecine à la fin.
Pendant le cours de ces remèdes ,, ou.
eflayera les après midis de donner un la¬
vement avec la décodion.émolliente, k
bonne huile <folive, & un peu de miel*
Sc on ajoutera de tems en tems une on-
ce de cathoiicum , £ le lavement n éva¬
cuait pas..
Immédiatement après le malade boira
pendant dix ou douze matins un grand
verre de .petit-lait, qu’on tirera du laie
de vache caillé avec la préiure ordinai¬
re, & qu’on l'épatera de fon fromage en
le laifiànt égouter à travers un linge
-pour le clarifier avec le blanc de deux
■oeufs. On éteindra dans le petit-lait cour
lé quelques morceaux de fer rougis au
feu . & on y diffôudra deux cuillerées de
fuc de menthe bien dépuré, tepurgeant à-
la fin avec la médecine ordinaire;- .
' Pendant le tems de ces remèdes on
nourrira le malade avec des crèmes de
ris à l’eau palfées & fort claires , ou avec
quelque petite foupe, ou quelque bouil¬
lon. On pourra y joindre des- avenats-
à l’eau pâlies , & auffi fort clairs, & on
ïnfiâera fur l’une oud’autrede ces nour-r
titures f fuivant que le malade s’en ttour
. B t M É D 3É cr r NT É»
Yera mieux, fe fervant du calmant Te fois
fiiivant le befoin»
On doit examiner après ces remèdes'
quels font ceux qui ont mieux réuffi
fur cet examen , on reviendra à Popiatô-’
ou au "bouillon fans demi-bain, ou bien»
à l’un & à L’autre de ces remèdes,.fi tous-
Les deux ont réuffi , & leur ufage étant
fini on aura encore recours au petit-lais:
préparé comme il a été «fît* fi Petlomac:
du malade s’en eff accommodé , le conti¬
nuant pendant douze ou quinze matins y
& repurgeant à la fin-
Il eft difficile deconfeiller une' plus;
grande fuite de remèdes i mais on-le ré-;
glera fur l’effet de ceux quon vient de 1
propofer- A l’égard de la nourriture dans-
la fuite , ©n verra fi les ciêmes- dé ris b
l’eau ou- au bouillon , & les légères fou-
pesons fait du bien. & dans ce cas-l'à, on
permettravpeu a peu un peu de viande'
au malade , ou même un peu de bon
poifion- cuit à Peau , & fans épicerie : il
s r abftiendra de tous les alimens crus St
ihdigefies, ou qui font de Haut goût6 c
capables d’incendier la maffe du fan g.
Délibéré à- Montpellier fe i x. août
JjjS. Signé jMqniagx
3 S Consultations choisies
CONSULTATION XL
Sur me fièvre continue putride.
I L eft confiant par le mémoire que
Monfieur le Médecin ordinaire a dref
fé que la maladie de Monfieur a para
dans Ton commencement fous la forme
d’une fièvre intermittente & tierce, mais
qu’après un examen régulier elle devoir
être regardée comme une fièvre continue
& putride. Il eft vrai que fur la fin du
mémoire on paroît douter s’il y a
a&uellement des redoublemens ou non.
On doit dans le traitement de cette
maladie fe propofer de prévenir les dé¬
pôts inflammatoires des parties deftinées
à l’entretien de la vie, de calmer la fou¬
gue de la maflè du fang t d^vacuer la
pourriture s & de tarir la minière qui
donne origine à la fièvre & à les acci-
dens ; & enfin, après avoir rempli les
trois premières vues d’une maniéré con¬
venable, de déterminer les redoublemens
s’ils exiftent.
On a déjà pourvu avec beaucoup
Lageflë aux principales indications
DE MEDECINE.
pour continuer la cure jufqu’à la gué¬
ri fon, que l’on a droit d’attendre, s’il ne
furvient des nouvelles circonftances , on
employera les remèdes fuivans.
Comme il eft dit dans le mémoire que
le malade fent de la chaleur dans le bas-
ventre j on croit qu’il convient de brnfo
quer une ou deux faignées du bras, fi
cet accident s’opiniâtre fur-tout, & on
porteroit- plus loin le nombre des fai¬
gnées s’il venoit à augmenter. La ptifan-
ne avec le poulet farci de femences froi¬
des ou de ris, après l’avoir écorché, &
à laquelle on ajouteroit fur la fin une
pincée de canelle, ou quelques zefts de
citron, femble très-indiquée pour boif-
fon ordinaire, auffi - bien que les lave-
mens émolliens, & rendus purgatifs pax
la décodion de la pulpe d’un quarteron
de caffe en bâton . pour tenir le ventre
libre.
Si le bas-ventre étoit tendu Sc dou¬
loureux , on fe ferviroit de la décodion
de feuilles de mauve , de pariétaire , de
violettes , & de graine de lin , dans la¬
quelle on tremperoit un linge pour l’ap¬
pliquer fur le bas - ventre, après i’avoir
exprimé; onauroit foin de réitérer cet¬
te manœuvre amefure que le linge fe
4 $ CoN'STÏLTAJIôtïS «KOlSli?
fcfroidiroic, ménageant Te degré de cha>
leur de la décoction , ou fomentation, en
s’en- fer-vant.-
, Les purgatifs feront mis en ufage de*
deux en deux joursen deux ou trois
. verres, qu’on donnera de quatre en qua¬
tre heures-, auffi- bien que les prifes du
bouillon. Ôn les compofera avec une
aécoétion de cafie & de tamarins , de
rhubarbe concaflee, de fel d’Epfom, &c
ie fleurs- de violettes y ajoutant deux
. dragmes ou deux dragmes & demie de
fenné en retirant ie pot du feu-, Ôn dif-
foudra deux onces de manne dans le pre¬
mier verre, ôc une once dans le fécond,
fi on le juge néceflaire, ajoutant à cha¬
cun de ces deux verres deux grains dé¬
tartré ftibiéfaifant prendre le troifié-
ffie fans addition;.
Onemployera chaque fcir tmremé-
de calmant, ou fous la forme d'émulfio»
cuite avec demi - once ou fix dragmes de
iyrop de pavot blanc , ou fous là forme
de julep, avec trois ou quatre cuillerées;
d’eau de fleurs de nymphéa l'a même*
quantité de fyrop de pavot blanc ; enfin
la ptifanne' émulfionnée pourroit être
fubflituée à celle de poulet, fi- on trou-
voie à propos de lui donner la préfèrent
B 1 M E B E G I K f. 4,1
On ne fçauroit que propofer un plan
général pour le nombre de faignées, 6 c
celui dés purgatifs , 6 c pour la maniéré
de- les placer - T on laiiîè la décifion à la
prudence de M. le Médecin ordiuaire,qu|*
aura auffi la bonté de mettre en ufâge le
quinquina , ou en infulion, ou en fubC-
tance, fuivant qu’il y aura des redouble-
mens, ou le contraire . & ayant aupara¬
vant travaillé iuffifamment à- tarir la
pourriture , on retranchera le tartre fti-
bié des purgatifs à mefure qu’on le ju-'
géra inutile , & la diette reguliere fera
continuée jufqu’à la fin de la fièvre. *
Délibéré à Montpellier le iS. oélobre
1740. Signé j Montagne»
CONSULTATION XII.
Tour le même malade dans la même'
maladie »
TL y a lieu de croire fur f’expofé qu’on
J. nous a fait voir que la maladie de
Moniteur eft une fièvre continue avec des
redoublemens , tendant même à la mali¬
gne. La vivacité des redoublemens y mai$
r 4Ï Consultations choisies
fur-tout le délire obfcur, & rabattement
des forces ne nous permettent pas d’eii
douter.
Il fer oit à fouhaiter que le malade eût
'été plus docile au fujet des faignées.Cel-
les du bras, du pied , au r oient dû être
réitérées plus fouvent, fi le malade eût
voulu y confentir. Les purgatifs en lava¬
ge , tels que celui que M. le Médecin a
ordonnés en dernier lieu, mais fans trop
infîfter fur l’ufàge du tartre ftibié j les
lavages ou ptifannes abondantes pour la
boiflon ordinaire, & les caïmans avec
une diette convenable, font les fecourS'
defquels on doit retirer le plus grand
bien , & les fèuls même qu’il convient
d’employer.
Sur ce pied-îà , il convient de fé con¬
duire félon les occurrences. Si les redoü-
blemens font confîidérables , & le poulx
plein & vigoureux , il ne faut point
épargner les fàignées du bras, du pied ,
&c même du col, félon que M. le Mé¬
decin le jugera néceffaire. Nous n’en-
déterminons, ni la nature ni la quantité,
que nous laiflons à fa prudence ordinai¬
re. L’état du malade en décidera."
Si malgré ces fecours , le délire per-
fiftoit toujours, ou qu’il y eût quelque
Si MebicikI; 45
îhënace d’afifoupiffemenc léthargique, il
faudroit recourir aux fangfues , ou aux
véficatoires , félon qu’on le trouvera à
propos.
Dans les intervalles des redoublemens,
ton profitera du calme pour placer les
purgatifs ; ils feront toujours en lavage
& abondans. Par exemple ,
V V RG AT I O N.
Faites infufer trois dragmes de fenné
mondé, & une dragme de fel végétal,
dans deux bons verres de décodion d’u¬
ne once 8c demie de tamarins gras.
Si le malade a vomi fuffifammenc par
le moyen des émétiques déjà employés,
on fupprimera le tartre ftibié, 8c on fe
contentera de difloudre trois onces de
manne dans la décodion fufdite 3 où le fen¬
né aura infufé. Suppofé cependant que ce
remède ne procurât point des évacua^-
tions convenables , on fe contenteroit
d’ajouter feulement un grain de tartre
flibié par chaque verre , dans la vue dé
rendre la médecine plus efficace. On fent
bien que l’émétique donné en plus forte
dofe ,8c trop fouvent réitéré, ne feroit
qu’echaufFer & fatiguer le malade. Il
convient de le purger ainfi de deux jours
CONSULTATIONS’ CHOÏSÎfS
l’un,en ménageant fes forces-en & obfetrç
vant de ne pas poulie r les évacuations
trop loin. Encore un coup c’eft à M.
le Médecin à ménager toutès chofes fé¬
lon fa prudence.
Sappofé qu’il n’y air point d’afloupif.
fement léthargique à craindre , & que
le malade foit- agité la nuit, comme il
ï’a déjà été , nous croyons. qu’il eft im¬
portant - de le calme'r par le moyen de
fon émullî n , le fyrop de nymphéa ,
&: le fyrop de pavot , dont on augmen¬
tera faction avec les gouttes anodynes,
s’il le faut. L’émullion cuire qu’on a déjà
prefcritê'efl; une boiffon très - convena¬
ble, dont le malade doit ufer continuels
lement, On peut aulïi lui préparer une
eau de poulet émulfionnée dans les mê¬
mes vues , en foifant bouillir un poulet
entre deux âges évenfré, après lui avoir
coupé la tête & les jambes , dans deut
pots d’eau de fontaine, & ajoutant au
milieu de la coétioiï deux cuillerées des
quatre grandes femences froides écra-
iees dans le mortier de marbre. Il eft
bon qu’on l’en faflfe boire abondam¬
ment.
Les lavemens {impies avec l’eaü tiède'
& fhuile , ou faits avec les émul£ons>
15 E M £ D 5 C I N S. 4f
ordinaires font encore des remèdes qui!
ne faut pas négliger, & fur lefqueis il
convient d’infifter pendant le relâche. On
en viendro.it même aux fomentations ,
s’il y avoit quelque météorifme dans
le bas-ventre.
La diette eft un article auquel nous
penfons qu'il faut encore s'attacher ef-
ïèntiêilement. Une pratique confiante &
journalière nous fait voir combien il eft
important de n’en pas laifter le foin aux
gardes-malades. Nous fommes d’avis en
cpnféquence qu’on ne donne au malade
que de très - petites pr'ifes de bouillon
clair , ôc éloignées l’une de l’autre de fix
heures. Il faut abfolument bannir la
volaille & le bœuf, & né prendre que
de l’épaule de mouton avec un poulet,
ou la moitié feulement. Par exemple une
livre & demie d’épaule de mouton le plus
maigre, & la moitié d’un poulet, doivent
faire fix ou fept bouillons au moins #
attendu que les prifes,comme nous avons
dit, doivent être fort petites. Pour aller
au plus fur, & afin que les bouillons
fuient bien clairs & peu nourriflàns, il
faut retirer le pot du feu avant que la
viande foit tout à fait cuite : en un mot
les bouillons les plus mauvais font le*
4^ Consultations choisies
meilleurs dans des cas pareils à celui-ci ^
ou il convient de ne pas fournir une
nouvelle pâture à la fièvre : fans cette
précaution il eft inutile de vuider un
malade. Si cependant les redoublemens
font moins forts , & fi le malade étoic
foible , on pourroit donner les bouillons
plus près les uns des autres , mais tou¬
jours clairs ; un malade ne meurt
pas d’inanition pour l’ordinaire. Nous
n’avons pu indiquer, qu’une cure géné¬
rale , M. le Médecin , dont la réputation
.nous eft connue, redifiera ce qui peut
y manquer. Comme n.ous nous interef-
lbns particulièrement à l’état du malade,
on nous obligera fenfiblement de nous
faire part des fuites de fa maladie , ôç
du progrès des remèdes.
Délibéré à Montpellier,/^»/, Guisarq.
sE Mepe eiüî. 4 f
CONSULTAT ON XIII.
Sur une inflammation des gencives d'un en~>
fant a la mammelle.
L ’Enfant de M*** n’a point été expo*
fé à l’accident qu’il a eu par l’ac¬
tion du purgatif qu’on lui a donné ; ce
purgatif n’étant qu’un peu de fyrop de
chicorée n’a point été en état de pro¬
duire ce défordre.
S’il eft fort en feu, fk que fon poulx foit
bon , que d'ailleurs il ait la tête un peu
prile,& qu’il foufFre beaucoup de la fortie
des dents,eomme on me l’a dit, il ne faut
pas balancer à lui faire une faignée du
pied , à moins qu’il n’y eût menace d’in¬
flammation dans le bas-ventre ; auquel
cas il çonviendroit de faire la faignée
au bras. Si même le bas-ventre eft ten¬
du , il faudra le fomenter avec la décoc¬
tion des plantes émollientes.
Le lendemain de la faignée il fera pur¬
gé avec une pincée de fleurs dépêcher,
demi-pincée de poudre contre les vers, 8ç
une once de manne. Si cette purgation
n’avoit pas autant de fuccês qu’on
4‘8 Consultations choisies
peut s’eu flatter, on tâchera d’en tirer
parti avec un lavement d’eau & de bon-
Me huile commune.
Si les genciyes et oient .extrêmement
■rouges , tendues , groffies, on pourroît
les oindre ou avec du miel , ou avec
du cerveau de lievxe „ ou quelquautre
émollient de ce genre -, y faire même une
incifion avec la lancette fl la dent n’eft
pas éloignée ; mais fur-tout on doit pren¬
dre garde au lait de la nourrice , le fai¬
re examiner par quelque perfonne en¬
tendue , afin que s’il a quelque mauvai-
fe qualité , on fe détermine à la chan¬
ger, ou à en- donner une autre à cet en¬
fant.
Délibéré a Montpellier le 15. août
174a. Signé, F o u R n 1 g r.
CONSULTATION XÎV. :
Sur un œdème des deux pieds , & du bas
des jambes , & des douleurs rhumati-
fantes aux genoux,
L ’Enflure œdémateufe des deux pieds,
& du bas des deux jambes, dont
eft attaqué depuis - quelque
tems,
O E M 'E 'DE C ï ~H.1L. 4*
tems, 8c les douleurs ihumatiques- qu’iî
foudre , fur - tout pendant l-Hivet aux
deux genoux& -dont il relie . encore
quelque impreffion à la partie extérieure
du genou droit, font les productions d’uu
fang épais & faurnuté , 8c dont la por¬
tion féreufe eft mêlée irrégulièrement
-avec fes autres parties intégrantes.
Comme dans l’examen qui -a été fait
tle d’état de%iVifceres du bas-ventre, il
n’a pas été permis d’y distinguer des ob-
ftruétions fenfibles, on a droit de conclure
•que les félidés qui entrent dans la corn*
pofition des parties tuméfiées-, 8c fur-
tout les vaifïèaux blancs, ont manqué de
tefïort , 8c occafionné par ce moïen l’éx-
travafation de la portion féreufe,ou lym¬
phatique la plus fine; dans le corps cellu¬
laire des deux pieds & du bas des deux
jambes. La vie fédentaire que Moiifieitr
mene depuis quelque tems n’a. pas peu.
contribué à favorifer l’aékion des autres
caufes. D’ailleurs les vents- auxquels
Monfîeur eft fujet prouvent clairement
qu’il digéré mal, & que l’élabora tian.im-
parfaite du chyle qui fe mêle avec- le
fang en entretient l’épailfeur , & la trop
grande confiftance.
Pour délivrer Monfîeur de £ès enflures 4
Tome V, C
jo Consultations choisies
& de Tes douleurs rhumatiques, on doit
le propofer de rétablir les digeftionsde
procurer une diyifion très-douce & très-
’ménagée à la ma fie du fang, d’en corrigea
la faumure qui a pris le deffus , de réta¬
blir le mélange proportionel de la férofi-
té avec la portion rouge & fibreufe, &:
de redonner aux folides afïbiblis le ref-
fort qui leur manque.. On efpere que ces
Indications feront remplies par le moïen
des remèdes fuivans.»
Monfieut profitera incefiamment de la
faifon pour aller aux bains de fables de
la mer, ou il demeurera pendant trois
jours , je faifant enterrer dans le fable
bien chaud , une ou même deux fois par
jour . les pieds , les jambes & les cuilfes
jufqu à la ceinture. On obferyera qu’il
foit à l’abri des ardeurs du foleil pen¬
dant le tems qu’il reliera dans le fable.
Si le tems n’étoit' pas favorable pour
aller inceflammeiat aux fables de la mer,,
on purgeroit en attendant avec une once
de tamarin , une dragme de rhubarbe
concaflee 3 & autant de fei polychrefte,
- dont on fera- une déeoétion dans deux
grands verres de laquelle on lailîèra in-
fufer pendant la nuit deux dragmes Sc
demie de fenné, diiTolvant le matin dans
r > i Meduihï. 5ï
ïlnfufîon coulée deux onces de manne &
aine once de fyrop de rofes folutif. Cette
medecine fera partagée en'deux verres
•qu’on donnera à deux heures dé diflance
de l’une à l’autre.
Immédiatement après Monfieur boi¬
ta pendant dix matins un bouillon fairavec
un jeune poulet, une dragme de racine
d’énula campana concaflee,& une poignée
en tout de feuilles de creflbn de fontaine
& de chicorée amère. On jettera dans le
pot fur lafiin de la eodion quinze clopor¬
tes lavés & étouffés dans le vin blanc 9
& on repurgera à la fin avec la même me¬
decine.
Ces remèdes ne fe feroient exécutés
qu après les bains de fables, fi Monfieur
fe détermine à les aller prendre lans dé¬
lai j & on y auroit recours avant les bains
de fable , s’il convenoit mieux d’en agir
■de même par rapport autems qu’il fera.
Monfieur prendra en fuite pendant
•douze ou quinze matins une écuellée de
petit-lait qu’on tirera £u lait de çhevre
•caillé le foîr un peu tard avec ja préfure
ordinaire, & qu’on féparera de fon fro¬
mage en le rainant égoutter pendant le
refte delà nuit à travers un linge, pour
le clarifier de grand matin avec le blanc
yx Consultations choisies
d’tguf. Ün y jettera pendant cette c1arî$.
cation huit ou dix cloportes lavés &
étouffés dans le vin blanc, & deuxbon-
nes pincées des feuilles de fumeterre 9
auxquelles on donnera une ébullition de
quelques minutes avec le blanc d’œuf, y
éteignant en même tems quelques mor¬
ceaux de fer rouilles & rougis au feu. Ou
diiïoudra dans le petit-lait coulé un peu de
lucre roïal, & 911 finira par la même mé¬
decine.
Vers le 20 ou 25 de feptémfore , Mon-
fieiir fera repurgé avec la même médeci¬
ne en deux verres, pour prendre d’abord
après les mêmes-bouillons pendant douze
matins ; mais ou aura la précaution cha*
que jour de dilïcmdre dans deux ou trois
cuillerées de ce bouillon coulé vingt-
quatre grains de tartre chalybé foluble,
donnant le refte du bouillon par deffus,,
êc empiétant le même purgatif à la Üb,
pour revenir tout de fuite à la prépara¬
tion de petit-lait confeiliée ci-defïus, & la
continuer pendant une autre quinzaine
de matins. On aura auffi recours à la
meme médecine en deux verres.
Pendant le cours de ces remèdes
Monfieur ufera pour fa boiflbn, y ajou¬
tant un peu de vin aux repas, d’une ptL
É> E MEDECINE. 0
fane faite avec les’ feuilles féches de ca¬
pillaire St de fcolopendré , préparée k
peu-près comme le thé ; mais on y join¬
dra demi - once où fix dragmes de limail¬
le de fer rouillé & enfermé dans un nouée -
pour rendre la ptifane un peu plus apéri-
tive. On changera Ce nouer dès quil aura
fervi deux fois.
Suppofé que les enflures réflftaflênt à
ces- premiers remedes Monfîeur , aïant
fait précéder le purgatif , prendra pen¬
dant dix matins un bouillon fait avec une
livre &.demie de maigre de veau, ou à
fon défaut une livre de maigre de mouton,
coupée par tranches, deux bonnes "poi¬
gnées en ; tout des feuilles de chicorée
amère, de pimpinelle,& de creflbn de fon-
faine,qu’on aura hachées bien menu,deux
fc ru pu les" de bonne' rhubarbe réduite en
poudre , Si une dragme & demie de
lafran de mars apéritif préparé à la rofée
du mois de mai qu’on mêlera avec la
rhubarbe , St une vingtaine de cloportes
lavés St étoufies dans le vin blanc.
On placera couche par couche les
rouelles de veau ou de mouton , St les
herbes hachées, dans un pot de terre
d’une gradeur convenable'; on laupou-
drera les couches avec le mélange de la
54 CONSTJITATIONS CHOISIES
rhubarbe &. du fafran de mars -, on em¬
ploiera les cloportes à proportion , &
on continuera de même jufqu’à ce qu’il
ne refte plus de drogues. Oh jetteradans
le pot un verre d’ean de fontaine, êc
l’aïant garni de fon couvercle oa
le lutera avec du papier & une pâte fai¬
te avec la farine & le blanc d 3 œufs»,
Après ces précautions, on placera le pot.
dans un bain-marie le foir , pour donner *
aux matières contenues une ébullition de
fix heures. On débitera le matin , & on:
coulera avec expreffion pour faire boire
au malade ce Bouillon, avec un degré de
chaleur convenable. On repurgera avec
la medecine ordinaire en quittant ces-
bouillons.
Pendant l’hiver, Monfieur ufera trois"
fois la femaine dans la première cuillerée
de foupe à l’heure de Ion dîner du fafran
de mars apéritif préparé à la rofée dur
- mois de: mai, à la dofe de dix grains..
Il eft abfokment: néceffàire que Mon-
fieur obferve un bon régime de vivre, &
qu’il fe nourriffc avec des potages à la
viande, du bouilli, & du rôti, lls’abftien-
dra des ragoûts, dé la friture , de la pâ-
îillèçie ,. desialades, des fruits cruds, des;
. légumes.,. & detous les alimens progrêsà
ifÉ Mîde ei NE,. sf
formér des vents, grofïïers, indigènes 3
ou échauffons.^ Il boira Ton vin extrême¬
ment trempé mettant une cinquième ou
une fixiéme partie de vin far l’eau ou fut
la ptifane dont il ufera. On pourra au
refte difloudre dans chaque bouteille de
ptifane vingt grains de falpêtre purifié ou :
de tartre vitriolé.
Délibéré à Montpellier le a©, juillet
*74 î'figw > Montagne.-
€G N S U IL T Â TIO N XV.
Sur me affetiion mêlanchoUque,
L Es inquiétudes d’eftomae., les gonfle--
mens en plufieurs endroits du bas-
ventre , tantôt plus douloureux , tantôt
moins , accompagnés de douleurs 8 c de
pefanteurs, d ? une colique mais paflagere,
lés douleurs paflageres au genou , les pi-
eottêmens qui fe font fentir quelquefois'
au-devant dé la poitrine , les vents
qu’on rend par la bouche , les glaires
qui Ce rendent par le fondement, & qui
ont caufé quelquefois des irritations à
i-inteftin rectum jufqu’à procurer des
$6 Consultations choisies
foiblelTes ; tous ces fymptomes accom¬
pagnés de contention d’efprit, & de
crainte , cara&érifent l’afFeéHon mélan-
eholique dont Mo.nfie.ur eft atteint depuis,
longues années.
La caufe de toutes ces incommodités
doit être rapportée au mauvais état on
fe trouvent les digeftions, & à-celui tle
la mallè du fang qui eft trop épaifle , & ,
dont ; les ' parties intégrantes' font mal
mixtionnées en forte que la férofité ne
s’y trouve pas mêlée exa&ement, &
fumage , pour parler, ai'nfi. Un fang de
pareille nature ne-rouie pas fans peine à
travers les tuïaux capillaires , ' ce qui
produit une- diminution des, forces/, & 5
venant quelquefois à palier plus mal ai- 7
fément , il occafionne des fentimens de
douleurs palîageres , des picottemens, &
même des battemens- en- différens en¬
droits. Un tel fang fournit un fuc digefo
tif épais-, peu. en état de bien; pénétrer ■
les alimens & de les faire digérer , d’ou
il s’enfuit des inquiétudes d’eftomac , des.
. cardialgies , des ventsdes gonflement
d’eftomac & des inteftins, des coliques *
- des productions de glaires.
Pour ce qui eft du gonflementœdéma?:,
ten.x que l’on.obferve. le.foir aux jambes*
. Medecike.. ST
il g oie être imputé â la foibleffe géné¬
rale de là circulation du fang , dont là
lymphe fe fépare aifément, & gonfle les
vaiflèaux lymphatiques de la peau.
Cette maladie iveft pas dangereufe ,
mais elle eft rebelle de fa nature ÿ fur-
tout fi elle eft foûtenue. par la maniéré
de pen fer appliquée 8 e craintive ; aulïï
on ne fçauroit la . détruire que par un
long ufage de remèdes & par la ceflàtion
de contention, defprit fur fou compte.
Cependant-comme le malade eft jeune,&:
qu’on le flatte qu’il voudra bien cefler
d’appréRendêr, on dbicefpérer d’en venir
à boula
Les vues que Ton doit avoir font de
raccommoder les digeftions ,& de redon¬
ner au fàng fa fluidité naturelle, en l’incf-
fant, le détrempant, & i’adouciflant.:
C’eft pourquoi on commencera par la.
potion, purgative.qui fuit»
P V R G A Tl ON .
Prenez fenné mondé , & rhubarbe
choifie , de chacun unedragme , fleurs.
cfè pêcher une pincée,,.que vous ferez in¬
finie r dans fix onces d’eau de fontaine, SC
on diiToudra- dans la colature manne dêr
G?*
$8 CONSULTATIONS CHOISIES
Calabre, deux onces & demie. Vous ferez:
une potion que le malàde prendra avec:
régime.
Le lendemain on pafferaH’iifage des;
bouillons fui vans.
B O V'1 LEON,
Prenez un morceau de cellé'tde moatoi%
deux ou trois écreviffes de riviere, racine
d’énula campana deux dragmcs une-
pincée, dé fommités fleuries d hypericum,.
&une petite pincée de fommités de petit:
chêne.
Aïant pris ces bouillons , dix matins .,,
on fe purgera comme ci-deffiis pour pafe-
fer enfake ài’ufagç. de. cette, opiate.
O P I A T E .
Prenez conférves dé RÿnortKodbn, 8^
d’énula campana, de chacune deux drag»
mes, que vous mêlerez avec une fum~
fente quantité de fyropde chicorée com-
pofé ; vous en ferez un ©piâte pourpren-
dre le matin à, jeun-, avalant imeheure:
aprèsun.bouilloniaitavec,;,,
® E MEDECINE.
B O V 1 L L O N.
Prenez une demi livre de collet de
mouton & une petite poignée de chicorée,
de jardin.
Ayant pris toute cette epiate, pn paf-
iéra à 1’ufage de ce bouillon.
B O V IL L O m
Prenez un jeunepouiët, trois écrevif-
fës de riviere , racine d cnuîa - campana
une dragme , dix cloportes lavés 8 c
écrafés en vie „ une poignée de chicorée
amére de jardin , un nouet fufpendu dans
le bouillon fait avec une demi-once dgr
fafran de mars apéritif. Le nouet fervira:
quatre ou cinq fois..
Aïant pris ces bouillons neuf matins ,
©n fe purgera avec la médecine indiquées
pour palier enfuite à l’ufage du petit
kit de vache, ou de chevre,qu on prendra,
lé matin à jeun à la doze d’environ douze
onces , ayant foin d’y éteindre quelque
morceau dé fer rouillé & rougi au feu, fe'
clarifiant avec le blanc d’ceuf, & lors .de
la clarification: on y ajoutera une pincéâ--
de fleurs d’hypericum 3 & dix cloportes..
éo Consultations choisies
On ajoutera à ce petit lait deux cuillerée©
de.fuc de menthe &•. une cuillerée de lu¬
cre fin en poudre.
Après douze jours-de;ce petit-lait , oœ
reprendra l’opiate qui a été- preicrit-e
ajoutant à la totalité de l’opiare deux,
dragmes de cloportes ; procédant du reftet ^
comme ei deffus;. _
L’opiate finie.en neuf matins, on pur¬
gera comme il-a été dit; On pafferaenfui'--
te à i’ufage du lait d’âne fie , purgeant h.
la fin p mais- chaque matin un quart'
d’heure avant de prendre le lait,on pren¬
dra dans une cuillerée d’eau huit grains de
Üàfran dè mars apéritif, , 6 c même fi le lait -
ne pafioit pastien-^onprendrok-de deux-
en deux jours, ou de trois en trois, en fe.
c o uc ha n t,vi n gt- c i n q p't i fes. d e. co r ai 1 pré¬
paré. '
: Au commencement de l’été on prendras,
dix à- douze bains domeftiqpës tiédes -,
avalant au fortir du bain une grande ta fié
d’infufion de feuilles féclies de citroneLr
le en maniéré de thé.
S’étant.-repofé.après dix à douze bains ,,
on .prendra, les.eaux de Vais à la quanti¬
té de fepr ou. huit- verres chaque matin,
obfervant de la faite dégourdir, 6 c ajour
tant., au. .premier verre, deux onces da
ÏVE M ■£ O I K E'.
toanne & autant au pénultième-verre*
le dernier jour.
-Dix ou douze jours après on reviendra
au demi bain comme ci-devant ,.Së enfin
après un. pareil repos-aux eaux de Vais ,
avec les précautions.. d-deflùs. marquées:.
Mais fi dans l’üfage de ces eaux ou des»
bains on s’appercevok que les - enflures,
augmentaflènt au bas des jambes , on en»
quitterait l ufage d’abord
L’automne prochaine on refera lès mê¬
mes, remèdes qpi ont. été marqués, dans-
le printemsl
L’hiver prochain on .fe contentera dé.
fe purger avec la médecine marquée.-
©n prendra»dix- fois le mQÎs le fafran de
mars apéritif dans la première, cuillerée de *
foupe a ladofode quinze grains, ôc tous
les matins une rafle d’infufîon de. citrn-
nelle en guife de thé , ou de décodion de>*
tgmfalmm maritimum avec un peu de
Lucre fin;
Au furplùs on-obfervera' un régime de
vivre exad , le tenant à la foupe , au
bouilli, &au rôti, fans-pourtant être d’un
£crupuleextrême,pouvant : mangerquelque
peu de fruit bien mur &, de facile digef-
tion comme font les fraifes^ îesprunes,
.lesbonnes poires,. des.raifins ,. exceptant.
€z Consultations crrofsiEâ
pourtant le tems du laitage. Enfin
évitera toute contention' d’efprit fg.
tournant du côté des incommodités on,
s egaïera, *on fe diffipera pat d’honnêtes»
amufemens , on fuira la folitude., & oie
montera quelquefois à cheval.
Délibéré k Montpellier,-
Jfgrié -, M O N TA G N E».
CONSÜETATION XVI,
Sur me affeiïwn hypocOndriaque.-
"f 1 Es vents queMonfieur rend aéluel—
JL# lement par la bouche , les ténfionss
inquiétantes qu’il reffent à l’eftomac , &
aux hypccHondreS j; les tîraillemens qui
le fatiguent en différentes parties dm
corps , les tintemens d’oreilles , les
éblouiffemens pafiagers 3 les foiblefles;
des jambes , lés urines crues & abondan¬
tes, les craquement des articulations } les»
vomiffemens, le fuc falivaire le plus fou-
vent aigre & quelquefois infpide, tantôt:
épais , tantôt coulant lympide j tous»
ees fympromesaccompagnés de beaucoup-
ds crainte & d’inquiétude d’efgrit carac-
ETE fcf ED EG I If!. &Ç
ténfent ce qu’on nomme ordinairement-:
dans le monde valeurs , êë que les M e-
deciiis- nommmt œffeBion kypochondriaque^
La caufe générale- de cette maladie
dépend du-vicedes Suides & des folides
en général en ce que lès Suides fe trou¬
vent fecs 5 , épais , & acrimonieux &
îes folides,celLà-dire les fibres tropieches
êc tendues, & principalement quant au
fyftême nerveux qui fe trouve capable de
trop d’ébranlement à la moindre occa^*
fiam^faït qu elle fpit excitée par quelque
corps irritant', ou bien par les fluides
quicoulenrquelquefois avec peine dans
les vaiflèaux -, & c’eftcetétat des fluides
& des- folides quL fufcitent la plupart dès:
fymptomes, mais fur- tout ceux qui ca-
raderifent: l’afleétion hypochondriaque.
Puifque: 1 k raafïè du fangeftépaiile
féche , & acrimonieufe, les fucs digeftifs
font, néceffairement de la même nature
par confisquent hors d’état de bien péné;-
trer les- alimens, d’en bien préparer les
fucs j, & d’en faire produire autre chofe-
qu’un chyle épais, mal travaillé, & dénué'
de douceur, qui entretient la maflè du
fàng dans fes mauvaifes qualités, & la
rend peu propre à fournir un fuc nourri¬
cier fin & doux pour la réparation des-
^4 CoN-S 'J LTÀTIONS CHOISIE?
pâmes, ainfion. le fent maigrir & afïbfo
Blir. D’ailieurs la digeftion fe faifant:
avec peine- 3 & fouffr anee de I'eftomac, '
les alimens y iéjournent trop, & s’y ail
grillent & produifeiit quantité.de. vents.,.
& letouteft fuivi.de tenlîon-da ventricu¬
le & d'irritation, jufqu’à produire bien;
des rapports. & fouvent de légers vom i dé¬
mens de ces matiëres-aigres&piquantes».
Le tempérament vif & mélancholique
du malade.,. & for-tout les débauches dé
la table, qu’il a foires dès fo plus tendre-- '
jeunefle, ont.donné lieu à tous les-déran--
gemens- mentionnés dés fluides- & des ; .
folides.. La quantité d’alimens qui! pre?T
noie. & dont iLfe furchar geoit leftomac,
faifant produire bien des aigreurs & un v.
chyle bien groflîer, & le vin & les liqueurs
ardentes- rendant l’eftomae agacé
fenfible & faifant diffipex le. fin & le -
doux de la malle du fang:
■Cette maladie, eft fous danger pour la -
vie ; elle eft cependant inquiétante-, ~
alarmante, & rebelle aux remèdes., for*,
tout iî l ame continue à fe travailler mal
à propos.. Cependant, comme le malade
efc jeune , quil n’y a rien de .vicié dans ■
aucun vifcerô , on a lieu d’efper er qu’il
recouvrera la faute, pourvu qu’îl veuiiîé--
DE M E D E c r nr e:
bien s J aflujettir long-tenas au régime de'
vivre , & à une longue fuite deremedesj
tk qu’il s’afFermifle l’efprir contre les
vaines craintes, dont iiefr frappé; le der¬
nier point étant de néceffité abfoîue pour
là guérifon , l’ame influant extrêmement
fur le corps;
Les indications qui le préfentent à
remplir pour détruire cette maladie font
de corriger les digeftions, .dedivifer fans
fougue la malle du lang,. & celle des-flai-
des en général, de la détremper, & de l'a¬
doucir. C’efls pourquoi iorfqu’on ferare-
pofe deux ou trois jours après être arri¬
vé ,. on fera d'entrée lesr'remédes fui-
vans,. On- fe purgera de cette maniéré..
P V R G A T I O N'.
Prenez' poly.pocfe dé chêne une drag^
me tvous le. ferez bouillir dans une fuffo-
fante quantité d’eau- de fontaine , dans
laquelle vous ferez infufer deux drag-
mes de fennemondé , oz rhubarbe deux:
fcrupules, une pincée de fommités d’ab-
fynthe * &- demi - poignée- de fleurs de
violette. Coulez la liqueur , & enfuite
partagez-la en deux dofes égales, qui fe¬
ront, prifes , laiflant eiîtr’elles une heure:
66 CoîiSÛLTATlOÿîS' CHOISIES
d’intervalle. Dans la première prife fait&ÿ
diifoudre deux onces de manne , & dans
la fécondé prife une feulement. On pren¬
dra deux heures après le fécond verre de .
lia raededne un bouillon fait avec un
poulet.,
L’on prendra enfuîte pendant- vingt;
jours le bouillon & l’opiate fuivans ,,
commençant par le bouillon , que l’oiv
prendra cinq jours, enfuite l’opiate cinq;
jours; Les bouillons feront faits ainfî.
M O V I L L O
Prenez'un jeune poulet, deux écrevif-
fes de rivière ,, racine , de pivoine mâle'
une dragme , 8 c autant, de celle d’énula-
eampr.ua, une pincée de feuilles de petit
chêne, .demi-poignée de feuilles de chi-
corée*amére de jardin, demi-poignée d®
sreflon.. *
L’opiktefera celle-ci.
O ¥ IA T JE .
Prenez conlèrve de kynorrhodon St-
d’ënul'a - campana , de chacune demt
dragmes ; cachou , ou terre du Japon
quatre fcrupules^ue vous mêlerez aveë
B J, MEDï Cf N Ê» gf
fufflante quantité de fyrop de chicorée
eompofé. Vous ferez une opiate peur dix;
dofes égales..
Après les vingt jours d’ufage, foi t des;
Bouillons/oitdei : opiate } Monfîeur fe pur¬
gera comme ci-devant. Il paflèra enfuite ài
l’ufage du petit-lait dé vache préparé avec-
h. préfure ordinaire prenant garde qu’iL
ne s’aigrifle. La dofe fera d’environ huit à
- dix onces. On y éteindra quelque clou
de la longueur du doigt rougi au feu , on:
le clarifiera avec le blanc d’œuf, y fai fa ne
bçuillir pendant la; clarification une pin -
cée de fom mités flcprîês cThypericum, ôC
l'aïant coulé on y ajoutera deux cuille¬
rées de fuc dé menthe de jardin, de cer»-
feuil, de creffon d’eau,. un peu de fu?
ere;.
L’on prendra aufli le lait pendant dou¬
ze matins à jeun, après lefquels on fer
purgera avec la medécine déjà preferite..
Après ces remèdes on tentera l’ufage-
du lait d’ânefie en cette maniéré..
Les cinq ou fix premiers jours on n’en
prendra que fir-à huit onces,. & on y.
mêlera deux cuillerées de la fécondé eau
de chaux de deux jours l’un..On prendrai
un moment avant le lait :•
Vingt grains de poudre de guttete,.
.
6S Consultations CH & ssfÉ #
deux cuillerées d’eau de fleurs d’orangé '
Si b laie pafïè bien, oit en augmencerâr
la do Te' à douze onces pendant'dix jours,
mêlant trois cuillerées de la féconds eau.
de chaux, 5c ufaut de la poudre de gut-
t-ete comme ci-devant»
Si le lait continue à- paflèr bien, on
l’augmentera jufqu’à-fdze onces, ou l’on
fe tiendra pendant quinze joursyen y met¬
tant toujours deux ou trois cuillerées de¬
là fécondé eau de chaux , & ufant delà
poudre de guttete. Enfin après un bon
mois d’ufags du lait d’ânefle ou purgera-
comme auparîvant.
Mais s’il ne peut- paflêr , on l’abaii*
donnera- pour cette faifon-, fe purgeant-,
êc l’on prendra enfuite les bouillons
prefcritS ci-devanr»-
Pesdant l'hiver on prendra tous les ma¬
tins une~ rafle de décodion de feuilles de"*
gnafalmm maritmtm en maniéré de faugç
ou de cittonelle, on de thé , & deuxfofs
la femaine on- avalera avec les deux pre¬
mières cul Ueréès de foupe-vfegt grains de'
poudre de guttete. Dé plus , chaque fois •
le mois on : prendra pendant dix jours*
vingt grains de fafran de mars apéritif
dans la première cuiller de foupe à dîner.
Au. grintems prochain on reprendra
. © E MEDECIN E. £9
tous les remedes marqués pour cette
automne , &: on tâchera de prendrede
lait d’ânelfe deux fois le jour ; s’il pâlie
■bien on le reprendra encore à dix heures
•du foir , aïant loupé avec une foupe &
un potage 3 & s’il ne peut pas palier,ou
prendra à deux -repriies ,à fa .place une
trentaine de .bouillons faits avecun jeune
poulet, la chair & le fang d’une tortue,
..dc'deux écrevifles. •
On fera purgé à la fin de ces bouillons
ou bien du lait d anelè, fi on l’a pris.
‘ L’été prochain fe paflera à‘prendre à
clntfreprifes trente ou trente-cinq bains
domeftique.s , avalant à la fortie du bain
«une.talTe d’infufîon de citronelie en ma¬
niéré dç thé.
L’autpmije prochaine on rép.éterajes
îemédes faits au printems.
Dès à prefent il convient de prendre
le foir en fe couchant feize ou vingt
gouttes de laudanum liquide de Syden¬
ham dans- deux, cuillerées d’eau jufcm’à ce
ce que les agacemens d’ehomac îoienc
(Calmés.
Enfin on obfervera un bon régime de
vivre , évitant le filé , l’épicé, l’aigre ,
Jk tout haut goût. ,On fe nourrira de
bouilli, de.rôti, de jeune volaille, poilfoa
'"7° C'ONSÜ'LTATIO'KS -CHOISIES
bouilli , quelquefois au court-bouillon *
fans -haut-goût ; on boira du vin blanc
vieux noie dans l’eau , on fe diflïpera
îefprit par les amufemens , évitant la fo-
ilitude.. •
Délibéré à Montpellier , &c.
fig n K Lazerme, Fizes , Montagne,,
COK SULTATION XVÏL
Sur un aftkme caufê par des tubercules* aux
L A difficulté aâuelle de refpirer , quî-
cr oit plus ou moins, fuivant les dib-
férens exercices'qmon fait , fur-tout Iorf-
qu’on monte les efcaliers, -ou qu’on ft
couche fans avoir foin de s’élever la tête
êc la poitrine ; les oppreffions dont on
fe fent de tems en tems fort incommodé
avec toux fréquente ; &c une petite fièvre
continue qui augmente le foir ; quelques
fueurs vers le matin -, la diminution
d’em bon point, & les enflures des jambes;
tous cesfymptomes ne nous permettent
pas de douter de la préfence de plulîeurs
tubercules au poumon^ dont quelques*
® E 'MeDECI S F»
unes fuppurent. Le crachement d'hu¬
meurs vifqueufes 8c purulentes, & lié--
moptyfie qui a précédé en font des preu¬
ves certaines.
La première caufè de cette maladie
doit fe rapporter à répaiffifièment 8c à
l'acrimonie des humeurs qui fe trouvent
dépourvues de leurs parties baifamiques*
ce qui occafionne des engorgemens des
vaille aux 3 & gêne enfin la circulation du
fan g jufqu’à faire rompre des vailîeaux
fanguins , comme il elt arrivé dans ce
cas , où les lymphatiques des poumons
étant très - embarraffés ont occafionné
f’hémoptyfie qui a procuré les fympto-
mes marqués ci-deflùs.
Cette maladie eft fâcheufè, mais elle
îfl’eft pas incurable : on peut du moins
foulager eonfidérablement le malade en
lui faifànt obferver un régime de vivre
tr ; ès-exad, 8c le mettant à l’ufage dg§
remèdes fuivans..
P V RG Â T / 6 N.
Prenez tamarin gras une once ; faîtes-
le bouillir dans douze onces d’eau de fon¬
taine avec une demi-once de pulpe de caf-
fe t 8c demi-poignée de fleurs de violettes g
7 2 CoNSUTT ATI'ONS choisies
que Ion fera bouillir pendant un-Infant;
Coulez le tout pour une potion que le
malade prendra-en deux dofes.
Le lendemain de la purgation le mala¬
de commencera î’ufàge des bouillons
fuivans, qu’il continuera pendant-huit ois
£ie.uf jours de fuite. . : -
B O VI I LO NS,
Prenez un jeune poulet- ; faites-le cuî-
ïè dans une fuffîfànte quantité d’eau • fur
la fin de la coction ajoutez quatre écrevif-
fes de riviere , & une poignée de chicorée,
de jardin. Après une légère ébullition,
exprimez le tout fortement.- Vous pren¬
drez ce bouillon le matin à jeun. Après ce -
'bouillon on prendra le purgatif fuivant.
TVR G A T 1 O N.
Prenez la décodion d’une dragme de
rhubarbe ,*& ajoutez à la potion manne,
de Calabre deux onces.
A la fuite ae^ ce léger purgatif 3 le .
1 malade prendra pendant dix jours confé-
Æutiis un bouillon fait de la façon qu’il
Cuit..,
BQVILLQN
O S M E D E C I N E. 73
. B O V 1 LL O N.
i
Prenez collet de mouton cinq onces,
la chair , le fang , le foie d’une tortue
médiocre ; quinquina concaflé guofiîe-
rement-, trois dragmes -, faites cuire Le
tout dans fuffifante quantité d’eau , ayant
foin de boucher le pot exaétenent; fur
la fin de la coéfion ajoutez - y deux
’écreviiles de riviere , fept ou huit feuil¬
les de lierre terreftre j coulez enfuite avec
une forte expreffionj on prendra le ma¬
tin ce bouillon.
Après avoir pris dix bouillons de fuite
on paffera à l’opiate fuivante.
O PI AT E.
Prenez conferves de kynorrhodon
A’énula campana, de chacune une dcmî-
dragme ; extrait de fhubaibe, une drag¬
uiez antiheâique dePoterius,quatre fcru-
pules j cloportes deux fcrupules ; bau¬
me de Canada un demi- gros, avec une
fuffifante quantité dé ijrop de lierre ter-
reftre vous ferez une opiate pour fix
dofes.
Le malade prendra chaque matin
Tome T. D
74 Consultations .choisies
une prife de cette opiate envelopée avec
du pain à chanter, avalant par-deflus un
bouillon de la façon qui fuit.
BOV IL LO N.
Prenez demi-livre de collet de mouton,
faites-la cuire dans fiiffifante quantité
d’eau, i fur la fin de la coéfciou , vous-y
.ajouterez une d,emi- poignée de pimpi?
nelle de jardin ; après une légère ébulli¬
tion exprimez le bouillon.
L’opiate finie il fe purgera avec trois
onces de manne dans la décodion de
bourrache,
U pafiera enfuite. à l’ufage du petit-
lait de vache faite avec' la préfure ordi¬
naire ; on le clarifiera avec le blanc d’oeuf.
Pendant la clarification vous y ajouterez
douze cloportes , .& une- petite poignée
de feuilles de lierre terreifre. Dans la co-
laturç a joutez-y ma peu de fucre..f
Après avoir pris douze jours de fuite fe
petit-lait préparé, comme nous l’avons
dit, on réitérera le purgatif ordinaire.
On fe repofera deux jours après le
purgatif pour pafièfi a liufage des bouilr
Ions de tortue, faits de la façon ci-def-
fus décrite j qii en reprendra trente dé
33 S Me » E-'C I K E. 75
fuite. On aura foin d’avaler devant le
bouillon cinq à fix gouttes de baume
de Canada délayé dans une cuillère avec
-un peu de fyrop de lierre terreftre.
Lorfqu’on aura pris les trente bouil¬
lons de tortue , il faudra fe repurger
.comme auparavant avec la décoction de
-bourrache ou de menthe.
On paflera l’hiver engrenant de.deux
jours l’un cinq à fix gouttes du baume
de Canada de la façon que nous avons
indiqué & buvant un moment .après
ain -bouillon fait de la maniéré fuivante.
B O V I L L O N.
Prenez demi-livre de collet de mouton,
. fept à huit feuilles de lierre terreftre,& de¬
mi-poignée de pimpineile de jardin.
Au commencement du printemps pro-
chain , Monfieur le malade doit répé¬
ter l’ufage des remèdes que nous avons
indiqué ci - deiîus, tenter en fuite, le lait
4aneire } mectant à chaque prife deux cuil¬
lerées de la fécondé eau de chaux. Le
foir en fe couchant il prendra vingt-
cinq grains de corail, en continuant de
même jufqua ce que reftomaç.fepporre
Lien le lait, qu’on continuera un. usais &
■ J 6 Consultations choisies ...
on s’en trouve bien. On prendra un mo¬
ment avant le laïc de deux matins l’un
cinq à fix gouttes de baume de Canada
dans un peu de fyrop de lierre terreftre.
On prendra au commencement, au mi¬
lieu , & à la fin du lait> la purgation
avec la déco&ion de bourrache ou de
menthe.
Si le lait ne paflfe pas bien il faut le
quitter , & après la purgation ordinaire
savoir recours aux bouillons de tortue >
qu’on prendra pendant trente jours de
fuite, fe purgeant à la fin de la maniéré
accoutumée.
Pour tenir le malade tranquille pen¬
dant la nuit, & pour empêcher le mal de
, faire de progrès s’il eft inquiété par la
toux, ou l’infomnie ,on ufera du lauda¬
num liquide de Sydenham , commençant
d’abord par quinze gouttes , & augmen¬
tant julqu’à vingt, vingt-cinq ou trente
gouttes j fi les dofes inférieures ne pro-
duifoient plus l’effet defité après une
longue habitude. On commencera dès
à préfent, 8c on continuera pendant tout
le tems des remèdes,.
Quoique tous les remèdes que nous
avons confeillé nous paroifient allez coii-
vg«ablesaumalpréfent 3 noüs fomrnes eer-
DE MîDfCI»!. 77
tains qu’ils auront peu defuccès fi le ma¬
lade n’yjeint un régime de vivre très-régu¬
lier. Ilefteflèntiel de faire toujours gras,
de fe tenir à la loupe,au b'ouilîî,àu rôti, le
tout de viande blanche, quelques bifcuits
trempés avec l’eau teinte d’un peu de vin.
Il faut éviter avec attention toute falure,
aigre , épiceries, fruit cru , lalades, lé¬
gumes. Il eft très-elfentiel pour le mala¬
de dans la Ikuation ou il fe trouve d’ob-
ferver un grand régime, fans quoi les
remèdes ne produiront aucun effet. £e .
malade fera enforte de fe diffiper par
quelques exercices amufans, & non vio-
lens.
A Montpellier, Signé , Lazermï,
Montagne.
j 8 Consultations chdist&s:
CONSULTATION XVIII.
Sur une ardeur de poitrine y un dérangement
d’efimac , cours de ventre , accès de
fièvre 9 ophthalmie ..
Tf -Es accidens qui fatiguent Moniteur
JLsï depuis long-rem s y 8c. qui font de¬
venus plus eonfidérables depuis un an , fe;
rédaifent à des. ardeurs de poitrine qui
oceapenE touce l’étendue de cette partie
à un.= dérangement, d’eûomac fuivi de
beaucoup de vents;, de cours de ventre-*,
de grouillemens. continuels fans pour¬
tant que h. partie foit altérée». Pendant
deux ans. il a été iujec à -des- accès dé
fièvre qui l’ont expofé à un long ufage
du quinquina, enfuite à des ophthalmies,
opiniâtres qui fans doute ont donné oc-
cafion à. faire des remèdes...
Tous ces. maux reconnoiflent pour
eau Ce les mauvaiiès digeftions qu’il fait;
actuellement qui tournent à. produire
quantité de vents 8c de mauvais fucs. ils.
ont encore entretenus dans cette obfti-
nation par le mauvais état du fang, quf
e£l. fec.épais &. acrimonieux, & qui &
id M £ d e à i N g. - 79
éontraéié de maUVaifes qualités pat les
grandes contentions d’efiprit que Môn-
fieur a fait, 6c par i’ufage nidifie ret du
caffé. Cet état du fang a donné lie» 1
au d efféc bernent des folides -, à des obf-
tructions des organes de la digeftion ;
enforte que les fines digeftifs font fournis
épais, gluans, & acriïhoriieint, & que
lés digeftions fe font avec fougue & im¬
parfaitement , dou naiffent tant de vents
& de grouillemens. Il fe produit aufïi
de ces maüvaifes digeftions un chyle mal
travaillé , qui entretient journellement
des défordres dans la maffe dès humeurs,
li n’y a pas de lignes que la poitrine de
Monfieur foie affectée, puifqu il n’a point
ëraché de fang, qu’il ne touffe point,
& que la refpiration eft libre & dégagée.
Cettemalàdie, qui eft plus effrayante
que dangereufe réfiftefa long - te'ms ,
à moins de remèdes appropriés 8c d’un
bon régime de vivre exaefemement ob-
fervé , 8c pendant long-rems.
Les indications qui fe présentent à
remplir font de corriger les digeftions,
de détremper la maftè du fang, de la
divifer doucement fans incendie,d’en tem¬
pérer l’acrimonie, d’en rétablir le bau¬
me , enfin de relâcher & affouplir le fyfi¬
nie des folides. D iiij
So CONSLUÀTIOVSS CHOISIES'
C’eft pourquoi on commencera par
une faignée du bras de la valeur de fept
à huit onces. On fe purgera le lende¬
main fuivant*
TVR G A T 10 N.
Prenez une once de racines de polypo-,
de de chêneconcalTée donton fera un ver¬
re de décodion, & on y fera infufer un
fcrupuie de rhubarbe, une pincée de
fleurs de pêcher, & une pincée de petite
abfynthe. Après FébuUidoa on y feras
fondre manne deux onces.
On paiïera enfuite à l’ufage des bouil¬
lons fui van s.
BOV 1 LL O NS.
Prenez un quarteron de collet de mou¬
ton , deux écrevifles dé riviere , une
poignée de chicorée amére de jardin , &
ilne bonne pincée defommités de fleurs
d’hypéricum.
Ayant pris les bouillons dix matins
confécutifs, Monfieur fe purgera comme
auparavant pour pafTer enfuite à l’ufage:
de bouillons qui feront faits de la ma¬
niéré fuivante. . ■
EV>S M E » E G I H E.
BOVILLONS.
Prenez un jeune poulet, ou à ion dé¬
faut un morceau de mou de veau, deux
écrevifiès de riviere, les cuilïès de trois
ou quatre grenouilles écorchées, une
dragme de fquine coupée par tranche ,
un fcrupule de cafcarille concaflée ,
une bonne pincée de lierre terreftre, 8c
une poignée de chicorée verte de jardin ;
faites un bouillon félon TArt-
Après avoir pris dix matins ces bouil¬
lons, il fe purgera comme ei-deffus en fe
mettant tout de fuite au petit-lait de va¬
che tiré avec la prédire , clarifié avec le
blanc d’œuf, y ajoutant mie douzaine de
cloportes , y éteignant quelques mor¬
ceaux de fer rougis au feu , & y ajou¬
rant deux cuillerées de lue de creflon
ou en fa place de fumeterrebien dépurées
& une cuillerée de fucre roïal.
On continuera ce petit - lait pendant
quinze ou vingt jours, après lequel teins
on reviendra aux derniers bouillons ,
les ayant encore pris pendant dix jours ^
on fe purgera avec la même médecine,,
& on reprendra le petit-lait comme au¬
paravant pendant le même tems. On re-
Si' GoNS Ut-T'ATI ON -S CHOTSîfS
viendra encore enfuite aux mêmes bouil¬
lons qui feront continués pendant dix;
jours, & an même-petitriait pour la troi-
fiémé fois v après quoi Monfieur fe pur¬
gera. avec la médecine ordinaire , &:
prendra tour de foire le demi-bain do-
meffique.- pendant dix jours lè matin ài
jeun.. Il y. reliera environ-une Heure. M
la fortie il-avalera une.talTe d’infufîon de-
fouilles féiches. de citronelie en maniéré-
de thé-; enfuite pendant fept jours à. lai
fortie. il prendra.les bouillons foivans..
KOV î L LO N S.
Prenez unjeune poulet, dêux écreviffésV
de. riviere ,. une. poignée de cceffon , &
une pincée de menthe de jardin..
Après-il reviendra aux fix demi-bains-
comme auparavant ; enfuite à fîx- jours-
de bouillons de poulets;, après; Iefquels;-
fîx autres bains ;• &. encore à fept jours
du même bouillon , puis h fîx- demi¬
es. 1 ' ' ' r ' ' ’ ' V ; ;
Après tous ces- remèdes, Monfieur:
prendra.les eaux de Cauterès , comme
il les' a déjà, prifes , ou dès eaux der
queîquautre,nature qui feront à por--
ceé ; il aura, foin d’ajouter deux, onces;*
D £ ■ Kf E B t C T K' Z. S>
8c demie de manne au premier verre'du
premier jour, ôc autant au pénultième
verre du dernier jour. Il prendra les eaux
neuf à dix jours de fuite, & , s’il s’en
trouve bien, après douze jours de repos,
il les reprendra encore neuf jours, en
ebfervant les régies que nous avons dé¬
jà prefcrites..
Vers la fin du mois de lèptembre ,
Monfieur fe purgeta comme ei-deffus ,
êc prendra en fui te pendant dix matins
les derniers bouillons préparés comme il
a été marqué , après lefquels il fera pur¬
gé , 8c pafiera à l’ufage du lait d’âneflè. If
le prendra d’abord à une dofe d’envircm-
douze onces , y mettant deux cuillerées
de la fécondé eau de chaux avec un
peu de fucre. Il en viendra péü à peu à
une dofe d’une écuelle: fi fofl eftomac le
foutient bien, il le continuera deux mois,,
§c fe purgera toutes les fois qu’il fe fen-
tira du dérangement dans fon appétit 8c
dans fon eftomac.
Pendant l’ufage de ce lait, il prendrai
trois jours de la femaine une poudrs
compofée de la maniéré fuiyante.,
D
§4 Consultations choisies;
P O V D R E.
Prenez fix grains, de fafran de mars*'
apéritif préparé à la rofée de mai s &
huit grains 'de poudre de guttete dans la
première cuillerée de foupe. au dîner.
S’il a r ri voit contre notre attente que
Moniteur ne pût pas fupportet le lait da*
neflè , s’étant purgé il reviendroit an
petit-lait & aux derniers bouillons com,-
me auparavant
Pendant tout l’hiver iî prendra dix on
douze jours chaque mois huit grains de
fafran de marsapéritif,& lixgraihs.de caC
carille dans la première cuillerée de forn-
pe de £an dîner.
Tous ces remèdes feroient inutiles, (r
Moniteur en gâtoit l’ufage par un. mau¬
vais. régime de vivre. C’elt pourquoi
il le nourrira avec du potage, bouilli T
rôti* des crèmes de ris & de gruau. Il
©bfervera de fouper légèrement.S’il peut
te mettre à l’ulàge de l’eau pour boilîcn
ordinaire il n’en, fera que mieux; en tout
cas il boira peu de vin & toujours bien
trempé, point de liqueurs,.ni thé nr caf—
té , ni chocolat. Il fe privera de fruit
erud A de lâlades, de liqueurs x de cha-
T) S MEDECINE. Sf
taigoes, de fromage, de ragoûts & de tou¬
te forte depicerie ; & enfin de tous les ali-
mens venteux, mdîgeftes , ou échaufFans.
Il obfervera de donner un peu plus de
relâche à fes études qu’il n’a fait jufqu’à
préfent. Tl eft elïentiel qu’il combatte le
penchant qu’il a à la méîanclrolie par la
promenade à cheval ou à pied , par
des compagnies propres à le diftraire
enfin par des occupations amufantes plu¬
tôt que pénibles»
Délibéré à Montpellier ce 20» février
1746. Signé , Gh a p t a l.
consultation XIX.
Sur un Jkjrre au b as-ventre..
O N voit par la relation communi¬
quée que Monfieur le malade
eft né avec un.' tempérament mélan-
eholique , & par canféqüent ayant une
conftitution des fluides feiche 8c acri-
monieufe. Ces vices des fluides fe font
augmentés dans la fuite, d’autant plus,
qu’ayant été (üjet. depuis neuf à dix ans
à cracher du fang, l’imagination, n’a pu
qu’être frapée de tout cela j il eft arrive
que la lymphe a été épuifée & a pris;
sm caraétere d’acrimonie.
8 # Consultations crrorsiES'
Cela étant établi, la tumeur dure qui’
s’étend' depuis, le defîous du cartilage"
xiphoide juiqu’au-deUbusilb nombril ave g:
quelque- lentement de douleur , & doute:
on ne marque pas la largeur 5 a fon fié-
ge principal dans cette étendue des-muf-
eles droits , & elîfe eflü produite par une*
lymphe acrimonieufe épaifife qui s’eft; -
arrêtée dans le tiffu de ces mufcles ; ce
qui établit un skirrhe de mauvais ca~
radere. D’autte part comme Monfieur
le ni a lad e e£ fujéfc depuis: neuf à dix
ans- a une légère Kémoptÿfie « il y-a tout,
lieu de préfumer qu’il y a au poulmon
quelque tubercule qui gêne le cours du»
fang , & donne lien de faire Crever- de;
tems en tems quelques vaifiauxdont les-
tuniques fe trouvent dilatées*
Ces deux maladies lie font pas adueî-
lement accompagnées dé danger *, mais
comme chacune poutroit prendre dans
la fuite une mauvaife tournure, il ne;
faut rien négliger pour y apporter remè¬
de,&pour en prévenir les fuites fâcheufes*
ee qu’on ne peut cependant faire que par
une longue fuite dé remèdes,& par un bon-
régime de vivre obfervé très long-tems
à quoi doit fe joindre une fermeté, deJ&
grit abfolument néceffaire ? .
b* e- W f D---Ÿ e r & '.&» %T
' £es vues que Ton doit avoir dans c£‘
cas, font de maintenir- les digeftions en-
ion état , 8i de fkire fournir un chyle*
doux & coulant , & de plus dancrfer. fans
fougue la maffe des liqueurs, de la bien*
détremper & de radoucir. G’eft pour¬
quoi d’entrée oirfera un faignée du-bras^
&- on purgera le lendemain.
P V‘ R G A T ¥ O Ni
Prenez polypodè de chêne une once,,
que vous ferez légereme-nt bouillir dans?
une livre d’eau ; vous y ferez infufèrr
rhubarbe concaffée une dragme, fleurs de-
pêcher une poignée ; Païant coulé & par¬
tagé en deux dofes égales , dans la pre¬
mière on y. fera fondre manne deux
onces , & une once dans le fecond. Cette
potion fe prendra avec régime.
On pafiera de fuite, à l’ufagedesbouïl?
îbns fuivans.
B O V IL L O N S.
Pirenez un jeune poulety r une once dé¬
racines de fimphitum majus , les cuifles de
quatre grenouilles,une dragme de racine:
de fquine coupées par tranches, une poi¬
gnée de piœginelle de jardin.
88 CON-TULTATIONS CHOISIES
Aïant pris les bouillons douze ma¬
tins ,on fe purgera comme auparavant y
pour palier de fuite à l’ufage du petit-lait:
de ehevre ou de vache, tiré avec la crè¬
me de tartre , y ajoutant une poignée de
lierre terreftre, le clarifiant avec le blanc
d’œuf félon l’art, y ajoutant un peu de
fucre fin.
On prendra ainfi le petit-lait le matin
à jeun pendant un mois, avalant dans,
deux ou trois cuillerées une poudre corn-
pofée de la maniéré fuivante.
P O V D R E»
Prenez antihe&ique de Potetius &
jfucein blanc préparés f de chacun douze
grains.
Aïant fini le petit - lait, on fe pur¬
gera comme auparavant. Quelques jours,
après on ira aux eaux du Mont d’Or..
On les. boira le matin à jeun pendant
quinze jours j mais à petite dofe,. de cinq
à fix verres par matin , obfervant de
prendre chaque matin , une heure après
avoir bu, un bouillon fait Amplement
avec un poulet d’ajouter au premier
verre du premier jour deux onces de
manne, & autant au dernier verre du det^
nier jour.
D E M E D E C I N E. §9
S étant repofé quelques jours on paf-
fera àl’ufage des apozêmes fui vans.
A P O Z E M Z.
Prenez delà pimpinelle de jardin &
de la véronique, de chacune une poi¬
gnée-, fleurs de pied de chat & de violette,
de chacunes une pincée ton fera bouillir
le tout légèrement pour en faire deux
verres, à chacun defquels on ajoutera
iyrop de lierre terreftre une once 5 otv :
prendra le premier verre le matin à jeun
& & le fécond quatre heures après durer.
On les continuera quatre jours de fuite -,
&, s’étant repofé trois jours, on prendra
pendant dix matins à jeun un bouillon
fait avec un jeune poulet, & une poi¬
gnée de pîmpinelle de jardin.
Vers la demi feptembre on le purgera
avec la médecine ordonnée ci - devant.
On prendra enfuite neuf matins le petit-
lait ordonné avec la poudre, & , s’étant
enfuite purgé, on panera à i’ufage du lait
d’ânelje > que l’on prendra le matin à. la
dofe de douze ou quinze onces pendant
deux mois , fe purgeant comme aupara¬
vant - x mais pendant L’uiage de ce petit-
lait , on prendra de trois entrois matins
9o Consultations choisies-'
tin moment avant le lait une poudre
eompofée avec dix grains d’antifleétique
de Poterius,flx grains de cloportes prépa¬
rés,& vingt grains de corail préparé,aïanë
délaie cette poudre dans trois cuillerées
d’eau de fleurs d’orange. An tefte des à-
préfent on mettra fur la tumeur dure du
bas-ventre de la pulpe de racine d’althéa-
on l’y laiflera au moins deux ou trois
fleures par jour , ce que l’bn continuera?
pendant' long^tems& y revenant de'
tems en terris*
Délibéré à Montpellier tfigné } F ï z-e à?
CONSULTATION XX.
Suite de la précédente.
TJÂr la defeription de la tumeur dure
JL donnée dans la première relation
on dbrinoit lldée d’une tumeur qui s'é»
tendoit depuis le cartilage xiphoïde juf-
qu’an-deilôuâdu nombril-, fans dérermv
net la largeur de la tumeur. On n’indi-
quoit point la tenfion des vifeeres du'
bas-ventre , aufli on ne pouvoir établir
la. tumeur que dans une grande étendue-
Wt MEDECINE. 9?
des mufcles du bas-ventre , je veux dire
«des mufcles droits; 5 mais a- préfent Mon-
fleur *** fait remarquer que l’on apper-
eoit depuis que le bas-ventre s’eftdiften-
du une groffeur au foie, & Monfleur ***
dit que l’on découvre facilement les em-‘
barras du foie par l’exploration , ce font
ces termes je fuis perfuadé par tout
cela que le foie eft affecté d’obftruétions
dures ; mais-, comme il n’eft pas encore
dit ni par l’un ni par l’autre , que le ma¬
lade ait eu ou ait la moindre idée de’
jaunilîe, je fuis porté à croire que les-
embarras propres ou principaux du foie
font dans le fyftême lympbatique des-
vailïàux de ce vifeere plutôt que dans
celui des. vaiflèaux biliaires, la bile pa~
roiffant d aîllburs coûter allez îibrementr
dans les inteftins, püifqu’on rapporte que.
le malade fait alTez bien les digeftions,
& qu’on ne dit rien des excrémens. Mais-
puifqu’on ne dit pas dans aucune des
relations communiquées fl la tumeur du
foie fe fait appercevoir ou à Fhypochon-
dre droit, ou, à 1 epigaftre, if importe peu-
pour le malade & pour le confeil de fça-
voir fi- c efl le grand lobe du foie qui'
eft principalement affecté, ou bien le lo¬
be, antérieur 3 cela n étant que. curiofité. a .
9 i Consultations choisies?
& ne changeant rieri au' traitement*
Je fuis donc toujours dans l'idée
des mauvaifes affe&ions générales de la
maffe des fluides de Mon fleur le mala¬
de , & fur - tout de la portion lympha¬
tique. La feule différence qu i! y a dans
cette concrétion , eft que je reconnois
farrêt de la lymphe principalement dans
les lymphatiques du foie , au lieu qu’au-
paravant je me les. repréfentois dans
les lymphatiques du mufcle droit du
bas-ventre -, ainfl il y a beaucoup à chan¬
ger dans le plan de remèdes que j’ai
déjà confeillés ; je fais pourtant obferver
.qu'il ne faut jamais perdre de vue l’état
du poulmon , ou je crois qu'il y a des tu-
berculés , puifque le malade a craché &
crache du fang ; ce qui eft actuellement
peu de chofe, comme il a été dit dans le
mémoire ; je crois pourtant qu’il mérite
attention ? & que cet état du poulmon
doit faire ménager certains remèdes, qui
d’ailleurs parokroient très-bien convenir
pour débarraflèr le foie, & pour humec¬
ter les vifceres du bas ventre ; ainfl je
ce ferois pas trop pas d’avis d'infifter fur
le demi - bain , qu’on dit que le malade
prend actuellement, & cela à caufe de
la délicateflè du poulmon qui pourroic.
SD E MeBE.CI N JE. 9 %
bien en fouffrir. J’eftime donc de tout
cela, & faifant attention à tout ce que
je comprens qui fera fait à far rivée d$
ma Confukation , qu’il faut que le ma¬
lade fe purge avec la médecine portée
dans la première , & quil pake enfuite
à l’ufage des bouillons fijivans.
BOUILLONS.
Prenez un jeune poulet, une once de
racines de laÿœthum_ acimim , une pe¬
tite poignée de chicorée ame-re de jardin,
autant de pimpinelie, fuppofant que
le malade ne crache point de fang ac¬
tuellement , & qu’il îven ait craché de
quelque tems y car autrement je lui con-
feille le premier bouillon porté par ma
remiere Confukatîoiv
Aïant pris les uns ou les autres de ,ces
bouillons fuivant la circonftànce du cra¬
chement ou du non' crachement de fang ,
& cela pendant neuf jourSjîemalaae pafre-
ra enfuite à l’ufage du petit-lait marqué
dans ma première Confukation, dans
lequel on éteindra trois clous de fer touil¬
lés de la longueur du doigt rougis au feu.
Aïant pris ce petit-lait vingt jours ,
le malade fera purgé comme auparavant.
Consultations uHuasîEs
je ne fais plus d’avis que le malade aille
boire les eaux de Moût d’Or , crainte de
quelque crevaflelymphatiqueau foie que
la boiffon des eaux minérales po.urroit
occallonner j mais après la purgation qui
fuit le lait le malade prendra l’apofême
que j’ai ordonné, & en-fuite les bouillons
qui fuiv.ent l’apofême.
Vers la rni - feptembre le malade fe
purgera avec la médecine marquée^ I
prendra en fuite dix matins les bouillons
ordonnés dans cette derniere Çonfulta-
tion, & fera purgé à la fin. 1-1 prendra en-
fuite le petit-lait ordonné avec la pou¬
dre pendant vingt matins, après lefqueîs,
s’étant encore purgé ,il pafièra à l’ufage
du lait d’anefïë avec toutes les observa¬
tions marquées dans ma première Con-
fultation, & il en fuîvra le relie , excep¬
té le caxapiafme de pulpe d’altbéa. Mais
il l’on fient des douleurs à la région du
foie, on la fomentera avec un linge firri-
ple mouillé d’une déccclion de racines
d’althéa.
0élîbéré.à Montpellier ,fgn'e , £ i z js&
© s M £ D -E .C I K £.
95
C O N SU LT A TJ ON XXL
Sur une hydroçijie commençante.
L E malade pour lequel on nous con-
fuite, âgé d'environ foixante ans, eft
depuis dix ans valétudinaire. Il a fouf erit
‘dans diverfes faifons de vives douleurs
dans .les cuiffes,toulIant & crachant beau¬
coup en hiver j préfentementil n’eft plus
.<judKon de douleurs., mais depuis un
mois il s’eft appercu que ion ventre eft
enflé. Le mémoire qu’on nous a çom?
mu niqué ne fait- aucune mention du
'tempérament du malade, ni de fes oc¬
cupations , ni de fou régime de vivre 9
ni de l’état où fe trouyoient les vifeeres
du bas ventre avant le commencement
de (on enflure. Ces éclairciflèmens étoiene
néceftaires pour établir les indications
avec plus de préciüon. Son âge déjà
avancé, & le long dérangement de fa
famé, prouvent aftez clairement les dé -
•rangemens de les humeurs-, je veux dire
le mauvais état & la foiblefïe de fes foli-
des. Les humeurs mal travaillées ont pris
le cara&e.re d’épaiffiffement, ce qui fait
«HS Consultations choisies
qu’elles font arrêtées dans le tiflu des
vifceres du bas-venue , & y ont produit
■des obftru&ions qui empêchent que la
lymphe ne revienne dans les veines, &
la font arrêter dans les vaifleaux qui en
deviendront plus ramolis & plus diften-
dus; dou s’enfuit lepanchement de là
férofité dans la capacité du bas-ventre,
. comme l’enflure de cette région , qui a
commencé depuis un mois, fannonce.
Comme le malade eft avancé en âge,&
•qu’il eft depuis iong-tems valétudinaire ,
fa maladie qui a déjà fait des progrès ne
peut être que rebelle& réfifter long-
tems aux remèdes..
Les vues que Ton doit avoir dans ce
cas, font de divifer la inafle des humeurs,
’-d’enôter le fuperflu, de lever leurs obf-
trudions*, de procurer, fi faire fe peut,
î évacuation de la iérofité épanchée dans
ia capacité d;u bas-ventre , & de rendre
aux foliftes le reflbrt qu’ils ont pérc’u.
Nous efperons que ces indications feront
remplies par les remèdes fuivans.
PV RG AT 10 N.
Prenez fenné mondé deux dràgrnes ,
fbl végétal une dragme, rhubarbe concaf-
• fée
T) E M E D E C I H E. '57
fêe une demi - dragme -, faites infafer le
tout dans une fufïifante quantité d’eau, &:
dans la colature faites-y fondre manne
de Calabre deux onces , poudre de jalap
dix grains ; faites une potion que le
malade prendra avec régime.
Le lendemain le malade prendra un
bouillon fait comme on va le dire.
B O V I L LO N,
Prenez un quarteron de collet de mou-'
ton, un nouer d’une dragme de rhubar¬
be , fafran de mars apéritif une demi-
dragme auffi dans un nouet, racines de
brufcus, eringium, afperges, de chacunes
une once ; ôc dans colature ajoutez - y
vingt grains dé tartré chalybé.
Le malade continuera ces bouillons
pendant fix jours, le feptiéme il fe pur¬
gera comme ci-devant. Après cette pur¬
gation il prendra les mêmes bouillons
pendant fix jours, après lefquels, s’étant
encore purgé comme ci-delfus, il prendra
l’opiate fuivante.
O P 1 AT E*
Prenez fafran de mars apéritif huit
Terne E
5)8 Comsultations choisies
grains, rhubarbe choifie & cloportes pré¬
parés , de chacun douze grains , jalap en
poudre huit grains , diagréde quatre
grains, fleurs de Tel ammoniac martiales
cinq grains, I«e tout étant en poudre
très fine on en fera une malle avec une
fuffifante quantité de fyrop d’althéa de
Fernel pour en faire dix dofes égales.
Il continuera cette opiate pendant dix
jours, avalant par deflus un bouillon de
poulet altéré avec une poignée de chico¬
rée. Si le malade fe fentoit échauffé pat
l’ufage de cette opiate il ne la prendroit
. qu alternativement de deux jours l’un ; ,
prenant le jour d’intervalle le bouillon
:feul.
Si le malade ne pouvoit point fuppor-
ter l’ufage de cette opiate , ou fi , après
l’avoir finie , fon mal perfiftoit encore ,
après s’être purgé comme ci - deflus, il
paflèroit tout dé fuite à l’ufage des bouil¬
lons aux bains-marie, faits de la manier^
. fuivante.
BOVILLONS „
Prenez deux livres de maigre de veau
coupées par tranches, rhubarbe en pou¬
dre une dragme, trente cloportes, de
CE M B DE C I N ï. 99
feuilles de chicorée fauvage & de cerfeuil
hachées, de chacunes une poignée , de
fleurs de fel ammoniac martiales quinze
grains ; faites des couches dans un pot de
terre, avec les herbes 5c les poudres &
chairs alternativement, & que la derniè¬
re couche foit faite avec la chair de veau.
A joutez-y trois cuillerées d’eau. Aïant
bien luté le pot, vous le placerez au bain-
marie pour faire le bouillon fuivant l : art.
L’aïant pafle avec une forte expreiïïon,on
le partagera en deux prifes. La première
fera prile le matin à jeun , & l’autre à
quatre heures après midi. On le continue¬
ra pendant fept à huit jours, 5c quand
ils feront finis on purgera avec la purga¬
tion ordinaire.
S’il arrive , contre notre attente , que
l’enflure perfifte avec obftination malgré
les remèdes, on en viendra à l’eau-de-
vie allemande, dont on donnera une once
& demie le matin à jeun , & on la conti¬
nuera trois jours de fuite. Si le malade
s’en fentoit échauffé, on y ajouteroit une
once d’huile d’amandes douces chaque
fois.
Délibéré à Montpellier , &c:
jtgné t C H A P T À L.
*oo Consultations choïsks
CONSULTATION XXII,
Sur me JdUmJfe.
¥L eft bien certain que la jauniflè que
_| Moniteur a depuis un moi? eft l’effet
des embarras qui fe font formés dans te
foie , qui s’oppofent à la fécrétion de la
bile, la font regorger dans la maflfe des
humeurs, & répandre dans l’habitude dq
corps.
Pour traiter cette maladie méthodi¬
quement il eft important de reconnoître
la véritable caufe qui produit les embar¬
ras du foie. Les râifons fuivantes nous
perfuadent que c’eft la conftitution réfi-
neufe de la bile dont les parties falines
font devenues plus groflîeres, & par
conféquent plus propres à couler par le
petit vaiffeau fécrétoire du foie. C’eft
ce qui paroît démontré, i °. par le tem¬
pérament vif & bilieux du malade , ce
qui paroît bien prouvé par les marques
dartreufes que le malade eut il y a quel¬
ques années, êc dont il ne fut guçri que
par le laitage & les bains d’eau de rivière?
a,°. Le grand travail d’efprit & de corps
3 E M E B E C I N E. IOS
que Monfieur a fait depuis- pkûeurs an¬
nées n’a pas peu contribuer à faire diffiper
les parties douces & fluides des humeurs,
& a defféché par-là les fluides , & même
les folides. 3 0 . On ne peut rapporter les
embarras du foie à aucune autre caufe,
pas même aux vices de digeftion, puifque
le malade a confervé jufqu’ici fon appétic,
& qu’il rend fes excrémens comme dans
une fauté parfaite. S’il a eu quelque dé¬
goût avant que la jauniflè parût, s’il fent
même de tems en tems quelque légère
colique d’elïomac , ©n doit plutôt les
rapporter à une partie de la bile qui peut
fe jetter dans l’eftomac par les conduits
fécrécoires qu’au dérangement des digef-
flons.
Il fuit de ce que l’on vient de dire ,
qu’on doit traiter cettfe maladie avec
de légers apéritifs , mêlés avec beaucoup
de délaïans & d’âdouciffans. Par ce moïen
on détrempera plus aifément la bile, on
donnera plus de fouplelfe aux conduits
du foie qu’on foupçonne d’être un peu
raccornis par le defféchement, & fi on
pou voit fe flatter que les obftruélious du
foie fuflent récentes^, on pourroit efpérer
de les emporter radicalement malgré
l’âge du malade. Mais quand même il
E iij
102. Consultations choisies
refteroit quelque endroit du foie obüîrué,
la bile pourra prendre fon écoulement
par les autres endroits débouchés , & par
conféquent la iànté du malade pourra fe
rétablir.
Comme Monfieur vient de reprendre
les bouillons apéritifs , & qrnîl aura été
pürgé à la fin de leur ufage , il paflfera
tout de fuite au petit lait qu’il prendra
comme il fuit.
PETIT LAIT.
Prenez feize onces de petit-lait tiré du
lait de vache avec la préfure ordinaire *
ou mieux la crème de tartre. On le clari¬
fiera avec le blanc d’œuf j éteignez - y
quelques clous rougis. Dans la colature
jettez-y deux cuillerées de fuc de creffon,
autant de fuc de cerfeuil , & un peu
de fucre. Il faut prendre ce petit - lait
pendant douze jours, enfuite fe purger
avec la médecine fuivante.
P V R G A T I O N.
Prenez fenné mondé deux dragmes ,
rhubarbe concaffée une demi dragme *
tartre foltible une dragme*, faites bouil¬
lir le tout dans douze onces de décoc¬
tion de tamarins. Sur la fin de la coction
ajoutez-y une pincés-defteurs de pêcher*
T)È M ï 1> î C I K' E. ÏOf
& dans la colature faites-y fondre manne
de Calabre deux onces dans le premier
verre, & dans le fécond vous mettrez une
once de fyrop de rofes féches. Si le pre¬
mier verre vuidoit beaucoup le malade ^
on ne donneroit point le fécond.
S’étant repofé deux jours , il prendra
cette opiate.
O F 1 AT È.
Prenez fafran de mars apéritif , rhu¬
barbe en poudre , de chacun un fcrupule,
poudre de cloportes , cajfialignea en pou¬
dre, de chacun douze grains, que l’on
incorporera avec une fuffifante quantité
de fyrop de chicorée compofé , & l’on
fera une opiate pour une dofe.
Le malade prendra par deffus cetre
opiate un bouillon fait avec le maigre de
veau, dans lequel on ajoutera trois écre-
vififes ; on y jettera une poignée de fom-
mités féches & fleuries d’hypericum , &
Tarant fait infufer fuiïifamment, on ex¬
primera fortement. On prendra Topiate
& le bouillon pendant neuf jours , fe
purgeant à la fin.
Deux jours après on lui donnera le pe¬
tit-lait préparé comme ci-delfirs pendant
quinze jours , fe purgeant à la fin.
E îiij
ïOif Consultations choisies
Pendant l’ufage de ce remede , on fera
des fomentations fur la région du foie
pendant une heure avec la décoction des
plantes émollientes chaude, dans laquel¬
le on trempera des linges, qu’on appli¬
quera fur la partie en les renouvellant de
tems, en tems..
Après deux jours de repos, Monfieun
prendra le matin un verre de lait d’ânef-
fe avec un peu de lucre. Si l’efïomac a voit
de la peine à le fouteni'r on y ajouteroit
deux cuillerées d’une légère infufion»
de eanelje. A mefure que l’eltomac Ap¬
portera le lait on augmentera la dofe peu-
à peu julqu’à une bonne écuellée , & on
le prendra pendant un mois., fe pur¬
geant en le quittant. Pendant le tems dn
lait le malade prendra trois fois la femai-
ne douze-grains de fàfran de mars apé¬
ritif, dans la première cuillerée de foupe-
au dîner. Pendant le relie de l’hiver if
continuera la boilfon de l’eau ferrée , à
laquelle on ajoutera un nouet de rhubar¬
be. On peut faire auffi ufage de l’infufion
à froid- de la boule d’acier jufqu’à ce que
l’infufion foit de couleur de petite bierre,.
fe purgeant de tems en tems.
Au relie, nous croïons que le cafréne*
convient pas à Monfieur ; ainfi. iL fex%
B E MEDECINE.- lOf,
bien de s’en priver pendant le tems des
jcemedes , & de n’en prendre enfuite que
rarement , parce qu’il defleche les hu¬
meurs & les folides.
Délibéré àMontpellier,_/^W } Lazerme.
CONSULTATION XXIII.
Dyfenterie ancienne y & compliquée de
henterie.,
A Yant lu avec attention l’expofé qui
X -k. nous a été remis,peftime que Mon-
fieur le malade eft attaqué d’une vieil¬
le d.yfenterie , qu’il, fait les digeftions
foiblement, que la maflè du- fâng eft
épuifée que fon mucilage eft dirfour,
que la férofîté y fumage , que les folides
ont perdu généralement beaucoup de
leur reffort , qu’en conféquence toutes
les fondions fe font foiblement : de plus-
que par la durée de la maladie les intes¬
tins ne font- prefque plus enduits de mu-
cofité, & que leur membrane nerveufe eft
comme à découvert & trop expofée au
eontàd des matières qui y paflent. Voilà,
l’état où eft.le malade., & de cet état dé.-
ioS Consultations choisies
taillé il eft aifé de rendre raifon de tout
ce qui lui arrive. Au relie comme oïl
allure qu’il n’y a pas du tout de fievre, 8c
que d’ailleurs on n a rien vu qui marque-
la purulence > on ne peut pas dire qu’il y
ait des ulcérations aux inteftms, mais
elle pourroit bien venir fl la maladie réfiy
ftoït. Alors la fievre fente le mettroit de
îa partie , &r le malade fe confumerom
avec enflure des extrémités & flngulie-
rement des inférieures.
Pour venir à bout de cette fâcheufe
maladie,& en prévenir les fuites funeftes*
il faut fe propoler de rétablir les diges¬
tions , d ? adoucir la mafle du fang, & de
donner du reflbrtau canal inteftinaî. C’elt
pourquoi , fans perdre de tems, ou fe
mettra au traitement fuivant.
On fe purgera comme il : fuit»
P VR G AT I O AT.
Prenez mirabolans citrins trois dr agî¬
mes concaflees , dont on fera un petit
verre de déco&ibn 3 & on y diflbudra une
once 8c demie de manne, 8c on y ajoute¬
ra rhubarbe en poudre vingt grains.
S’étant repofé deux jours , le malade
prendra deux matins de fuite celle qui fuit»
ï> E MEDECINE. ÏO 7
PURGATION,
Prenez fyropde chicorée compoféune
once, rhubarbe en poudre vingt grains,
dans un peu d’eau de chicorée , avalant
une heure après un bouillon ordinaire.
Enfuite on paflêra à i’ufage de cette
opiate.
O P ï AT E.
Prenez confërves de balaufte & de ky-
norrhodon , de chacune deux dragmes ÿ
extrait de genievre & conferve denula-
campana-, de chacune une dragme
rhubarbe jféchée au four , noix mufcade
pareillement féchée, & maftic en pou¬
dre , de chacün deux (crapules y racine
d’ipécacuanha vingt grains , laudanum
liquide de Sydenham un demi gros , que
vous mêlerez avec fuffifante quantité de
fyrop de rofes féches pour une opiate
pour le befoin.
On divifera cette opiate en neuf prifes
égales, que l’on prendra le matin à jeun,
avalant une heure êc demie après un
bouillon ordinaire. Cependant on com¬
mencera du jour que ma Confuîtatiorï
arrivera. On prendra tous les foirs en
£v|
i ç§, Consultations choisies
couchant, jufqu’au premier jour defas-
piate , une potion faite comme.il fuit.
P O TI 0 Ni.
Prenez dèmi-d'ragme de diafcordiunr,,
quinze gouttes de laudanum liquide de.*
Sydenham dans une.once. cTeau.de chico¬
rée..
Pendant tout ce tems omfe nourriras
chaque jour avec une bonne foupe,dont le;
bouillon fera fait avec, le mouton & la
vieille volaille, n’y mettant-jamais d’hen-.
Bes ; quelque morceau-de pain avec deux;
Gçufs frais & un bifcuit. trempé dans,
moitié eau- 8c moitié vin. Quelquefois à.
gourer on prendra une tranche de pain?
dont on fera la foupe au vin , y ajoutant,
du fucre. & un brin de canelle. Si on a de:
Bon.vin d’Alicante, on en boira une cuil¬
lerée toute pure après le dîner...
L’opîate. finie-, on fe repofera- pendant;
trois jours, après lefquels on fe purgera,
avec la première medecine indiquée,& on
pafiTera. a l’ufage dm lait djânélïe que l’ori»
continuera pendant deux- mois-, fi on.
peut le matin à jeun ,... commençant;
par une petite dofe que l’on continuera,
^augmentera peu à. peu.. On. aura, foim
B’E M E IV E C i N F. SOf-
Ravaler Jes huic premiers joues vingt,
g-rains de cachou* brut en poudre avec les-
deux ou trois premières, cuillerées de ce
kit, ce que Ton fera enfuite de deux;
matins l’un. Pendant tout ce tems on fe>
ra gras , &. feulement en foupe, bouilli*,
rôti, mangeant de là foupe au dîner, au-
fouper, 8c toujours fans herbes, mangeant
peu de viande fur-tout le foir ,. prenant
d’autre fois un ou deux œufs frais après
k foupe. On boira l’eau dégourdie avec
un quart dé bon vin. On ne s’appliquera
point pendant le traitement à aucua
exercice fatigant ni échauffant.
- Délibéré à. Montpellier x Jtgnê % E i z es*.
CONSULTATION XXIV.
Sur un jiflhme humide ;
L A', maladie dont Monfeureft attaqe-é
depuis trois ans eft un afthme humide,
puifqu il eft atteint de tems en, tems de
peines de refpirer, 8c de toux violentes
qui lui font rejetter des crachats gluans
ôc en abondance journellement, fur-tout
AfomréveiL, dans le tems de la digefliou.
X i o Consultations choisies
du dîner & du foir , & que d’ailleurs on
remarque en lui une ferre de léger aiïou-
pi dément continuel»
La caufe de cette maladie eft en lui un
fang épais & un peu abondant qui lui
force les vaifteaux du poumon , d’autant
plus que le conduit bronchial s’étant
trouvé foible -, il eft continuellement
rempli de la matière des crachats épais *
ee qui oecadonne une compreffion aux
vaifteaux fanguins du voidnage» On ne
fèauroit douter de cette foiblede des
ruraux fécrétoires bronchiaux contractée •
depuis long-tems , fi l’on fait attention
que malgré le tempérament robufte
dont Monfieur leConfultant eft pourvu a
il étoit depuis long-tems fujet à s’enrhu¬
mer aifément.
Ce mauvais état du fang, <k cet en¬
gorgement du couloir bronchial par des
matières lymphatiques épaiffies eft entre¬
tenu journellement par de mauvaifes di-
geftîons, d’où il fe produit un chyle épais
& abondantMondeur étant trop grand
mangeur , êc furchargeant trop l’eftomas
par habitude.
Quoique cette maladie paroidfe a&uei-
lement plus fatiguante que dangereufe
elle ne doit point être négligée , puifqas
SïE MEDECINE. ÎÎÎ
par les violences fecoulîes on a craché du
îang, & que d’ailleurs il pourroit fc for¬
mer des tubercules au poulmon , s’ils
n’ont déjà commencé à s’y former , ce
qui aurore des fuites fâcheufes.
Les vues que l’on doit avoir dans ce
cas font de mettre les digeftîons en ré¬
gie, de donner de la fluidité à la maffe du
fang en I’incifant fans fougue , & le dé¬
trempant doucement, de plus de libé¬
rer l’organe fécrétoire du poulmon de
cette matière lymphatique épaiffie qui
l’afflige» C’eft pourquoi on commencera
par la faignée du bras„ enfuite on purgera
comme il fuit»
P V R G A T I O A r »
Prenez racines de poîypode une once,
qu’on fera infufer pendant la nuit dans
deux verres d’eau furies cendres chaudes,
fenné mondé deux dragmes, demi - poi¬
gnée de fleurs de pêcher, autant de vio¬
lettes» Le lendemain dans la coîature on
difloudra deux onces de manne, & deux
grains de tartre flybié foluble , & dans
le fécond verre une once de manne , Ôc
un grain du même tartre.
Le lendemain de la médecine en. corn-
m Consultations'choisies
mencera les bouillons faits avec huit on¬
ces de collet de mouton , deux onces
d’énula-campana , quinze cloportes , une
douzaine de feuilles de lierre terreftre s
une poignée de creiTon de fontaine. Après
neuf jours de ces bouillons pris le matin
à. jeun ,, on fe purgera, comme aupara¬
vant^ mais fupprimant le tartre ftybié s &
on pailèraàl’ufage de l’opiate fuivante..
O P I AT E>
Prenez, confèrves d’énula campana &
& de kynorrhodon de chacune deux
dragmes, extrait de rhubarbe une.drag ?
me & demie, cloporteapréparés,fuccin
blanc préparé, Scfoufre lavé , antihe&i-
que de Poterius, & cafcarille pulvérifée*,.
de chacun quatre fcrupules, que vous
incorporerez avec une fuffifante quantité
de fyrop d’érifymum. Formez, une opiate
molle.
La dofe de cette opiate fera de deux
dragmes que Ion prendra le matin à jeun,
avalant une heure après une taflè d’infu-
fion de mélilïè ou citronelle en maniéré
de thé.. Lorfqu on aura confomroé toute
cette opiate, on fe purgera comme la*
damiere fois.
D'E M E D 1 C r N E. IT|
Monfieur paflera le relie de l’hiver en
prenanttous les matins à jeun une gran¬
de talTe d’infufion de camphorata , dont
on fera une provifion confidérable dans
cette ville. On peut y ajouter fi, l’on veut
un peu de fucre fin.
Au commencement d’avril on fera une
faignée du feras y on fe purgera avec la
première purgation y on prendra les
bouillons & l’opiate comme auparavant,
avec les deux autres purgations, placées
comme il a été dit, & après la deuxième
purgation qui- fuit l’opiate ©h paiera à
l’ufage du petit-lait de chevre tiré par la
préfure^ne l’on prendra le matin à jeun
à la dofe d’environ, douze onces, y étei¬
gnant trois ou quatre clous rouillés &r
rougis au feu. On le clarifiera avec le
blanc d’œuf 5 8c pendant la clarification
on y ajoutera une petite poignée de font*
mités d’hvpericum fleuries , 8c un peu de
fucre. '*
Après quinze jours de ce petit lait, oa
fè purgera comme la derniere fois pour
palier tout de fuite à l’ufage du lait de
chevre que l’on prendra le matin à jeun
un mois 8c demi, obfervant d’ajouter les
lèpt ou huit premiers jours de ce lait deux
cuillerées de la fecondee.au dechaux ^ &.
ii4 Consultations choisies -
de prendre de crois en trois jours un mo¬
ment avant le lait la poudre fuivante.
P O V D R E.
Prenez cloportes préparés huit grains,
foufre lavé dix grains, antiheétique de
Poterius huit grains , canelle en poudre
■quatre grains j avalant cette poudre avec
deux cuillerées d’eau de fleurs d'orange ,
& fe purgeant en quittant l’ufage du petit-
lait. -
Dès à prefent & à l’avenir il faut pren¬
dre trois fois la femaine, en fe couchant
le julep fuivant.
. IV LE P,
Prenez fyrop d’édfymum une demi-on¬
ce > & autant de fyrop de pavot& trois
onces d’eau de chicorée.
On ne fçauroir trop recommander le
régime de vivre. On s’abftiendra de ra¬
goûts , de toute forte d epicerie, de tous
alimens groffiers ou îndigeftes. On fe
nourrira de foupe , bouilli, rôti, volaille
blanche, évitant la chair noire. On trem¬
pera beaucoup la boiiTon , & on pren¬
dra de bon vin.
... Délibéré à Montpellier,/^, F izes*
CONSULTATION XXV.
Sur un foupçon de mole dans la matrice.
MEMOIRE.
T "j Ne femme âgée de vingt - cinq
ans,, d’un tempérament fanguin,
8c mélanchoiique, eft atteinte depuis en¬
viron cinq mois d'une douleur qui lui oc¬
cupe particulièrement la région de la
matrice, laquelle eft fouvent terminée
par une efpéce de perte qui lui arrive ir¬
régulièrement & abondamment. Auffitck
îa perte finie par lefecours du bol d’alum
compofé que l'on eft obligé de lui don¬
ner , par rapport à la trop grande quan¬
tité de fang qu’elle rend , la douleur re¬
commence. Cette malade a fouvent des
naufées dans le tems de ces douleurs ,
lefquelles naufées paroiftènt plutôt ven-
teufes qu’autrement, püifqu en rendante
les vents par la bouche elle fe trouve
foulagée, & ne font fuivies d’aucun vo-
miliement. Depuis environ trois mois on
vs’apperçoit que fon ventre grofllt , Sc
cette grofteur dans aucun mouvement
ï iè CoN?ULTAT?ON‘S CH CH SSE S
manifefte , eft telle qu'ont coutume d'a¬
voir les femmes enceintes à un certain
terme de leur grofleflè ; ce qui fait con-
jeéturer que c’eft peut - être une mole
quelle a dans la matrice , attendu que
mettant la main fur la région de la ma¬
trice on fent un corps étranger allez dur
& gros, lequel corps tombe toujours
du côté que la malade fe couche,. Si elfe
eft couchée fur le dos elle tombe dans la
capacité du baffin ; dès lors il ne parole
plus de ventre.-Elle aies parties latérales
& inférieures du ventre toutes variquen-
fes, & néanmoins fans douleur. Nota
que cette femme a eu huit enfans en fept
couches, à toutes lefquelles groflefles
elle a eu des pertes les quatre premiers
mois , a la- referve d’une feule dont l’en¬
fant eft d’un tempérament plus robufte
que les autres. Il eft pareillement à pro¬
pos de remarquer qu’à fon. pénultième
accouchement 3 qui fut le deux août
1751, elle fut obligée de fupprimer les
douleurs i n’aïant. pas le. fecours de la
Matrone, Cependant l’accouchement fut
très-heureux. Le dernier enfant quelle a
porté , &dont elle fut heureufement dé¬
livrée, ne lui a caufé aucune douleur noa<
plus que de pertes. Après cet accouche-
p % Med e.c i n e. 117
Cnent les lochies ont aflèz coulé, après
quoi elle fut pendant trois mois lans
menftrues , ce qui lui occafionna une
perte abondante , dans laquelle on n’a
reconnu ni caillots ni faux germe. De¬
puis ce tems-là elle a toujours louiïbrt,
principalement lu nuit,
. REPONSE.
Il eft fort douteux que la malade aie
une mole dans fa matrice. La groflèur
qu’on remarque dans cette région , qui
eft dure au toucher , ne quadre pas à la
mole. Il paroît même par cette cîrconfi.
tance que c’eft une tumeur qui a fou fié--
ge_dans le corps de la matrice , & qui en
fuit tous les changemens de fituation ;
mais ce qui augmente le foupçon eft que
la malade a deppis environ cinq mois une
douleur dans la région de la matrice qui
fe termine fouvent par une perte qui
vient irrégulièrement & abondammenr.
Toutes ces raifons font craindre que la
matrice ne (bit intereftee, que la tumeur
dure qu’on y remarque ne foît d’un mau¬
vais caractère 3 qu’elle ne fe change enfin
en une tumeur cancereufe , qui feroir
infailliblement des ravages : onfouhaite
iïS Consultations choisies
que le foupçon nefoit pas fondé , & que
flans peu on ait des éclairciflemens fur la
mole , telle qu’on lie puiflè douter de fon
ëxiftence par le lait qui paroîtra aux
mammelles, & par d’autres figues qui
puiffent marquer lagrofleiTe Cependant il
ne faut pas négliger cette maladie ; il faut
faire des remedes, qui , fans nuire a la
conception , fuppofé que la malade ait
une mole, puifïè empêcher le progrès de
la tumeur. Pour cet effet on eft davis de
faire fàigner la malade du bras , & le len¬
demain on la purgera avec la médecins
fuivante.
P V RC A T 10 N.
Prenez fenné mondé deux dragmes ,
tartre foîüble une dragme ; faites bouillir
îe tout légèrement dans huit onces de
fléco&îon de tamarins. Sur la fin de la
coction vous y ferez infufer une pincée
de femence de lin concaflee & de fleurs
de violettes ;danslacolature on difloudra
une once de manne, ôc une once de
fyrop de fleurs de pêcher pour une potion.
Deux jours après cette médecine la ma¬
lade prendra un bouillon comme il fuit.
DE MEDECINE, Il£
B O V 1 L L O N.
Prenez un jeune poulet fard d’une de-
mi-once des quatre femences froides ma¬
jeures. Faites le cuire pendant deux heu¬
res dans une fiaffi faute quantité d’eau de
fontaine pour un bouillon ; ajoutez - y
trois écreviflès de riviere concaffées., 8c
deux ou trois grenouilles. Faites cuire le
tout félon l’art. Sur la fin de la coétion
ajoutez une dembpoignée de feuilles d’ai-
gremoine , & autant de chicorée , que
vous ferez encore bouillir & exprimerez
pour un bouillon.
I,e tems de ces bouillons fera de dix
jours, après lefquels la malade fera pur¬
gée avec la médecine ordinaire, & s’étant
repofée un jour, elle prendra le matin au
lit un verre de lait d’ânefle fraîchement
v tiré, adouci avec un peu de fucre. A
mefure que la malade connoîtra que fon
eftomac s’accoutumera au lait, elle en fera
pgu à peu augmenter la dofe jufqu a ce
quelle en prenne une bonne écuellée, 8c
lorfque fon eftomac y fera entièrement ac¬
coutumé elle foupera avec une loupe au
lait de vache fur les fept heures. Elle
mangera raifonnablement à dîner, fans
ÏIO CONSULTATIONS CHOTST2S
-pourtant trop remplir 1’eftomac. Il faur
continuer ce lait jufqu’aux chaleurs de
l’été deux fois par jour , fans qu’il foit né-
cefla'ire de fe purger qu’en le quittant , à
moins quon ne reconnoilfe qu’il s’aigrît
dans Peftomac, mais on efpére qu’en ob-
fervant un régime de vivre convenable ,
la malade ne fera obligée de fe purger
que lorfqu’elle voudra quitter le lait.
Pendant le tems de ces remèdes on exa¬
minera l’état delà maladie, & fur-tout
le volume du ventre , afin d’avoir des
éclairciffemens affûtés pour décider d’une
maniéré plus fure fur la nature de la
groffèur de la matrice ; cependant fi la
malade y fent des douleurs, on confeille
d’y faire des fomentations avec la décoc¬
tion de feuilles de mauve violette, de mo-.
ïelfe,& de jufquiame; & fi malgré ces re¬
mèdes les douleurs font vives il faut fai-
gner la malade, & lui donner quelque
marcotique en dofe convenable.
. • ■ :■■■/:. * 0 ■ -
délibéré à Montpellier,F. ize$«
«m
CONSULS
SE MEDECINE,
IZÏ
CONSULTATION XXVI.
Sur une affection fcorbmlque.
MEMOIRE.
L E Frere Blanquiere , de la- Compa¬
gnie de l’Oratoire, âgé de cinquante
ans, d’un tempérament mélancholique &
fort délicat, a été pendant dix ans fati¬
gué de douleurs d’eftomac qui l’ont obli¬
gé à être attentif à ne prendre qu’une pe¬
tite quantité d’allmens, &.àles bien choi-
fir, pour ne pas s’expofer à de trilles re¬
tours. Il eft vrai qu’il avoit paffé quelque
tems tranquille à la faveur de quelques
remèdes rafraichiflàns <3e apéritifs . mais
il y a quatre à cinq mois qu’il lui:: fur vint
de grandes douleurs aux lombes qui s’é-
tcndoient jufqu’aux genoux & fur les
jambes, & peu de jours après oit vit pa-
roître fur les jambes des taches noires
qui peu à peu devinrent plus larges que la
main. Les gencives s’ulcérèrent , & les
dents étoient toutes branlantes. Par le
moïen des gargarifmes & des antifcoTbu-
tiques qu’il prit pendant iong-temsles
Tome V. F
îil .Consultations choisies
ulcères des gencives furent guéries, & les
dents s’affermirent, les grandes taches
des jambes difparurent peu à peu; il avoit
a(Tez d’appétit, & , ce qu’il y avoit pour
lui de 'ccmfolant,il ne fento.it aucune don- 1
leur d’eftomac : il fe préparoit déjà pour
aller à la campagne afin de s’y. remettre
entièrement lorfque les douleurs des
jambes reprirent plus violemment que
jamais. Elles le tourmentent depuis ce
tems fi fort que lorfqu’il veut différer de
prendre du laudanum elles s’étendent
jufques fur tout le côté, mais peu après
qu’il a pris ce remède il reftedans un eab
me parfait, il eft en état de reprendre fes
occupations ; j’entends un petit travail
de main, car il n’eft guéres en état de
marcher, fans potences. Tel eft l'effet du
laudanum , après lequel les douleurs le
reprennent&1’obligent à recourir au mê¬
me remède. Cependant les gencives &
les dents font toujours en bon état, & il
ne paroît rien aux jambes f fon appétit fe
foutient, fon eftomae ne fouffre point,
il n’a jamais eu la fievre depuis cette re¬
chute, il a pris tous les antifcorbutiques
dont on avoit ufé auparavant avec beau¬
coup de fuccès.Le petit-lait clarifié n’a pas
été oublié ? on a toujours ajouté le cref-
se Médecin e» j
fon d’eau avec la fumeterre, & le bouillon
de poulet avec les herbes àutiTcorbutï-
ques, les écrevifiès de riviere., les bains ,
les faignées, les purgatifs ; mais tout y
jeft inutile 0 les douleurs reviennent tou r
jours après l’effet du laudanum, duquel
il ne fçauroit fe paffer.
R F F O N S E.
~ Les taches noires que le Frere a eues
aux jambes, les ulcères qu’il a eus aux
■gencives, les dents branlantes, carafféri-
fent fi bien l’aflèéHoa fcorbutique qu’on
ne peut pas la mécqnnoître , ainfi on
doit rapporter les' douleurs'des jambe*
au même vice des humeurs qui a produit
le fcorbut, & par conféquent on ne peut
foulager le malade que par le moïen des
remedes internes. Mais l’afrection fcor-
butique reconnoît pour caufe une confti-
tutiou de liqueurs, & fur-tout la lymphe,
groffiere; féche, acrdmonieufe,'faumurée,
ainfi que le vice ou dérangement des di-
geftions marqué par la colique d’efto-
mac qui a précédé, 8c produit cette mala¬
die , & l’a augmentée. Il faut par confé¬
quent s’attacher à reffifier les digeftïons ,
à donner de la fluidité aux humeurs .à les
F ij
ïi4 Consultations choisies
détremper & à les adoucir. C’eft auiïlcé
que Ton fe propofe de faire par l’ufage
des remèdes fuivans.
Le malade fe fera tirer du fang du bras
environ deux palettes. Le lendemain il
fe purgera avec la potion fuivante.
TV RG AT 10 N.
Prenez fenné mondé trois .dragmes t
tartre foluble une dragme, que vous fe¬
rez légèrement bouillir dans douze onces
de décoction de tamarins. Sur la fin de
la codfcion vous y ferez infufer fleurs
de pêcher une demi - poignée , fleurs de
violettes une pincée, en fuite vous y fe¬
rez fondre trois onces de manne pour
une potion pour deux dofès qui feront
prifes avec régime.
S’étant repofé un jour * le malade pren¬
dra les bouillons fuivans.
B O V I L L O N.
Prenez un jeune poulet qu’on fera
cuire avec une fuflïfante quantité d’eau
pour un bouillon ; ajoutez-y unedemi-
dragme de racines d’énula^campana cou¬
pée en morceaux, deux écrevifles de ri-
de Médecine. iif
vîere. Bouchez bien le pot ôc le faites
bouillir-pendant une heure. Sur la fin
ajoutez-y une pincéede fleursde chicorée
fauvage , & huit cloportes ' } coulez ôc
exprimez le bouillon.
Il prendra les bouillons neuf matins ,
ôc il fe purgera à la fin comme ci-defius.
Deux jours après le malade prendra le
matin au lit un petit verre de petit lait de
chevre , tiré avec la préfure ôc clarifié
avec le blanc d’œuf, où on éteindra quel¬
ques clous rouillés ôc rougis au feu ; on y
fera aufîï infufer une bonne pincée de
fommités fleuries d hypericum. L’aïant
coulé , on y ajoutera deux bonnes cuille¬
rées de fucde creflfon dépurépar réfidence,
ôc ce qu’il faudra de fucre pour l’adoucir.
Il faudra prendre le petit - lait pendant
douze matins, & fe purger avec la mede»
cine ci-deflus décrite. Enfuite on prendra
les bouillons d’écrevifies pendant neuf
jours , en fe purgeant à la fin avec la
même medecine.
Et comme après ces remedes on a lieu
de croire que l’eftomac fera en meilleur
état, deux jours après la medecine le ma-
Jade prendra au lit un verre de lait d’â-
neffe fraîchement trait, ôc adouci avec
un peu de fucre - y ôc , pour empêcher que
îi 6 Consultations choisies
le laie ne s’àigrixTe dans Peftomac, il pren¬
dra immédiatement avant le lait la pou¬
dre fuivante.
P O V D RE.
Prenez corail rouge & terre du Japon
préparés, de chacun une demi-dragme:,
de Pantiraoine diaphorétique un feru-pule,
faites-en une poudre pour une dofe.
Il continuera Pufage de cette poudre
pendant trois femaiües, & ne la quittera
que lorfque l’eftomac fera accoutumé au
lait. S’il pafle bien , il pourra prendre à
dîner une foupe au lait avec un œuf mo¬
le t , le foir une foupe au ris & au lait, &
à neuf heures une écuellée de lait de va¬
che. >
Comme cette maladie marque un vice
des humeurs qui ne fe peut corriger que
par un long ufage des remedes , le mala¬
de prendra les mêmes remèdes au prin-
tems & dans l’automne de l’année pro¬
chaine. Il continuera Pufage du lait jus¬
qu’au mois de lèptembre ^ & ne prendra
d’aliniens que trois fois par jour. S’il ne
fe peut accommoder à la dietee blanche
il fe nourrira avec de bons potages *
bouilli , & rôti.
1 Délibéré 1 à 'Montpellier,^»^, Lazerm&
BÉ MEDECINE.
CONSULTATION XXVIL
Sur une ardeur d'urine d’une Religieufe de
- Saint Benoît , âgée de dix-huit ans.
MEMOIRE<
A U mois d’odobre 1735 k Malade
fuj: attaquée d’un grand rhume , ac¬
compagné'd’une fievre, &,le rhume paf-
fé , il lui refta une petite fievre. La mala¬
de étant fu jette aux vers, on foupçonna
que c’étoit ce qui entretenoit la fievre*
On lui donna l’émétique. La fievre conti¬
nuant . on la purgea. Comme la fievre
perfiftoit toujours.elle prit pendant vingt-
cinq jours les amers , matin Sc foir , qui
emportèrent la fievre. Mais il furvint une
grande rétention d’urine nuit Sc jour Sc
une grande tenfion dans le ventre avec
grande cuiflon. La malade a pris piufieurs
fois le demi bain , & à la fortie elle uri¬
noir beaucoup à la fois , mais un quart
d’heure après l’irritation la prenait. Elle
ne l’eut plus la nuit, la malade dormit
bien. Elle a été faignée deux fois au pied
fans fuccès : elle prit l’ipécacuanha qui
3 l8 CoîîStTLTATIONS CHOISIES
a emporté prefque l’irritation, & enfmte
la malade a ufé de cachou , de c'rême de
ris , de pti fanne de graine de lin , déraci¬
né de guimauve , mais il lui reftoit une
petite envie d’uriner. A l’exception des
trois jours que durent les régies, elle n’a
aucun refïèntîment de Ton mal, même au
plus fort de l’irritation. Les urines chan¬
gent plusieurs fois de couleur pendant le
jour, principalement pendant le tems de
la dîgeffion , & à quatre heures <lu foir ,
tems dans lequel tous les jours à des heu¬
res réglées elle rendort les urines blanches
comme du lait. Ces urines dépofées, il y
avoir au bas piufieursglaires. Au premier
coup d’œil il paroiffoit que c’étoic du pust
Couvent avant de le rendre il venoit une
urine fort naturelle. L’ïpécacuanha aïant
ralenti pendant un mois la grande ardeur
d’urine , on s’en unt à l’üfage des crèmes,
de ris & de la prifanne comme ci-deffus.Le
mal revint en fuite avec la première vio¬
lence , à l’exception de la nuit. On lut
donna l’îpécacuanha qui lui ôta les pref-
fantes envies , & quand elle eft réglée
elle n’en a aucune. La ficuation pré fente
de la malade eft qu’elle conferve une
petite envie d’uriner. Elle retient fon uri¬
ne fans peine, Couvent dans les déj.eétions
elle rend des glaires. Il Te porte dans
ce tems-là de grandes rougeurs aux joues,
urinant fréquemment & peu à la fois. La
malade a de fréquens rhumes au cerveau,
il y a des tems quelle neft pas quinze
jours fans en avoir. Elle a auffi d’extrêmes
-foibîeflès d’eftomac , & depuis quelleelt
réglée elle les a toujours un peu, & de
trois en trois femaines. Depuis trois
mois elle les a chaque mois, & lorsqu’elle
les a elle fe plaint dune douleur dans une
jambe. Elle n’a pas rendu de vents dans
le cours de la maladie. Elle a été une fois
mieux pendant les trois jours de fes ré¬
gies. Après trois jours de bon , la malade
eft revenue comme auparavant. Il y a.
deux ans qu’il lui furvint une douleur au
côté du col avec une tumeur de la grof-
feur d’un œuf de poule , qui fut Iong-
tems à venir en fuppuration : elle fut ou¬
verte & guérie en cinq femaines. Par les
efforts que la malade a faits pour vomir
par le rooïen de Lipécacuanha-, il lui eft
furvenu quelques glandes, dont l’une eft:
groffe comme un petit œuf de pigeon, Sc
qui pourroit fuppurer.
136 Consultations' choisies - -
R m PONS
Âpres avoir examiné avec attentiou-
lè Mémoire qu’on nous a remis , il-nous
a paru que l’ardeur d’urine que la- malade
a depuis quelque tems vient d’un gonfle¬
ment des glandes qui font en quantité au
eol de la veffie; Cela paroît allez démon¬
tré par lefoulagement qu’a-procuré l’ipéL
éacuanhaà la-malade , & par la eeflàtion.
d’ardeur d’urine dans le tems des régies ,,
qui n’arrivent que parce que lé fang fe
porte en moindre quantité au col'de là
veïïie dans le tems- qu’il fort abondam¬
ment par les vaiflëaux de l’uterus. Ce
gonflement-vient en conféqiience de le-
paiffiffement dë- la lymphe qui fefépare
dans '.ces glandes, & j’eftime que cette
lymphe eft naturellement épaiflie , à eau-
fe des tumeurs que la : malade a eues au
col il y a- deux ans, 6c des- rhumes fré-
quens du cerveau, auxquels elle ëfl? fu jet¬
te. Tout ce qu’on vient de dire fur la cau-
& de cette maladie pàroît confirmé
par la nature des urines qu’elle rend en
diflerens tems par les glaires qu’on y.
remarque.,
Cette îëadiè p&urtoic avoir -dés fuites;
B E MlDECI NE, IJI
fècheufes,le col de la veflie pourroit s’en¬
flammer , & produire une rétention d’u¬
rine. La lymphe épaiffie qui coule de tems
en tems des glandes engorgées dans la
veflie, & qui produit des glaires pourroir
lier le tartre de l’uriue, 8c produire le
calcul.
On efpére de prévenir ces fuites par
les remèdes fuivans.
On croit devoir commencer par les re¬
mèdes propres à fortifier l’eftomac , & à
reétifier les digeftions enfuite on donne¬
ra les délaïans 8c adouciflàns ; enfin on
fe fervira des remèdes propres a réfoudre
les embarres des glandes , & à fortifier
leur relfort. Dans cette vûe on purgerais'
malade comme il fuit.
VV KG AT 10
Prenez fenné mondé, rhubarbe concaf-
fée, tartre foluble , de chacun une drag-
me, que l’on fera légèrement bouillir
dans huit onces de décoétion de polypo-,
de de chêne , 8c dans la colature on y
diffoudra manne de Calabre une once 8c
demie, 8c une once de fyrop de chicorée;
eompofé, pour une médecine qui fera;
prifè avec régime.
I vj
xfî . Consultations choisies
Deux jours après on prendra le matin
les. bouillons fuivans-
bouillons»
Prenez un jeune poulet ; faites - fe
cuire pendant une heure dans une fuffî-
iante quantité d’eau pour un bouillon *
ajoutez-y deux écreviifes de riviere , une-
dragme d’énula campana, que vous lai (fe¬
rez bouillir un quart d’heure ; fur la fin
ajoutez-y une bonne pincée-de feuilles;
de crelfon de fontaine pour un bouillon.
Le tems de ces, bouillons fera de dix-
jours après lefquels la madade fera pur¬
gée comme ci-deflus.
Elle prendra, enfuite t : e matin au lit un
bon verre de lait daneffë fraîchement:
trait: avec un.peu de fucre. A mefure que
la malade connoîcra que (on eftomac
s’accoutume au lait elle en fera un peu
augmenter la dofe jufquà une bonne-
écuellée.. Afin que le laie pafie fans -s’ai¬
grir , la malade prendra trois fois la Ce-
mairie, immédiatement avant la prife du
lait, la poudre fui vante..
P O V D R JL
Prenez:corail rouge &terre du Japon*,.
DE Me'DIMHÎ. _
de chacun fcrupule , antimoine diapho¬
nique un demi-icrupule j mêlez le tout:
pour une dote.
La malade prendra le laie pendant deux
mois , fè purgeant au milieu & à la fin..
Dès quelle fera au lait on appliquera:
fur la région de la veffie le cataplâfme
üiivant»
C A 7 A? L A SM E»
Prenez de la mie de pain, des fleurs de
Jufquiame hachées & bouillies-dans le lait
jufqu’à conflftenee de cataplafme , y
ajoutant fur la fin deux jaunes d’eeuf. On
changera le cataplafme deux fois pat
Jour pendant dix à douze jours.
Après le tems du cataplafme on fera:
des injections dans la veffie avec le fuc
de creflon tiré récemment, & dépuré
par réfidênce. Il faut faire cette injeâdon
avec une petite (bringue , & tiède , 8c
pendant quelques jours, ou autant qu’on
le jugera néceflaire.
Pour laver la veffie 8c pour fortifier les-
glandes defon col, pendant l’été on fera
prendre à la malade le demi-bain. Quel¬
ques jours .après elle prendra les eaux
acidulés qu’on pourra avoir dans le.
: ï$~4 Consultations choisie?
pais un peu dégourdies, & pendant trois
jours, aïant foin le premier jour de dif-
foudre dans le premier verre deux onces
de manne-'
L’automne prochaine la malade pren¬
dra les bouillons & le lait daneflè avec
les mêmes précautions que ci-defias.
Quant aux glandes qui font fur venues
depuis peu , on trouve à propos de n’y
rien appliquer pour 11 e pas empêcher la
fuppuration. Il faut fe contenter des re¬
mèdes internes qui en corrigeant’ lepaif-
filfément de la lymphe pourront en pro¬
curer la réfolutiom
t Si malgré ces précautions la plus
g.ro(lè des glandes paroît venir en fupu-
ration, on y appliquera l’emplâtre de
Vigo, ou le cataplafme fuppuratif. Or dès
qu’on connoitra que la glande eft en fup¬
puration,. il faut l’ouvrir, 8c ne pas atten¬
dre qu’elle s’ouvre d’elle-même , afin de
bien vuider le pus, 8c de l’empêcher de
croupir,&de fufer dans les parties voifines.
Bnfuite on panfera la plaie méthodique¬
ment^
Délibéré à Montpellier , &e.
Jtgnê ', L AZERM
CONSULTATION XXVIIL
Sur une colique cteft'omac.
I L eft bien aifé par le dérail de. la rela¬
tion de cette colique habituelle donc
MademoiFelle eft attaquée depuis- plu-
heurs années par intervalle accompagné
de vomiftèment des alimens, & enfuite
de bile jaune ou verre. -, il eft , dis - je ,
aifé de fe perfuader que le mal eft occa>-
fionné par dés matières indigeftes 3 . épaif.
Tes, vifqueufès, & gluantes, qui, venant
à fe gonfler ; & à fe raréfier, s’attachent
.par leur vifcofité-aux parois nerveufes dé
î’eftomac,& doivent néceflàirement le dis¬
tendre., l’irriter fortement, & caufer ces
defordr.es. Le caractère des matières qui
forcent par .le- vomiflèment, & qui eft
affirmé par la relation , feavoir, que
l’accident de la colique n’arrive que lors¬
que MademoiFelle a mangé quelque cho-
fe de pefant & de froid , eft une preuve
évidente de la caule que nous venons
d’établir , 1 & pour ce qui concerne les
autres fymptomes qui fuivent cette ma¬
ladie. ou. colique, lorfqù’elle eft fin: la. fin.
ï^ë CôNSüXTATIONS CHOISIES
&c quelle a duré vingt-quatre heures y h
fievre qui redouble plufieurs fois dans
cet efpace de tems , des douleurs qui fe
répandent dans tout le corps , fur - tout
au bas du ventre, aux épaules -, & qui
fe fixent enfin aux reins , de façon que
cette première colique finit allez fouvent
par la néphrétique , il me parort quêtons
ces fymptomes doivent être attribués à la
même caefe -, c’eflr-à-dire, à des matières
mal digérées, âcres , groffieres & bilieu-
fes qui pénétrent dans les inteftins , ôc
les vaiflèaux chyîifiques & fanguins ,
lefquelles après avoir imprimé le même
vice au làng & à la lymphe auffi - bien
qu’au chyle vont embarraffer les reins,,
les dîftendre, les irriter , & produire la
néphrétique.
Sur ce principe il ne fera pas difficile de-
comprendfe que pour rémédier à cela il
faut commencer à nettoïer ôc débarrafier
l’eftomac & les premières voies de toutes
les matières indigeftes & gluantes qui
pourroient y, être amaffées, & enfuite
s’attacher a purifier la maflè des humeurs
de même nature qui peuvent y être atta¬
chées 3 ôc qui y font engagées, ôc de ré¬
tablir les refforts des organes de la digef-
tion., ôc faire en forte qu’elle fe faffie fe-
DE MEDECINE.^ î ? 7
Ion les loix de la nature, pour éviter que
les matières gluantes & les embarras des
couloirs ne le renouvellent.
Pour fatisfaire à ces indications la con¬
dition la plus efficace & efièntîelîe eft de
renoncer à l’avenir à tous les alimens
greffiers , vifqueux, pefans, âcres , pic-
quans , & gluans, en un mot indigeftesj.
doutant plus que cette nourriture a tou¬
jours été le principe & la fource de tous
les aecidens mentionnés. Il eft d’une né-
ceffité indifpenfable de ne prendre que
ceux qui peuvent Te digérer aifément, &
qui ne peuvent fureharger, ni irriter. Tels
font le potage bien trempé , le bouilli &
rôti, l’agneau tendre , le veau de lait, les
poulets, les jeunes pigeons , les chapons,,
les perdreaux , & enfin tout ce qui s’ap¬
pelle viande blanche , & fur - tout en
quantité modérée , la fobriété étant auffi
importante que le choix des alimens. Il
faut fe contenter du dîner &dufouper,
•de maniéré que le dernier fait plus fobre..
Il n’eft rien de plus efficace pour donner
du reflort & de la force à l’eftomac, 8c
pour le garantir de toutes fortes de mala¬
dies , que de fe priver de rems en tems ,
par exemple deux ou trois fois la femaina
de fouper a ne prenant alors qu’une foui-.
-138 Consultations choisies
pe, ou mieux encore une croûte de pan*-
ou quelque petit bifcuit pour boire un
coup , au plus un {impie bouillon -, enfin
il n’eft rien de fi fain que de fe lever de
table avec appétit, & pour fe bien porter
il eft eflentiel de s’abftenir de tout ce qui
s’appelle cotation, encore plus des ra¬
goûts, du petit-falé, des viandes cuites aù
four, des fucréries,des liqueurs, des fritu¬
res , du fromage, des fruits , des herbes
crues, & des falades.
La vie fédentaire eft auffi très-nuifible
dans l’indigeftion , & fur - tout dans la
colique d’eftomac ; au contraire l’exerci¬
ce eft très - néceflaire pour faire pafler
même ta portion la plus groffiere des ali-
mens, & pour l’empêcher de s’arrêter
dans le fond de cet organe, en forte qu’on
a vu plufieurs personnes guérir de cette
maladie en montant journellement à che¬
val,ou fe promenant après le repas fans £è
trop fatiguer -, cet exercice faifant circu¬
ler le tang du centre à la circonférence.
Enfin il faut auffi chercher à fe diftraire
ou à s’égaïer, ou à fe tranquilifer, afin
.que les efprits fe répandent avec facilité
du cerveau dans toutes les parties, &
norammentdans Teûomac, & aident à la
digeftion qui ne fçauroitfe faire lorfqu’ils.
DE M ED E CINE. 132
font retenus dans la région fupérieuxe
par la rêverie & la triftetfe.
Pour ce qui concerne les remèdes, je
fuis d avis que Mademoifelle commence
par fe faire faigner du bras le matin à
jeun, fuppofé que le poulx foit plein
& animé j & s’il eft petit & médiocre on
ne la fera qu’àquatre ou cinq heures du
foir, & une heure après elle fe fera don¬
ner un lavement campofé comme il fuit.
LAVEMENT.
Prenez une livre de décoction- de tri¬
pes , dans laquelle on délaiera trois on¬
ces d’huile d’olives.
Le lendemain elle prendra à jeun un
remède propre à nettoïer leftomac tel
qu’il fuit.
Prenez ipécacuanha trente grains, tar¬
tre ftybié un grain, confection de jacin¬
the une dragme ; faites didotidre le tout
dans une fuffifante quantité d’eau de
chardon - béni -, l’on en fera une potion
que la malade prendra avec régime.
Dès que ce remède commencera, à
opérer on facilitera fon action en falfanr
avaler à la malade quelques verres d’eau
tiède, eu quelques tadès. de théXe furlen.-
*4° Consultations choisies
•demain au cas qu’elle ne foît pas fatiguée,
elle fe purgera comme il fuir.
P V R à A T 1 O N.
Prenez fenné mondé une dragme 8c de¬
mie, fel de prunelle & de femences d’anis,
de chacun une dragme, un limon coupé
par morceaux; faites bouillir le tout légè¬
rement dans deux verres ou douze onces
d’eau de fontaine, pour deux dofes; dans
la première ajoutez-y deux onces de
manne de Calabre; pour la fécondé, elle
fera prife une heure après la première j
entre chaque prife on prendra un bouil¬
lon fait avec quelques feuilles de chicorée
fau^age, de credon & de bourache.
Après les remèdes généraux , Made¬
moiselle ufera pendant dix jours de bouil¬
lons faits de la maniéré fuivante.
BOUILLONS.
Prenez une livre de maigre de veau
coupée par tranches, avec une poudre
compofée d’une dragme de rhubarbe,
autant de cloportes s & de fel végétal ; le
tout réduit en poudre ftibtile, ajoutant
une bonne poignée de feuilles de chic©-
DE MEDECINE. 14.1
rée fauvage, demi-poignée de fommités
de mille - pertuis, une dragme d’énula
campana, & une pincée de fleurs de ca-
camomille ; le tout haché bien me-;
nu, & bien mêlé avec les drogues pré¬
cédentes * pour, faupoudrer toutes les
tranches, tant deflus que deflous -, après
quoi on le mettra dans un pot de terre
couche par couche-, avec une grande
écuellée d’eau de fontaine, couvrant en¬
fui te le pot avec un papier double bien
Juté fur les côtés de fon couvercle ; on le
placera au bain marie, c’eft-à-dire dans
un chaudron rempli d’eau chaude avec du
foin autour, le faifant bouillir à petit feu
•bien fuivi pendant neuf heures. Coulez &
exprimez , vous aurez deux prifes de
bouillons dont la malade prendra une
prife le matin à cinq heures,, & la fécondé
à huit ou neuf heures, ne dînant que
quatre heures après, & continuant de
même pendant douze jours , après les¬
quels la malade fe purgera avec les deux
verres de la ptifanne laxative décrite ci-
devant.
Après le premier remède 5 la faifon ne
permettant pas d’en emploïer d’autres
qui ne font pas moins convenables, 8c
en attendant le printems, aïez du meilleur
î.4 2 - Consultations choisies
quinquina dont vous pourrez prendre
chaque jour une dragme dans un verre
d’eau avant le repas , & dîner par deflus.
Rien de plus efficace pour ladigeftion,
& en même tems à la place du déjeuné la
malade prendra un bouillon fait avec un
quarteron de collet de mouton, & autant
de maigre de veau. Sur la fin on y jettera,
après que îe tout aura bouilli, une demi-
once déracinés d’althea.
II.faut, aufïï pendant tout le cours de
cette faifon tenir l’eftomac bien chaud ,
appliquant une ceinture molle de laine
qui occupe jufqu’au nombril, ôc qui foie
médiocrement ferrée.
Dès que îe printems fera arrivé il fau¬
dra renouvelîer les remèdes ,- la faignée
aubras , le vomitif, - le purgatif , les
bouillons de maigre de veau au bain-ma¬
rie. Après la derniere purgation il fera à
propos de prendre un bol apéritif Y
floraachique, & purgatif pendant neuf
jours.
BOL.
Prenez fafran de mars apéritif, fei
d’abfinthe , cloportes, rhubarbe choifie ,
le tout pulvérifé de chacun quinze
grains, fleurs de fèl ammoniac martiales
D£ MEDECINE. 145
Éx grains, avec une fuffifânte quantité de'
fyrop de chicorée faire un boi qui fera
pris le matin , avalant par defius deux
ta (Tes d’infufion de thé , (k deux heures
après un bouillon altéré avec les feuilles
de chicorée fauvage , ou bien à fa place
avec le crelTon de fontaine.
Les neuf matins ou jours finis , il faut
encore fe purger, & boire enluitle les eaux
thermales ou chaudes, telles que celles
de Balaruc, & les boire pendant trois
matins a jeun à la quantité de douze à
quinze verres dans une heure & demie de
tems, faifant difioudte une ptife de fet
polychrefte dans le premier verre & dans
le dernier du ttoifiéme jour.
Ces remèdes, avec un grand régime de
vivre, font fuffifans pour remplir les in-?
dications principales de netto v er, d’adou»
cir, de purger, de débarrafler les reins.
Jufqu’au tems des grandes chaleurs ,
pn prendra le lait de vache coupé, avec
parties égales de chicorée.
Les grandes chaleurs étant venues, on
boira pendant neuf matins les eaux rrf-
néraîes rafraîchilTantes, nitreufes , vi-.
trioliques , & légèrement ferrées, fe
purgeant devant &; après j & fi pendant
le cours de ce traitement les accidens de
144 Consultations choisies
Colique venoient,& que la malade rifquâc
la fyncope , il faut appaifer la douleur,
8c réveiller le poulx , en faifant prendre
deux ou trois grains de laudanum avec
trois ou quatre de caftor , dans un peu de
c-onferve de rofes , & la douleur calmée,
déraciner la caufe par les remèdes géné¬
raux ; au lieu que fi la douleur eft: fup-
portable , les remèdes doivent précéder
les narcotiques. La décoédon de camo¬
mille, & les huiles adouciffantes, telle
que celle d’amandes douces, ou de lin,
font très-recommandées dans çetté occa-?
îfion pour appaifer les douleurs.
Délibéré à Montpellier , 8cc.
figne , Lazerme.
CONSULTATION XXIX.
Dartres à tentrefejfon , avec dêmangeaifen.
L Es dartres à Tentrefeflon qui fubfi-
ftent depuis long-rems avec dé-
mangeaifon , les trois clous ou furpncles
que le malade a eu en même tems , & au
même endroit, 8c la grande difpofition
qu’il a eu aux engelures, font les effets
d’une
-Dï MïBKÎKE. Ï4J
éfunes coaftitutioii du fan gepaiflè & char-
gée de faumure, mais fur-tout dans les
partieslymphatiques» •
Il y a apparence que ces vices dés'fluides
font chez lui héréditaires puifque fes
parens font fujets aux dartres ; mais la
vie fédentaire qu.il a menée .depuis quel¬
ques années, & les veilles, ont-, augmenté
les mauvaifes qualités dés fluides au point
où elles te trouvent à prêtent, ce qui oc-
cafionne les maladies de la peau auxquels
il eft fujet.
Quoique ces maladies foient fans au*,
cun danger pour la vie', elles.ne doivent
pas être négligées , foit parce qu’elles
font incommodes , foit parce ^quelles
démontrent les vices, .énoncés des. fluides
qui pourraient porter un jour fur quel¬
que vi fcêæ foit enfin, parçe. que - les
parties voifînes de l’anus fe trouvant
conftamment attaquées,il pourroit furve-
nir quelque abfccs au voifiüage du fon¬
dement qui pourroit avoir des fuites £à-
rcheufës; ; t. ; r au , -q
tes vues quel’on doit avojç.ttant pour
<di ffipec ceamaladies.que ipour; en pçç.ve-
mi r le .retour, font sH^délater feide^ivifer
da maife du fàiigv- & d’eü.ehaflèr là jalu-
re, de plus de rendre le couloir cptaité
Tome V. G
*-'6 Co:ksuîltations choisies
libre aux endroits aflre&és, je yeux dire à
renier efelîon, & au voifinage de l’anus ,
aux mains & aux pieds. Suivant ce plan
Moniteur ne peut commencer fon traite¬
ment qu’au commencement de février.
J’eftitne qu’alors il doit fe faire faigner
•du feras& le lendemain fe purger; avec
ïe qui fuit. _ --p
V V R G A T I O N.
Prenez polypode de cliênedbt drag-
mes, rhiiafearbe dëuxÆrupulesj, feljpru-
nelfë une-dtagme' 5 • faites infnfer, avec
une quantité sdeau :dâiis;; la
colature déiaïez deux onces de ni aune
pour une potion 3 qui fera prifelematia
avec régime. " "• " -
Il paflèra enfuite à l’ulage des bouillons
fui-vans. -•
-3v jei sirmuoq înear-xoL oa
B O V I L L O N S.
Prenez un jeune poulet, racine de
lapMam acMum une once ^ raxine d ? énula
campanaunedragme,, cloportes écrafés,
u 0 . xM.-uné poîgnëe de xreffon, avec l’eau
néceflaire pour faire un bouillon félon
fart." " '' ’ • • - -• • :
DE MEDECINE. 14 /
Aîant pris les bouillons pendant dix
matins , on fe purgera comme aupara¬
vant , pour palk-r à Tufage du petit - lait
de vache, à la dofe denviron douze on¬
ces , le clarifiant avec le blanc d’œuf, y
faifant bouillir pendant la clarification
quinze cloportes écrafés en vie. L aîant
coulé on y ajoutera un peu de "lucre . &
deux onces de lue dépuré de crelTon.
Ota prendra le petit - lait deux mors ;
le matin à jeun. Au commencement d’a¬
vril on fera la laignée du bras,,-& ie len¬
demain on fe purgera comme aupara¬
vant.
L’onpaflèra en fuite à l’ulàge des bouil¬
lons faits comme il fuit.
B O V I L L O N S .
Prenez coller de mouton hait onces
les cuilîes de quatre ou cinq grenouilles
.écorchées, deux écreviflès de rivier-epi¬
lées , une poignée de fpimpinelle. faites
•bouillir le tout félon Part.
Aîant pris les bouillons neuf matins ,
on palfera tout de fuite à lufage d’autres
bouillons qui feront faits ainfi.
î$8 Consultations choisies
B O V I L L O N S.
Prenez un jeune poulet, chair de fer¬
ment deux onces , une poignée de chico¬
rée arriére de jardin,pour faire un bouillon
fuivant l’art.
Après l’ufage de ces bouillons, on fe
purgera comme auparavant pour paflfer
à l’ulage du lait de cheyre, dont on pren¬
dra douze ou quinze onces le matin à
jeun avec un peu de fucre, pendant un
mois, Te purgeant à la fin comme aupa¬
ravant : mais pendant l’ufage decelait on
prendra de trois en trois jours la poudre
fui vante.
P O V D R E.
Prenez fuccin blanc dix grains, clopor»
-tés préparés dix grains, cachou brut dou¬
ze grains ; délaïant le tout avec un peu
d’eau de fleurs d’oranges.
Pendant les chaleurs de l’été on pren¬
dra pendant neuf matins à jeun le demi-
bain domeftique ; on y demeurera une
heure, & à la fortie ôn prendra une
grande tafle d’infuflon de méliflè ou ch-
troneile en maniéré de thé.
S’étant repofé cinq ou fix jours , où
D E M E D E C I N E* 149
prendra neuf matins les eaux de Vais à
la quantité de fix à fept livres, y faifant
fondre deux onces de manne dans le pre¬
mier verre , êc autant au dernier verre le
dernier jour; puis on reviendra aux bains
domeftfques pendant neuf matins, com¬
me auparavant.
Mais comme actuellement les dartres
de l’entrefeifon inquiettent, & que les
engelures rifquent devenir , je fuis d'avis
que l’on mette dès à prelent, & jufqu’à
la guérifon , deux fois par jour fur les
endroits de la dartre la poudre fui vante.
P O V D R E,
Prenez la pulpe de la racine de lapawm
acutum une once , du cerat de Galien avec
l’huile d’amande douce récente quatre
onces , fleurs de foufre trois onces ; le
tout réduit en poudre fine, mêlez-le pour
faire une-poudre pour Pufage.
Pour- ce qui eft des engelures , on oin¬
dra matin & foir les pieds & les mains
jufqu’à parfaite guérifon avec le linimenc
iuivant.
L I N I M É N T.
Prenez de la graille de cochon récente
G il]
I CO CoNS'Ul. TATIONS CHOISIES
& non falée trois onces ; Faïant fondue,
on y mettra la bile que contient la véfku-
îe du fiel d’un cochon , biffant figer en-
fuite dans un p:.trt pot pour s’en feryir au
befoin.
Délibéré à Montpellier >
figné, Fixes.
CONSULTATION XXX.
Âfaux d’eftomac , dégoûts , vents, rapports *
opprejfion , douleurs rhwnatiques _
L Es maux d’eftomae auxquels Mada¬
me. eft fujette, les dégoûts, les vents
êi les rapports qui les accompagnent, la
foibleflè & Foppreffionqui furvîennent à
la moindre fatigue, les douleurs rhuma-
ïiques fixées à un bras principalement *
la, roideur & l’enflure des, pieds & des
jambes, 8c, autres accidens dans lefquels
il entre une complication vaporeufe , ont
été produits dans le commencement, 8c
font a&u.ellement entretenus , par la fé-
ehereffe ; l’epaiffeur, 8c la faumure de la
maflè du fang.
On il entre point dans le détail de diê-
de Medeciki. 15*
férentes eaufes qui ont, contribué a-u dé¬
veloppement des accidens énoncés ci-def-
(us , mais l’on voit clairement que les
dige fiions font en defordre, ce qui eft:
marqué par les vents , les rapports & les
dégoûts.
Pour traiter méthodiquement ks in¬
commodités pour lefquelles on demande
confeil , on doit avoir en vue de reétifier
ks digeflions , de rendre la maffe du fang
plus fluide, & plus coulante , d’en corri¬
ger la faumure trop exaltée, & de réta¬
blir le mélange proportionné de la férofl-
té avec les autres parties intégrantes du
iang. On efpére que ces indications fe¬
ront remplies par le moïen des remèdes
fui vans.
Comme Madame vient de prendre des
Bouillons, on commencera à la purger
comme, il fuir.
PURGATION.
Prenez tamarins une once rhubarbe
une dragme , une pincée de fommitéa de
petit-chêne,. dont on fera unedécoélion
pour un grand verre ; on y laiflera infufer
pendant la nuit une dragme de knné
mondé, diflolvant dans l’iniufioncoulée
G iiij
1 )Z CONSULTATIONS CHOISIES
une once & demie de Hîanne de Calabre
pour une-potion,
Immédiatement après la malade pren¬
dra pendant fix matins ropiate r fuivante\
avalant par defbs chaque dofe une oa
deux ta{fes d’infufion de feuilles féches de
citronelle en maniéré de thé.
O P I A T'E.
Prenez de la conferve de kynorrhodon,
& de-la poudre de guttete , de chacune
une dragme &. demie , antimoine dia-
ph or étique , 8c cachou - brut réduit en
poudre , de chacun une dragme clo¬
portes préparés j & extraits de rhubarbe ,
de chacun une demi-dragmedont on
formera une opiate avec une fuffifante
quantité de fyrop d’abfynthe pour en
faire fîx prifes égales pourfix matins.
Enfui te la malade boira pendant fîx
matins un grand verre, ou une petite
écuellée ; de petit-lait qu’on tirera du lait
de chevre par la préfure ordinaire, le cla¬
rifiant avec le blanc d’œuf, & y éteignant
quelques doux rougis au feu.. Etant coulé,
on y peut faire fondre un peu de fucre
fin pour l’adoucir, & à la fin on aura re¬
cours à la même médecine»
DE MEDECINE. I JJ
Pendant les fix matins fuivans Mada¬
me aura recours à la même opiate avec
lïnfofion de citronelle par defTus, ; & d’a¬
bord après elle recommencera l’ufage du
petit lait prefcrft ci-delîùs, pour le conti¬
nuer pendant fix matins , & le terminer
par le purgatif.
On croit que pendant les grandes cha¬
leurs la malade doit fufpendre toutes
fortes de remèdes , & s’en tenir au régi¬
me. L’automne prochain elle pourront
commencer les remèdes par la même mé¬
decine, & boireenfuite pendant lîx ma¬
tins un bouillon fait de la maniéré fui-
vante.
B O V 1 L L 0 Ni
Prenez collet de mouton fix onces
racine de pivoine mâle- une dragme &:
demie, deux écreviflès de riviere , une
poignée en tout de chicorée amère & de
pimpinelle.
Après ces fix bouillons , on fe pur¬
gera avec la médecine ordinaire pour
revenir pendant lîx matins à l’opiate
propofée ci - deflus avec l’infufion de
citronelle, & tout de fuite à la même -
préparation du petit-lait pendant douze
matins * aïant foin de fe purger à las
€L t
If4 CONSUXTATION’S CHOISIES
fin Elle pourroit, après ces préparations^,
fi ta douleur rhumatifmale des jambes
ou des bras revient , aller vers le 18..
ou 10. oétobre à. Balaruc pour s v faire-
donner quelques douches au bras malade-
Elle pourroit auffitenrer de faire tremper
les jambes jufqu’apx genoux dans l'eau-
de la fburee qu’on auroit mife dans une-
machine convenable , lui [aillant un peu.
perdre la force, de fa chaleur. On ne fixe
pas le: nombre de douches-, des bains, ni
du bain particulier des jambes & des bras,,
mais il ne doit pas aller au-delà de trois
©u quatre 4 on les-fufpendroit Inême plu¬
tôt, s’il arrivoitle moindre inconvénient^
Pendant Phi ver Madame peut ufer
trois fois là femaine à la première cuille¬
rée de foupe, à l’heure de Ion dîner, dur¬
ât poudre faîte de la maniéré qui fuit-
P O V: D R E.
Prenez poudre dé guttete dix grains ,,
fefran, de mars apéritif préparé à la rofée'
de mai dix: grains.
Bèlîbéré. à Montpellier, ,&c.
Jfgnk y M O N X Ai G. N e».
CONSULTATION XXXI,
Sur des douleurs de rhumatifme goûteux.
MEMOIRE,
y "y Ne fille âgée de trente mis, aïant été
'KJ neuf'années en Efpagne , eft depuis
environ dix ans à Luxembourg. Depuis
la fécondé année qu’elle fut de retour
d’Efpagne elle a été fijette tous les hi¬
vers' à un rhume de poitrine , avec, une
toux fé.che, comme un'cqmmencement dé
phthifie pendant cinq aimées confécutî-
ves. Il y a environ quatre ans que , un
peu après Fa Saint Jean-Baptise , il lui
prie une douleut fi violente qu elle fut
quinze jours dans la même fituation fans
pouvoir fe bouger , & après pendant un
mois elle fut obligée de marcher avec des
béquilles.. Cet, accident efc revenu, pen¬
dant cinq fois * mais non pas fi violem¬
ment, ni.défi longue datée. Lite refiènt
une douleur par derrière au coté gauche,
un peu plus bas que la ceinture. Elle-
couvre le mal avec le pouce ; & il y a
trois ans que la douleur fe trouve dans lu
G v]
iÿ 6 Consultations choisies -
même endroit. Elle y a toujours de Iæ
douleur plus ou moins , mais depuis trois
ans cela lui roule jufqu’à l epaule , au col,
à la t.ête, du même: coté ou elle relient
fon premier mal. Sa plus grande douleur
à ptéfent effc aux genoux & aux jambes
avec une inquiétude extrême ^ & quand
la violence la prend il faut quelle refte
au lit. Ce o,ui la foulage le plus, ce font
les lavemèns y lorfqu’elle prend quel¬
que chofe pour faire fuer, & l’application
du fon chauffe fur l’endroitde là douleur.
La malade.. a pris différais . remèdes
que M. Keller, Médecin à Luxembourg
en Flandre., lui a ordonnés, comme aufîi.
d’aller prendre, lès eaux de Plombières.,
ce. qu’elle a. fait cet été , mais.elle trou¬
ve que la caufe aeft pas otée, & elle
appréhende que les douleurs ? ne lui re¬
viennent aufîi violemment qu-aupara-
vant,.. L'a malade croit o t .ue la caufe, de
fon mal lui vient, du froid , parce qu elle
fbuffre beaucoup. plus en hiver qu’en étéi.
Plus il fait chaud moins elle fouffre.
La malade al’.eftomac très-froid., &
qui ne fait.pas la digeftion. .Elle crache
beaucoup de glaires ,. & fur-tout le. matin
après quelle .a. pris. Le thé.
H 5 y a fix ans quelle eff. fujette à des.
de Médecins. r.57
vapeurs hyftéciques, de forte qu’on étoit
fouvçntesfois obligé de lu conduire dans
fon lit. Il n’eft pas fait mention fi elles
lui durent encore.
REPONSE.
Les douleurs auxquelles -MademoifeUe
eft fujette depuis plufieurs années, fça-
voir, à la partie gauche de la: région lom¬
baire, à l’épaule gauche, à la tête du mê¬
me côté,, aux jambes , aux genoux , font
des douleurs de rhumatifme . goateux ^
dont la caufe eft une lymphe-épaiïfê &
aèrimonienfe qui engorge les membranes
mufcuîaires , §c les, par des iigamenteufès
des endroits affectés. L’épaiiïiftèment de
la lymphe eft prouvé parce qu’elle
avoit demeuré en Efpagne, pais chaucl,
neuf à dix ans dans, la plus tendre jeuneffe;
quelle a pafféenfuite dans un. paï-s froid,
fçavoir , à Luxembourg , où elle eft de¬
puis dix ans ; i°. en ce qu’elle fouffre en
hiver plus qu’en été ; 3 ° en ce qu’elle -Ce
fentfoulagée lorfqu-elle fue. L’acrimonie
de la lymphe eft prouvée par la toux, &
parce que la poitrine fournie fonvent des¬
rhumes.
Mais comme elle efi: fusette à la: paffioa
X5S Cossu ITAXIONS CHOISIES
hyftérique, il fuit qu’il y a dans le fang;
un eara&ére de féchereflfe , & qu elle a
le genre nerveux fort tendu tk aifé à s’é¬
branler.
Quoique cette maladie paroifle fans
danger pour la vie elle ne doit pas être
négligée , tant à raifon des incommodi¬
tés qu’elle occafîonne pour le mouvement,
du corps y que parce que cette lymphe
épaiiïie & acrimonieufe pour roi t fe por¬
ter un jour au poulmon , qui fe trouve
délicat,, & occafionner laphthifie.
Pour combattre efficacement cette
maladie , & en prévenir les fuites fâclieu-
fès, il faut fe propofer de corriger les
digeftions, de délaïer la maffe du fang n
de la divifer fans l’incendier d’en chai-
fer la falure, & d’y jetter une douce dé*
trempe.
C’eft pourquoi on commeucera par une
faignée du bras, proportionnée aux for¬
ces de la malade ; on la purgera enfuite -
comme on va le dire.
P V R G A T 1 O N..
Prenez p<>lypode de cMne’ une once y
faites - la bouillir dans une foffifame
quantité d’eau de fontaine, qui fera, té-
B! MïBEcru-E.
duite àdouze onces ; dans lefquelles vous
ferez infufer une dragme de rhubarbe
ehoifie , fleurs de pêcher & de violettes *
de chacune une demi-poignée *, partagez:
là colature en deux dofes , dans la pre¬
mière defijuelies on fera- difloudre deux:
onces, de manne , & une dans la fécondé,
laites une potion qui fera prïfe lematin..
L’on prendra le fécond verre de méde¬
cine deux heures après le premier , ôc
deux heures après le fecond on prendra
un bouillon;ordinaire..
Le lendemain de la purgation on com¬
mencera Tufage de bouillons qui feront
faits- comme if fuit..
B O V I L L O N S.
Prenez huit onces de collet de mouron,,
deux dragmes de ratine de pivoine mâle,
une dragme & demie de fq ai ne coupée
par tran ches , une bonne pincée de lierre
terreftre fêche, ou à là place une bonne
pincée ou deux de foœmités fleuries d’hy¬
per icum féches, une poignée de creflon.
de fontaine.
Aïant pris ces bouillons neuf jours, on
fe purgera comme auparavant pour paf-
fer à l’ufage de l’opiate fuivante.
itTo Consultationschoisies
OPIATE.
Prenez confier ves cPénuîa campana J &
de kynorrhodon , de chacune deux drag-
mes, extrait de rhubarbe & de genievre,.
de chacun une dragme & demie , poudre
de gutcete , cafcarille en poudre, racines
de valériane faùvage, de chacun quatre
icrupules. Faites, une opiate. molle pour
l’ulage , avec une fuffifante quantité de
fyrop de chicorée compcfé.
L’on prendra le matin à jeun deux:
dragmes de cette opiate ,. avalant une
heure après un bouillon fait comme il
fuit.
B O V I L L O JST.,
Prenez collet de mouton fix onces,.une-
petite poignée de chicorée de jardin \ fai¬
tes cuire Le tout pour un bouillon.
Aïant pris cette opiate fix matins , 011
palier a tout de fuite à i’ufage du petit-
lait de vache tiré par lapréfure & clarifié
par le blanc d’œuf,. y mettant quelques
cloportes, & une poignée de petit, chêne.
L’aïant coulé , on y ajoutera un peu de
fucre. La. dofe de ce petit - lait fera, de:
douze onces»-
DE -M e DECIDE, ’ r£'I
Aïant pris ce petit lait pendaut fîx
mâtins, on reviendra à 1 ufage de l’opiare
Sx autres matins comme auparavant'*
après ïefqüels on prendra üx matins le
même petit-lait, enfuite de quoi on fe
purgera avec la médecine déjà prefcrite.
Le refte de l’hiver , & jufqu’à mi-
avril, on prendra pendant tous les matins
à jeun une grande taflê d’infufion de mé-
liflè en maniéré de tbéavec'un peu de fu-
ere , û Ton veut. Vers la mi-avril on Te
purgera avec la médecine ordinaire -, on
prendra enfuite le matin les bouillons ful-
vans douze matins de fuite-
BOUILLON.\
Prenez huit onces de maigre de veau £
les cuilîès de quatre ou cinq grenouilles-,
trois écrevîflès de rivière pilées en vie ,
une dragme & demie de racine d’énula
campana , une poignée de pimpinellede
jardin.
Après ce bouillon on fe purgera avec
la médecine déjà ordonnée , comme au¬
paravant ; enfuite on paflera à l’ufage da
lait de chevre, q.ue l’on prendra le matin
à jeun avec un peu de fucre jufqu’aa
commencement du mois de juillet, obfer-
vaut ce qui fuit..
itfz Consultât ions cHorsifs
x°. D ajouter les huit premiers jours
dans la prîfe du lait deux cuillerées de la
fécondé eau de chaux ; de prendrfe
le relie du tems de trois en trois jours-
un moment avant le lait une poudre eom-
pofée de la maniéré fuivante.
POUDRE.
Prenez quinze: grains de cachou brut ,
dix grains d’antiheffcique de Potérius ,
huit grains de fuccin. blanc, & huit grains
de cloportes préparésavalant cette pou¬
dre dans un peu d’eau de. fleurs d’oranges.
Au relie , toutes les fois que les dou -
leurs feront vives , 3 il faut prendre vingt
ou vingt-cinq gouttes de laudanum liqui¬
de de Sy denham dans une cuillerée d eau
de fleurs d’oranges.
Pour ce qui eli du régime de vivre , il
eft eflentiel. On fera toujours gras», mais
feulement en foupe, bouilli, rôti , falant
très-peu les alimens, & ne les épiçant pas»
Il faut éviter l’aigre. La boiflon fera
d’eau teinte avec un peu de vin rouge
bien mur , fur-tout qu’il ne foit point ai¬
gre , & on aura foin cfe fe défendre con¬
tre le froid.
Délibéré à Montpellier, fkc » figne t Fizes.
SE MEDECINE.
CONSULTATION XXXIL
Sur des douleurs en diffèrens endroits du
corps*
A Près avoir porté attention à la rela¬
tion de Moniteur , & aux conver¬
sations que no us avons eues fur fa façon
de vivre , j’eftime qu’il n’eft plus qneftion
de virus- véroiîque , mais que toutes les
dcraleurs & incommodités dont il fe
plaint font, produites en conféquen-
ee de la mquvaife conftitution de la
mafle du fang , & far-tout de fa portion
lymphatique, qui pèche par la fécherefïè
éc l'acrimonie.
Les vues qu’il faut avoir dans <:e cas
font de tenir les digeftions en bon état,
de bien délaie r & humeârer la malTe des
fluides , d'en ehaflèr lès fefe , & de l'a¬
doucir.
C’eft pourquoi d’entrée on commence¬
ra par fàigner Monfieur , tirant du bras
environ fept onces de fang. On le pur¬
gera le lendemain de la maniéré fuivanta
1^4 Consultations choisies
P V R G A T I O N.
Prenez polypode de chêne une once;
qu’on fera infufer la nuit fur les cendres
chaudes avec deux grands verres d’eau de
fontaine ; enfuite on y ajoutera follicules
de fenné deux dragraes-, rhubarbe con-
caflfée deux fcrupules, & demi-poignée de
fleurs de violettes. Axant affezdnfufé, on
fera fondre le matin dans la première
moitié deux onces de manne, & dans
la fécondé une once pour prendre avec
régime.
L’on paflèra enfuite à l’ufage des bouil¬
lons faits avec les ingrédiens fuivans,
BOVILLON.
Prenez collet de mouton flx onces , la
chair, le fang* le foie d’une tortue mé¬
diocre ou de deux petites deux écrevifles
de riviere écrafées en vie, une poignée
de pimpinelle pour un bouillon.
Aïant pris les bouillons pendant neuf
matins, on Ce purgera avec la même
médecine déjà ordonnée , ou bien an
palTera à l’ufage du petit-lait fans fe pur¬
ger * ce qui dépendra des circonfiances.
S£ Mehigire.
'H
PETIT-LAIT.
Prenez un demi- feptier de petit-lait de
chevre -, on le clarifiera avec blanc d'œuf;
il en faut mettre deux blancs , -y, faifant
bouillir pendant la clarification dix clo¬
portes écrafés en vie , une pincée de
feuilles féches de lierre terreftre. L’aïant
coulé on y jettera un peu de fucre.
Aïant pris ce.petit-lait pendant douze
matins , on fe purgera comme aupara ¬
vant, pour pafièr énfuite-à l’ufage du lait
de chevre 5 que l’on prendra le matin à.
jeun à la dofe de demi-feptier , augmen¬
tant de moitié , avec un peu de fucre,
continuant l'ufage de ce lait jufqu’à la fin
de juin, & Te purgeant , en quittant le
lait, avec la médecine ordinaire.
Pendant l’ufage de ce lait on prendra
de trois en trois matins , un moment
avant le lait, la poudre fui vante.
P O V D R E.
Prenez fuccin blanc liuit grains, ca¬
chou brut douze grains, poudre de gut-
tete dix grains ; aïant délaïé cette poudre
dans trois ou quatre cuillerées .d’eau de
fleurs d’oranges.
r&6 Consultations choisies
Au commencement de juillet on com¬
mencera à prendre les bains domeffiques
pendant neuf matins-à jeun , c’eft-à-dire
îe demi-bain. On y demeurera une heure,
$c à la Ibrtîe on avalera une grande tafle
d’infufioii de mélillè en maniéré de thé ,
avec un peu de lucre fin.
S’étant repofé fept ou huit jours , en
prendîa le matin les eaux d’Yeufet â la
dolè de deux pots chaque matin. On boi¬
ra ces eaux dégourdies, ajoutant au pre¬
mier verre deux onces & demie de man¬
ne , & autant au dernier verre le dernier
four; -
Sept ou huit jours après avoir fini ces
eaux, on reviendra aux mêmes demi-
bains domeftiqnes,-que ion prendra suffi
pendant nèuf mâtins.
Enfin on oblervera un bon régime de
vivre , faifant gras pendant tout le rems
de l’ufàge de ces remèdes , mais feule¬
ment en foupe, bouilli, r-oti, ne falant
prefque pas les alimens , 8c ne les épiçant
jamais. • • - ' V;
On boira le vin bien mûr , 8c toujours
en le uoïant d’eau , 8c l’on le diffipera
l’efprit par des amufemens honnêtes. On
évitera fur - tout les fortes occupations
d’efprit.
de Médecin e. ; 167,
Délibéré, à Montpellier le 20 avril 1744,
; ; S i .z £ s-
CON S U LT ATI O N XXXIIL
Sur me pajfion hyftéricjue. ' ;
G N a examiné avec beaucoup d’atten¬
tion ce qui eft arrivé pendant deux
attaques .que Madame a eifiriées en cette
ville .depuis qu’elle y eft arrivée , 5 c on
-observe -que dans chacune. elle : a , pa(X|
fous differens états, - j v ;; :;
, Pans la première U furvînt un trouble
5 c un embarras dans la tête , avec des ri-
raillemens douloureux dans cette partie,
fur, tout poftérieurement , une humeur
fambre 5 c noire, undégoûpext-rêtne pour
la fociété :& la compagnie,' un abattement
général des forces -, des crépitations plus
ou .moins douloureufes dans les vifccres
du bas-ventre, avec un froid extraordi¬
naire -dans cette capacité & dans les ex¬
trémités inférieures, un ennui, ou plu¬
tôt un mépris de la vie „ mêlé de grandes
i«quiétudes qui excécroient toutee'fperauce
de reftôurce ou de guérilon des maux pré-
fens, faifant regarder la mort comme le
iéS Consultations choisies
feu! bien a le propofer, & corïmie- ïé feul
moïen pour terminer tant de fatalités ,
■une infomnie des plus incommodes avec
des longes des plus lugubresqüitrou-
bloient le lommeil quand il le prefentoic,
Quatre ou cinq jours , ou quelques uns
de plus .ou de moins paffés , l’humeur
noire 5c fombre fembloit tomber, & la
tête reprendre une partie de fâ liberté.
La plupart de ces âcddens lubfîftoient à
peu - près dans la même force. Il s en
préfentoit d’autres , comme’ font les
crampes très-facheufes, qui font accom¬
pagnées de mouvemens convulfifs dans
les Bras ", le ‘vîlàge , & autres' parties ,
avec des cris violens & perçans, ce qui
arrivoit quelquefois dans le premier pé¬
riode ; une - vivacité - qui rend Madame
fufceptible T des imprelîions même'un peu
outrées au moindre bruit qu’elle .entend,
5c au moindre événement nouveau ,
quoique d ailleurs très indifférent. Cette
fenfibiüté jette Madame dans des fenfi-
bilités 5 de Pâme où elle a befoin dé fa
douceur naturelle, & de là bonne éduca¬
tion , pour né pas fe livrer a des mouve-
inens où la fougue ou l’emportement
pourroient avoir quelque part. Elle eft
en même tems- tourmentée, d’un dégoût
pour
de Médecin e. 169
pour toutes fortes d’alimens , par des
maux de tête, par des gonflemens d’efto-
mac , & par d’autres accidens dont le
détail eft inutile -, & qui finiffoient tota¬
lement avec le paroxylme.
Pour peu d’attention que Ion fade aux
lymptomes annoncés , on verra qu’ils-
établirent parfaitement le caractère d’une
affeclion vaporeufe mélancolique, qui
porce quelque chofe avec elle d’hyftérî-
que ; on conclura de plus que cette ma¬
ladie a été produite dans le commence¬
ment , & qu'elle eft aâruellement entre¬
tenue, par la trop grande confidence a la
fécherefle, & l’acrimonie de la maftè du
fàng , & par la difpofition fpâfmodique
de tout le genre nerveux.
L’état des liqueurs que l’on vient d’é¬
tablir a été d’abord une -fuite du tempé¬
rament vif & fenfible de Madame , mais
il a extrêmement augmenté par les re¬
mèdes violens dont elle a fait ufage , Sc
par les évacuations longues & forcées
qu’ont caufé les chagrins auxquels Ma¬
dame a été expofée. L’opiniâtreté de ces
maux , la trifteftè, & pluûeurs paffions
de lame qui le font jointes à toutes ces
circonftances, ont beaucoup contribué
au progrès du vice des fluides ôc dés foli*
Tome F. H
17© Consultations choisies
folides dont il a été parlé.
Le battement continuel que Ton re¬
marque dans l’artére méfenrérique fupé-
rieure, en touchant le bas-ventre , & la
tumeur circonfcrite & douloure'ufe
quand on la preflfe, & que l’on juge pla¬
cée dans le méfentere , reconnoilïâut la
même caufe, marquent un defordre par¬
ticulier dans la lymphe.
Pour fuivre les régies de la bonne pra¬
tique dans le traitement des accidens aux¬
quels Madame eft fujette depuis environ'
douze ans , on doit fe propofer d’entre¬
tenir bien les digeftions en régie , de
procurer une divilîon douce & ménagée à
la malle du fang, d’en corriger l’acrimo¬
nie trop exaltée , d’allouplir le fyllême
des folides , & de modérer la force r la
vivacité des olcillations du genre ner¬
veux.
Le Confeil regarde les remèdes fuivans
comme les plus propres à remplir ces in¬
dications.
Comme les faignées ne produifent pas
d’elFets gracieux dans les attaques vapo-
reufes , on n’a pas jugé à propos de les
cmploïer encore, fe réfervant de le faire
lorfque l’état dupoulx , la vivacité de la
malade le permettront, ou que le manque
BE MedECIKE. 17I
des évacuations menftruelles pourra
l’exiger.
On a commencé par une médecine ,
dans laquelle on afaitentrer la rhubarbe,
un peu de follicules de féné , & de
manne. Ce remède a été fuivi pendant
onze ou douze jours d’un bouillon fait
comme il fuit.
B O V I L L O N.
Prenez un morceau de maigre de veau,
la chair, le fang , le foie d'une tortue, la
racine de valérianne & de pivoine mâle ,
quelques feuilles de chicorée arnére , 8c
de crelîon de fontaine, & douze clopor¬
tes lavés & étouffés. '
Madame a fait ufage pendant quelques
jours du petit-lait de vache clarifié avec
.le blanc d’œuf, y faifant bouillir quel¬
ques cloportes avec les fleurs de tilleul ,
y éteignant quelques clous rouillés 8c
rougis au feu , & y fondant un peu de
fucre roïal.
Cette préparation de lait aïant été con¬
tinuée pendant douze matins on reviendra
au purgatif , pour commencer d’abord
après le lait daneffe entier , 8c en prolon¬
ger plus ou moins l’ufage , fuivant les ef¬
fets qu’il produira.
Hij
iji Consultations choisies
On a jugé pendant le paroxyfme de
diminuer la tenfion ou l’éréthifm'e des fi¬
bres du cerveau & du genre nerveux,
tantôt par le mélange des antifpafmodi-
ques lorfqu’il y a eu un peu d afïàiflément
dans le cerveau, & qu’il eft fur venu des
crampes & des mouvemens convulfifs.
On continuera ces altérans, & on fe ré¬
glera journellement fur les évenemens.
On propofe pendant le tems du lait
d’ânefle de le fervir de la poudre degut-
tete, du focçin blanc, de lavalérianiie
en poudre , 8c d’autres remèdes antifpaf.
modiques dont on formera des bols.
La faifon ne permet guéres de multi¬
plier lès remèdes , & la nature de la ma¬
ladie 11 e l’exige pas. On prie Madame
d’obferver un régime fimple tel que fa
fituation le demande. On l’exhorte à don¬
ner journellement dans la diffipatïon , à
s’étourdir fur l’opiniatr'eté des retours de
fes attaques, à ne pas fe refufer une ef-
pérance flatteufe fur le dénoüement de fa
maladie, & à tirer de fon propre fonds,
e’eft-à-dire de fon efprit , les-reflources
qui peuvent la déterminer à méprifer les
aecidens qui l’allarment, & qui viennent
en bonne partie des difpofitions de fon
efprit.. On a intention au refte de varier
DE MEDECINE, 17^
. les remèdes dansja fuite, fuivant que les
jEàifons différentes le permettront.
CONSULTATION XXXIV.
Sur une colique venteufe , des douleurs de
poitrine , des frijjons , oppreffwns , &c.
T~X Ans îe Mémoire qui nous a été com-
I y'mu niqué on ne dit rien du tempé¬
rament du malade , ni de là maniéré de
vivre , on fe contente d’infinuer que fou
pere 8c fa mere font morts hydropiques.
On va tabler fur ce qu’on a trouvé à pro¬
pos de mettre en avant , pour établir la
nature de la maladie , & confeiller les
remèdes les plus convenables à la guéri-
fon.
Les accidens dont Monfieur a été atta¬
qué depuis l’âge de dix-huit à dix - neuf
ans, peuvent fe réduire à des douleurs
de reins , auxquelles fe joignoient une
groflèur 8c une dureté dans le bas-ventre,
8c qui prenoient la tournure d’une coli¬
que plus ou moins violente pendant quel¬
ques heures ; à des gonflemens dans le
bas-ventre que la fortie de beaucoup de
vents diflipoit, 8c qui fe terminoient
174 Consultations choisies
communément par une diarrhée, &deS'
évacuations abondantes durant treize ou
quatorze ..jours ; à des friffons & à des
attaques de colique qui fe renouvellerait
en 1740 . avec beaucoup plus de force j.
à une oppreffion pendant le paroxyfme,
à une groflèur qui s’etendoit fucceffive-
ment dans différais endroits du bas-
ventre , à une chaleur dans la .poitrine ,
à des picotemens fixés entre les épaules ,
à un engourdiffement aux deux pieds.ac-
compagné d’une douleur fourde , & s’é¬
tendant des malléoles jufques.vers le gras
de la jambe depuis environ vingt - cinq
ou vingt-fix mois, à des fentimens tan¬
tôt de chaleur , & tantôt de froid dans
ces mêmes parties, à des Tueurs à la plan¬
te des pieds , à quelques enflures aux
malléoles , qui tantôt fe diffipent 8c
tantôt fe renouvellent, & à des douleurs,
plus ou moins incommodes qui faififlènt
alternativement, ou la poitrine & la ré¬
gion de l’eftomac, ou les pieds, de telle*
maniéré qu’en finiffànt dans un de ces >;
endroits, elles recommencent dans l’au-
tre ; à un dégoût , à des iïidigeftions qui
fe font appercevoir depuis environ deux
mois, 8c enfin à de grandes inquiétudes
de la part de Monfieur fur la durée 8c
î> E M E D É G I N ï. I 7Ç.
I opinatreté de fes incommodités, & fur
les fâcheux évenemens qu’il croit avoir
lieu d’en craindre, fi de nouvelles reiîour-
ees ne les préviennent.
On peut dans le fonds regarder tous
ces accidens, malgré leur complication, ,
comme dépendans de l’épaiffifîement, de
la fécherefle, & de la faumure de la maf-
fe du iang , & de la roideur, ou trop
grande tenfion de tout le fyftême des fé¬
lidés , mais fur-tout du genre nerveux.
Les'coliques venteufes & les differen¬
tes circonftances qui les ont accompa¬
gnées font une fuite du dérangement des
digeftions , de l’aétion fougueufe de la
lymphe digefti.ve , & de la fenfibilité de
î’eftomac ôc des inteftins. Les divers
fymptomes qui font arrivés aux pieds &
aux malléoles femblent porter avec eux
quelque chofe de rhumatifant , ou de
rhumatifant & de gouteux tout enfemble,
& on doit les rapporter au défordre de la
lymphe articulaire. Les douleurs de la
poitrine reconnoifient àpeu-près la même
cauie. On a lieu de foupçonner que les
bouillons de vipère, les eaux de la Mo-
the l les fudorifiques & autres remèdes
incendians, ont contribué à l’augmenta¬
tion des accidens, & à leur opiniâtreté
Hiiij
•*ys Consultations choisies
en diiîîpanc le baume , & le mucilage le -
• plus fin de la malle du fang.
Pour tirer tout le parti poffible de l’é¬
tat préfent de Monfieur , ondoitfepro-
pofer de mettre les digeftions en régie,
de rendre la malïe ,du làng plus fluide &
plus coulante, d’en corriger la faumure
qui a pris le deflus, &de diminuer la
trop grande fenfibilité du genre nerveux
en lui redonnant de la fouplefle. Onefpé-
re que ces indications feront remplies par
• le moïen des remèdes fuivans.
On commencera par purger Monfieur
avec une once de tamarins , deux fcru-
pules de rhubarbe concaflee , deux pin¬
cées de fleurs de pêcher , & autant de
celles de violettes, dont on fera une dé-
co< 5 tion , dans deux grands verres de la¬
quelle onlailferainfuler la nuit à froid,
une dragme & demie de féné , difïblvanc
le matin dans l’infufio» coulée deux
onces & demie de manne» Là médecine
ainfi préparée fera partagée en deux ver¬
res , qu’on donnera à deux heures de
diftance l’un de l’autre.
Immédiatement après Moniteur boira
pendant fix matins un bouillon fait avec
un morceau- de maigre de veau , une
dragme & demie-de racine de pivoine
B E Me î> . E CINE. 177
mâle concaflee, deux écreviflès de riviere
étouffées dans l’eau chaude , & écrafées
dans un mortier, & une bonne poignée
de feuilles de chicorée amére. On jettera
dans le pot fur la fin de la coétion une
pincée dé fommités féches & fleuries de
germandrée ou de petit-chêne.
Pendant les fix matins fuivans Mon-
fieur ufera de Fopiate ci - jointe, avalant
par deflus chaque prife une ou deux:
rafles d’infufîon des feuilles féches de ci-
tronelle infufées à la maniéré du thé.
OP 1 AT E.
Prenez conferves de kynorrhodon &
de petite abfinthe, de chacune une drag r
me & demie j. poudre de guttete , craie
très-blanche r cachou brut, de chacun
uhedragme ; extrait de rhubarbe une de¬
mi - dragme ; pilules de cynogloflè un
fcrupule ; faîtes avec le fyrop de capillai¬
re une opiate qui fera partagée en fix par¬
ties égales.
On reviendra d’abord aprèsaux mêmes
bouillons pendant fix matins avec la pré¬
caution de terminer ces remèdes par la;,
médecine ci-deffus prefcrite.
Après ces préparations , Monfieu*
H v
tjŒ Consuitations choisies
prendra pendant une douzaine de matins
une écuellée de petit-lait qu’on tirera du;
lait de vache caillé avec la préfùre ordi¬
naire , & qu’on féparera de Ton fromage
en le laiffant égoutter à travers un linge;
pour le clarifier d’abord après avec le
blanc d’œùf. On y jettera pendant cette
clarification huit cloportes lavés &
çtoufïes d’ans le vin blanc, auxquels oh
donnera une ébullition de quelques mi¬
nutes avec le blanc d’œuf, y éteignant
en même rems quelques morceaux de fer
rouillés & rougis au feu. On coulera le-
petit lait ainfi préparé avant de l’avaler ^
& on finira par le purgatif.
Après quelques [ours de repos on
pourra réitérer les bouillons , & enfuité'
l’opiate avec l’infufion de méliflb'pendant
fix matins, pour faire fuivre lé petit-lait
préparé de la même maniéré®, pendant
douze nouveaux matins ^rant la précau*
tion de fe repurger à la fin.
Le printems prochain, Monfieur re¬
prendra.les bouillons, l’opiate , &c en-
fuite le petit - lait pendant douze jours
chacun, dans le même ordre , Sc avec
les circonftances confeillées pour lé pre¬
mier ufage de ces remèdes , pour com¬
mencer le lait d’an elle, que Monfieur bol-
DE MEDECINE. J 79
ra le matin à la dofe d’un grand verre
d’abord , montant peu à peu jufqu’àla:
quantité de l’écuellée, 8c le continuant
pendant une couple de mois. On mêlera
chaque fois à la prife de ce lait deux cuil¬
lerées ou deux cuillerées 8c demie de la
fécondé eau de chaux, 8c s’il a bien
paffé pendant une douzaine de jours,
Moniteur mangera le foir à fon fouper,
ou du gruau, ou du ris, ou une foupe
au lait de vache. On emploiera le purga*
tif au milieu & à la fin de l’ufage du laic^
On fe fervira aulîî pendant ce même:
tems d’abord de deux en deux, 8c ehfuite.
de trois en trois jours , dans la première
cuillerée defoupe à l’heure dudîner d’une
poudre faite avec dix grains de poudre
de guttete, fix grains de fafran de mars
apéritif préparé à la rofée du mois de
mai, 8c fix grains de cajfia lignea réduite-
en poudre.
Suppofé que le lait daneffe ne pafiè
point , on lui fubftitueroit une écuellée:
de lait de vache décrêmé , auquel on
ajouteroit deux cuillerées de la féconde
eau de chaux, emploïée de la même ma¬
niéré, la foupe ou le ris au lait le foir r
la même poudreà l’heure du dîner , 8c en?:
fin le purgatif comme il a été dit.
■i Sc Consultations choisies
Monfieur paflera fon été en ufaut da?
petit-lait de rems en tems , & quelques
jours de fopiate.
On pourroit auffi dans le mois-de juil¬
let tenter de lui donner pendant une neu~
vaine : le matin fept on huit verres des
eaux ÔL ^mphion 5 mais riédes-ou dégour¬
dies , diifolvant le premier jour de la
.boifion dans le premier verre deux onces
de manne , & vingt grains de rhubarbe
en poudre, Sc en faifant de même le der¬
nier jour dans-le pénultième ou dernier
verre.
Si ces eaux'avoient bien paffé , apres.:
une femaine de repos Monfieur les re-
prendroit pendant une fécondé neuvaine
avec les mêmes précautions ; mais-ficelles
avoient produit le moindre dérangement
iflesabandonneroit, Sc fe purgeroitfut
le champ.
Snppofé que les remèdes confeillés
pour lé p ri n te ms eulîent apporté du fou-
lagement au malade , il auroitfoin de les
reprendre dans l’automne.
Monfieur doit fe nourrit avee des po¬
tages à la viande, du bouilli , Sc du rôti,
fou pane très - frugalement , Sc buvant
très-peu de vin Sc extrêmement trempé;
Il s’abftiendra des ragoûts-,., des falades ,.
b e Me ©ici me. î§ r
des fruits cruds , des légumesdes chas-
Baignes, & de tous les alimens greffiers-,
indigeftes, ou échauffons.. Il ufera de la
promenade-à cheval de tems en tems t
mais fur-tout dans les beaux jours , &
fc diffipera par toutes fortes d’amufemens
gracieux , & propres à. diitraire des idées
défagréables qu’il s’eft forméesfur fes.in-
eommodités».
Délibéré à Montpellier le iS. novem¬
bre 1742. Signé , Rideux , Lazerme ?
Montagne , Ckaetal.
Nota. Cette Confultatïon doit précéder la.
XL me du premier Volume.. Elle efï pour le.
même malade x & la. même maladie.
CONSULTATION XXXV.
Sur un écoulement enfuite dune chaude-pijfe
O N a lu avec toute l’attention poffi»
ble les deux Mémoires qui ont été
envoies- & on a en même tems exami¬
né le linge qui y avoir été joint. Fondé
fur les aceidens détaillés dans les Mémoi¬
res j. & fur FmfpecHon du linge, le Gon-
rBz Consultations choisies
feîl juge que l'écoulement dont Monfienr
eft encore attaqué , ôc qui eft une fuite
de la chaude-pifte , a aujourd’hui le ca¬
ractère d’une gonorrhée fimple , & qu’il;
eft entretenu principalement par la foi-
blefte des glandes mucilagineufes fituées
dans le canal de l’urèthre êc des pr'ofta-
tes.
Outre le manque de refibrtde ces par¬
ties, oh eft convaincu que la difpofîtioiT
féche, épaille, acrimonieulè , & mélan¬
colique de la malle du fang contribue-
beaucoup à l’opiniâtreté de l'écoulement;,
mais cette caufe eft extrêmement renfor¬
cée par les peines d’efprit: que Monfieur
fouffre, & qui dérangent de plus en plus
fes liqueurs. Les attentions continuelles
qu’il a de preffer & d’exprimer fa verge;
pour s’affurer fi l’écoulement continue, ou
s’il eft furvenu quelque changement dans
la matière quil fournit, travaillent &
fatiguent de plus en plus les parties déjà
foibles , & les rendent plus propres à
féparer le mucilage auquel elles fervent
«le filtre.
Quoique l’on regarde l’écoulement
qui afflige fi cruellement Monfieur com¬
me un accident qui ne fçauroit porcer.
aucune impreffion fâcheuie fur la. durée
p e Mesecine, r§£
(Te fes jours , on conviendra de bonne
foi qu’il rifqoe de fe rendre plus opiniâtre
fi le malade ne prend le parti de changer
les difpofitions de ion efprit y & d’avoir
une idée bien différente de fa fituation
préfente.
C’eft fans fondement qu’il Croit de¬
voir avoir pris la vérole , parce que la;
perfonne avec laquelle il a eu commerce
en feroit attaquée ; l’expérience journa¬
lière démontre le contraire -, & il éft con¬
fiant qu’une femme qui n’a qu’une /im¬
pie chaude-piflê peut communiquer, Sc
communique véritablement, des chan¬
cres, des porreaux ,* & la vérole même
bien cara&érifée , St que réciproque¬
ment celle qui a la vérole bien marquée
peut donner & donne' réellement une
chaudë-piiïè très-ordinàiré , füivant les-
difpofitions qui fe rencontrent dans les
fujets auxquels le venin vénérien eff
communiqué.
Les praticiens les plus expérimentés-
& les plus éclairés ne fçauroient juger de
la douleur, de la fimplicité , ou de la ma¬
lignité d’une chaude-piffe, que par les
accidens qui l’ont précédée ou accompa¬
gnée, & pat ceux qui l’ont fuivie. Dans la
chaude-piffe dont il eft ici queftion, il n’a
ï§4 Consultations choisies
paru 'aucune inflammation notable , nf
ardeur confidérable, ni éredion doulou-
reufè , ou difficulté d’uriner violente , ni
fluxion qui eut du rapport à ce qu’on ap¬
pelle corde , ni dépôt fur le fcrotum ou
les tefticules, ni glandes aux aines ou
dans le voifinage , & enfin la matière
qui a fait Pécomemenc n 'a point.été ni
extrêmement épaiflè ni d’une couleur
jaune ou verdâtre,. & depuis le commen¬
cement de l’écoulement jufqu’à prefent
elle n’a point changé de caractère , mais
elle s’eft éclaircie de plus en plus, & a
pris la tournure glâireufe ou mucilagi-
neufe.T outesceseirconftances ralfemblées
font des preuves évidentes du earadére
bénin de la chaude-piflè & de fa difpofi-
tion à obéir & à céder à Padiondes, re¬
mèdes qui ont été emploïés , & qui doi¬
vent être regardés, comme capables d’en
détruire radicalement iâ caufe, ou le le¬
vain vénérien.
Pour fuivre les régies de la bonne pra¬
tique , on doit fè propofer de redrefler
les digeftionsde rendre la malle du-fang
plus fluide & plus coulante ., d’en corri¬
ger l’acrimonie qui a pris le deflus, d’a£
fouplir tout le fyftême des folides qui fs
trouve trop tendu , de redonner aux-
DE MEDECINE. iSf
proftates & aux glandes mucilagineufes
de l’uréthre le relfort quelles ont perdu ,
& enfin de joindre à tous ces fecours
quelques antivénériens pour achever de
détruire un petit refte du levain vénérien,
fuppofé absolument quil s’y en trouve.
On efpére que les indications feront rem¬
plies par le moïen des remèdes fuivans.
Monfieur commencera par prendre le
demi-bain domeftique tiède pendant fix
matins, & y demeurera une heure chaque
fois, avalant à la fortie une prife des pilu¬
les qu’on lui envoie d’ici, & d’abord
après les pilules un bouillon fait avec un
morceau de collet de mouton, ou de mai¬
gre de veau, les cuiffes de cinq ou fix
grenouilles écorchées & écrafées , deux
écrevilTes de riviere étouffées dans l’eau
chaude, & écrafées dans un mortier, &
une petite poignée des feuilles de bugle,
ou à fon défaut de celles d’aigremoine.
Pendant les fix matins fuivans Mon¬
iteur boira les eaux de Camarez, qu’il
fera porter chez lui, mais tiédes ou dé-
gourdies.On difloudra le premier jour de
la boiflon dans le premier verre deux
onces & demie de manne, & trois drag-
mes de fel d’Angleterre -, on fera de mê¬
me le dernier jour dans le ^pénultième;
ou dernier verre*
s8ô Consultations choisies
Monfieur, s’étant repofé pendant trois-
ou quatre jours , reviendra aux demi-
bains domeftiques , aux pilules , 3c aux
mêmes bouillons à la fortie pendant fix
nouveaux matins, 3c après une couple
de jours de relâche il reboira pendant fix
autres matins les eaux de Camarez auffi
tiédes, avec la précaution d’emploïer le
même purgatif le premier 3c le dernier
jour de la boiflbn, comme il a été déjà
dit.
Suppofé qu’après tous ces remèdes,
^écoulement fubfiftât , Monfieur ufer.a
pendant une douzaine ou une quinzaine
de matins de l’opiate fuivante,avalant une
heure après chaque dofe un bouillon or¬
dinaire,
O PI AT E.
Prenez de la térébenthine de Chio de¬
mi - once ; de carabé blanc réduit en pou¬
dre , &de fang de dragon en larmes , de
chacun deux dragmes 3c demie ; de ca¬
chou brut réduit en poudre, 3c fafran de
mars aftringent , de chacun deux drag¬
mes; dont on formera une opiate, avec
le baume de Canada : la dofe fera d’une
dragme. On en terminera l’ufage par le
purgatif.
DE MEDECINE. 1 §7
Enfin s’iL y avoit encore quelque relie
d’écoulement, Monfieur prendroit pen¬
dant un mois <k demi chaque matin une
écuellée de lait d’ânelïè entier, à laquelle
on ajouteroit deux ou trois cuillerées de
la fécondé eau de chaux , faifant précé¬
der & terminer fon' ufage par la même
médecine.
A l’égard du régime de vivre Monfieur
obfervera celui qui lui a dé ]a été pref-
erit dans les autres confultations.-
Délibéré à Montpellier le 16 juillet
1743. Signé 3 Mo ntagne.
5f*.=====.'.==.
CONSULTATION XXXVI.
Sur un crachement de fang^& un vomijfemcnê
habituel. .
L E crachement de fang dont Mada¬
me a efluïé deux attaques confidé-
rables depuis quelques mois, & le vomit
fement habituel qui la fatigue chaque
jour fur le foir depuis environ quatre
mois , doivent être regardés comme dé¬
pendais d’une caufe commune à tous les
deux accidens * c’eft-à-dire de l’épaiffiffe.-
î88 Consultations choisies
ment, de la groffiéreté, & de l'acrimo¬
nie de la mafïe du fang. Il eft d’ailleurs
certain qu’ils font entretenus par une
caufe particulière à chacun , e’eft-à-dire
le crachement de fang par la foibleflèou
état variqueux de quelques v ai fléaux
des poumons, & le vomiflemeut par le
defordre des digeftions.
Comme les deux accidens dont on
vient de faire mention ont été précédés
par l’attachement qu’a eu Madame à
nourrir un enfant pendant vingt & un
mois ou environ & qu’il s’eft joint à
cette circonftance beaucoup d’inquiétudes
& de veilles , on a droit de conclure que
îe lait que Madame a fourni pour nourrir
fon enfant, & les peines d’efprit §c du
corps qui fe font miles dé la partie peut
le foigner , ont donné lieu à la difîipa-
tion du mucilage îe plus fin ^ §c au déve-
lopement des autres accidens furvenus
depuis, tels que font la perte de l’em¬
bonpoint & la diminution des forces. Les
progrès de l’épaiffiffement & de l’acrimo¬
nie de la maffe du fang ont augmenté
Journellement par î’împreffion qu’a re¬
çue la lymphe gaftrique. avec les autres
liqueurs digeftives du vice général des
liqueurs. On a même lieu de foupçonner
de Médecin e» 1S9
que le couloir de la lymphe gaftrique a
perdu fon reflort, & que, devenu propre
à recevoir des matières plus groffieres, il
foufïre des embarras qui gênent la libre
diftribution du fang dans l’eftomac, &, en
rendant ce vifcére plus fenfible, entre¬
tiennent le vomiCfement opiniâtre , & en
même tems la mauvaife conftitution de
tou te la ma [Te du fang.
La lymphe bronchiale s’eft reflèntie de
ces changemens , & a à fon tour engagé
les glandes deftinées à fa féparation, où
elle a produit, félon toutes les apparen¬
ces , des concrétions tuberculeufes, qui,
en portant fur les vaiftèaux fanguins du
voifinage, les ont rendus foibles & vari¬
queux. On peut enfin foupçonner que la
lymphe pulmonaire s’eft arrêtée dans fes
vaiftèaux de conduite, & que de fon en-
durciftèment il s'en eft fuivi quelques lé¬
gers tubercules qui ont pareillement
troublé l’ordre de la circulation du fang
dans le poumon.
Les anxiétés & les agitations fiévreufès
furvenues quelquefois le matin depuis
quelque tems ■ l’opprefîïon de poitrine
qui fe fait remarquer pour peu que
agiflè, la régularité avec laquelle le vo-
miflement revient tous les foirs & d’une
190 'Consultations choisies
maniéré plus ou moins forte, fuivant
quon a eu la précaution d’avancer ou de
reculer la nourriture , enfin la foibleffe
générale où la malade eft tombée, & qui
devient plus confiderable de jour en jour.,
donne lieu de foupçonner que Madame
a porté depuis long - tems ces mauvaifes
difpofitions cachées dans fon fang, &
quelque vice organique dans fes pou¬
mons. On en fera d’autant plus convain¬
cu fi l’on fait attention aux progrès ex¬
traordinaires qu’a faits la maladie depuis
•quatre mois,fans pouvoir accufer d’autres
caufes que l’état de nourrice , dans la¬
quelle on ne voit pas ordinairement ar¬
river des fuites fi difgracieufes.
Comme dans la relation on n’a dure
pas qu’il y ait de fievre lente s qu’on ne
dit pas que Madame ait, difficulté de
coucher fur l’un ou les deux côtés de la
poitrine , & qu’on ne parle point de l’état
des crachats , on ne fcauroit, fans don¬
ner dans des idées hazardées, déterminer
s’il fe paffie déjà quelque chofe de fourd
dans la poitrine qui ait contribué & qui
contribue encore à rendre les accidens
plus fâcheux en fi peu de rems.Le Confeil
juge que les fèuls évenemens pourront
éclaircir ce que l’on fupçonne aduelle-
B E MEDECINE. IÇjî
ment, & qui femble fournir de juftes
motifs de crainte pour l’avenir , fi la na¬
ture ne vient au lecours.
Pour tirer tout le parti poffible de l’état
préfent^de Madame , on doit avoir en
vue de calmer le vomiiïement , de dimi¬
nuer la fenfibilité de l’eftomac , de pro¬
curer une légère divifion à la malle du
fang , d’en tempérer l’acrimonie quia
pris le defius, de corriger le defordre
qu’on a lieu de foupçonner dans le peu*
mon , de prévenir le dévelopement d’une
füppuration prochaine , fi elle n’eft pas
encore déterminée, ou d’en empêcher les
progrès defavantageux , fi elle eft déjà
établie , en emploïantles fecours les plus
efficaces de la médecine. On fe flate que
ces indications pourront être- remplies
par le moïen des remèdes que l’on va
confeiller.
Suppofé que l’état du poulx Sc des for¬
ces de Madame le* permettent on com¬
mencera par une faignée du bras, dans
laquelleon tirera deux petites palettes de
fang. On aura foin le jour de la faignée,
celui de la purgation, & les autres trois
jours fuivans, de donner le foir à l’heure
du coucher à la malade ce remède.
rpi Consultations choisies
J V L E r.
Prenez eaux de menthe & de coqueli¬
cot , de chacune deux cuillerées -, diiïol-
vez-y vingt grains de fel d'abfinthe, fy_
rop de limons une once.gouttes anodynes
de Sydenham vingt gouttes. Faites un ju-
lep qui fera pris à i heure du coucher.
Le lendemain du quatrième jour de lu-
fàge de la potion anti-émécique, on pur¬
gera de cette maniéré.
V V RG AT I ON.
Prenez fleurs de violettes & de pêcher;
de chacune une demi-poignée ; faites les
bouillir dans une fuffifante quantité d’eau
de fontaine, qui fera réduite à huit onces;
diflôlvez dans la colature trois onces de
manne de Calabre ; faites une potion qui
fera prife le matin avec-régime.
Immédiatement après Madame ufera
pendant fix jours foir & matin de l’opiate
ci-deiïous décrite à la dofe d’une dragme
chaque fois , avalant demi - heure après
celle du matin un bouillon ordinaire. *
OPJATE.
& E MEDECINE.' ÏJJ
O P I AT E.
Prenez conferves de kynorrhodon , de
rofes rouges, & debalauftes , de chacu¬
ne deux dragmes & demie ; cachou brut
lang - dragon en larmes , antiheéfcique
de Poterius, de chacun deux dragmes ;
extrait de rhubarbe une dragme. Faites
une opiate avec le fiyrop de lierre terres¬
tre ; ajoutez à la dofe du matin huit
gouttes de teinture anodyne , & Seize à
celle du Soir.
Pendant les fix matins fuivans Mada¬
me boira un bouillon fait avec un mor¬
ceau de collet de mouton, les cuiffès de
trois ou quatre grenouilles écorchées &
écrafées , & deux éctevifles de riviere
étouffées dans Peau chaude , & écrafées
dans un mortier. On jettera dans le pot
Sur la fin de la codion une pincée de
Sommités Sèches & fleuries dhypéricum ,
& autant de feuilles Sèches de lierre ter-
reftre. On aura Soin de faire prendre à
Madame chaque Soir de ces Six jours à
l’heure du coucher une dragme de l’opia-
te déjà preScrite, à laquelle on ajoutera
vingt gouttes de la même teinture anody¬
ne , êc on réitérera le même purgatif le
Tome K, I
194 Consultations choisies
lendemain cîu fixiéme jour , pour revenir
d’abord après pendant fix autres jours,
foir & matin , à l’ufage de la même opia-
te , à laquelle on ajoutera la même dofe
de la teinture anodyne , & tout de fuite
aii même bouillon pendant fix nouveaux
matins, & à l’opiate aftringente & cal¬
mante le foîr , avec la précaution de re¬
purger après les douze jours*
Suppofé que malgré ces remèdes le
vomiflèment fubfifte , on aura encore re¬
cours pendant fix jours à la même opiate
deux fois par jour, & au même bouillon
avec la même.opiate , le foir auffi pen¬
dant fix autres jours de fuite , Unifiant
par la même médecine*
-Après ces préparations on donnera à
Madame pendant douze matins une
ceuellée de petit-lait 3 ou pour le moins
un grand verre, qu’on tirera du lait de
chevre , caillé avec la préfure ordinaire ,
& quon féparera de fon fromage en le
laiflant égoutêrà travers un linge. On le
clarifiera d’abord après avec le blanc
d’œuf, y jettant pendant cette clarifica¬
tion une pincée de fommités féches &
fleuries d’hypéricum, auxquelles on don¬
nera une ébullition de quelques minutes,
- avec lé blanc d’oeuf, & y éteignant en
D E M E « E C I K E. 195
.même tems un morceau de brique rougi
au feu. On difïoudra dans le petit-lait
coulé un peu de lucre rofat, & on repur¬
gera à la fin.
Pendant les quinze ou dix-huit matins
fuivans M m£ boira un bouillon fait avec un
morceau de collet de mouton, le coeur ,
le foie, le fang , & la chair d’une tortue
fi une grandeur convenable , deux écre-
vifles de rivierè étouffées dans l’eau chau¬
de & écrafées dans un mortier, demi-poi¬
gnée de feuilles de chicorée amére, Sc
une pincée de feuilles lèches de lierre
terreflre , terminant les bouillons par le
‘purgatif ordinaire.
Aïant fak ptécéder ces précautions ,
Madame boira d’abord apres , fur-tout fi
le vomifTement efl calmé, chaque matin
le lait d ânefle entier , commençant par
un grand verre , & montant peu à peu
jufqù a l’éeuellée. On y mêlera chaque
fois une couple de eueilîerées de la fécon¬
dé eau de chaux , ôc , fi le lait du matin
païTe bien. on fera prendre le foira l’heu¬
re du louper du ris ou du gruau , ou une
foupe au lait de vache j continuant de
même jufqu’au grand froid de l’hiver, &
purgeant fuivant le befoin.
Pendant I’ufage du lait d’ânefiè 011
lij
19-5 Consultations choisies
ajoutera d’abord de deux en deux Sc en-
fuite de trois en trois jours à la première
cuillerée de ce lait une poudre faite avec
dix'grains de cachou brut réduit en pou¬
dre , & dix grains d’antiheétique de là
Poterie.
Laboiflon ordinaire de Madame fera
ou la bonne eau de fontaine panée , ou
l’eau de Meyn , ou de teins en te ms une
infufiqn des fleurs de pied-de-chat, ou.
des feuilles féches de lierre terreftre pré¬
parée à la maniéré du thé dans l’eau de
fontaine ordinaire.
On obfervera chaque foir de donner à
Madame à l’heure de fon coucher un ju-
lep fait avec deux ou trois cuilier.ées d’eau
de pavot rouge demi-once de fyrop de
nympbœa , & vingt gouttes de teinture
anodyne de Sydenham, ou à leur, place
fix grains de pilules de Cynogloflè , aug¬
mentant la dofe de l’un ou l’autre de ces
caïmans, fila néceffité l’exige.
Pendant l’hiver on emploiera de tems
en tems le matin le lait de vache coupé
avec l’infufion de lierre terreftre , & le
foir quelque crème de ris , ou quelque
foupe au même lait, ne négligeant pas
les caïmans, fi les nuits ne font pas tran¬
quilles. Il conviendrait même qu’on doii-
de Med e c i tf l. ï 97
nât avis de l'effet des remèdes avant ce
tems-là, &fuivant l’état de Madame, on
réitereroit le printems prochain les re¬
mèdes confeillés pour l’automne , ou
même L’011 emploïeroit la diette blanche,
fi on la jugeoit néceflâire , & qu’il ne fût
rien furvenu qui rendît ces projets inuti¬
les.
il convient que Madame abandonne
abfolument pendant quelque tems l’ufage
delà viande, &c qu’on la nourrifle avec des
crèmes de ris, ou des potages à la viande,
des crèmes de ris ou d’avenats à l’eau ,
quelques œufs frais, & un peu du meil¬
leur poiffbn frais de mer ou de riviere
cuit fur le gril, ou à la hollandoife, c’eft-
à-dire , à l’eau avec tant foit peu de fel.
Dans la fuite on pourra permettre un peu
de bouilli & de rôti à l’heure de dîner, ou
même un peu de rôti le foir, s’il n’y a pas
de circonftances qui s’y oppofent. Il faut
abfolument que Madame s’abftienne de
tous les alimens de haut goût, & de tous
ceux qui font venteux, cruds, indigeftes,
ou échaufïàns.
Délibéré-à Montpellier le 19. juillet
1743. , Montagne.
i ÿ? Consultations choisies
CONSULTATION XXXVII.
Ter te de mémoire & de connoijfance , fume
de mouvemem convulfifs.
D Ans le Mémoire qui a été envoie, on
ne parle point de l’âge du malade, ni
de fa maniéré de vivre , nî des difpofi-
tions particulières qui peuvent avoir été
remarquées dans fa famille. On fe con¬
tente de dire qu’il eft d un tempérament
pituiteux , ce qui fixe très-peu le earac^
tére d’un tempérament. Gn va donc fui- *
vre pied à pied ce qui eft contenu dans
la Relation.
La perte de la mémoire & de la con-
noiflance , fur ven ue a Moniteur dans le
■cours de la maladie dont il fut attaqué
dans le mois de novembre dernier, doit
être regardée comme la production d’un
fan g épais , fufceptible de mouvement
tumultueux , 8c propre à s’arrêter dans,
le cerveau ; 8c en mêmetems du relâche¬
ment 8c de la molefte de cette portion des
fibres blanches du cerveau, où eft placé
le fiége de là mémoire 8c des principales
fonctions, de i’ame, comme le délire 8c
If e Mebigisï. 199
l’affoupiflèment coniîderable qui le fuivî-
rent de près ne permerrent pas d’en dou¬
ter.' Les deux attaques de mouvemens
convulfîfs, qui approchent beaucoup de
la nature de Pépilepfie, au moins impar¬
faite , fuppofent d’ailleurs des defordres
dans les vaifïèaux du cerveau , c’eft-à-
dire une difpofition anévryfmale ou vari-
queufe qui trouble à la fois la diftribution
du fang dans ce vifcére & celle du fluide
fpiritueux.
Comme la maladie qui a été le prélude
des accîdens qui font le fujet de cette
Con fui ration , fut accompagnée dans Ion;
commencement & d’envie de vomir Sc
de vomiflement, l’on voit clairement que
les .digeftions ont- été dérangées d’une
maniéré à caufer la fievre putride ou ma¬
ligne , & à donner lieu aux deux différen ¬
tes attaques de mouvemens convulfîfs
ou épileptiques furvenus depuis.
Pour tirer tout le parti poffible de l’état
préfent de Monfïeur on doit fe propofer
de mettre les digeftions en régie, de ren
dre la mafTe du fang plus fluide & plus-
coulante de lui procurer une libre diftri¬
bution dans le tiflu du cerveau, & de
corriger le vice organique qu’a fouffert
ce vifcére. On efpére que ces indications-
200 Consultations choisies
feront remplies par le moïen des remèdes
fuivans autant que le progrès de la mala¬
die peut permettre de s’en flatter.
On commencera par une faignée du
pied , & le lendemain de cette faignée ou
purgera avec une dragme de rhubarbe
concaflfée, & deux pincées de fleurs de
pêcher, dont on fera une décodion, dans
deux grands verres de laquelle on laiflè-
rainfufer pendant la nuit deuxdragmes &
demie dé léné , diflolvant le matin dans
l’irifufîpn coulée deux onces de manne, &
une once de fyrop de rôles folutif. Cette
médecine fera partagée en deux verres
qu’on donnera à deux heures de diftance
l’un de l’autre.
Pendant les dix matins fuivans Monfieur
boira un bouillon fait avec un morceau
de collet de mouton , ou de maigre de
veau , une dragme déraciné de valériane
fauvage coneaflée , autant de celle de pi¬
voine mâle aufficoncaflèe, deux écrevifles
de riviereétouffées dans l’eau chaude, Sc
écrafécs dans un mortier , & une poi¬
gnée de feuilles de creiïon de fontaine.
On jettera dans le pot fur la fin de la
coétion une quizaine de cloportes lavés
& étouffés dans le vin blanc, que l’on
fera légèrement bouillir durant quelques
B! MEDECINE. 201
minutes avant de couler le bouillon, réi¬
térant la même médecine à la fin.
On obfervera que fi le malade eft Jeu¬
ne & maigre, on pourroit faire prendre
chacun de ces bouillons à la fortie d’un
demi-bain domeftique tiède où il auroit
demeuré auparavant une heure ou envi¬
ron ; mais fi au contraire Monfieur eft un
peu avancé en âge, & d’un tempérament
mou & gras, on fe contentera du bouil¬
lon , & on retranchera le demi-bain.
Pendant les dix matins fuivans on au¬
ra recours à l’opiate ci-jointe, par defius
chaque prife de laquelle le malade ava¬
lera une ou deux taflesd’infufion de feuil¬
les féches de citronelle, ou de fleurs de
tilleul, infufées à la maniéré du thé , re¬
purgeant à la fin avec la même médecine*
O ? I A T E,
Prenez cbnferve de fleurs de romarin,
& racines d’aunée , de chacunes deux
dragmes & demie j - antimoine diaphoré-
tique, & poudre de guttete, de chacun
deux dragmes j fleurs de fel ammoniac
martiales , & extrait de rhubarbe, de
chacun une dragrne ; cinnàbre d’antimoi¬
ne un fcrupule j faites avec le fyrop de
1 v
2oz Consultations choisies
pivoine une opiacé qui fera partagée à &
prifes égales.
On reviendra enfuite pendant dix ma¬
tins au même bouillon, & d’abord après
à la même opiate avec l’îufefion des
feuilles de méliflè ou dès fleurs; de tilleuîi
pendant dix autres matins purgeant:
comme il a été déjà marqué pour le pre¬
mier ufage deces remèdes.
Ces préparations ayant précédé. Mon*
fleur boira pendant douze ou quinze
■matins une écuellée de petit-lait qu’on
tirera du lait de vache onde chèvre caillé:
avec la préfure-ordinaire , & qu’ondépa¬
rera de fon fromage en le laiflant égoucer
à travers un linge pour le clarifier d’abord'
après avec le blanc d’œuf, y jettant eh
même tea^-hwk-<â©phtte^kwés' : 8ré®3ufe-
fés dans le vin blanc, & une pincée de-
Ul'mm eonvaÜ'mm ou de tilleul, auxquels
©n donnera une ébullition de quelques
minutes avec le blanc d’œuf, y étei¬
gnant en-même te ms quelques morceaux
de fer roüiilés & rougis au feu. Ondiffou-
dra dans le petit-lait coulé un peu de fu»
ere roïal, & on finira par le purgatif or¬
dinaire;
P’endant l’hiver Mbnfieur fera purgé dé
hœs; en: tems % c’di-à-dire. de. mois, eu
de Keb ecin r. 205
mois , ou de mois & demi en mois &
demi, fe fervant alternativement trois
jours de la femaine, ou d’un bol fait avec
douze grains de poudre de guttete, & fix
grains de macis réduit en poudre, que
Fon incorporera avec le fyrop de capillai¬
re , pour former le bol, qu’il avalera le
matin avec une grande tafTe d’infufîon
des feuilles de mélifle par delïusj ou d’une
poudre-faite avec dix grains de fafran de.
mars apéritif préparé à la rofée du mois
de mai, & fix grains de cajfta ligne a ré¬
duite en poudre, qu’il envelopera entre
deux foupes à l’heure de fon dîner.
Le printems prochain, s’il n’elï rient
furvenu qui s’y oppofe, on aura recours
aux mêmes bouillons , à la même opiate x
& à la même préparation de petit-lait ,,
avec les précautions confeillées ci-deffus.
On doit nourrir Moniteur avec des po¬
tages à la viande ÿ du bouilli', & du rôti
le privant des ragoûts, de la pâtiflerie.des
falades , des fruits cruds, & de tous les
alimens groffiers , indigeftes > ou échauf-
£ans.
Délibéré à Montpellier ce 10. août:
1743 . fignè , Montagne,
l vj
lo j. Consultations choisies
CONSULTATION XXXVIII.
Pour une ÿerfîtme qui crache & vomit le '■
f a »g‘
O N doit rapporter la première atta- -
que de vomiflTement.de fang , &
celle que Monteur vient d’efluïer ces
'jours pâlies, à Tépaiiïiflèment#& à l’acri¬
monie de la marte du fang, &àiafoi-
blertè ou difpofition variqueufe de quel¬
ques vairtèaux fanguins répandus dans la
membrane intérieure de l’eftomac.
Quoique Tétât des liqueurs que l'on
vient d’établir ait d’abord été attaché au
tempérament. il a été extrêmement aug¬
menté par l’abus que Monfieur a fait des
boiflons ipiritueufes , mais fur-tout de
celle dix vin, & par l’habitude qu’il a
contractée de fumer du tabac. Il eft aifé
de comprendre que Teiprit de vin a rac-
corni la marte du fang , & en même tems
le fyftême des folides, pendant que le
marc ou la-partie tartareufe 'du vin s’cfl:
aigrie dans Teftomac , & a troublé l'œco-
nomié des Higertions. Les envies de vo¬
mir , les cardialgiës, & les coliques d’ef-
DE MEDECINE. iOf
fomac , qui ont toujours précédé les
deux attaques , prouvent le defordre
des digeftions, Se le raccorniftement avec
la trop grande fenfîbllité de l’eftomac.
Par l’examen qui a été fait desvifcéres
du bas - ventre on s’eft alluré qu’il y a
quelques embarras dans le foie, & que
la rate n’en eft pas exempte. Par une
fuite néceflàire la diftribution & du fan g
artériel dans le foie & la rate , & le re¬
tour du fang veineux de ces mêmes par¬
ties , ont été troublés, & les vaiftèaux de
l’eftomac trop chargés de fang, fe font
prêtés a fon aétion, & à fon volume, pour
prendre une tournure variqueufe qui les
rend propres à fe crever de tems en tems,
& ' d’autant plus que la féchereftè des fi¬
bres de l’eftomac fournit un nouvel ob-
ftacle à la circulation du fang dans ce
vifcére. Il eft certain; d’ailleurs que la fu¬
mée du tabac fournit au fang des parties
très - acrimonieufes , & que par l’abon¬
dance des crachats qu’elle détermine , la
malle du fang doit perdre le mucilage le
plus fin, & tomber dans le ddféchement.
Pour prévenir le retour de nouvelles
attaques de crachement de fang, on doit
fe propofer de rétablir l’ceconomie des
digeftions, de procurer une divif.on do a-
io 6 Consultations choisies
ce & ménagée à la malle du fang, de 1m
donner du baume & de la douceur, de la
faire rouler avec liberté , & dans l’efto-
mac , ôc dans les vifeéres voifins, & de
corriger le vice organique que Ton a droit
de foupçonner dans les vaiflTeaux fanguins
de l’eftomac. On efpére que ces indica¬
tions feront remplies par le moïen des
remèdes fuivans..
Pendant fon voïage Menfîeur ufera le
matin à jeun , 8c le foir en fe couchant *
d’une prife de l’opiate qui lui a été rernife
ici, & fe nourrira pendant te même.teins
ou de bouillons, ou de crèmes de ris an
bouillon ou à l’eau , ou de légères fou-
pes , & étant arrivé chez lui il gardera le
même régime pendant quelques jours
fe fervant de la même opiate auffi foir &
matin.
On examinera pendant ce repos s’il
convient de réitérer la faignée du bras, 8c
•dans ce cas-là on tirera deux palettes de
fang. La boiffon ordinaire du malade fera
une ptifanne faite avec la racine de grand
fymphitwm , à laquelle en ajourera fur la
■fin une pincée de rofes rouges, & autant
de halauâes.
L’opiate que Monfieur prendra durant
ce repos foir 8c matin fera compofce de
B E' M EB E C-I N I. 1 GJ
h maniéré qui fuit, 8 c on la donnera à.îa
dofe d’une dragme ou de quacre fcrupu-
les,
O PI AT £*
Prenez’ conferves de balaufles , de ro¬
des rouges , & de grandes eonfoudes , de
chacune deux dragmes - t fang dragon en?
larmes , & cachou brut, de chacun une
dragme & demie; faites fuivant Part une
opiate avec une fufBfante quantité de fy-
rop de rofes lèches- Ajoutez à la prifedU.
matin trois grains de pilules de cynoglef-
ie, & cinq à celle du loir.
Suppol'é qu’après cet intervalle il ne
furvienne rien qui s’oppole, on purgera
-Monfîeur fuivant cette formule.
P V R Gui T 1 O K.
Prenez pulpe de caflè fraîchement
mondée , mais il faut en ôter les noraux,
trois onces ; fleurs de violettes & de pê¬
cher,de chacune une piïicée ; faites bouil¬
lir dans une fuffifante quantité d’eau
pour qu’il en relie deux grands verres - y
diflolvez dans- la eolature deux onces &
demie de manne, faites une potion qui
liera partagée en deux dofes , pour être
2oS Consultations choisies
prifes .à deux heures de diftance l’une de
l’autre.
Immédiatement après Monfieür boira
pendant dix matins un bouillon fait avec
un jeune poulet, fix dragmes de grand
j fÿmphimm, les cuiffes de quatre grenouil¬
les écorchées &écrafées, deux écreviiïès
de riviere étouffées dans l’eau chaude, &
écrafées dans un mortier , & demi-poi¬
gnée de fommités d’orties. On jettera
dans le bouillon fur la fin de la coction
une pincée de balauftes.
Pendant les douze ou quinze jours
fuivans Monfieur prendra chaque matin
un bouillon fait avec un morceau de mai¬
gre ou de mou de veau , la chair, le foie,
le cœur, & le fang d’une tortue d’une
groffeur raifonnable , une dragme de ra¬
cines de tprmentilîe concaffée, & une
poignée en tout de feuilles de mille-feuil¬
le , & de fommités d’orties , réitérant la
même médecine à la fin de ces bouillons.
Pendant ces remèdes on continuera,
d’abord chaque jour, & en fui te de deux
en deux jours, ou de trois en trois, le fete
à l’heure du coucher l’opiate confeillée
çi-deffu-s , à la même dofe , & à laquelle
on ajoutera quatre ou cinq grains de pi¬
lules de cynoglofiè , ou une quinzaine de
de MEDECINE* lCÿ
gouttes de la teinture anodyne de Syde¬
nham.
On s’en tiendra pour la boififon à la pri-
fanne déjà prefcrite , fi mieux on n’aime
emploïer cette teinture.
TEINTURE .
Prenez rôles rouges une demi - once j
faites-les infufer dans deux livres d’eau
-de fontaine bouillante ; ajoutez , l’infu-
fion faite, vingt gouttes d’efprit de vi¬
triol , ou iufqu’à une agréable acidité ;
difloivez dans la colature deux onces de
fyrop violât.
Après ces remèdes on lailîèra le mala¬
de en repos pendant une quinzaine de
jours, & enfuite on le repurgera avec la
même médecine , pour lui donner pen¬
dant dix matins le premier bouillon décrit
ci-defius, dont on pourroit retrancher la
racine de Jympbitum , & les aïant terminés
par le purgatif ordinaire , Monfieur aura
recours au lait d’ânefle entier , qu’il boira
le matin , commençant par un grand
verre, & montant peu à peu jufqu’à la
quantîté'de l’écuellée. Si le lait du matin
a bien pafie pendant une dixaine de jours,
Monfieur mangera le foir à fan fouper
2ro Consultations choisies
ou du ris, ou du gruau , ou une foupe an
lait de vache , continuant de même pen¬
dant un mois & demi J ou deux mois, &
aïant recours au purgatif fuivant le be-
foin.
On aura foin d’ajouter, d’abord chaque
jour, & enfuite de deux en deux , ou de
trois en trois, à la première cuillerée
du lait cTânefTë une poudre faite avec
vingt grains de corail rouge préparé , &
dix grains de cachou brut réduit en pou¬
dre.
S’il furvenoît quelque nouvelle atta¬
que devomilîèment de fang, onînfifte-
roit fur les faignées » fur Tufage de l'o¬
piacé , & de l’une ou de l’autre des pti-
fannes ; on empioïeroit les fucs d’orties
êc de plantain , auxquels on ajouteroit
le lyrop de rofès féches avec les narcoti»
ques, & on continueront plus long-rems
le lait d’âneflè.
Les remèdes confeillés pour l’automne
pourront être réitérés le printems pro¬
chain.
Il efl: abloîument néceflaire que Mon¬
teur garde un bon régime de vivre -, qu’il
fe prive de la boilfon du vin, s’il eft poiïï*
ble, ou au moins qu’il n’en ufe que très-
peu t & qu'il foit extrêmement trempée
r> i. Mîdîci ni. . ni
Il s’abfriendra au fil de la fumée du tabac *
& s’il eft forcé de fumer , il fubftituerales
feuilles féches de tuffilage, ou les feuilles
de newn , ou les feuilles de héroïne, ou
enfin qü’il fume très - peu , & avec da
tabac du levant.Il convient qu’il fe réduife
à faire deux repas , & qu’îl fê nourrifîe
avec des potages à la viande, des crèmes
de ris au bouillon ou à l’eau, des crèmes
de gruau ou d’orge à l’eau , du bouilli &
du rôti. On peut y joindre un peu de poif-
fon frais de la meilleure efpéce de mer on
de riviere, mais cuit fur le gril, ou à la
hollandoife, c’eft-à-dire à l’eau $c au fel;
il s’abftièndra de toutes fortes de ragoûts*
de la pâtifîerie, des entremets, des fa J a¬
des, des fruits cruds , & de tous les ali—
mens groffiers, îndigeftes, ou échauffans.
Délibéré à Montpellier ce 11. août,
174j. Signé, Montagne..
212. Consultations choisïis
CONSULTATION XXXIX.
Sur Une confnJtdn dans les idées , précédée
d'engourdiffement 3 & pefanteur 3 &
de tiraillemens dans la tête.
L Es accidens dont Monfieur fut atta¬
qué il y a quelques mois , & dont
-quelques uns fubfiftent encore , peuvent
fe réduire à une confufion dans les idées
qui devança de quelques jours , àunen-
gourdiflement, une.pefariteur, & un ti¬
raillement des parties placées fur la por¬
tion droite de la tête & de la face, à des
-crampes, & à des engourdiflemens qui
.ont porté fur toute l’extrémité fupérieute
& inférieure du même côté droit , & à
une foiblefle dans ces deux extrémités,
mais plus confiderable dans l’avant-bras,
dans la main , & fur tout dans quelques-
uns des doigts.
Le Confeil juge que ces différensacci*
dens ont été produits par le caractère
vifqueux, fec j < 5 c acrimonieux de la màffe
du fang, Sc par de légers embarras qui
ont d abord paru menacer le cerveau ,
mais qui fè font fixés plus ou moins dans
DE MEDECIN!, 215
îe tiflu des tuïaux nerveux qui fournif-
fent leurs rameaux aux parties fituées du
côté droit depuis la tête jufqu’aux pieds.
L’état des liqueurs que l’on vient d’éta¬
blir eft démontré par le tempérament
de Moniteur qui, depuis quelque tems
fur-tout, eft porté à la réfléxion, & à la
mélancolie. Les bons effets qui ont fui-
vi l’ufage des eaux de Balaruc, ôc de
celles de Vais en certaines circonftances,
prouvent que les digeftions ont été dé¬
rangées antécédent!ment, ôc qu’elles ont
contribué à développer , ôc même à aug¬
menter les difpofîtions du fang attachée*
au tempérament.
Pour prévenir les fuites des accidens
qui font le fujet de cette confulta-
tion , on doit fe propofer de reétifier les
digeftions , de rendre la mafle du fang
plus fluide ôc plus coulante , d’en ré¬
tablir la douleur 6c l’on&uoftté ; de cor¬
riger les embarras que. les nerfs du côté
droit ont déjà fouffert, ôc de leur redon¬
ner le reflbrt qui leur manque. Quelques-
unes de ces indications ont été remplies
par les douches ôc les bains de Balaruc,
que MonfîeujC vient de prendre, on e£-
pére que les autres le feront dans la fuite
par le fecours des remèdes fuivans.
1,14 Consultations choisit*
Monfieur étant arrivé à Marfeille , s’y
repofera «pendant une femaine : il pourra
même durant ce tems, s’il fe trouvoic
fort échauffé, & qu’il eût le poulx plein
commencer par fe-faire tirer deux pa¬
lettes de fang 'du bras gauche, & f e
purgera le lendemain avec cette médeci¬
ne.
TV RG AT 10 N.
Prenez pulpe de tamarins une once ;
rhubarbe concaflée une dragme ; fleurs de
pêcher & de violettes , de chacune deux
pincées ; faites bouillir dans une fuffifan-
te quantité d’eau de fontaine pour qu’il
en refte une livre ; faites-y infufer deux
dr'agmes de féné mondé ; & difîolvez
dans la colature deux onces & demie de
manne de Calabre. On en fera deux prifès
qui feront ayalées le matin à deux heu¬
res de diffonce l’une de l’autre.
Immédiatement apres Monfieur boira
pendant cinq matins un apozême fait
avec une dragme de racine de pivoine
mâle concaffée, deux écreviffes de riviè¬
re étouffées dans l’eau chaude & écrafées
dans un mortier, & une poignée en tout
des feuilles de pimpinelle & de chicorée
amére. On jettera dans le pot fur la fin
SI M I B E C IN t . il$
de la codion une dixaine de cloportes
lavés & étouffés dans le vin blanc , aux¬
quels on donnera une ébullition de
quelques minutes; on dilîbudraalterna¬
tivement dans l’apozême coulé fix drag-
mes de fyrop des cinq racines, ou fit
dragœes de fyrop de ftéchas.
Pendant les cinq matins fuivans Mon-
fieor avalera le bol ci-]oint , buvant par
deflus chaque dofe une ou deux taflfes
4 mfufion des feuilles féches de citronelle
préparée à la maniéré du thé.
BOL.
Prenez poudre de guttete douze grains,
antimoine diaphorétique dix grains ; fai¬
tes un bol pour une dofe avec le fyrop de
ftéchas.
On reviendra enfuke au mêmeapozê-
me pendant cinq matins , & d’abord
après au même bol avec l’infufion de
méliflè auffi pendant cinq autres matins ,
aïant la précaution de repurger à la fin
avec la même ptifanne laxative dans deux
verres.
Ces préparations axant précédé,Mon-
iîeur boira pendant dix ou douze matins
un grand verre de petit-lait qu’on tirera
Consultations choisies
du laie de chevre caillé avec la préfure
ordinaire, & qu’on féparera de Ton fro¬
mage en le laiflànt égoutter à travers un
linge. On le clarifiera d’abord après avec
ie blanc d’œuf, y jettant pendant cette
clarification huit cloportes lavés & étouf¬
fés dans le vin blanc , & une pincée de'
fotnmités féches de petit chêne, ou ger-
mandrée, que l’on fera légèrement bouil¬
lir durant quelques minutes avec le blanc
d’œuf , y éteignant en même tems une
couple de clous rouilles 8c rougis au feu.
On dilîoudra dans le petit-lait coulé un
peu de fucre roïal, & on finira par le
même purgatif.
Pendant l’hiver Monfieur ufera deux
ou trois fois la femaine alternativement - t ?
ou d’un bol fait avec quinze grains de pou¬
dre de guttece , & quelques gouttes de
fyrop de capillaire qu’il prendra le matin à
jeun avec une grande rafle d’infufion de
méliflèpardeflus, ou d’une poudre faite
avec huit grains de fafran de mars apéri¬
tif préparé à la rofée du mois de mai, &
fix grains de cafcarilîe en poudre , qu’on
envelopera dan? la première cuillerée de
foupe à l’heure du dîner , fè purgeant au
milieu & à la fin de l’hiver avec la même
médecine.
L®
DE MEDECINE. 217
Le printems prochain on faignera Mou-
fleur du bras ou du pied gauche , & on le
purgera pour réitérer les apozêmes, le
bol . & enfuite le pecit-lait dans le même
ordre, & avec les mêmes circonflances-
prefërites pour le premier ufage de ces
remèdes, aïa-nt foin pour lors de donner
avis de fon état, afin que l’on puifle dé»
rerminer s’il doit revenir à Balaruc.
Monfieur doit obferver un bon régime
de vivre , & fie nourir avec des potages
à la viande , du bouilli, & du rôti, lou¬
pant très - frugalement & de bonne
heure 0 & s’abftenant des ragoûts 3 des
falades , des fruits cruds, & de tous les
alimens venteux, groffiers , indigeftes, ou
échauffans. Il eft abfolument néceffâire
qu’il fe dilïïpe par la promenade à pied
ou achevai pendant les beaux jours, par
la fréquentation des fpe&acles , des con¬
certs , & des aflèmbiées , où îl pourra
s’amufer gracieufement } & crôifer le
penchant qu’il a à fe trouver feul, & à
réfléchir fur fes incommodités. -
Délibéré à Montpellier , ce 4 odobre
ï.743., M o N T a G N e.
K '
Tome V.
xiS Consultations choisies
CONSULTATION XL.
Sur une foiblejf-c générale , avec étourdi]fe~
mens 9 langueur & lajfimdes univerfelles,
L Es accidens qui inquiètent a&uelle-
ment Monteur peuvent fe réduire,
fui vaut le détail qu’il en a fait lui-même,
à une foibleiTe générale , mais fur-tout
dans les - extrémités inférieures , à un
étourdiflement qu’il fent dans .la tête,
accompagné d’une difficulté de marcher
avec fermeté , de lire ôc même d’écrire,
à une langueur & une laffitude dont au¬
cune partie dé fon corps n’eft exempte,
ôc à des éblouifiemeiis véritablement trés¬
ors- _
Ces accidens au refte avoient ete pré¬
cédés par des èbranlemens ou des-mou-
yemens convulfifs qui n’arrivoient que
dans la nuit, & à l’approche du fommeil,
& qui finiffbient par un étourdiiîement
considérable , par des embarras dans la
tête , des crampes & une diminution du
fentiment j & enfin par quelques défail¬
lances ou cardialgies, auxquelles des re-
DE MEDECINE. llj
médes pouvoient avoir donne Heu. Tous
ces fymptomes fe font développés de¬
puis le mois d’avril de l’année 1742 ,
& ont foufFert beaucoup de variations
jufqu’au retour du malade dans fon
pais natal. Il s’eft d’ailleurs joint à ces
circonftances des, inquiétudes , des idées ;
triftes & défagréables fur les évenemens
de ces incommodités 8c un fond de mé¬
lancolie qui n’a pas laide de contribuer
à rendre la maladie plus opiniâtre , 8c à
la caraéterifer parfaitement. Ain fi on
doit la regarder comme une afreétion,
vaporeufe 8c mélancholique, & comme
la production d’un fang fel épais & acri¬
monieux , & en même tems de la ten-f
fion fpâfmodique de tout le genre ner¬
veux.
L’écat des liqueurs que l’on vient d’é¬
tablir avoir été annoncé depuis long-
tems par le tempérament inquiet, bouil¬
lant, 8c mélancholique de Monfieur.maîs
il a été extrêmément augmenté par la
contention & les fatigues d’efprit aux¬
quelles il s’eft livré fans ménagement,
par fon féjour dans des climats chauds ,
par les remèdes deftëchans dont il a fait
ufage, & par les évacuations de la peau
trop abondantes qui l’ont fuivi & qui ont
Zi .& Consultations choisies
été renforcées par les chaleurs du 'di¬
luât.
Pour obfervér les réglés de la bonne
pratique dans le traitement des acci-
dens qui font le fujet de cette ConfuL
ration , on doit fe propofer de rectifier
les digeftions j de divifer la ma (Te du
fang fans l’incendier , de lui fournir une
abondante détrempe , d’en rétablir la
douceur & l’onéhiofité, & de redonner
au genre nerveux par ces difFérens fecours
la foupleflè qui lui manque.. On fe flatte
que ces indications feront remplies pat
le moyen des remèdes fuivans.
On commencera par purger Monfieur
avec cette-médecine.
FVRGATIOjtf,
Prenez pulpe de tamarins une once f
rhubarbe concaflee une dragme, fleurs de
violettes & de pêcher de chacunes deux
pincées j faites bouillir dans une fuf&*
faute quantité d’eau de fontaine ; infu-
fez dans une livre de cette liqueur deux
dragmes de follicules de féné,& diflol-
ve? dans la colature deux onces & de¬
mie de manne de Calabre 3 pour faire
une potion en deux dofes qui feront prit
î> E MEDECIN*. Ht
fé$ le matin à deux heures de diftance
Tune de l'autre.
Immédiatement après Monfîeür boira
pendant dix matins un bouillon fait avec
un morceau de maigre de veau , ou un
Jeune poulet, une dragme & demie dé
racine de pivoine mâle concafiee , deux
écreviffes de riviere étouffées dans l'eau
chaude & écrafées dans un mortier , &
une poignée en tout des feuilles de cref-
fon de fontaine & de chicorée amere.
On jettera dans le pot fur la fin de la
coétion dix ou douze cloportes lavés Sê
étouffés dans le vin blanc.
Pendant les douze matins fûivans
Monfieur prendra le bol ci-joint, avalant
par-deffus chaque dofe une ou deux tuf-
fes d'infufion de feuilles feiches de citro-
îielle , préparée à la maniéré du thé #
réitérant la même médecine à la fin. -
B 0 h .
Prenez poudre de guttete douze
grains ; fuccin blanc pulvérifé dix grains ;
caflia lignea auffi en poudre fix grains,
cinnabre d’antimoine deux grains. Faites
un bol pour une prife avec le fyrop de
pivoine.
K iij
îzz Consultations choisies
Monfîeur boira enfuite pendant tra-
mois ou environ chaque matin le lait da-
neffè entier , commençant par un grand
verre , & montant peu à peu jufqu’à
la quantité de l’écuellée. On ajoutera de
deux en deux jours à la première cuil¬
lerée de ce lait une poudre faite avec .
quinze grains de corail rouge préparé ,
ôc dix grains de cachou brut réduit en
poudre , terminant ces remèdes par le
même purgatif.
Monteur pafîera fou hiver en ufanc
trois fois la femaine alternativement, ou
d’un bol fait avec quinze grains de pou¬
dre de guttete , & quelques gouttes de
fyrop de capillaire, quil prendra le ma-'
tin, & par defïlis lequel il avalera une ou
deux tallès d’infufîon de citronelle, ou du
fafran de mars apéritif préparé à la rofée
du mois de mai, à la dofe de fept ou
huit grains, dont il fe fervira à l'heure,
du dîner enveloppé entre deux foupes.
Le printemps prochain , Monfîeur re¬
viendra aux mêmes bouillons, au même
bol avec l’infufîon de méîifîè, & au mê¬
me lait d’ânefîe, qu’il continuera même
pendant une couple de mois, s’il patfe
bien, obfervant les précautions déjà con-
feillées pour le premier ufage de ces re¬
mèdes.
C E MEDECIN E. 21$
On ne juge pas convenable de confeil-
ler une plus longue fuite de remèdes fans
avoir été informé de l’effet de ceux que
l’on vient de propoler.
Il eft abfolumentnéceffaire que Mon¬
teur garde ua régime de vivre fimple
& qu’il fe nourriffe avec des potages à
la viande , des crèmes de ris au bouillon
ou à l’eau , du bouilli & du rôti, y ajou¬
tant même de tems en tems un peu de
poiffon frais de la meilleure efpéce , mais
cuit fur le gris ou à la Hollandoife. Il fe
ménagera beaucoup fur les écritures ,
& fur toutes les occupations accompa¬
gnées de contention d’efprit \ s’abftien-
dra des ragoûts des falades, des fruits
cruds, der légumes , & de tous les ali -
mens venteux , groffiers, indigeftes, ou
échauffàns. Il fe diffipera par la prome¬
nade à pied ou achevai, par la fréquen¬
tation du fpeétacle, ôc des peribnnes*qui
peuvent lui fournir une fociété gracieu-
fe, & par tous les amufemens propres à
le diftraire des attentions qu’il ne peut
que difficilement refufer à fes incommo¬
dités.
Délibéré à Montpellier le ai.novem¬
bre 1743./^ j Mo N T A G N E.
il \ Consultations choisies
CONSULTATION XLI.
Suif un ulcère carcinomateux a la lèvre
inférieure .
L 'Ulcère malin & carcinomateux qui
attaque la lèvre inférieure du côté
gauche , & qui avoir été annoncé depuis
plufieurs années par une croûte fixée au
même endroit dans l’hiver pour fe ter¬
miner au printems, doit être rapporté à
Ta&ion rongeante des Tues lymphatiques
& fanguins extravafés dans la partie affli¬
gée 3 & qui ont été miser» jeu par les dif-
férens corrofifs emploies pour le traite-
. ni eut. -
Dans le Mémoire qui nous a été ternis
on ne-fait aucune mention, de l’âge , du
tempérament, ni de la maniéré de vivre
de Moniteur 5 on paflfe auffi fous filence
les maladies héréditaires qui auroient pu
Se trouver dans fa famille , & pafler jufi-
qu a lui , 5c enfin les maladies acquifes
qui pourroient avoir laiflé des, impref-
fions dans la mafiè de fon fang. On va
tabler fur ce que l’on a trouvé à propos
de nous apprendre a & en tirer les con-
DE Me REC I NE. 22f
ffquences convenables pour parvenir à
un traitement méthodique..
Ne connoiflant pointavec précifîon les
circonftances qui ont donné lieu aux
premiers eommeneemens de l’ulcère ma¬
lin , on juge par fon opiniâtreté & fes
progrès que quelque glande lymphatique
de la portion gauche de la lèvre inférieu¬
re a été obftruée, & a pris la tournure
du feirre par lamas & le féjour d’une
lymphe grofîiere & acrimonieufe , & que
dans la fuite il self fait une exttavafa-
tion de la-portion rouge du fang autour de
la tumeur, 8 c par une fuite néceflàireune
fuppurat-ion qui a ©ccafionné un ulcère ^
crouteux d’abord, & devenu malin par
l'application des cauftiques.
La conftitution épaifle & acrimonieufe
de la portion lymphatique enfuppofe une
femblable qui eft répandue dans toutes
les parties intégrantes du fang,* & qui eft
démontrée par l’état caleuleux du mala-
lade développé depuis quelque tems.
Pour tirer tout le parti pofïible de la
fkuation préfente de Monfieur on dok
fe propofer de re&ifier fes digeftiens, de
rendre la mane du fang & plus fluide èc
plus coulante , d’en corriger l’acrimonie
quiaprisle defïus d’adoucir îecaradé-
u .6 Consultations choisies
re rongeant des fucs que fournit l’ulcere,
& de le conduire à une heureufe cicatrice,
ou pour le moins d’en rendre les progrès
& moins prompts > & plus fupportables„
On efpére que ces indications feront
remplies par le moten des remèdes fui-
vans.
Suppofé que le poulx de. Moniteur
foie vif, ou qu’il y ait des marques d’a¬
bondance de fang » on commencera par
une faignée du bras, dans laquelle on ti¬
rera deux palettes de fang, pour purger
d’abord après avec cette médecine.
PURGATION.
Prenez une once de pulpe de tamarins*
pulpe de caflè récemment extraite & non
mondée de fes noïàux deux onces ; fel
d’Epfom quatre ferupules -, faites bouillir
dans une féffifanre quantité d’eau de fon>
taine ; puis dilïolvez dans huit onces de
colature une once & demie de manne de
Calabre , 6c une once de fyrop de rofes
ferlutif -, faites une potion qui fera prife le
matin avec régime.
Immédiatement ap.rès Moniteur boira
pendant dix matins un bouillon fait avec
un jeune poulet, ou un morceaii de mai-
de Médecine» 2.17
gre de veau -, une dragme de racine de
lquine coupée par tranches , deux écre-
vifies de riviere étouffées dans l’eau chau»
de, & écrafées dans un mortier , 8c une
petite poignée de feuilles de chicorée
amére. On jettera dans le pot fur la fin
de la co&ion une bonne pincée de fleurs
de violettes, réitérant la même médecine
à la fin.
Pendant les douze matins fuivans Mon¬
iteur prendra une écuellée de petit - laie
qu’on tirera du lait de vache caillé le foir
avec la préfure ordinaire , 8c qu’on fépa-
rerà de fon fromage pendant la nuit, en
le laiflaut égoutter à travers un linge, 8c
le clarifiant le matin avec le blanc d’œuf.
On y jettera pendant cette clarification
une pincée de fommités féches 8c fleuries
d’hypéricum, auxquelles on donnera une
ébullition de quelques minutes avec le
blanc d’œuf. On dilfoudra dans le petit-
lait coulé un peu de fucreroïal, 8c on
finira par le purgatif.
Le petit-lait aïant bien pafle , on aura
recours au lait d’ânefle entier, que Mon-
fieur boira le matin , commençant par
un grand verre , 8c montant peu à pen
jufqu’à la quantité de i’écuellée. On ajou¬
tera de deux en deux jours à la premiers
Kvj
n 3 Consultations choisit?
cuillerée de ce laie quinze grains d’anti¬
moine diaphonique, dix grains de ca¬
chou brut réduit en poudre, &fix grains
de macis aufïï- réduit en poudre-, qu-’on
mêlera enfemble.. Après avoir continué
ce lait pendant un mois ou cinq femaines-.
en emploiera le même purgatif. La faifon
ne permet pas de propofer ni les- demi-
bains. , ni les bains domeftiques.
- On aura foin durant le cours de ce?
remèdes-de panier 1-ulcére., on avec le
beurre frais , ou-avec le miel blanc & le
plu?doux, ou.l’huile d’œuf feule y dont
on chargera un petit plumaceau, fi mieux
on n’aime mêler ou-avec le beurre on
avec le miel lia poudre de grenouille verte,
ou celle des ccreviffès- de - riviere fèchées--
au four, ou bien la tuthie préparée félon¬
ies régies-de l’art., ie forvant de l’un de
ces mélanges pour en garnit de petits plu—
mâceaux.
.On lavera de tems en rems Tulcére ou
avec l’eau- de morelle diftillée * ou avec-
une décoction d’orge & de rôles rouges ,
à-laquelle on ajoutera le miel blanc. On
bannira toutes- fortes de lavages ou les
remèdes rongea ns feroient mêlés, & on
aura la même précaution pour les appli¬
cations. de quelque, remède cauftique
» E MEDECINE. 22 9?
eu rongeant qu’on puiflfe propofor^
Ces préparations aïant précédé eu
examinera les changemens fur venus
dans f ulcère , & letar ou le malade fo
trouvera, & , fuppofé d’ailleurs que la
rigueur de la faifon ne foit pas un obfta-
cle , on prendroit le parti de l’opération
avec le fer „ c’eft-àdire avec les cifeaux-
courbes pour emporter tout ce qura reçu;
des impreflîons de dureté autour de l’ul-
cére ; mais- fi la rigueur de la faifon ne
permet point d’enveni’r- à cette opération-*,
on continuera les mêmes 'remèdes inté¬
rieurs , & les mêmes panfemens jufqu’ai$
beau tems, & l’on exécuteroit pour-lors'
ce qui auroit été différé, par rapport à la
manœuvre du fer.
Il efe bon d’obférver „ foit qu’on fe
détermine dans le cours de l’hiver , foit
qu’on renvoie jufqu-au ptintems. l’opéra¬
tion , fi la mâchoire eft exemte d’altéra¬
tions , cjeft-à-dire de gonflement ou de
carie fî lesmufcles deftinés au jeu.de la
portion gauche de la lèvre inférieure font
libres, & s’il efi: pofiïble d’emporter tou¬
tes les callofités ou racines. Si les chofes
étoient dans une dîfpofition contraire oh
fe contenter oit de la cure palliative, &c
on s’abftiendroit de l’ufage du fer, & de
2$o Consultations choisies
tous les rougeans en même tems.
-Suppoféque l’on en vînt à l’opération,,
on choihroit un Chirurgien expérimenté,
& on panferoit là plaie fuivant les ré¬
gies de la bonne chirurgie , joignant le
régime de vivre convenable en pareil cas,
& qui! eft inutile de propofer ici.
Si dans la fuite l’uleére devenoît dou¬
loureux, on aurait recours aux caïmans,
c’eft-à-dire à la teinture anodyne de Sy¬
denham, & au laudanum en extrait, pour
calmer les douleurs & procurer de bon¬
nes nuits.
Durant letems des remèdes confeillés
cbdedus Moniteur doit fe nourrir avec
des potages à la viande , du bouilli & du
rôti, & s’abftenir de tous les alimens de
haut goût , & \le tous ceux qui font
eruds , indigeftes , ou ineendians. Les
boilîons fpiritueufes & le vin font très-
contraires au malade - y ainfi il aura foin
de s’en priver abfolument.
Délibéré à Montpellier ce 25. Novem¬
bre , M o N T A G N E.
Nota. Foiez, enfuke la Confultation 45.
D E M E BE C I N F» 2$Z
CONSULTATION XLII.
Sur dis taupes qui ont paru endiffèreüs en-
droits dsi corps.
L Es différentes loupes qui ont para
depuis quelque tems dans plufieurs
parties du corps de Moufîeur ont été pro¬
duites dans leur commencement, êc font
a&ueîîement entretenues,, par la congef-
tîon & le féjour d’une lymphe féche ,
épaiffe, 8c acrimonieufe, dans les glandes
eonglobées affectées de ces fortes de tu¬
meurs. Comme il y a beaucoup de glan¬
des de la même efpéce qui font libres 8c
exemptes de pareils engorgemens, on a
droit de conclure que celles qui font tu*
méfiées, ont manqué de reffort & ont
foufïèrt un vice organique qui a occafion-
né le féjour de. la lymphe dans leur tiffu.
Le caractère épais 8c acrimonieux de fa
portion blanche a été néceflaîrement
communiqué aux autres parties intégran¬
tes du fang, qui pèchent pareillement par
trop deconfîftence 8c trop d’acrimonie.
On ne connolt point de difpofitions
héréditaires dans la famille de Monfieur,
ï\i Consultations choisies
on ne fçauroit non plus en foupçonner
d’acquifes qui en aient îaifle des impref-
fions fur la lymphe ; on peut feulement
aflurer que 1 état vicieux des liqueurs a
été attaché au tempérament plein d'ar¬
deur & de feu du malade , & qu’il a été
augmenté dans la fuite par quelques ex¬
cès de bouche, & des fatigues du corps
peu ménagées, comme les hémorrhoides
qui paroîflènt de tems en tems, & qui
lé dégorgent communément par un écou¬
lement de fang ne permettent d’en dou¬
ter*
Pour prévenir le progrès des loupes
déjà formées, & même la formation de
nouvelles , que Ton a lieu de craindre >
Ton doit te propofer de rectifier les di~
geftions, de procurer une dîvifion douce
8c ménagée à la lymphe 8c aux autres
parties intégrantes du fang , d’en corri¬
ger l'acrimonie qui a pris le deffùs , 8c de
ménager une libre dîftributfon de la por¬
tion lymphatique dans les glandes con-
globées où elle s’eft déjà arretée, 8c dans;
celles qui pourroîent devenir fujettes à-
de femblables engorgemens. On te‘flatte
que ces indications feront remplies par
lé fecours des remèdes fuivans.
On pourra commencer par une daignée
DI M E D I C I N F.' 1} 3
du bras, dans laquelle on tirera deux
petites palettes de fang , pour purger
le lendemain fuivant cette formule,
PVRGATIO N.
Prenez fix dragmes de tamarins j pulpe
de cafïè récemment extraite & non mon¬
dée de fes noïaux, deux onces ; rhubar¬
be concafïee unedragme; fommités d’hy-
péricon une pincée ; faites - les bouillir
dans feau de fontaine jufqu’à ce qu’il en
refte une livre ; difiolvez dans la colatu-
re deux onces & demie de manne choifie,
& faîtes une potion pour deux dofes ,
qui feront avalées le matin , laiffant deux
heures d’intervalle entre les deux.
Immédiatement après Mon fieu r pren¬
dra pendant dix matins un bouillon fait
avec un morceau de maigre de veau, ou
un jeune poulet , une dragme de racine
de fquîne coupée par tranches , deux
écreviffès de riviere étouffées dans l’eau
chaude & écrafées dans un mortier , 8c
une poignée en tout de feuilles de creflnn
de fontaine 8c de chicorée blanche. On
jettera dans te pot fur la fin de la eoéfion
une douzaine de cloportes lavés 8c
éêouffés dans le- yin blanc , & on réîté-
154 Consultations choisies
rera la même médecine à la fin.
Pendant les .quinze matins fuivans
Monfieur boira une écuellée de petit-lait
quon tirera du lait de vache caillé le foir
avec la préfure ordinaire, & quon répa¬
rera pendant la nuit de Ton fromage en
le laiiTant égoutter à travers un linge pour
le clarifier le matin avec le blanc d’œuf.
On y jettera pendant cette clarification
huit cloportes lavés & étouffés dans le
vin blanc, auxquels on donnera une
ébullitioiî de quelques minutes avec le
blanc-d’œuf, y éteignant en même tems
quelques. clous Irouillés , & rougis au
feu. On difïoudra dans le petit-lait coulé
un peu de fucre roïal, & on repurge¬
ra à la fin avec le même remède.
Monfieur pafîera fon hiver en ufant
trois fois la femaine le matin d’un bol
fait avec douze grains de cloportes en
poudre , &huit grains de fafran de mars
apéritif préparé à la rofée du mois de
mai, que l’on incorporera avec quelques
gouttes de fyrop de capillaire pour for¬
mer le bol j faifant avaler par-deffus une
couple de taffès d’infufion de feuilles fé-
ches de cîtroneîle préparée à la maniéré
du thé On pourra purger une ou deux
fois dans le cours de l’hiver avec le me-,
me remède.
de MEDECINE. 2.3 J
Le printems prochain on aura recours
aux mêmes bouillons, & au même petit-
lait , mais tiré du lait de cheyre , obfèr-
vant en tout ce qui vient d’être confeillé
ci-deflus pour le premier ufage de ces re¬
mèdes; & d’abord après Monfieur boira
pendant un mois & demi, ou même deux
mois, chaque matin une écuelîée de lait
de chevre entier, à laquelle on mêlera
chaque fois deux ou trois cuillerées de la
fécondé eau de chaux ; & , fi le lait du
matin a bien pafle pendant une dixaine de
jours, Monfieur mangera le foir à fon
louper une foupeau même lait de chevre,
réitérant la même médecine à la fin , &
même au milieu , fi on le juge néceffaire.
Durant tout le tems du lait Monfieur
avalera de deux en deux jours le foîr en
fe couchant un bol fait avec quinze grains
de cloportes en poudre , douze grains
d’antimoine diaphonique, & Huit grains
de panacée vioîette,que l’on incorporera
avec le fyrop de capillaire pour en former
une couple de pilules.
La manipulation de la panacée violette 1
efbdécrite dans Lemery. On pourra en
tout cas la faire venir ici,
Suppofô que le lait ne pàfsât pas bien ,
Monfieur prendroit pendant vingt ou
2.36 Consultations choisies
vingt-cinq matins un bouillon fait aves
un morceau de maigre de veau, la chair,
le foie , le cœur & le fang d’une tortue
de grandeur raifonnable, une dragme de
racine de falfepareille bien refendue, une
ou deux écreviffes, & une poignée de
feuilles de chicorée amére , purgeant au
commencement & à la fin de ces bouil¬
lons.
Pendant l’été Moniteur pourra boire les
eaux de Caroarezoud’Yeuzet,mais tiedes
ou dégourdies, durant une dixaine de ma*r
tins.
Suppofe que quelques - unes des tu¬
meurs deviennent douloureufes, on ap¬
pliquera par delïus un cataplafme fait
avec le pain & l’eau, ou le lait , ou bien
un cataplafme compofé avec la pulpe de
la racine d’althéa & des feuilles de Jof-
quiame , le pain & le lait. On pourroit
enfin emploïer l’emplâtre de mucilage.
On prie Monfîeur le Médecin ordinai¬
re de vouloir bien fe charger de prefcrire
le régime de vivre convenable fuivant fès
lumières.
Délibéré à Montpellier le 6. décembre
I745. figné , Montagne*
Médecin ï.
*3 7
CONSULTATION XLIIÎ.
Sur des excroijfances dans le canal de
l’uréthre.
L ’Ecoulement involontaire de l’urine
dans certains tems, fa fufpenfion ou
fiippreffion paflagere dans d’autres, & la
fortie de cette même urine qui fe fait
pour l’ordinaire, .tantôt goutte à goutte ,
tantôt en un filet très-fin, ou divifé en
deux , • malgré les efforts que' Monfieur
emploie pour uriner à plein canal, font
les effets du caradéte épais 8c acrimo¬
nieux de l’urine , & en même tems de la
trop grande fenfibilité du col de la vef-
fie, 8c de quelques embarras ou carno-
fités placées dans le canal de l’uréthre,
.L’exiftence des embarras ou catnofités
dans le canal de l’uréthre eft démontrée
par la réfiftence.qu’on â trouvée dans ce
même canal en introduifant une fonde de
plomb , & par la difficulté delà poufler
au-delà d’un certain endroit * que l’on
foupçonne dans le voifinage du bulbe ou
au-delà , par les gouttes de fang qui put
coulé à la fortie de la fonde, par les
138 Consultations choisies
maladies du canal, c’eft-à-dire les chau-
depilfes qui ont précédé , par leur mau¬
vais traitement pendant leur durée., &
par * la nécelfité où le malade fut réduit
de recourir aux o,n étions mercurielles
pour détruire les imp reliions qu’avoient
îaiflees les accidens vénériens dont il a
été attaqué autrefois.
Comme il n’elt guéres permis de faire
efperer une cure radicale dans le cas où
Monfieur fe trouve , on va prendre le
parti d’en propofer une palliative, 5 c
à la faveur de laquelle on puifle procurer
ià fortie libre & naturelle de l’urine par
le canal de l’uréthre.
Pour y parvenir on doit avoir en vue
d’abord de reétifier les digeftions , de di-
vifer avec beaucoup de ménagement 5 c
de douceur la malle du fang , d’en corri¬
ger l’acrimonie dominante , de clarifier,
d’adoucir par les mêmes fecours les uri¬
nes, de diminuer la fenfibilké du col de
la veffie , de moûler & d’élargir les en¬
droits du canal.de Turéthre rétrécis, &
de les entretenir dans l’état de dilatation
qu’on leur aura procurée. On efpére que
ces indications feront remplies par le
moïen des remèdes fuivans.
Moniteur , étant arrivé chez lui, s’y re-
de Médecine. 23^
-pofera quelques jours , & ufera pendant
cec intervalle pour boiffon d'une ptifane
faite avec la racine de nymphéa, & les fleurs
de mauve, fe faifant faigner enfuite du
bras , & tirer-deux bonnes palettes de
fang , pour fe purger le lendemain de la
-feîgnée avec une once de tamarins, la
pulpe tirée de fix onces de caflè en bâ¬
tons fans la paffer, deux pincées de fleurs
de pêcher, &: autant de celles de violet¬
tes , dont on fera une déco&ion, dans
deux grands verres de laquelle , apres
lavoir coulée, ondiflbudra deux onces ÔC
demie de manne.
Cette médecine fera partagée en deux
verres, qu’on donnera à deux heures de
diftance de l’un à l’autre.
Immédiatement après Monfieur boira
pendant dix matins un bouillon fait avec
un morceau de maigre de veau , demi-
once de femence de pavot blanc concaffée,
enfermée dans un nouer, deux écrevifles
de riviere étouffées dans l’eau chaude, ôz
écrafées dans un mortier , fi on peut en
avoir, & une poignée en tout de feuilles
de chicorée blanche & de chicorée amére.
On jettera dans le pot fur la fin de la
ccétion une pincée de fleurs de violettes,
& 011 repurgera à la fia avec la même
médecine.
tqo Consultations choisies
Pendant les dix-huit ou vingt matins
fuivans Monfieur boira du lait de vache
ainfi préparé.
LAIT .
Prenez douze onces de lait de vache,
8c autant de décoâion de racine de chien¬
dent , que vous jetterez dans un vaifiqau
propre pour expofer le mélange à un feu
très-doux , & décrêmez à melure que la
pellicule fera formée, continuant de mê¬
me jufqu’à la diminution du quart ou
environ. On diffoudra dans cette prépa¬
ration de lait après l’avoir finie un peu de
lucre roïal, & on en terminera l’ufage
par le purgatif déjà confeillé.
Ces préparations aïant précédé , Mon¬
fieur choifira un Chirurgien adroit & ex¬
périmenté dans la maniéré d’introduire
la fonde dans la veffie , afin qu’il enfei-
gne au malade lui-même la maniéré de fe
placer, de tenir la verge, & d’introduire
la fonde ou la bougie dans le canal, &
dans la veffie même , quand il fera per¬
mis d’y arriver.
On peut fe fervir de deux méthodes
pour traiter les carnofités, 8c mouler le
canal. On laifle au Chirurgien qui fera
chargé
ÏX E M ÏD ~E C l N £.- 24Î
chargé de la cure de donner la préférence
s celle qu’il aura emploïée le plus fou-
vent, ou de les tenter toutes les deux , fi.
celle qu’il aura d’abord choifie n’a pas
tout le fuccès qu’il doit attendre.
. Dans l’une de ces méthodes on fe fert
des fondes de plomb de la longueur or¬
dinaire des algalies qui foient paiîe par la
filière exa&ement , & dont l’on aitarron-
. di l’un des bouts avec une lime très-fine.
•On doit fe munir de fondes de différentes
grofleurs , & graduées ; & pour le choix
de la première que l’on doit introduire,
on fe réglera fur le filet plus ou moins
-délié ou gros del’uriae , quand le malade
pi ife. . '
On obfervera avant d’introduire la fon¬
de de faire une injedion dans le canal
-avec l’huile d’amandes douces, & de.fro-
ter la fonde avec la même huile. Axant
faifi la verge vers la racine du gland , 8c
fans gêner l’uréthre , on pouffera la fon¬
de un peu recourbée , ou même fans la
: recourber dans le commencementmais
-avec beaucoup de ménagement , jufqu’à
ce que l’on rencontre un obftacle, pour-
Jors on retire tant foie peu la fonde , on.
biaife. fur les côtés de l’obftacle , &
fans lui donner un mouvement violent,
Tome V . L
i$i Consultations choisies
mais l’abandonnant feulement à foil-
'poids , on tâchede franchir i’obftacle >
aïant foin de tenir la verge tirée , & fi
Ion elt affez heureux de-palier au-delà
de cet obûacle , on ponflela fonde en
avant avec douceur jufquà ce qu’ii
s’en préfente un autre , fur lequel on
exerce la même manœuvre. Mais fi le pre¬
mier ou le fécond soppofe à l’entrée de la
fonde, on s’arrête dans cet endroit, 8c
ou laife féjourner la fonde : pendant une
demi heure, ou une heure entière, & en-
fuite on la retire avec dextérité en diri¬
geant le bout que l’on tient ver s la ligne
blanche.
Par ce premier elïai on découvre fi le
premier obûacle eft plus ou moins avan¬
cé vers la racine de la verge ; on en fait
de même du fécond , fi on a paifé le pre¬
mier. On revient une fecouae fois à l’in-
trodudion de la fonde vingt quatre heu¬
res après avec les mêmes précautions, êc
on continue pendant fept ou huit jours
plus ou moins cette manœuvre , aïant
foin de ne pas forcer les obftacles s’ils ré-
fiftent trop , & de pouffer la fonde en
avant jufqu’à ce qu’il s’en préfente d’au¬
tres j ou enfin jufqu’à ce qu’on arrive
dans la vefîie après qu’on les a cous pafïes.
5 D S MEDECINE. I45
On change les fondes & on en prend
de differente groffeur à mefure que Ton a
fait plus dechemin dans le canal.& fur la
fin on fe détermine pour les plus greffes,
afin d’occafionner un plus grand écarte¬
ment. O11 laide féjourner les fondes dans
le canal plus long-tems à mefùre qu'on
l’y a accoutumé, pendant quatre, cinq ,
fix , & même huit heures ; on fonde
même le matin Sc le foir quand le malade
•a été difpofé à garder la fonde dans le
canal. On procure par ce fnoïen la libre
fortie de l’urine ; mais il eft bon de re¬
marquer que le canal fe rétrécit de nou¬
veau fi on ne continue pas l’ufage la fon¬
de pendant long - tems , & fi après un
certain intervalle on n eft pas exad à le.
reprendre & à le continuer ordinaire¬
ment toute la vie.
Par la fécondé méthode on fe fert d’u¬
ne bougie faite de cordes de boïaux qu’on
introduit dans le canal où Ion a injeéfcé
de l’huile, après qu’on l’a trempée dans
la même huile d’amandes douces.. On fe
mefure fur la groffeur du filet de l’urine
pour le choix de la bougie : on la pouffe
dans le canal jufqu’à l’oftacie , on le fur-
monte , & on va au-delà, s’il eft poffible,
âc fi le contraire arrive, on laifle féjour-
Lij
444 Consultations choisies '
■»er la bougie dans le canal quelle dilate
en fe gonflant, on la retire après un cer¬
tain féjour, & on obferve les mêmes ré T
.gles pour pafler les obftacles, ,& ■parvenir
à la vefîie, qu’on a proposées pour la
fonde de plomb.
On fubftitue quelquefois aux bougies
de cordes de boïaux d’autres bougies fai¬
tes avec du linge ciré , mais elles réuffif-
fent moins que les autres •: l’on peut ce- :
pendant .rouler ces mêmes linges cirés fur
les bougies dé cordes de boïaux , jk de
cette maniéré on fait des bougies compo¬
ses des deux •, & qui font très-propres
à mouler le canal. Cette fécondé métho¬
de pourroit être pratiquée dans le com¬
mencement , mais dans la fuite quand il
s’agit de continuer les traiteroens du ca¬
nal, on doit préférer les fondes de plomb
auxquelles on donne la figure des algalies,
ou fondes d’argent ordinaires, en les
courbant par un bout.
S’il furvient des accidens dans letems
qu’on fonde, c’eft-à-dire des friflons, des
mouvemens de fievre , on interrompe
l’ufage de la fonde pour quelques jours ,
& on laiflè tomber les accidens , pour le
reprendre enfuite , mais en gardant en¬
core plus de précaution pour éviter le
* £ M E D 1 C I N ?.. Ï45
ïctour de nouveaux fymptomes. De-là
on conclura qu’on ne doit pas fe preflèr ,
ni forcer l’introduâion dé la fonde, maïs
gagner du ter rein peu à peu. Il arrive
quelquefois que l’on emploie deux mois
entiers avant de parvenir à la veffie, par
rapport à la difficulté de furmonter les
obftacles , où par rapport à leur grand
nombre.
Le printems prochain Moniteur pour¬
ra avoir recours aux mêmes bouillons, Sc
à la même préparation dé lait , s’en
tenant aux précautions prefcrites ci-
deCïus. Il pourroit même tout de fuite
ufer du lait de vache entier le matin , &
en manger une foüpe le foir. Pendant'
Pété les dentf-bains domeftiques convien¬
nent parfaitement, & Moniteur en pren-
droit dix-huit ou vingt en deux fois.
On croit en avoir allez dit, parce
qu’on compte fur l’expérience de laper-
fonne qui (e chargera de !a cure.
Il eft abfolument néceflàire que Mon¬
iteur garde un bon régime de vivre pen¬
dant le tems du traitement,.évitant même
dans la fuite les courfes à chevaf les fati¬
gues de la chafle , les excès du vin, &
encore davantage l’abus du commerce
dés. femmes. Il fe nourrira tant qu’il-
Consultations choisies
pourra avec des potages à la viande, "du
bouilli & du rôti, & s’abftiendra des ra¬
goûts , des falades , des fruits cruds, &
d'é tous les âiimens falés , épicés, grof.
fiers, indigeftes, ou échauffons.
Délibéré à Montpellier leaj décembre
174 3 • Signé * Mo N T A G N E.
Consultation xliv.
Gonfîrmen't iïejlemae , parejfe du ventre^ pg>
fanteur & chaleur au fon dement > hêmor-
rhdtdes , fupprejfton des règles*
O N ne dit pas dans le Mémoire quel
eft l’âge de k malade, ni Ton tem¬
pérament , ni fa maniéré de vivreni fi
elle a fait beaucoup d’enfàns, & fi elle
les a tous nourris ou en partie. On va
s’en tenir à ce qu’011 a trouvé à propos de
marquer.
Il paroît par le Mémoire que la mala¬
de fent fon eftomac extrêmement gonflé
après avoir mangé , fur-tout fl la quan¬
tité des alimens eft un peu conftdérable >
qu’elle a une difficulté d’aller du ventre >
■avec une pefanteur & un feu au fonde-
bî Médecin e. 247
ment 5 que les hémorrhoïdes y font or¬
dinairement pour quelque chofe., & qu’el¬
le fent un battement a une artère qui
paroît répondre aux reins , de qu’il elt
plus naturel dé regarder comme la mé-
fentérique fupérieure. A ces circonftanees
s’eft jointe une fuppreffion des mors.
On doit rapporter tous ces accidens à
l’épaiffiffement, à la féchereffe, de à l’acri¬
monie de la malle du fang, & à quelques
légers embarras dans le couloir utérin.
La mauvaife difpofition des liqueurs eft
d’ailleurs entretenue par le defordre des
digeftions.qui a été démontré auparavant
par le flux dyfentérique, de qui l’eft encore
-aduellement par le gonflement de l’efto-
mac , ou les vents qui l’occafîonnent.
La faifon n’effc guéres propre pour tra¬
vailler efficacement à rétablir la fanté de
la Demoifelle , en fe propofant de reéti-
fier les digeftions , de divifer avec ména¬
gement la malle du fang , d’en corriger
l’acrimonie furabondante, de de redon¬
ner au couloir utérin la liberté de fes
Confions. On efpére que cesindications
feront remplies par le moïen des remè¬
des qu’on va confeiller& dont l’exécu¬
tion fera renvoïée pour la plus grande
partie jufqu’au printems.
2 4y Consultations ciîotsiîs
On pourra toujours commencer pat
une faignée - de deux palettes de fang
qu’on tirera du pied, purgeant deux jours
après avec cette médecine.
TV RG-AT 10 N.
Prenez: fix dragmes de tamarins , rlîu^
barbe côncaflfée une dragme, fommités
d’hypericon une pincée, Faites bouillir le
tout dans l’eau de fontaine , & diffolvez
dans huit onces de eolature- deux onces
de manne, & une once de fyrop- de rofes
pâles. Faites une potion qui fera prife le
matin- avec le régime accoutumé.
Pendant les dix matins fuivans Made-=
moifelle boira un bouillon . fait avec un
■morceau de collet de mouton ou de mai¬
gre- de veau , deux fcrupuîes de racine
d’énula campana concafïée, deux écrevif-
fes de riviere étouffées dans l’eau chaude
& écrafées dans un mortier, fi on peut
en avoir ,, 8c c une poignée en tout des.
feuilles de crcflbn de fontaine 8c de chit
corée amère. On jettera dans le poc fur
l'a fin de la co&ion douze ou quinze clo¬
portes lavés & étouffes dans le vin blancy
réitérant la même; médecine après la di¬
zaine..
JïE MEDECINE. 249
Pendant le refte de l'hiver Mademoi¬
selle ufera trois fois la femaine dans la
première cueillerée de foupe à l’heure de
ion dîner du fafran de mars apéritif pré¬
paré à la rofée du mois de mai à la dofe
de huit grains.
Le printems prochain elle fera reflài-
gnée du pied, prendra pendant dix ma¬
tins les bouillons déjà confeillés ci-deffùs,
8 c qui feront précédés & fuivis du purga¬
tif , pour ufer d’abord après pendant
neuf matins de l’opiate ci-jointe , avalant
par-de(Tus chaque dofeuue ou deux taffès
d’înfufion de feuilles dé citronelle préparée
à.la maniéré du thé , 8 c aïant recours a«p
même purgatif après la neuvaine»
O PI A TE.
Prenez confervede fcynorrhodon trois ;
dragmes, antimoine diaphorétique, &c
tartre martial foluble, de chacun deux
dragmes , conferve d’énula campanainîe
dragme 8 c demie, cloportes préparés , 8 c
extrait de rhubarbe, de chacun une drag-
me ; faites avec le fyrop de capillaires
une opiate qui fera partagée en. neuf pri=~
les égales.
Pendant les douze matins faivans Mar -
L Y
CoN'SUXTATIO'NS' CHOrSIES
demoifelle prendra un grand verre oœ
«une écuellée médiocre de petit-lait quoi*
tirera du lait de vache caillé avec la pré—
-fure ordinaire & qu’on fëpareradè fou
fromage en lé laiffanr égoutter pendant
la nuit à. travers un lïnge , le clarifiant le
•matin avec le blanc d’œuf on y. jettera
•pendant cette clarification huit cloportes;
,lavés & étouffés dans le vin blanc ,.ôc une
•pincée de fom mités féches & fleuries de
petit-chêne , auxquelles- on donnera une
rebullitioii de quelques minutes avec le-
petit-lait , y éteignant en même te ms
quelques morceaux de fer rouillés & rou¬
gis au feu x 8 c finiflant par le purgatif.
Dès que la faifon le permettra , Made-
moifelle prendra pendant huit ou neuf
matins le de mi-bain domefiique tic de, où
elle demeurera une heure chaque fois ,,
prenant à la. fortie une ou deux taîTes
d’infeflon de feuilles féches de citronelle.
S’étant repofée une douzaine de jours,.
:§£ fe trouvant bien des demi-bains ,, elle-
Jes; reprendra une fécondé neuvaine avec
l’infufion de mélifle, & fe repurgera à la
fin.
Dans le mois d’août prochain on pour-
roi t tenter les eaux, d’Âmphion , éc les
laite boire pendant une dixaina de ma--
I> E M E B ï C' r 1 T Ê. 2JÎ
tins, mais tiédes ou dégourdies. On difl
foudroie le premier jour de la boiflbn
dans le premier verre deux onces , ou
deux onces & demie, de manne ; on en
feroit de même le dernier jour dans le
dernier verre ; mais avant de commencer
ee remède il faut bien s’alîurer en quoi
eonfifte le battement de î’artére-dont on
parle dans le Mémoire , parce que s'il f
avoir quelque chofe d’anévrifmal dans ce
battement , on rilqueroit en emploïanc
les eaux.
On ne dit rien fur le régime Je vivre,
parce quon compte que Monfieur 1 %
preferit en détail avec les autres remèdes.
Délibéré à Montpellier le 15, janvier
1744. Jîgné y Montagne.
CONSULTATION XLY.
four le même malade y & la même maladie
pour lefqueli efl la Confultation 4Z.
L E Confeif raffemblé a lu avec beau¬
coup d’attention le fécond Mémoire
qui a-été envoie, & où l’on fait mention
d u tempérament & de l’âge du malade
Uvj.
îj2 . Consultations choisies
fans développer pourtant s’il y a eu dàn&
la. famille du côté paternel ou maternel;
des maladies qu’on puiflfe regarder com¬
me aïant du rapport*, à-celle dont il eft
actuellement queftion. On n’a point dé
confidence fur des malàdies fecrettes , ou
bien.ou mal traitées. Ainfi on laide tom¬
ber cette idée * qui d’ailleurs ne pourroit
être d’aucun fecours dans le progrès deS
accidens, attendu que le remède fpécifi-
que a accoutumé de les rendre plus fa¬
rouches. .. / ;
On n’a rien à ajouter à ce qui a été dit:,
fur le caradiere carcinomateux' de l’ulcéré
pour lequel on demande confeil -, le dé¬
veloppement des eaufes paro'it fuffifant,
& les indications fe propofent .ies. mêmes
à remplir. - ■ : ‘ - '
On donne aurefte dans le fécond Mé- •
moire à la tumeur çarcinomateufe la-
grofteur égale à celle d’un œuf de poule ,,
& on allure qu’il fe trouve vers le fond :
de l’ulcére une matière noirâtre qui . rou¬
ge , & quia produit une cavité, ou l’on;
pourroit placer une fève : on avance mê¬
me que: la tumeur eft véritablement mou?
vante.
; . : Ggs faits étant une fois établis \ éeft?
âUXvpetfonnes’ qui verront deiprès femâ.-
ti t. M'e d-eci n e; zy$:
ladë à décider r°. fi l’on peut entrepren¬
dre une cure radicale. Pour cela on doit:
S'âlîurer fi Pos de la mâchoire eft gonflé
& altéré* fi le période eft firftr ouau con¬
traire, & fi les-parties qu’il faut abfolu-
menr emporter n ont pas jette des racines-,
ou des calîofités qui fuppoferoientun dé-
Mbrement extraordinâire , fi Pon retran-
choit tout ce qui eft altéré, x®. On doit"
examiner avec beaucoup depfécifîon fi ïe
grand froid de l’hiver, ne fera pas un ob-
ftacle àPépératioiï prompte que la mala¬
die fembîeroif demander, & qui a befcin
de quelques préparations préliminaires-, „
pour que le. fangfoprnifle à la plaie qui '
Suivra Pcpération le baume- nécefTaire :
pour parvenir feune heureufe'cicatrice.
Suppofé que Pon juge l’a tumeur en état
de fouffrir l'opération , ou après quel¬
ques préparations feulement, ou dès que
la belle faifon fera arrivée , on. commen¬
cera d’abord par faigner Moniteur j on fe
purgera enfuite avec la médecine confeil-
îëe dans l’autre Confu! ration-, pour lui
donner les mêmes bouillons auxquels on
pourra ajouter les feuilles de creiTon de
fontaine, & dabord après la même pré¬
paration de périt-lait, cbfervarst en tout
ce qui eft détaillé dans l’autre Confidt»-.
don..
ïfl Consultations choisies
Ces remèdes étant finis, fi le froid étoît
extrême , on feroit prendre le matin le
lait d’ânefle entier , le continuant un
mois ou cinq femaiïies avec la poudre,
prefcrite ; on donneroit même le foir
à l’heure du fouper une foupe . ou du
ris, ou un gruau, au lait de vache , ter¬
minant ces remèdes parle purgatif.
Pendant ce tems-là on panferoit 1 ’uf-
eére avec les remèdes les plus (impies,,
e’eit-à-dire avec l’huile d’œuf, le beurre
frais, ou le miel blanc, ou même avec
l’onguent de grenouilles, fi on en avoir de
frais.
On ne négligeroit pas les lavages faits-
avec la décoétion d’orge , des feuilles de
plantain , Sc de grande joubarbe , & les
rofès rouges , difiblvaut dans lacolature
mn peu de miel blanc.
Enfin fi après de mures & faines réfle¬
xions on juge l'opération praticable , on .
la fera , s’étant auparavant adreflëàuu-
Chirurgien habile & expérimenté , &
qui n’entreprenne rien contre les régies,
que l’on vient de lui propofer.
L’operation étant exécutée , c’eft au
Médecin Si au Chirurgien qui verront
..journellement le malade à régler le régi¬
me de vivre ,, Si à-choifirles. remèdes les»
B E MEDECINE.
plus appropriés pour le panfement mé¬
thodique de la plaie , & pour corriger les
accidens qui pourront fe préfenter dans la
durée de la cure..
L'on juge que les caïmans , e’eft à-dire:
le fyrop de pavot blanc , mêlée à ladofe
de cinq à fîx dragmes ou avec une émul-
fion ordinaire-, ou avec"quelques cuillerées
d’eau de fleurs de nymphéa ., doivent être
emplo'fés tous les foïrs , pendant le tems
des préparations , & pendant celui du.
panfement. On pourroit même renforcer
Faéfcion du fyrop de pavot blanc en y*
ajoutant les gouttes anodynes de Syden¬
ham , commençant par fept ou huit, Sc
augmentant dans la fuite à peu-prcs avec
lia même gradation jufquau point de cal¬
mer.,
Suppofé qu’on fe détermine à la cure
palliative, ou qu après avoir tenté la ra¬
dicale il fe fît de nouvelles végétations,oiï
pourra recourir au baume des aiguilles
ou d’acier -, à l’onguent de grenouilles ,,
àdes nmrïtum faits avec les fucs de morel-
fcou de plantain, l’huile d’amandes dout¬
ées , les préparations de plomb, comme
h-minium y la litharge, la poudre de gre¬
nouilles: vertes , & celle des écrevifles-
féchées au four 5 ou bien des mélanges de
%f 0 '- Consultations choisies
©es poudres avec l’huile d’œuf, le mie! 1
blanc , l’onguent de grenouilles, &c. lés
rouelles de veau peuvent être appliquées
fur la plaie,auffi-bien que la crème.de lait,
©u le fromage frais.-
On recommande beaucoup la mumie
minérale , ou un amalgame fait avec une
partie de bon mercure crud & deux pat¬
ries de plomb , aïant la précaution de
calciner le mélange jufqu’à ce qu'il ait:
pris- la couleur jaunâtre foncée.. Cette
poudre peut être, mêlée avec l’huile-
d’œuf, &c.
On paffe fous fîlence le régime de vi¬
vre , parce qu’on en a déjà parlé dans
î’autre Gonfultation 5. mais dans la belle
faifon on pourroit joindre aux autres re¬
mèdes la diète blanche, les demi-bains •
domeftiques, & les eaux, minérales, aci*
dules-
Délibéré à Montpellier le 20. janvier
*744.. Signé 3 Montagne
2ï 1 M î DîeiNE.
2 57
CONSULTATION XLVL
Sur une maladie vaporeufe, ou hypocon¬
driaque , accompagnée d’une foule de
Jymptomes qui ont fouvent varié.
O N; a vu avec beaucoup d’attention
rhiftoire des accidens qui ont pré¬
cédé , & qui ont accompagné 1 la maladie
de Monfieur depuis fcii commencement
jufqu’auj ou r d'hui, & l’on voit qu’ils ont.
paru fous différentes formes., qu’ils ont
été fufpendus en apparence,, ou pour faire
place à des nouveaux , en pour recom¬
mencer fous quelques modifications par¬
ticulières y & qu’enfin, après avoir réfifté.
à beaucoup de remèdes qui ont été em¬
ploies , ils n’ont point laiffé d’impreffions
fur la fanté de Monfieur qui ne lui' four-
niflent encore, des efpérances fiatteufes-
pour fon récabliflement.
Cette foule de fymptomes demandé
qu’on là traite avec quelque précifion -,
ainfi on va la réduire à ceux qui fe font
développés d’abord’ & qui ont continué
j.ufqu’àl’üfage des eaux de Sedlic, à ceux
qjàel’on-a attribué àia.boifiondeces eaux.
ijS Consultations choisies
& donc la durée a été continuée jufqu^
ce que Moniteur prît le parti de voïager,
& enfin à ceux qui fiant furvenus depuis
le voïagejufqu’à préfient, ou qui font une
extenfion des anciens, & fie foutiennenr
encore, mais avec des changemens plus
ou moins confidérables.
Les accidens de la première clafîe ont
été d’abord des indigeficions habituelles &
accompagnées de foiblefle, fur-tout vers
l’heure du midi 5 des attaques réitérées
pendant plus de trois mois d’un ténefme
très-incommode précédé par des naufées
& des bâillemens , & fuivi d’un fienti-
ment de froid très - violent, qui après-
avoir fiaifi le cœur s’étendoit fur la tête
8 c les autres parties du corps 5 avec une
foiblefifè générale , une grande difficulté
de refipirer, une néceffité abfoîue de la
part de Monfieut de garder la chambre
pendant plus de trois mois , à une im-
poffibîlité de le donner à la moindre ap¬
plication , des ferremens fuffocatoires
dans le gofier & dans la poitrine extrê¬
mement fatigan s durant la Journée êc
pendant la nuit.
La boifion des eaux de Sedîîc qui avoir
d’abord fiemblé favorable fut fiuivie d’un
embarras dans le gofier & d’une extinc-
BE Ms BS CI N S* 20
tion de voix qui ne permit pas au malade
de continuer la le&ure qu’il avoit com¬
mencée par des foiblefTes, des palpitations
de coeur , d’un point douloureux dans le
vifcére, d’un grand étourdiffèment ou
embarras de la tête, d’une froideur avec
foibiefîè plus marquée au bras gauche ,
des tiraillemens dans toutes les parties du
corps, & fur- tout dans l’épaule gauche,
5 c enfin des idées fixes 5 c continuelles de
l’incurabilité de tant de maux.
Les fymptomes de la première cia fie
avoient été précédés par quelque dou¬
leur dans l’uréthre pendant'la fortie de
Furine , qui pafioit pourtant abondam¬
ment , mais avec diminution de force.
Depuis cette époque fur - tout vers les
cinq heures du foir , elles ont été char¬
gées de petites parties blanches» ou gîaU
reufes.
Les fymptomes qui exiftoîent encore
lors du départ de Monfieur de fon pais »
& dont quelques - uns ont fait place à
d’autres, 5 c enfin ceux qui ont paru de¬
puis ce tems-là, &fe font foutenus avec
epinâtreté » peuvent être réduits , fans,
rien changer dans leur effènce, à une li¬
berté plus grande du ventre pendant le
voïage, à une dîfpofîtîon glaireufe des
iéo Consultations- choisies
excrémens , à des aigreurs qui portes!'
fur le cœur & les épaules comme autre¬
fois , à desopprefîïons de poitrine, à un
hocquet qui entraîne après lui un goût
graiflèur, à des langueurs , des palpita¬
tions de cœur „ des fécondés dànsfefto*
mac & dans tout le corps qui font trem--
bler le lit , à un froid glaçant aux. pieds ;
que la chaleur du lit ne peut corriger 3 à-
une déjection d’urine doulonreufev, êc qui
fatigue le cœur , & à- quelques autres
fymptomes moins efïèntieîs qui fe dé¬
montrent principalement dans la nuit.
Mais ces derniers femblenss avoir donné
une trêve pour ceder k, de nouveaux,
c’eft-à-dire k une grande foiblefle qui
permet à peine de parler, à unfroid par¬
fait fur la poitrine , fur le cœur & fur l’é-
paule gauche, à dès cardialgies ©u fe«
couffes dans- l’eftomac produites par des
vents & des glaires, & à des aigreurs donc
ce vifcére eft rempli. Ces aecidens ne per¬
mettent pas à Monfîeur de fouper lorf-
que les oppreffions prennent le detfus
mais il eft foulagé par ce repas lorfque
la foibleffe & la liberté de la refpiration
font de la partie.
On croit pouvoir . paflèr fous fîîence
certaines circonâances mains incérefTan--
{DE Mibecinî. 1 <i
tes ; mais on ne fçauroit fe difpenfer d’a¬
jouter que ce grand nombre de fymptomes
entraîne après lui une oonfternation & une
terreur panique , que l’on ne difringue
point dans les autres maladies. L’amour
entré de la vie , qui en eft inféparabîe ,
fournit continuellement à l’ame des idées
funeftes , comme celle d’une mort pro¬
chaine ou de l’attaque d’une maladie lon¬
gue, incommode, & qui exclut toute
efpérance de guérifon dès qu’il furvient
de nouvelles attaques , ou le moindre
changement dans les .accidens les plus or¬
dinaires.
Pour pe-u d’attention que l’on faite aux
faits que l’on vient de détailler , on con¬
clura que tant d’accidens avec leurs mo¬
difications bizarres ne permettent pas de
méconnoître la maladie dont il eft ici
queftion, êc que l’on regarde comme
une affèétion mélançbolique & hypo-
çhondriaque produite par la conftitution
lèche, épaifle , & làumurée de la mafîe
du (ang , & par la raideur ou tenfion
fpafmodique de tout le lyftême des foli-
des , mais principalement du fyftême
nerveux & membraneux.
L’état des liqueurs que i’on vient d’éta¬
blir a été annoncé dès l’âge de quatorze
ifti Consultations choisies
■ans par des fignes d’hypochondriafme ,
par la vivacité du tempérament, par une
grande fenfibilité dans la maniéré de re¬
cevoir l’impreflïon des objets , par un
penchant extrême à la réfléxion, & par
un appétit peu réglé, & que Moniteur ne
pouvoir furmonter.
La vie occupée & la contention d’ef-
prit à laquelle Monfieur fe livroit, il y a
déjà fept à huit années -, la néceffîté de
beaucoup lire & de réciter journellement
ou d’être affis d’une maniéré qui prefsât
Feftomac & la poitrine -, les grands repas
malgré Tes occupations immodérées 5 la
quantité exceffive des alimens mal choifîs
êc chargés d’affaifonnemens & de fuhftan-
ces aromatiques ont porté des impref-
Eons fur toute la malle du fang , mais
■d’une maniéré plus marquée fur la lym¬
phe, digelHve, qui, devenue fougueufe &
groffiere , a. travaillé imparfaitement
les alimens , & a augmenté la lécherelTe ,
répaiffidèment,& la faumurèdes liqueurs,
La lymphe nourricière a communiqué
ces changemens vicieux aux Iblides en
général qu’elle arrofe, ôc dont elle répare
les déperditions , & leur a retranché le
peu de foupleflè qui leur reftoit encore.
Elle a même agi plus puilTamment fur le
© t M E D E C î H Ï. 2<?£
fyftême membraneux & nerveux , |es
nerfs fympathiques fe trouvant fingulie-
rement affeétés , l’eftomac , le cœur , le
poumon , & le refte de la poitrine ; Sc
enfin le canal inteftinal avec les autres
parties auxquelles ces mêmes nerfs four-
ïiiflènt font tombés dans une roideuf
fpafmodique qui préfente des moïens
très -fimples & très - méchaniques pour
expliquer les accidens énoncés ci-deffus ,
leur durée 5 leurs retours, & leurs pério¬
des , & les variations bizarres qui s’y joi¬
gnent , fur - tout fi on fait attention ail
defordre des digeftions. Il faut pour¬
tant convenir que la difpofition de l’efpric
de Monfieur , la privation de la boinon
aqueufe à fes repas pendant quelque
îems, ôc fon inattention à modérer fon
appétit, à choifir des heures plus conve¬
nables pour fes repas, & enfin i’ufage où
il eft de fouper , même durant quelques
attaques, ne contribueront pas peu à 1 o-
pniâtreté de la maladie , & au peu de
luccès des remèdess’il ne change'fa ma¬
niéré d’agir.
Pour fuivre les régies de la bonne pra¬
tique dans le traitement des accidens pour
telquels Monfieur nous fait l’honneur de
nous demander notre avis, nous jugeons
1^4 Consultations choisies
quon doit fe propofer de mettre les fonc¬
tions de l’eftomac dans le bon ordre., d’en
diminuer la grande fenflbilité, de rendre
la maflê du fang plus fluide &c plus cou¬
lante s d’en, corriger la fàumure trop
exaltée , d’allouplir le fyftême des folides
en général , mais fur-tout le membra¬
neux & le nerveux, '& de modérer la
violence de leurs crifpations fpafmodi-
ques, fur-tout dans les parties où les nerfs
fympathiques fe diflribaerx. On efpére
que ces indications feronc remplies par
le moïen des remèdes que l’on va détail¬
ler.
La fàilbn préfente ne fçauroit permet¬
tre d'exécuter des remèdes 3 & d’ailleurs
Monfleur eft dans l’intention de quitter
ce climat , ainiî il attendra l’arrivée de
la belle faifon pour prendre des remédes ?
commençant par fe purger fuivant cette
formule. 1
fV RG ATIO N.
Prenez racines de polypode de chêne
une demi-once •, rhubarbe concaffés une
demi-dragme ; fleurs de pêcher & de vio¬
lettes , de chacunes une pincée ; faites
bouillir le tout dans l’eau de fontaine , &
diflblvez
B H MebïCINÏ. I4%
tfîfloîvez dans huit onces de colature deux;
onces de manne de Calabre. Faites une
potion qui fera prife le matin avec le ré¬
gime convenable.
Immédiatement après Moniteur boira
pendant fîx matins ce bouillon.
bov illo n.
Prenez racines de pivoine mâle con-
caflees.une dragme ; racines de nu; a cam¬
pa n a une demi - dragme ; deux écrevifles
de riviere étouffées dans l’eau chaude, 8 c
écrafées dans le mortier de marbre, feuil¬
les de creflon de fontaine une demi poi¬
gnée , fommités fleuries d'kypencum une
pincée ; faites un bouiîion avec un mor¬
ceau de veau , ou bien un jeune poulet.
- Pendant les fix matins fuivans Moniteur
ufera du bol ci-deflous décrit, avalant
par deflùs chaque dofeune ou deux rafles
d’infufîon des feuilles féches de citronei-
le préparées la maniéré du thé.
BOL.
Prenez conferve de petite abfinthe s 8 c
poudre de gutïete , de chacun douze
grains, fafran de mars apéritif préparé à
Tome F. M ’
i 6 C> Consultations choisies
la rofée du mois de mai, extrait de rhu¬
barbe a & macis pulvérifé, de chacun fix
grains ; faites avec le fyrop de pivoine
un bol pour une feule dofe. Il fera réité¬
ré chaque matin pendant fîx jours con-
fécutifs.
Suppofé que ces bouillons & l’opiate
aient pafîe fans fatiguer l’eftomac, Mon¬
iteur reprendra lun & l’autre pendant fîx
nouveaux matins , avec la précaution de.
réitérer^la médecine après les vingt-qua¬
tre jours. Mais fî au contraire après la
fixiéme prife d’opiate l’efiomac avoit
fouffert quelque dérangement , onpur-
geroit le lendemain pour revenir aux
bouillons . & à l’opiate durant le même
tems j terminant ce remède pâr une troh
fiéme médecine.
Après ces préparations Monfîeur boi¬
ra pendant neuf matins, & même douze,
s’il paflfe bien , un grand verre de petit-
lait quon tirera durait de vache ou de'
chevre caillé-,le foiravecla préfure ordi¬
naire , & quon féparera durant la nuit de
fon fromage en le laifîànt égouttera tra¬
vers un linge pour le clarifier le matin
avec le blanc d’œuf. On y jettera pendant
cette clarification une pincée des fommi¬
tés de petite abfynthg pu de petite ce%
PI M E D E C I K E. 5.67
taùrée , & huit cloportes lavés 8c étouf¬
fés dans le vin blanc,y éteignant en même
tems deux ou trois petits clous touillés 8c
rougis au feu. On diffoudra dans le petit-
lait coulé un peu de fucre roïai, 8c on
aura recours au purgatif à la fin.
On aura foin d’examiner l’effet qu’au¬
ront produit ces remèdes, & fi Monfieur
s’eft bien trouvé de chacun en particulier,
on lui redonnera pendant fix matins cha¬
cun. & le même bouillon & la même
opiate , 8c d’abord après la préparation
du petit-lait pendant dix ou douze matins,
fe fervant de la même médecine à la fin.
Mais fi quelqu’un des remèdes en parti¬
culier avoit produit des effets plus avanta¬
geux on lui donneroit la préférence fur
l’un , ou fur les deux autres enfemble.
La faifon propre pouç. emploïer les
bains étant arrivée, Monfieur ufera pen¬
dant fix matins du demi bain domeflique
tiède, où il demeurera une heure chaque
fois 5 & boira à la fortie une ou deux
tafles d’infufion de feuilles féches de ci*
tronelle ou de fleurs de tilleul préparée à
la maniéré du thé.
Après quatre ou cinq jours de repos ^
Monfieur réitérera le demi-bain pendant
Mi)
ITjS -CONSULTATIONS CHOISIES
Gx nouveaux matins, & avalera à la for-
tie ou le bouillon confeillé ci-deffûs , ou
bien la même préparation de petit-lait,
retranchant les cloportes.
Suppofé que le demi- bain réuflîffe,
après un nouvel intervalle de cinq ou fix
joursMonfieur y aura recours pendant
ilx autres matins , & enfin après une nou¬
velle trêve il y reviendra, encore pendant
£lx autres: nouveaux matins , buvant à la
fiortie alternativement ou le bouillon;, bu
le petit-lait avec la fouftradtion dont on
a déjà parlé à l’égard du petit-lait, finif-
fant par le purgatif.
Monfieur aura la bonté d’obferver que
s’il fupporte le demi-bain fans aucune in¬
commodité , il pourroit tenter le bain en¬
tier en plongeant chaque jour par degrés
une plus grande portion de la poitrine
dans beau ; & dans ce cas-là il pourroit
étendre le nombre des demi-bains ou des
bains entiers,abandonnant même le bouil¬
lon ou le petit-lait , s’il trouvoit fon
compte à continuer les bains , que l’on
regarde comme un fecours des plus elîèn-
tiels pour lui.
’ Sj pendant les chaleurs de l’été Mon¬
sieur fe trouvoit a Paris il uferoit pour
boilfon ordinaire pendant un mois & de-
n f Mebicin!. 169
mi, & rtiême deux mois, des eaux de Paf-
fi , auxquelles on fubflitueroit d’autres
eaux minérales acidulés , mais extrême¬
ment légères , qu’il pourrait fe procurer
dans nue autre ville que Paris. La bciC
fon de ces eaux à l’ordinaire n’eft point
incompatible avec l’ufage des bains, ou
des demi-bains ; mais Monfieur fe régle¬
ra toujours fur î’efl’et de ces remèdes pour
les continuer ou les abandonner.
Monfieur pourrait auffi de tems en
reins dans les autres faifons boire à fon
ordinaire une légère in fufîon de limaille
de fer rouillé dans l’eau de fonraine,ou de
î’infufion de iaboulle de mars auüi dans
l’eau de fontaine ; on auroit foin de la
retirer dès que l’eau auroit pris la cou¬
leur de la petite biere.
Pendant le cours des remèdes s’il fur-
vient des attaques, & fur-tout accom¬
pagnées de froid , on fera prendre à
Monfieur ou mie demi-dragme de théria¬
que , ou unedragme de diajcordium. On
fe fervira suffi avec fucccs du julep fui~
vant donné par cuillerées.
J'V LE P.
Prenez eau de mélilfefimple troisonces*
* M ii.j?
470 Consultations choisies
eau de fleurs d’oranges une demi - once ;
teinture de eajîorewn trente gouttes ; fy-
rop d’œillets , ou d’écorces de citron ux
dragmes ; faites unjulepqui fera pris par
cuillerées.
On peut fubflitüer à cejulep la potion
fijivante. -
POTION .
Prenez eau de bardane trois onces -,
..diffolvez - y deux ferupules de thériaque
nouvelle , fuccin préparé dix-huit grains-,
fyrop de fléchas de Fernel fix dragmes 5
faites une potion qui fera prife par cuille¬
rées. -
On croit que dans la fuite fl les remè¬
des confeiilés ci-.deflus ne réufliflbient
point, -oii pourroit avoir recours à la
liqueur anodyne minérale de Monfleur
Hoffmann.
Vers la fia d’.iout, ou le Commence¬
ment de feptembre prochain, .Monfleur
recommencera l’ufage des mêmes bouil¬
lons , du bol, & enfuite du petit-lait ,
avec les précautions déjà prefcrites, & fi
fon eftomac s’étoit bien accommodé du
petit-lait, ildîaïeroit l’uiage du lait d’â-
neife entier, ou à fon défaut celui cfe.va-
che ou de- chevre aufli entier , dont fl
DE MEDïClSli '-27Ï
àvaleroit un verre le matin , & dont on
augmenteroit la quantité par degré juf-
qu’à celle de l’écuellée^’il paffoit bien ; y
mettant chaque fois une couple de cuil¬
lerées de la fécondé eau de chaux, & le
continuant un mois & demi, &même
deux mois , s’il s’en trouvoit bien. O11
pourroit même, après une tentative fa¬
vorable de ce lait pris le matin , donner
■le foir à fouper, ou du ris, ou du gruau ,
ou une foupe au lait de vache, purgeant
à la fin avec la même médecine, & mê-
• me au milieu, fi on le jugeoit néceflàîre.
Pendant tout ce tems-là Moniteur avale-
roit trois fois la lèmaine à l’heure de fon
dîner lèpt ou huit grains de fafran de mars
apéritif préparé à la rofée du mois de
mai, enveloppé entre deux foupes.
Le Confeil juge qu’on doit éviter ton¬
tes fortes d’élixirs ou remèdes incen-
dians & agaçans ; ainfi il n’eu propofe
point de cette efpéce; dans la fuite on réi •
téreroit les remèdes confeîliés , choifif-
faut ceux qui auroient le mieux réuffi.
Il eft abfolument nécelfaire que Mon-
fieur obferve un bon régime de vivre, 8 c
qu’il fe nourrilîè à fon dîner avec des po¬
tages à la viande , du bouilli, & du rôti,
ou bien avec des crèmes de ris , de gruau
M iiij
a-7 z Consultations choisies
ou d’orge perlée faites à l’eau , auxquel¬
les on ajouteroit un peu de fucre , des
œufs frais , du poifloir frais de mer & de
riviere de la meilleure efpéce , mais cuit
fur le gril, ou bien à la hollandoife, ou au
court-bouillon, mais fans aucun affaifon-
liement piquant. Cette nourriture con-
viendroic fur-tout fi Monfieur ne pouvoir
point fupporter le lait, & on la continue-
roit plus ou moins fuivant fes effets.
Monfieur foupera très-frugalement-, fe
contentant pour ce repas ou d’un potage
à la viande ou d’une crème de ris au
bouillon ou à l’eau, avec quelque bifcuit,
ou d’un morceau de pain & d’un peu de
quelque compote& par conféquent fe
privant de la viande le foir,comme le tems
de la journée qui lui fournit le plus de
révolutions. Il s’ab(tiendra des ragoûts ,
des. entremets.,; des fàlades , des fruits
cruds , des légumes, & de tous lès alf-
mens venteux , grofïiers, indigeftes , ou
incendians. Monfieur boira très - peu de
vin , & extrêmement trempé , obfervant
qu'il foit bien dépouillé & exemt de
toute aigreur. Monfieur doit avoir des
attentions particulières à fe dittraire par
la promenade à pied ou à chèvafou dans
. une voiture commode,pai la fréquentation
DE M î. » E c r N E-
du fpe&acle , des concerts & des afiem-
fslées où il pourra profiter d’une fociété
gracieule , & par des occupations amtr-
fàntes, & qur ne rengagent à aucune
contention d’efprit ; ainfî iMè ménagera
infiniment fur l’exercice de fes fondions
ordinaires, an moins jufqnà ce que fai
fanré lui permette deles reprendre.
Délibéré à Montpellier le 2 4.janvier
1744. Signé y Montagne.
CONSULTATION XLYIL.
Sur m larmoiement des deux ieux,.
L E larmoiement qui' a paru depuis
quelques années à chaque grand
angle des deux ïeux de Monfieur
n’aïant point été précédé par aucune ttr*
meur phlegmoneufe ou lymphatique 3 ni
par aucune fuppuration prompte ou lour¬
de , & n’étant accompagné <f aucun fym*
ptome d’un ulcère ou caché oüdécouvertj,,
doit être regardé comme une fuite de
l'état variqueux ou herniaire des deux facs
nafaux , & de l’embarras de leur portion,
inférieure qui forme, les conduits lacrh*
M r
tj 4 (Tonsü'ltættons choisies
maux peur dégorger les larmes dans la
cavité des narines. L’on voit claire¬
ment que par le dérangement de chaque
fac nafal, la maueredçs larmes féjour-
ne , & fe ramallè dans ces poches mem-
braneufes & dans les canaux fupérieurs,
d’où elle remonte par le jeu fyftahîque de
ces parties, ou par la compreffion que
i’®n emploie vers l’ouverture des points
lacrimaux , & fe joint aux larmes nou¬
vellement féparées pour couler le long du
grand angle des deux ïeux & fur les deux
joues, & caufer le larmoiement.
Cette maladie a été produite par l’é-
paiffiiïèment & l’acrimonie des iai:mes J &
par conféquen? de toute la maffe du fang,.
& par une compreffion ou obhruétion
dans le bas des facs nafaux.
L’état des liqueurs que l’on vient d’é¬
tablir a d’abord été attaché au tempéra¬
ment adif & plein de vivacité de Mon-
heur 3 mais ila été extrêmement augmen¬
té par fes occupations familières, c’effià-
dire ^écriture & la ledure, par la vie ie-
dentaire & la contention d’efpric qui en
font inféparableSj par les veilles immo¬
dérées y Ôc enfin par l’intempérance des
plaifirs de-toute efpéce. On juge même
qu’un remède que Monfieur emploïa il y
DE MeDÎCI NE. 17 $
a quelque rems, & qui auroit demandé
une vie retirée, a oceafionné la fixation
de quelques lues lymphatiques , où des
larmes mêmes , dans le voifinage ou dans
le tiffiu des Tacs nalàux ou dans leur cavité
par rimprefiion de l’air froid auquel Mon¬
sieur s’expoia piufieürs fois fans ménage¬
ment. Ce qui femble démontré par l’en¬
flure cedémateufe des paupières. Tl eft
difficile , pour ne pas dire' impoffibîe ,
de s’affiurer fi le vice organique qu’on
fuppofe dans le bas des facs - nafaux 3 à.
commencé, dans le corps cellulaire , oa
les autres parties qui les environnent, oa
dans la fuhftanee même de ces poches
membraneufes y ou s’il y eft furvemi
quelqu’embarras par un fimple épaiflift
fement des larmes. '
On ne fçauroit déterminer avec certi¬
tude les'progrès que peut faire la maladie
dont eft ici queftion j l’on trouve des fu-
.jets qui en font attaqués pendant une
longue fuite d’années fans qu’il arrive
rien de fâcheux , ou dans lefqueîs la ma,
ladie tombe d’elle-même. Il s’en rencon¬
tre d’autres où elle prend une tournure
bien différente & dégénéré en une vérita¬
ble fiftule lacrimale, qui fe rend plus oa
moins compliquée fi on la néglige»
M v]
i - j .6 Consultations choisies
Pour prévenir la fuite de l’état préfeat
de Moniteur , on doit fe propofer d’en¬
tretenir les dîgeftions dans le bon ordre,
de procurer une dividondouce&ménagée
aux larmes., & au relie de la malle du
fang ; d’en corriger l’acrimonie qui a pris
le delïus ; d’emporter le vice organique
qu’on fuppofe dans ces deux faes nafaux^
& de redonner aux larmes la liberté de
leur écoulement dans, la cavité des deux
narines par les routes ordinaires.. On eC
pere. que Ces.indications feront remplies,
par le moïen des: remèdes lui van s..
Monfieur attendra. L’arrivée de la belle
üaifon, c eft-.à.-dire celle d'uprintems 5 pour
exécuter les remèdes, intérieurs ,, fe con¬
tentant en actendant-d’empîofer quelques
lavages avec les eaux de Balaruc , deux
ou trois, fois la femaine le. foir en fe cou¬
chant,, ou bien avec des collyres dont on
donnera plus bas. la manipulation.
Vers la lin de mars, ou le commence¬
ment d’avrilMoniteur fe fera tirer deux
palettes de fang de l’un des bras , & le
lendemain de la fàignée on le purgera
avec cette médecine.
B E M ID.ÎCIS £77
r V RG AT î O M
Prenez fix dtagmes de tamarins, rhu-
Barbe concaffee une dragme , fleurs dë
pêcher & dë vfoletres de chacune deux
pinces -, faites Bouillir le tout dans l’eau
de fontaine , 8 c diflblvez dajis huit on¬
ces de colature deux onces de manne de
Calabre 3 & une once de fyrop de rofes
pâles.. Faites une potion qui fera prife .le
matin, avec le régime ordinaire..
Immédiatement après, Monffeur boira
pendant dix matins un Bouillon fait avec
un jeune poulet ou un morceau de mai¬
gre de veau , une dragme dë racine dë
fquine coupée par tranches , & une poi¬
gnée en tout dë fèuilles de Greffon de
fontaine &de fcolopendre.On jettera dans
le pot fur la fin de la coérion une douzaine
de cloportes lavés 8 c étouffés dans le vin
blanc » & 011 réitérera la même médeci¬
ne à la fin.
Pendant Tes douze marins fuivans-
Monfieur prendra une écuellée de perir-
lait qu’on tirera du lait de vache ou de
ehevre caillé le foîr avec la préfure ordi¬
naire 3 & qu’on féparera de fon fromage
eu le iaifîâüt égoutter pendant la nuit à.
278 Consultations choisies
travers un linge, le clarifiant le matin avec
le blanc d’ocuf.On diiloudra dans le petit-
lait coulé un peu de fucre roïal, & on
aura recours à la même médecine à la fin.
Chacun des douze jours Moniteur au¬
ra foin le matin d’ufer du bol fuivant, par
delTus lequel il avalera la préparation du
petit-lait prefcrite ci-deiTus.
BOL.
Prenez enfraife en poudre , antimoine
diaphorétique, de chacun quinze grains;
cloportes préparés huit grains ; faîtes
avec le fyrop des cinq racines un bol
•pour une dofe.
Monfieuraura recours énfuite pendant
vingt ou vingt-cinq matins à un lait de
vache ou de chevre ainfi préparé.
LAIT.
Prenez douze onces d’une légère dé¬
codion de falfepareille & autant de lait
de vache, ou de chevre, que vous jetterez *
dans un vaiflèau propre pour expofer le
mélange à un feu très-doux. On écrémera
à mefure que la pellicule fera formée,
continuant de même jufqu’à diminution
DE MEDECINE. 1 J<)
du quart : on difloudra dans la prépara¬
tion du lait finie un peu de fucre rcïai, &
on en terminera i’ufage pour le purgatif
ordinaire.
Pendant le cours de ces remèdes ou
pourra fomenter les deux yeux au moïen
d’une éponge bien nette avec un peu de
l’un ou de l’autre des collyres fuivans
qu’on aura eu foin de faire tiédir , con»
tinuant de tems en tems cette manœuvre
matin & foir durant cinq ou fix jours 3 &
l’interrompant fuivant fes effets.
COLLYRE .
Prenez eaux de rofe & de fenouil , de
chacune quatre onces ; diflblvez - y vin
émétique une once > mêlez y & faites un
collyre.
AV T RE COLLYRE ,,
Prenez graine de fér.ouil doux une drag-
ffle y faîtes-la bouillir dans l’eau de fon¬
taine , ôc faites infufer dans dix onces de
cette décodion fleurs de camomille ÔC
de rofes rouges, de chacunes une pincée 5
diflolvez dans la colaturë trois dragmes
de fucre candi, mêlez & faites - un col-
*So Consultations choisies
On peut^aaffi alternativement donner
un bain à chaque nuit avec une partie de
ce collyre tiède qu’on- mettra d’ans une
petite machine d’argent figurés comme .
une cuvette , évafée au fens de Tes côtés
Sc un peu relevée fur tes deux bouts op-
pofés. La tiqueur de ce bain doit être tiè¬
de , & on peut à la ptace de là liqueur
de ces collyres fubft'ituer un peu d’eau de
Balaruc , & PafFoîblir par le mélange
d’un, peu: d’eau de fenouil, ou d’eau rôle.
On ne croît pas devoir, propoferun plus
grand nombre de lavages , & on choifit
par préférence ceux que l’on vient de.
confeiller, parce qu’ils font innocens.
Vers le commencement de juin , ou la
fin de mai prochain, Moniteur fë rendra;
à Balaruc pour y prendre quatre, cinq,,
ou même jufqu’à fix douches à la tête
aux yeux, mais il fe contentera d’une
douche par jour.
Pendant les chaleurs de l’été,‘Monfieur
ufera pendant.deux différentes neuvaines?
dû bain dotneftique tiédè où il demeurera
une heure chaque fois., lâiffànt une féî
maine d’intervalle d’une neuvâine à l’au¬
tre.
Dans le mois d’aout Monfieur boira
pendant neuf ou dix matins les eaux.
CE MEDECINE- z8f
«FYeuzet tranfpôrtées àMarfeiUe.&qu’on
fera dégourdir en les buvant; on difloudra
le premier jour de la boiflon dans le pre¬
mier verre deux onces de manne & vingt
grains de rhubarbe en poudre. On en fe¬
ra de même le dernier jour dans le der¬
nier verre.
On paflè fous fîlence beaucoup de ma¬
niérés pour faire des compreffions fur les
'.grands angles des yeux avec des com-
preffes foutenuës par le bandage nommé
rnonoculm , ou par le bandage d'acier,
parce que ces fortes de reffources font
communément infru&ueufes. On ne pro-
pofe pas non plus les injêéb'ons avec la
feringue d’Anel dans le fac nazal par les
points lacrîmaux ; car outre le peu d’a¬
vantage que les malades en retirent, el¬
les procurent fouvent des fluxions, quand
on en abufe, & qu elles ne font pas pra¬
tiquées avec toute la-dextérité poffibîe.
Monfîeur peut feulement, à la faveur
d’une légère comprefïion vuider le fâc
nafal plïifîeurs fois par jour, fe contentes:
des autres remèdes qu’on a eu l'honneur
de lui confeiller , & fe régler dans la
fuite fur les événemens pour changer le
traitement fi on le juge néceflaire.
•Suppofé que les remèdes du primeras
i 8 i Consultations choisies
eulTent fait du bien on les réitérera dans
l’automne.
Moniteur évitera de fe trop expofer au
ferein . au grand froid, à l’humidité, &
aux ardeurs du foleil. Il s’abftiendra des
veilles outrées, delaleâure, des écri¬
tures forcées,& de toutes.fortes de débau¬
ches -, il fe nourrira avec des potages à la
viande , des crèmes de ris au bouillon, ou
à l’eau, du bouilli, & du rôti. Il s’abftien¬
dra des ragoûts, des entremets, des fa-
lades, des fruits cruds, & de tous les alî-
mens de haut goût, & de ceux qui font
greffiers, ou indigeftes. La boiffon abon¬
dante du vin , 8c fut - tout celle des li¬
queurs fpiritueufes doit être regardée
comme très-contraires, à fon incommo¬
dité.
On peut joindre aux deux collyres pré—
cédens celui qui fuit, 8c l’employer pour
en faire couler quelques gouttes dans les
yeux, ou pour appliquer par dellus quel¬
ques compreflès trempées dans un peu de
la même liqueur tiède.
C O L LT R E.
Prenez racines d’iris de Florence, & de
valériane Carnage conçalfées, de chacunes
DE' Mï B I C IHL îlj
une demi once ; feuilles de rhue hachées
menu une demi - poignée ; fafran des
métaux exactement pulvérifé deux gros $
vin de Canaries une livre; faites unein-
fufîon tiède au bain-marie pendant vingt-
quatre heures. Confèrvez la colature pour
l’ufàge dans une bouteille bien bouchée.
Délibéré à Montpellier le 27. janvier
1747. S igné , Montagne.
CONSULTATION XLVIIL
Sur une opprejfîon avec toux , expectoration
difficile, chaleur brûlante entre les
épaules , in fournie, &c.
L ’Oppreflion dont Mademoifêlle eft
attaquée depuis le mois dernier , 8c
qui furvint après une fièvre de rhume ; la
toux plus ou moins fâcheufe qui l’accom¬
pagne , l’expeétoration laborieufe d’une
petite quantité de crachats épais ; le râ¬
lement qui fe met de la partie dans les
efforts de la toux ; la chaleur brûlante
quelle fient entre les épaules ; l’infomnie
éc enfin les légères taches éréfîpéîateu-
£bs qui fubfiff ent dans cet endroit après la
284 Consultations chotsiss
ceiïation du fentrinent de chaleur; tous
ces accidens, dis-je, font les produétroîss
de la lymphe bronchiale & de toute la
rnafiTe du fang devenue trop épaifle &
acrimonieufe, & de quelques embarras
lymphatiques , ou tuberculeux , fixés
dans la fubftance des pouîmons.
L’état des liqueurs que l’on vient d’é¬
tablir fut annoncé par une .grande quanti¬
té de clous qui parurent en différentes
parties du corps de Mademoifelle, après
que fes évacuations, menfirueiles eurent
celle de couler, & il eft encore confirmé
par les douleurs rhumatiques qu’elle
éprouve à un bras, & par celles de fda-
tiqué dont elle eft a cruellement fatiguée;
Le vomiflèment auquel Mademoifelle
eft fujette prouve évidemment le déran¬
gement des digeftions qui dure depuis très-
long rems , & auquel le régime de vivre
de la malade a infiniment contribué, man¬
geant très familièrement, & par préfé-.
rencé, toutes fortes de crudités, & d’au¬
tres alimens difficiles à digérer. Le chyle
mal travaillé qui a été fourni à la maftè
du fang l’a épaiffî de plus en plus, en a.
troublé les dépurations, auffi bien que le
mélange proportionnel des parties inté¬
grantes qui lecompofent j comme les en-
Dï MïDÏCIKÏ. 2.S$
flores clés jambes déjà anciennes & com¬
me héréditaires, ne permettent pas d’en
douter.
Pour prévenir les fuites des accidens
qui font le lu jet de cette Confuîtation ,
on doit fe propofer de rectifier les digef-
tions ; de rendre la lymphe avec le refte
de la malle du fang plus fluide , & plus
coulante-, d'en corriger l’acrimonie qui a
pris le deflus, & d’emporter les légers
embarras auon a lieu de foupçonner dans
les poulmons, & qui font très - marqués
par les oppreflions qui furviennent lorf-
que Mademoifelle monte , ou qu’elle s’a¬
gite, On efpére que ces indications feront
remplies par le moïen des remèdes fui-
vans.
Suppofé que Mademoifelle toufsât
beaucoup vers le commencement du mois
prochain, & quelle fe fenût extrêmement
en feu , on pourroit lui tirer deux petites
palettes ce fang du bras. -, mais elle lé dif.
pènferoît de la faignée fl elle fetrouvoit
dans une difpofition contraire. Elle fe pur¬
gera avec une dragme de rhubarbe con-
caffee , demi-poignée de fleurs de picher t
ôç une pincée de iommités de petite ab-
fynthe, dont on fera une décodion, dans
un grand verre de laquelle on dîfloudra
£§<? Consultations choisie?
deux onces de manne, Sc une once de
fyrop de fuc de fleurs de pêcher.
Immédiatement après Mademoifelle
boira pendant dix matins un bouillon
fait avec un morceau de maigre ou de
mou de veau, une dragme de racine d e-
nula campana concaflee , deux écreviiïes
de riviere étouffées dans l’eau chaude, 8 c
écrafées dans un mortier ; & une poignée
en tout de feuilles de ceterach , de fcolo-
pendre ,. de creffon de fontaine. On
jettera dans le pot fur la fin de la codion
dix ou douze cloportes.lavés & étouffes
dans le vin blanc, réitérant la même mé¬
decine à la fin, à laquelle on ajouterait
même une dragme de fëné infufée à froid
fi la première n’avoit pas évacué fuffifam-
ment.
Pendant les dix matins fuivans Made¬
moifelle ufera de l’opiate fuivante , ava¬
lant par-defîus chaque dofe une ou deux
raflés d’infufion de feuilles feches de ci-
tronelle préparée à la maniéré du thé , 8 c
finiflànt par le pugatif ordinaire.
OP 1AT E.
Prenez de la conferve de kynorrhodon
trois dragmes , d antimoine diaphoréti-
de Medïcinl 2S7
que, & de conferve d’énula campana,
de chacune deux dragmes $ de benjoin
en larmes , de cloportes préparés , &
d extrait de rhubarbe, de chacun une
dragme , dont on formera une opiate
avec le fyrop de lierre terreftre , pour
partager la malle en dix prifes égales.
Mademoifelle boira enfuite pendant
douze matins un grand verre, ou une
écuellée médiocre de petit - lait que Ton
tirera du lait de chevre caillé le foir avec
la préfüre ordinaire , .& "qu’on féparera
de fon fromage en le laiflant égoutter
pendant la nuit à travers un linge, pour
le clarifier le matin avec le blanc d’œuf.
On y jettera pendant cette clarification
une pincée de feuillés féches de lierre
terreftre, & huit cloportes lavés Sc
étouffés dans le vin blanc , auxquels on
donnera une ébullition de quelques mi¬
nutes avec le blanc d’œuf, y éteignant en
même tems quelques morceaux de fer
rouillés & rougis au feu. On diffoudra
dans le petit-lait coulé un peu de bon fu-
cre , 8 c on aura recours au même purga¬
tif à la fin.
Après fept ou huit jours de repos, Ma¬
demoifelle reprendra pendant une autre
dixaine dematins le bouillon confeillé ci-
iSS Consultations choisies
deflus, auquel on ajoutera les cuilïès de
quatre ou cinq grenouilles.écorchées , &
écrafées ; & , aiant terminé ces bouillons
par le purgatif ordinaire , elle reprendra
la même préparation de petit-lait pendant
douze & même quinze matins . aiant foin
de le'repurger en quittant le petit-lait.
Suppofé que Mademoifelle foit actuel¬
lement fatiguée de la toux & de Piufom-
nle , elle prendra le foir en fe couchant
un petit julep fait avec une cuillerée &c
demie d’eau de mélifle Ample, unecuille-
rée d’eau de fleurs d’otange , & demi on¬
ce de fyrop de pavot blanc, dont on aug-
menteroit dans la fuite la quantité par
dragme jufqu’au point de calmer. Ce re¬
mède fera continué dans la fuite autant
que la néceffité l’exigera.
On ne croit point que Mademoifelle
doive aller à Balaruc ce printems, & on
juge qu’il vaut mieux quelle renvoie ce
voïageà Pautomne prochain.
Mademoifelle pàflera (on été en gar¬
dant un bon régime de vivre , & vers le
quinze de feptembre elle reprendra pen¬
dant dix matins les bouillons confeillés
ci-deflùs , avec l’addition des grenouilles *,
ils feront précédés & lui vis du purgatif,
êc vers le commencement d’octobre elle
fe
DE MEDECINE.
fe rendra à Balaruc pour y prendre le de¬
mi - baîn dans la cuve, te contentant
d’un demi-bain par jour , & obfer-
vant de bien laifler tomber la grande
chaleur de l’eau avant d entrer dans le
demi baip. Elle pourra aufîi fe faire don¬
ner quelques douches au bras atta ué de
douleurs rhumatiques. Le nombre des
demi-bains &des petites douches n’excé¬
dera pas celui de quatre ou cinq pour
chacun de ces remèdes.
Mademoifelle s’en étant retournée
chez elle fe repofera pendant cinq ou fix
jours, après leiquels elle fe purgera pour
ufer pendant une dix aine de matins de
i’opiate confeillée ci-deffus , 8 c d’abord
après du même petit-lait pendant douze
matins, avec les précautions prefcrites
pour le premier ulage de ces remèdes >
c’eft-à-dire, fe purgeant à la fin des bouil¬
lons & du petit-lait.
On examinera après ces remèdes l’état
de la poitrine, 8 c celui des enflures & fi
la toux fatigante avec 1 oppreflïon , & la
chaleur entre les épaules (ubfifte-, 8 c que
d’ailleurs les enflures n’aient pas fait de
progrès , Mademoiielle boira pendant un
mois chaque matin le lait d’âneflè entier,
& durant ce même tems elle prendra de
Tome F, N
190 Consultations choisies
deux en deux jours dans la première cuil¬
lerée de faupe fept ou huit grains de fa-
firan de mars apéritif préparé à.la rofée.
du mois de mai, fe purgeant avec la
me médecine à la fin.
Il efl: abfolumenr néceffaire que Made-.
moifelîe garde un bon régime de vivre -,
qu’elle retranche fes veilles portées trop
loin ; & qu’elle fe nourrilfe avec des po-s
sages à la viande , du bouilli, & du rôti *
s’abftenant des ragoûts , des falades, des
fruits cruds , des légumes, des châtaignes,
& de tous les alimens groffiers indigentes»
ou éehauffans,
Délibéré à Montpellier , ce 15?. mars
1744. fîgnè , Montagne,
CONSULTATION XLDC
Sur des carnofitês dans P urèthre.
O N a lu avec toute l’attention poffis
ble la Relation qui a été envolée,^
Fon juge par le détail des circonftances
que Monfiçur elt attaqué de différentes?
végétations , ou carnofitês, dans le canal,
de- ruréthrp j que ces embarras fp fonç.
se Médecine. i*>x
Communiqués jufques au col de la veffie;
que le fphiaeter a perdu Ton reflbrt a
puifqu’il y a une incontinence d’urine %
que la veffie eft racornie en partie , 8 c
que les glandes muciîagineufes répandues
dans la membrane intérieure ont été for¬
cées } & qu’elles fourni fient des matières
plus groffieres & plus abondantes qui en
occasionnent de tems en tems le gonfle¬
ment avec ardeur d’urine , fievre, & au¬
tres accidens que le malade fouffie.
Onnefçauroit difçonvenir que les dé-
fordres du canal de l’uréthre , auffi bien
que ceux de la veffie, ne foient une fuite
des chaudes - pifîès que Mon fleur a eues
autrefois, mais fur - tout de celle qu’il
Î >rit il y a feize ou dix-fept ans , & pour
aquelle on fit plusieurs injedions. Les
Médecins & les Chirurgiens qui ont eu
l’honneur de le foigner poür-lors ont cru
que le levain des chaudes - pilles n’avoit
pas été radicalement détruit. 8 c iis ont eu
d’abord recours aux ondions mercuriel¬
les. Les accident qui avoient été moin¬
dres pendant quelque tems aïant reparu
avec la même vigueur, on a mis en ufa-
ge différens remèdes, 8 c on eft même re¬
venu à celui des fridions, fans qu’on ait
été aflèz heureux de. procurer un foula-
gement notable au malade, N ij
tyi Consultations choisies
Le cas pour lequel on demande con2
feil paroît trcs-délicat , Sc laifte après lui
beaucoup d’ambiguité , de forte qu’il y
auroit de la témérité de porter un juge¬
ment déterminé fur l état où fe trouve le
fàng du malade. On a véritablement lien
de foupçonner qu’il y a encore du virus *
mais on ne peut pas falfûrer fans donnée
dans des idées bazardées, fi l’on n’a de
plus grands éclaircifièmens 9 qu’on ne
içaurok fe procurer fans avoir vu & exa*
miné affiduement la nature de§ acçidens,
8 c fans avoir emploie les remèdes qui
fembleront les plus convenables durant
quelques tems. Cetelfai ferviroit deréglq
pour s ? aiTurer s’il eft nécelfàire de revenir
aux onétions mercurielles 9 ou fi lion peut
s’én difpenfçr.
Il eft dit dans la Relation , qu’en pafi¬
lant Monfieur par le remède , il furvint
©près la fécondé friélion une falivatioij
dont on ne fut pas le maître, Faifant at¬
tention à ce qui eft déjà arrivé ona droit
de craindre des orages dans la difpenia*
tion d'un troifiéme remède 3 quand me-?
me on fer oit perfuadé de fa nécçiîité : on
s’éloigneroit par conléquent 8 c des prin¬
cipes de la droiture 3 8 c de ceux d’une la*
ge pratique 3 en propofant unefgmblable
î> ï Msbecïs^ , xpf
cure. La fîevre erratique qui s’allume de
tems en-cems , les gonflemens de l’uré-
thre qui pourroient devenir plus confidé-
- râbles par l’a&ion du remède , la fjp~
preflion d’urine qui en feroit une fuite
néceflaire, & enfin un état inflammatoire
de la veflie qui pourroit fe joindre à ces
.premiers fymptomes , ne permettent
point au Conieil de rien décider ni fur
.l’exiftence de levain vénérien, ni fur l’ap¬
plication du remède,qui dans cette fuppo-
fition feroit indifpenfable.
Le traitement de la maladie du canal
de l’uréthre & de la veflie, foit qu’on
l’entreprenne fans paflèr par les fridions,
foit qu’on les faflè précéder, doit être re~
gardé comme très-difficile, & il n’y a que
des gens d’une expérience confommée
qui aient droit de l'entreprendre. Il e£
impofliblc de pouvoir fixer la méthode de
ce traitement fans avoir bien reconnu au¬
paravant l’état du canal, & de la veflie
ce qui fuppofe la manœuvre de la fonde
pat anticipation. Les injedions dans la
veflie pourront auffi avoir leur place pour
fe convaincre de la diminution de la ca¬
pacité , & de fon état de racorniffiement,
qu’on fuppofe,
.Après de mures réflexions que leCon-
N ü]
2.94 Consultations choisiis
feil a Fait fur les différentes circonftances
que l’on vient de détailler , Sr fur l’idée
confufe que l’on a delà maladie de Mon¬
teur, on croiroit faire tort aux fentimens
d'honneur avec lefquels on doit exercer
la Médecine & la Chirurgie , & à l’at¬
tente avec laquelle on doit éviter d’expo-
fer la vie de Monfieur, fi on propofoit
une cure telle qu’on l’exige , & que l’on
fouhaiteroit avec ardeur d’être en état de
prefcrire. On fe réduit donc à confeiller
des bouillons adouciffans faits avec le jeu¬
ne poulet, les cuiflès de quelques gre¬
nouilles , une couple d’écreviffes de riviè¬
re , èc les. feuilles des plantes raffrakhif-
fantes, pendant dix ou douze mâtins. On
aura enfuite recours au petit-lait de vache
ou de chevre bien clarifié , dont on conti¬
nuera l’ufage pendant une quinzaine de
matins 5 & enfin on fera prendre ou le
lait d aneffe’ou le lait de chevre entier ,
entremêlant pendant le cours de ces re-
medes des purgatifs faits avec la décoc¬
tion de calfe mondée & un peu de manne.
Les chaleurs étant arrivées, on pourra
emploïer le demi-bain doroeftique tiède \
& on en étendra plus ou moins l’ufage
fuivant fes effets. On ne croit pas que les
eaux minérales conviennent ; on crain-
de Mec ect ïïe«
âroif au contraire qu elles ne caufaftèns
des accfdens fâcheux.
- A l’égard du régime de vivre , ônpre
les Meilleurs qui verront de près le ma¬
lade de vouloir bien raccommoder aux
difFérens changemens qui furvfëndront
dans le cours de la maladie, & qu’il n’eft
pas permis de prévoir.
Délibéré à Montpellier , ce 5. avril 3
Montagne.
CONSULTATION L.
Sur des vents dans l’eftornac , gonflement dans
le bas-ventre , fluxion fur le go fier avec
picoîtement 3 crachement (flaireux.
L Es vents auxquels Monfîeur eft deve¬
nu fujet, l’irritation plus ou moins
forte qui les caufe dans Ton eftcmac , le
gonflement du bas-ventre qui fe met de
la partie., Sc qui eft accompagné d’une op-
preflîon très-incommode après le repas ,
les fluxions fur la gorge qui furviennent
dans le tems froid , le picotement qui fe
fait fentir dans le gofier, & qui augmen¬
te par l’impreflîon du froid , le crache*
N'iiij
Ï 9 6 Consultations choisiis
jneac abondant & mêlé de beaucoup de
matières glaireufes, & enfin la foiblefïe
qui fuit cette expectoration -, tous ces
accidens, dis - je , doivent être regardés
comme les productions d’un fang épais
& acrimonieux.
Les fatigues de la guerre , & le dé¬
rangement dans le régime de vivre, qui
eft inféparable de l’état militaire, ont
beaucoup contribué à diffiper le baume
& le mucilage le plus fin de la mafïè du
fang, & à augmenter la difpofition des
liqueurs attachées au tempérament. Il
faut pourtant convenir que la lymphe
dîgeftive s’eft redèntie d’une maniéré
plus marquée de ces changemens s com¬
me les vents & les inquiétudes confide-
râbles après le repas le prouvent évidem¬
ment. Le defordre des digeflions a ren¬
forcé l’aCfcion de ces différentes caufes,
Sc a donné lieu au progrès & au déve¬
loppement des accidens pour lefquels
on demande confeii, & qui deviennent
beaucoup plus violens pendant l’hiver
par la fupprefïîon ou l’extrême diminu¬
tion de la tranfpiration qui Ce fait dans
toute l’étendue de la peau , & dans les
poumons même, pendant les chaleurs ou
les faifons tempérées.
DE MEDECINE. 297
Il peut y avoir bien des circonftances
que Moniteur a paflees fous filence dans
fa Relation , & qu’il n’eft pas per¬
mis de fuppléer, pour entrer, dans un
examen plus étendu des caufes particu¬
lières qui ont influé dans le développe¬
ment des fymptomes qui accompagnent
la maladie.
Pour prévénir les fuites de l’état pre-
fént de Monfieur,- on doit fe propofer de
mettre les digeftions en régie , de divifer
la mafle du fang fans l’incendier, & d’en
corriger l’acrimonie qui a pris le deflus»
On efpere que ces indications feront
remplies par le moïen des remèdes fui-
vans.
La belle faifon étant arrivée, on pour¬
ra commencer par une petite faignée da
bras fi Monfieur fe trouve échauffé-, 8 c
que l’état de fon poux le demande; mars
011 s’en difpenfera s’il eft dans une fitua-
tion contraire , 8 c on purgera de cette
maniéré. (
TVRGATION.
Prenez pulpe de tamarins une once ^
rhubarbe concaflee une dra'gme, fleurs
4 e pêcher & de violettes, de chacunes
Nv
Consultations choisies
deux pincées ; faites bouillir le tout dan£
î eau de fontaine, de maniéré qu’il en
refte une livre, dans laquelle vous ferez
infufer à froid feuilles de féné mondées
deux dragmes ; coulez , 8c diflolvez dans
la colature deux onces de manne de Cala-
jbre. Faites une potion qui fera prife le
matin en deux dofes.
. Les deux verres de cette médecine fed
; îont donnés à deux heures de diftance
l’un de l’autre , & l’on auroit foin de re¬
trancher le féné fi le malade ne l’em-
ploïoit point dans fes médecines, comme
on pourroit le conjecturer par celle dont
ji parle dans fon Mémoire.
Immédiatement après Monfieur pren¬
dra pendant neuf matins un bouillon fait
avec un morceau de maigre de veau, une
dragrne 8c demie de pivoine mâle con-
caffée. deux écrevilîès de rivïere étouffées
.dans l’eau chaude, & écrafées dans un
mortier 8c une poignée en tout de feuil¬
les de chicorée arnére & de creffon de
fontaine. On jettera dans le pot fur la fin
de la coétion une dixaine de cloportes la¬
vés 8l étouffés dans le vin blanc..
Pendant lés dix matins fuivans Mon¬
sieur ufera de l’opiate ci jointe , a valant
par deÆus chaque dofe une ou deux tafïès
D ï MEDECINE. < 199
-ü J in£ufion de feuilles féches de mélifïè où
çitroneHe préparée à là maniéré du thé.
O V 1 AT E.
Prenez conferve de kynorrhodon trois-
dragmes, antimoine diaphor étique, fe-
mences d’auis en poudre ■ & craie très-
blanche } de chacun deux dragmes ; ex¬
trait de rhubarbe une dragme ; faites
avec- le fyrop de capillaire une opiate
pour dix prifes égales, qui feront prifes
en autant de matins.
On obfervera de réitérer la même mé¬
decine après l’opiate finie 3 pour revenir
pendant .neuf autres matins, aux mêmes
bouillons confeillés ci-defifus d’abord
après à la même opiate pendant dix nou¬
veaux matins., .réitérant le purgatif à la
fin.
Monfieur boira eniutté pendant douze
ou. quinze matins une récuellée de petit-
lait qu’on tirera du lait.de vache caillé le
foir avec lapréfure ordinaire, & qifon fé-
parerade fon fromage en le laiflànr égout¬
ter pendant la nuit à travers un linge pour
le clarifier le matin avec le blanc d ceuf.On
y jettera pendant cette clarification une
pincée de fommités féches & fleuries
N vj .
30d CoiSJStJLTATIONS CHOISIES
d’hy perle ro.,. & huit cloportes lavés &
étouffés dans le vin blanc, auxquelles
on donnera une ébullition de quelques
minutes avec le blanc d’œuf. On difFou-
dra dans le petit - lait coulé un peu de lu¬
cre roial , & on aura recours à la même
médecine à la fin. ...
Suppofé que le petit- lait eût bien pa£-
féaprès les douze jours d’ufage,. on le
continuer-oit: encore ju fqu’auvin gtiém e ou
au vingt- quatrième jour, & on renvoie-
foie la purgation jufqu après ce terme, c.?.
Les chaleurs étant arrivées ,.Manfieur
prendra pendant Cix matins le demi-bain
domeftique tiède , où il demeurera une
heure ch a que. foi savalant àlaiortie un
bouillon fiait ayëeaHx.jeune poulet-, ou un
morceau de maigreidè. veau , :Sc ,une poi^
gnée de feuilles demMcôri'earnérev - •:
Après quatre ou cinq jours de repos y
û Monfieur a bien foppofté le demi-bain,
il le reprendra encore pendant fix nou¬
veaux matins/avec le rot me bouillon.
- Immédiatement: après on donnera peu-:
dant mie douzaine de matins la même
préparation de petit lait, mais dont on
retranchera les cloportes , repurgeant à
la fin avec la même médecine.
Ters. le commencement de feptembre*
b e Médecin e. 301'
ïî Monfieùr s’eft bien trouvé des remèdes
prefcrits ci-delTus , il reprendra pendant
dix matins les mêmes bouillons , qui fe¬
ront précédés du purgatif-, & enfuite lâ
mime opiate pendant dix autres matins
avec l’infufion de méliffe ; obfervant de
fe repurger à la fin pour revenir à l’ufage
de la préparation du petit-lait déjà con-
feillé ; & l’aïant continué pendant une
vingtaine de matins } on finira par la mé¬
decine ordinaire»
Pendant l hiver Monfieur ufera deux
ou trois fois la femaine dans la première
cuillerée de foupe à l’heure de fon dîner
du fafran de mars apéritif préparé à la
rofée du mois de mai à la dofe de huit à
dix grains! Il pourra à la place de cette
poudre fe fervir de cems en tems après
fon dîner de la fuivante*
P O V D R E.
Prenez femences d’anis & de fenouil
doux , de chacunes deux dragmes ; noix
snufcade une dragme^ fucreroïal fix drag-
me. Mêlez pour une poudre.
La dofe de cette poudre fera de deux
fcrupules, ou d’une dragme.
Il eft abfolument néceflaire oue Mon?
\ 6 i Consultations choisies
fieur garde un bon régime de vivre ,
qu’il fe nourriflTe avec des foupes à la
viande, des crèmes de ris ou d’orge au
bouillon ou à l’eàu , du bouilli & du rôti.
Il s’abftiendra des ragoûts , de la pâtiffe-
ri'e, de la friture, des falades, des fruits
cruds, des légumes, & de tous les ali-
mens venteux, groffiers, indigeftes, ou
échaufFans, Il évitera la boilîon de Peau-
de-vie & des liqueurs ardentes , & boira
fon vin extrêmement tremîpé.
• Délibéré à Montpellier , ce 7 , avril
Montagne.
t)ï M E D t t I N £Î
ï°5
CONSULTATION LI.
; Sur une affcÜion Hypnchondriuque.
L Es accidens dont Monfieur eft fati-
gué depuis long - rems fe peuvent
réduire à une pefanteur de tête plus
ou moins incommode avec un trou¬
ble dans les idées ; à une impoffibilité de
s’occuper à rien de férieux ; à une dimi¬
nution très-marquée de la mémoire ; à
des éblouiflemens, des vertiges, des feux,
& une irritation dans les yeux j à des
picotemens 8c des fourmillemens à la
tête, & fùr-tout, à des-vents accompa¬
gnés d’un gonflement douloureux dans le
bas-ventre & de conftipatioir, aune coli¬
que de Teftomac 8c des inteftins avec li¬
berté du ventre pendant fa durée ; à un
embarras dans la fortie de l’urine mê¬
lée d’ardeur & d’une fréquente envie d’u¬
riner ; à des battemens dans tout le corps,
mais fur-tout aux cuiflès & aux jambes y
qui fe trouvent pelantes -, à une oppref-
fion après avoir fort peu marché ; à une
foiblefle générale jointe à une difficulté de
marcher 3c de fe tenir droit 5 à une conA
Consultations choisies
ternation & un abattement d’efprit qui
jette le malade dans une méiancholie
extraordinaire ; & enfin à des terreurs
paniques qui excluent toute efpérance de
guérifon , dès qu’il furvient quelque
incô mmoditç. nouvelle.
Pour peu d’attention que l’on falîè aux
difFérens accidens détaillés ci-deflus , l’on
verra qu’ils établirent le caradere d’une
affedion mélancholique & hypochondria-
qüe , & qu’ils font les produdions d’un
fang épais , & faumuré , & en même
tems de la roideur ou tenfion fpafmodi-
que du genre nerveux.
Les chagrins extrêmement cuifans aux¬
quels Monfieur s’eft livré fans mefure 3
&c les longues attentions qu’il a faites au
motif de les peines fans pouvoir s’en dis¬
traire , ont porté des imprellions ttès-
vives fur l’eftomac & les autres vifcéres
qui fourniffent les liqueurs digeftives, fur
le fyftême vafcuieux , fur le cœur <k les
poulmons , & ' ont troublé l’œconomie
des fondions les plus néceraires à la vie*
Les digeûions devenues languirantes ont
donné lieu à la formation d’un cbyte mal
travaillé , & très - propre à engluer le
iang de plus en plus. Par l’adion réunie
de toutes ces caufes la malle du fang eft
ï)ï Medicini. ?0f
tombée dans un état d’épaiffiflement &
de faumure qui s’eft communiqué à tous
les folides , mais principalement au gen¬
re nerveux ; on ne fçauroit même dis¬
convenir que 6 le malade ne change fa
maniéré de penfer, il ne rende inutile les
remèdes les plus appropriés.
Pour Suivre les régies de la bonne pra¬
tique dans le traitement des accidens qui
font le Sujet de cette Confultation , on
doit Se propofer de rétablir rœconomie
des digeftions , dé procurer une louable
fluidité à la mafle du Sang , d’en corriger
la Saumure qui a pris le deflus , & de re¬
donner 3U genre nerveux la fouplefle qui
lui manque. On efpere que ces indica¬
tions Seront remplies par le moyen des
remèdes Suivans.
On commencera par purger Monfieur
avec une once de tamarins une drag-
me de rhubarbe coneaffée , deux pincées
• de fleurs de mauve, & autant de celles
de pêcher, dont on fera une décoétion }
dans une livre de laquelle on laiflèra in-
fufer pendant la nuit à froid deux drag-
mes de Senné, diffolvant le matin dans
l’infufron coulée deux onces de manne 8c
une once de fyrop de rofes folutif. Cet¬
te médecine fera partagée en deux ver^
%oê Consultations choisies
res que Ton donnera à deux heures de
diftance Fun de Fautre.
Pendant les fix matins fuivans Mon¬
teur boira un bouillon fait avec un mor¬
ceau de collet de mouton,une dragme St
demie de racine de pivoine mâle^concaflee,
les cuiffes de quatre ou cinq grenouilles
écorchées St écrafées , deux écreviffes de
rivière étouffées dans l’eau chaude * 8t
écrafées dans un mortier, & une poignée
en tout des feuilles de creffon de fonçai* 3
ne St de pirnpinelle. On jettera dans le
pot fur la fin de la coéHon dix ou douze
cloportes lavés & étouffés dans le vin
blanc. -
Immédiatement après Monfieur ufera
durant fîx autres matins d’un bol fait :
avec quinze grains de poudre de gut-
tete , dix grains d’extrait de genievre St
autant d’extrait de rhubarbe, que Fon
mêlera exa&ement enfembîe , y ajoutant
quelques gouttes de fyrop de capillaire
pour former-ie bol. Le malade avalera
par-deffus chaque fois une couplejde taf.
(ès d’infufion des feuilles feiches de ci-
tronelle préparée à la maniéré du thé,
St on le repurgera à la fin des fix jours
pour revenir aux mêmes bouillons & en-
fuite au même bol pendant fix matins *
Cl Mîdïcini; 507
thacnn avec la précaution d’employer le
même purgatif après ce terme.
Après ces préparations , Monfieur boi¬
ra pendant douze matins un grand verre
ou une écuellée de petit-lait, quon tire¬
ra du lait de cnevre caillé avec la préfure
ordinaire, & qu’on féparera de fon fro¬
mage en le laiflant égouter à travers un
linge pour le clarifier d’abord après avec
le blanc d’ceuf. On y jettera pendant cet¬
te clarification une pincée de fommités
feiches & fleuries de petit chêne, & huit
cloportes lavés & étouffés dans le vin
blanc que l’on fera légèrement bouillir
durant quelques minutes avec le blanc
d’csuf, y éteignant en même tems quel¬
ques morceaux de fer rbüiliés & rougis
au feu. On diffoudra dans le petit-lait cou¬
lé un peu de fucre roïal, & on repurgera
à la fin.
Suppofé que ce petit-lait ait bien paffé,
Monfieur prendra le matin pendant un
mois & demi,, & même deux mois, le lait
de chevre entier, commençant par un
grand verre , & montant peu à peu juf-
ques à la quantité de l’écuellée. On mê¬
lera avec chaque prife de ce lait une cuil¬
lerée & demie, ou deux cuillerées, de la
fécondé eau de chaux > purgeant à la fia
r 3°8 Consultations choisit*
& même au milieu , fi on le juge néce^
faire.
Pendant tout le tems du lait Monfieur
prendra , d’abord de deux en deux , &
enfuité de trois en trois jours , dans la
première cuillerée de foupe à l’heure du
dîner une poudre faite avec huit grains
de fafran de mars apéritif, préparé a la
rofée du mois de mai, & fix grains de
Cafta ligne a réduite en poudre.
Pendant le cours de ces remèdes Mon¬
fieur ufera le foir en fe couchant d’un
julep fait avec cinq ou fix onces de la dé-
coétion d*une tête de pavot blanc, d’une
grofleur raifonnable^dont on aura retran¬
ché la graine , & qu’on aura un peu ccra-
fée avant de la faire bouillir. Oh ajou¬
tera à la colature demi-once de fyrop de
Nymphéa, & cinq ou fix gouttes de la
teinture anodyne de Sydenham , dont on
augmentera dans la fuite peu à peu le
nombre Privant le befoin.
Les chaleurs de l’été étant arrivées ,
le malade prendra pendant cinq matins le
demi-bain dotnefiique tiède 5 où il de¬
meurera une heure chaque fois, avalant
à la fortie une ou deux rafles d’infufion
des feuilles feiches de dtronelle ou mé-
îifle. S étant repofé trois ou quatre jours 9
Dî MEDECINE. 3 O?
& ayant bien fupporté le demi-bain , on
le réitérera pendant cinq nouveaux
matins avec la même infufton ; & après
une autre trêve de quatre ou cinq jours
on reviendra encore au même demi-bain
& à l’infiifion pendant cinq nouveaux
matins.
Moniteur prendra le parti de fe tran-
quiilifer après les remèdes pendant une
douzaine de jours, après lefquels il boi¬
ra pendant dix matins les eaux d’Yeuzet,
qu’on aura foin de faite tiédir ou dégour¬
dir. En les buvant on dilïoudra le pre¬
mier jour dans le premier verre deux on¬
ces de manne & vingt - cinq grains de
rhubarbe en poudre , & on fera de même
îe dernier j our dans le dernier ou pénul¬
tième verre.
Si Monfieur setoie bien trouvé des
demi-bains ,il en reprendroit encore une
dixaine delà maniéré marquée ci-delfus ,
après s’être un peu remis de la fatigue
des eaux minérales.
L’automne prochaine le malade re~
prendra les remèdes conciliés pour le
printemps, dans le même ordre , & avec
les mêmes précautions, fubftituant au lait
de chevre entier celui danetfe auiîî entier.
Jjçft bon de faire remarquer que fi le
5 te Consultations choisies
laie de chevre que Ton a propofé ne paf.
foit pas bien il faudroit l'abandonner, &
donner à fa place pendant vingt ou vingt-
cinq jours un petit -lait de chevre prépa¬
ré comme il a été dit ci-delîus, terminant
ce remède par le purgatif. Ce que Ton
propofe pour le printemps feroit exécu¬
té dans l’automne fi le lait danelFe ne
réulfifibit pas.
Monfieur doit fe nourrir pendant l’u-
fage de ces remèdes avec des potages à
la viande, du.bouilli & du rôti ,.s’abfte-
nant des ragoûts, des falades, des fruits
cruds, des légumes, & de tous les ali¬
ments groffiers, indigeftes, ou échauffants.
Il doit fe diffiper par la promenade à
pied ou à cheval, 8c chercher la compa¬
gnie de ceuxdefes amis dont le commerce
lui fera le plus gracieux, 8c avec iefquels
il fera le moins contraint.
Délibéré à Montpellier le io, avril
1744. Jtgné ,Montagne»
B £ MîBECINE?
3 1 *
CONSULTATION LIL
Sur me affeBion mélancholiquc.
L A foibîeiïe extraordinaire que Mon¬
iteur relient aux jarrets & aux jam¬
bes depuis quelques rems ; celle qu’il
éprouve aux parties de la génération avec
une douleur oBfcure & paflagere qui s’é¬
tend le long de la verge & aux tefticu-
ies j le fëntiment dérouleur qu’il fouf-
freau haut des bourfes , c’eft-à-dire aux
épidymes&au cordon des vaiifeaux fper-
matiques j la perte ou fufpenfion de Pè¬
re dion qui fe renouvelle par fois dans le
fommeil & tombe dès qu’il eft fini 5 la
dige-ftion incommode & accompagnée
de rots > de vents, de grouillemens dans
le bas-ventre, de confiipation & crachats
épais très-abondans ; les Tueurs aux envi-*
rons des genoux, quoique moins fréquen¬
tes préfentement -, les boutons ou tu-
meuis qui ont paru depuis long-tems au
ütifage éc aux reins , & qui tantôt font
.accompagnés de fuppuration & tantôt fe
diffipent fans fuppurer ^ & enfin le dé¬
goût pour le fexe qui s’eft mis de la par*
$1 i CONSULTATIONS CHOISIIS
tie , malgré l’ancien penchant que le
malade avoit toujours eu peur lui -, tous
ces accidens, dis-je, font les productions
d’un fang fec , épais, & acrimonieux, &
en même tems de trop grande clafticité
& féchereffe du fyftême nerveux.
L’état de la maffe du fang que l’on
vient de-déterminer eft démontré parle
tempérament méîancholique de Mou-
fleur. On ne Içauroit même difeonvenir
que les différais accidens qui le fatiquent
ne foient compliqués d’une affeûion va-*
poreufe 8c de beaucoup d’épuifement. Les
difpofîtions attachées au tempérament
ont été extrêmement augmentées pat
le dérangement des digeftions dont le
malade s eft plaint depuis très-long tems}
par fa maniéré de vivre fédentaire, extrê¬
mement contemplative & ftudieufe ; 8C
par l'abus des plaifîrs deftinés à perpé'
tuer le genre humain qu’il a continués
depuis l’âge de vingt ans jufques à celui
de trente-cinq avec de efforts très-peu
ménagés. Far l’aCtion réunie de toutes ces
capïes les parties ondueufes & balfami-
ques de la malle du fang ont été dif-
fipées , & fon épaiffiffement a fait de
plus en plus des progrès dont le fyftême
nerveux s’eft extrêmement reflènti, en
tombant
Ci M E D E CI NE. J**
tombant dans un état de tendon qui tient
du fpafme. Il faut pourtant -convenir que
les petits nerfs qui fe diftribuent dans-les
■parties de la génération , & les fibres
mufculeufes quHèrvent à féreétion , ont
reçu des impreffions trcs-violentes,& ont
perdu leur armonie par des jeux trop forcés
& trop fouvent réitérés , comme les acci-
dens particuliers fixés dans ces endroits ,
mais fur-tout la fortie' précipitée de la
femence & le manque d’ére&ion le prou¬
vent évidemment : tous ces défordres font
devenus plus cônfidérables par l’ufage
des remèdes fpiritueux 8c incendians em¬
ployés par les empiriques auxquels Mon¬
teur s'eft confié.
Pour fuivre les régies; de la bonne
pratique dans le traitement des accidens
qui font le fujet de cette Confultation ,
on doit avoir en vue de mettre les digef-
tions en régie-, de procurer une loua¬
ble fluidité à la mafle du fang ; d’en di¬
minuer la faumure trop exaltée ; de ren¬
dre au fyftême des nerfs la fouplefle qu’il
a perdue ; & de rétablir en particulier le
refiort des parties qui fe trouvent actuel¬
lement les plus foibles. On efpere que
ces indications feront remplies par le
moïen des remèdes fuivans.
Tome F.
O
3 r 4 Consultations uhoisiîs
On commencera par purger Moniteur
fuivant cette formule.
P V R G A T 1 O N..
Prenez pulpe de tamarins fis dragmes-
rhubarbe concaffée deux fccupules -, fleurs
de mauve une demi - poignée ; fleurs de
pêcher deux pincées ; faites bouillir dans
Peau de fontaine de maniéré qu’il en refte
une livre , dans laquelle vous ferez infu-
fer fenné de levant deux dragmes 5 vous
difloudrez dans la colature trois onces
de manne, dont vous ferez une potion
pour deux dofes, qui feront prifes le ma¬
tin à deux heures de diitance de l’une à
l’autre.
' • Immédiatement après Monfieur pren¬
dra pendant fix matins l’apozême fuk
vant.
A P O Z JE M E.
Prenez racines de fquine coupées par
tranches minces une dragme ; les cuiflès
de fix grenouilles de riviere ; deux écre-
vifiès auffi de riviere, étouffées dans l’eau
chaude , & écrafées dans le mortier de
marbre -, feuilles de chicorée fauvage &
de crefTon d’eau de chacunes une demi*
DE MEDECINE. 3 I p
poignée ; dix cloportes lavés & étouffés
élans le vin blanc; faites félon l’Art un
apofême qui fera pris le matin.
On difloudra alternativement dans la.
prifè de l’apozême ou une once de fyrop
des cinq racines , ou une once de celui
de chicorée compofé.
Pendant les fix matins fuivans Mon¬
teur ufera du bol ci-deflous décrit ,
avalant par-deffus chaque dofe une ou
deux taffes d’infufion des feuilles féehes
do citronelle préparée à la maniéré du
thé.
B O L.
Prenez conferve de fleurs de romarin ,
êc pondre de guttete , de chacune quin¬
ze grains; cloportes préparés huit grains ;
cajfia lignes en poudre , & extrait de
rhubarbe , de chacun fix grains ; faites
un bol avec le fytop des cinq racines.
On reviendra d’abord après au meme
apozême , & tout de fuite au même bol
avec l’infufion de méiifle pendant fix
matins , toujours avec la précaution dç
repurger à la fin de la même maniéré.
Monfieur boira en fuite pendant douze
matins une écuellée de petit-lait qu’on
Oij
Consultations choisies
tirera du lait de vache caillé le foir avec
la préfure ordinaire , & quon répare¬
ra de Ton fromage en lelaiffant égoutter
pendant la nuit à travers un linge pour
le clarifier d’abord après avec -le blanc
d’ceuf. On y jettera, pendant cette .clari¬
fication une pincée de fleurs de.tilleul, &
huit cloportes lavés & étouffés dans le vin
blanc, auxquels on donnera une ébulli¬
tion de quelques minutes avec le blanc
d’œuf. On difïoudra dans le petit - lait,
.coulé un peu de fucre roïal , & on finira
parle purgatif déjà prefcr-it.
Ces remèdes aïant été exécutés.. Mon*
üeurprendra pendantune neuvainedema-
tins le demi-bain domeftique tiède , ou il
demeurera une heure chaque fois,avalant
à îafortie une écuellee de lait de vache dé-
crêmé & coupé avec parties régales d’une
décoétion de racines de chiendent. Après un
repos de cinq ou fix jours,fi Monfieur s’eft
bien trouvé des demi bains & du lait
coupé, il les réitérera pendant une fé¬
condé neuvaine, fe repurgeant à la fin
avec la même -médecine.
On ne croit point que l'application
des topiqes de quelque efpécé qu’ils piiiff
fent être fur les parties de la génération
proejire.quelque avantage pour en corri"
b ï M E D i c r n é. f*'?
gcr la foiblefle ; ainfi on eft d’avis de laif :
fer ces fortes de fecours -, mais la faifoii
des bains de Bade en Suide étant arrivée,
Monfieur lé transportera fur les fieux ,
§c y prendra les demi-bains , & même
les bains fuivant la méthode ordinaire.
On n’en fixe point lénombre,parcequ’èn
doit les régler fur les effets qu'ils produi ¬
ront.
L’automne prochain’, Monfieur re¬
viendra aux mêmes àpozêmes & au mê¬
me bol, avec le même ordre & les pré¬
cautions confeillées pour le premier ufa-
ge de ces remèdes, & immédiatement
après il boira le matin le lait d’ânedè en¬
tier à la dofe d’une écuellée ou environ ,
y mêlant chaque fois une couple de cuil¬
lerées de la fécondé eau de chaux , &
continuant de même pendant un mois &
demi. Ce lait aïant bien réufïï pendant
une dixaine. de jours , Monfieur mange -
-ra le foie à fon fouper, ou une foupe ou
un ris au lait de vache , emploianr le pur¬
gatif ordinaire à la fin.
Pendant le tems du lait , on ajoutera
de deux en deux jours à la première cuil¬
lerée de celui du matin une poudre faite
avec quinze grains d’antimoine diaphoréci*
que & douze grains de cachou brut ré¬
duit en poudre. Oiij
3 IS CoNSULtATIONS CHOISIÊS
Avant de recommencer les remèdes de
1 automne, Monfieur pourra donner avis
de Ton état, & y faire joindre les éclair-
ciflemens qu’on a jugé à propos de lui
demander.
On fe flatte que par le moïen des le-
cours que l’on vient de propofer Mon¬
fieur pourra recouvrer fa première fanté,
ôc fon ancienne vigueur ; on efpere auffi
qu’il fe mettra en état d’exécuter les pro¬
jets qu’il avoit faits pour fon établiffe,
ment, pourvu qu’il ne fe rebute pas de
l’ufage des remèdes, & qu’il donne le
tems à la nature d’agir &; de reprendre
fes forces. On le prie de vouloir bien
détailler les circonftances qui ont accom¬
pagné l’accident de galanterie dont il eft
parlé dans la. relation , avec la maniéré
dont il a été traité ; il marquera en mê¬
me tems fi on s’eft fervi d’injections, ou
lion.
Monfieur ne pouvant pas fupporter les
alimens gras, fe nourrira pendant quel¬
que tems avec des crèmes de ris ou de-
gruau à l’eau ou au lait, avec des çeufs
frais & du poifion de riviere de la meil¬
leure efpece ; mais qui fera cuit fur le-
gril ou à la hollandoife, c’eft-à-dire, à.
l’eau. On pourra pourtant y joindre de
e MïDîciyi.
tems en tems un peu de bon rôti. Iîs’abf*
tiendra des ragoûts, des falades , des
fruits cruds „ des légumes , 8c de tous les
alimcns de haut goût, groffiers f indi-
ge-ftes , ou échauffons.
Monfîeur ne doit pas s’inquiéter fur
les accidens qui l’intereffent le plus „ mais
il eft abfolument néceffaire qu’il prenne
le parti de la continence , qu’il fediffipe
d’ailleurs par la promenade , par la fré¬
quentation du fpeéïacle y des concerts
8c des aflemblées où il trouvera às’amu-
fer gracieufement, & par toutes les oc¬
cupations qui j fans le fatiguer & le con¬
traindre , pourront le diftraire des idées
défagréables qui fe préfentent continuel¬
lement à fon efprit, 8c troublent fàtraa-
quillité.L’oü verra parce qu*il aura la bon¬
té d’apprendre fur l’effet des diffêrens fè-
cours qu’on a l’honneur de lui propofer ,
8c fur les nouveaux éclairciffemens, s’il
conviendra dans la fuite de changer la
méthode du traitement.
Délibéré à Montpellier ce 6 mai 1744.
Signé , Montagne, Chaîial.
^ 20 CONSULTATIONS CHOISIÎS
CONSULTATION LUI.
Sur une fenfibilitè aux jeux a la chandelle
fans inflammation extérieure.
L A fenfibilitè plus ou.moins incommo*
de que Mademoifelîe éprouve aux
deux â'eux à l’arrivée de la nuit, fur-tout
lorfqu’elle veut lire & s’occuper à la
chande.le, fans qu’e l’on remarque aucu¬
ne rougeur dans les parties extérieure?
de l’œil , doit être rapportée à la trop
grande tendon des filets nerveux de la ré¬
tine 8c en même tems à l’épaiffifiement
8c à la faumure de la mafiè de Ton fang ,
dont la diftribution fe trouve un peu gê¬
née dans les vaifleaux fanguins des deux
rétines. Les boutons accompagnés de dé-
mangeaifon,qui parurent fur tout le corps
de Mademoifelîe l’été palfé , confirment,
l’état des liqueurs dont il vient d’être
fait mentioh.
Pour délivrer Mademoifelîe de l’in¬
commodité que lut caufent fes feux après
qu’ils ont été un peu fatigués dans la jour¬
née , on doit avoir en vue de foutenir les
fonctions de l’eftomac dans le bon ordre,*.
de MEDECINE. 3 2.1
3 e divifer la ma {Te dufang fans l'incendier,
d’en adoucir la faumure , & de corriger
la tenfion qui furvient dans les filets de
la rétine fur le foir , d’une maniéré pref-
que périodique. On. efpere que ces indi¬
cations feront remplies par le moïen des
remèdes fùivans.
On commencera par faigner Made-
moifelle du pied , & on lui tirera deux
bonnes palettes de fang , pour la purger
le lendemain avec deux fcrupuîes- de*
rhubarbe coneafïèe &une demi poignée de
fleurs de mauve, dont 011 fera une décoc--
tion, dans fix onces de laquelle on laif»-
fera infufer pendant la nuit une- drag-
me de fenné, diflolvanr le matin dans;
l’infufion coulée une once & demie de'
manne, & une once de fy.rop de rofes.;
folutif.
Immédiatement après Madèmoifelle
boira pendant dix matins un bouillon fair:
avec un morceau dé maigre de veau , les»
cuiÏÏes dé quatre grenouilles écorchées &:
écrafées, deux écrevifles de riviere étouf¬
fées dans l’eau chaude Sc écrafées dans
un mortier, & une petite poignée en tour:
des feuilles de chicorée amere& de cref"
fon de fontaine. On jettera dans le por
fur Ua fin de la codion une dixaine des
O y»
31Z Co N S U LT A 'i-ro N S CHOISIE S
cloportes lavés & étouffés dans le vin
blanc, Sc on repurgera à la fimavec la
même médecine.
Pendant les douze matins fuivans , Ma-
demoifelie prendra un grand verre ou
une écuellée médiocre de petit-lait,qu'on?
tirera du lait de chevre caillé le foir avec:
la préfure ordinaire, & qu’on féparera de-
ion fromage en le laiflanc égoutter pen¬
dant la nuit à-travers un linge pour Je cla¬
rifier d’abord après avec le blanc d’œuf.
On y jettera pendantcerteclanficarionfepî
ou nuit cloportes lavés & étouffés dans
le vin blanc , fmiflant par le purgatif.
Dans le mois de juillet, Mademoifel-
le ufera pendant dix ou douze matins du
bain domeftique tiède ,ou elle demeurera
une heure chaque fois, avalant à là for-
tie un bouillon de poulet auquel on ajou¬
tera une pincée de cerfeuil, & un peu de
blanc de laitue.
Vers le quinze d’août Mademoifèlîe,
boira pendant une dixaine de matins les
eaux cTYeuzet. On didoudra le premier
jour de la boi (Tonde ces eaux dans lemêroe
verre deux onces de manne & deux d-ragmes
de fel d’Angleterre. On aura la même
précaution le dernier-jour dans le pénul¬
tième ou dernier verre.
Si E MoïClHt 313
le printems prochain & l'été qui ie
fuivra Mademoifeile pourra avoir re¬
cours aux mêmes remèdes que l’on vient
de confeiller, &qu’elle exécutera avec le
même ordre & les précautions énoncées
ei-defliis.
Il eft abfolumenynéceffàire que Ma-
demoifeîle obferve de ne pas fatiguer fa
vue , de ne pas s’expoïèr à la grande cha¬
leur , au grand froid , ni au ferëin , 8c de
renoncer à toute occupation qui deman¬
de une contention de la vûe, le foir Sc
pendant la nuit. Elle fe nourrira, fur-touc
dans le tems qu'elle fera les remèdes
avec des potages à la viande , du bouilli
&du rôti, s : abftenantdes ragoûts, de la*
pâtiflerie , des falades , des fruits cruds r
des légumes, & de tous les alimens gref¬
fiers , indigeftes 5 ou échauffons.
Délibéré à Montpellier le S. mai 174 : 4 ^.
Signé J M O N T A G N E*.
mm-
P'w
Consultations choisies
CONSULTATION LIV.
Sur uns ajfeüion foporeufe- précédée de
migraines.
L ’Attaque d’affèllün foporeufe,quifur^
vint à- Monfieur vers les cinq heures
du matin le vingt-unième d’avril paf-
fé, doit être regardée comme la produc¬
tion d’un fang épais, lourd, & pelant, qui
s’eft arrêté dans le cerveau;, & y a caufé
une compreiïlon capable de lu (pendre
l’exercice des différentes fenfatibns , &:
par conféquent l’écoulement des efpriirs
dans les parties qui en font les organes.
La migraine qui a (fede "tantôt l’un ,
tantôt l’autre côté de la tête , eft une fui¬
te de quelque vice organique qui empê¬
che les liqueurs de rouler avec facilité
dans la fubftance du cerveau. Ce defor-
dre avoit été annoncé par les ébiouifle-
mens, par les vertiges, & le mouvement
apparent des objets, dont Moniteur s’é-
toit apperçu quelques, jours a vaut l’atta¬
que , & qui (uniment encore fous quel¬
ques modifications particulières. Il eft
même naturel de penfer que les nerfs
b e Médecin F.
vi fuels. & même là rétine 3 fe fonr réfrén¬
as & fereffentenr encore d’une manière
plus particulière, du vice qu'ont" feuffere
les folides de ce vifeere. tes différent
phénomènes que Monlîeur a éprouvés, &C
qu’il éprouve encore, dans les fondions
de la vifîon, & pendant la nuit St pendant
le jour , ne permettent pas d’en douter.
Il paroi t: inutile d’expliquer dans le
détail ces fymptômes finguliers, qu’on
déduira très- aiféme^ des principes de
l’optique, dé là eonnoiflànce. des cau.fes
du vertige , & dès obfervations que l’on
a pû faire journellement fur lès maladies
d'esdeux , Sc principalement fur celles
qui fuppofent un ét£c phlogiftique de là
rétine, ou des. autres parties intérieures
de l’œil.
Le mal dè cœur qui accompaghe ou pré¬
cédé communément, les accès de migrai¬
ne la grande quantité de matières
bilieufes que le malade vomit après une
boiffon abondante de l’eau tiède mêlée
avec Phuile , prouvent clairement que le
défordre des dfgeftions aoccafionné lès
premiers âccrdens. Ceux qui fub fi firent
encore , & l’affedion feporeufe, pour
lefquels on a emploïé foie à propos plu-
fieurs remèdes j les fatigues d'éiprit peu
U6 Consultations choisies
înefurées auxquelles Monfieur s’eft livré,
depuis fort, long-tems & la vie fédenrai-
re qu’il a menée pour s’attacher à Tes af¬
faires domeftiques, ont beaucoup con¬
tribué à troubler loeconomie des digef-
tionSjles fondions les plus néceflaires à
la vie, & les différentes députations aux¬
quelles les principaux vifcéres font defti-
ïiés; les attaques de vapeurs ou de mélan-
eholie que le malade a dfuïées en divers-
tems donnent lieu de penfer que le fyf-
terne nerveux a étüfredé antécedemment:
à la maladie qui fait le fujet de cette Con-
fultation.
Pour préveni# les fuites de l’état prê¬
tent de Monfieur,» on doit fe propofer
de redifier les digeftions ; de procurer
une divifion douce & ménagée à la malle
du fang; de la faire rouler avec liberté dans
les vailïèaux du cerveau ; êc de corriger le
vice organique que l’on a lieu de foupçon-
ner dans quelque portion de ce vifcére, &
fur-tout dans les nerfs vifuels, ou les fi¬
bres nerveufes qui doivent entrer dans
leur compofition avant leur réunion. On
efpere que ces indications feront rem¬
plies par le moïen des remèdes fuivans.
Suppofé qu’on ait encore des marques
d’abondance de fang, & que la ficuarion-
TV F M E D* S C I N ?.. T1J-
du poulx le permette , on fera une (li¬
gnée ctu pied , dans laquelle en tirer*:
deux bonnes'palettes de (ang y&c le lende¬
main de la (aignée,pu le furlendemain^on ,
purgera, fuivanc cette formule-
V V RG. AT T O Ni
Prenez* rhubarbe une dragme ; fleurs
de pêcher deux pincées faites bouillir
fe tout dans l’eau de fontaine, de forte
quil en relie une chopine y dans laquelle
vous ferez in (mer dèux dragmes & de¬
mie de fenné mondé , & vous «Moudrez
dans la colàture deux onces demanne.On
fera du tout deux prifes qui feront don¬
nées le matin à quatre heures d'interval¬
le l’une de l’autre.
On pourroît. ajouter quelques grains
de tartre ftibié au premier verre , fi on le
jugeoit nécellaire.
Pendant les dix matins fuivans, Mon-,
fleur boira un bouillon fait avec un mor¬
ceau de collet de mouton , une dragme
ëc demie- de racine de pivoine mâle con-
cafïée, deux écreviflès de riviere étouffées
dans l’eau chaude & écrafées dans un
mortier . & une poignée en tout des feuil¬
les de creflôn de fontaine &c de chicorée
5 J.S Consultation? chotsifs
a mcre. On jettera dans le pot fur la fins-
de la codion dix ou douze cloportes la¬
vés & étouffés' dans le vin blanc , & ovr
réitérera la même médecine à la fin, mai?
fans vomitif.
Pendant les dix matins-fuivans, Mon¬
sieur ufera dir bol ci-deîfous décrit, ava¬
lant par-dédits chaque dofe une ou deux
ta'Tes d’infufion dés feuilles féches deci-
tronellèj ou dé fleurs de l'ilium convalüum ,
préparée à la maniéré du thé , & réité*-
r-ant la même médecine à la fin.,.
BOL.
Prenez poudre dé guttete dix - huir
grains 5 cloportes- préparés huit grains
cinnabre d’antimoine quatre grains. Fai¬
tes un bol avec lé fyrop de-pivoine.
On examinera après ces remèdes l’é¬
tat de Monfieur , & , fi fa migraine con¬
tinue avec le dérangement de fon ef-
tomac, on lui fera boire pendant trois'
matins les-eaux de Balaruc dilTolvant le"
premier jour de là boiflon dans le pre¬
mier verre deux onces dé manne , &
vingt-cinq grains de rhubarbe en poudre..
On? en fera de même le troifiéme jour.
Vf MEDECINE. $1$
dans le dernier ou le pénultième verre,
fi mieux on n’aime , toutes réflexions
faites , envoïer le malade à Balaruc pour
y prendre la douche , & y boire les eaux.
Suppofé qu’après la boiflon de ces eaux
exécutée à Marieille, Mon fient: fie trouvât
. échauffe, il pr§pdra pendant douze matins
une écuellée de petit-lait de chevre cail-
lé le foie avec la préfure ordinaire, qu’on
féparera de fon fromage en le laiflant
égoutter pendantrla nuit à travers - un lin¬
ge , pour le clarifier le matin avec !e-
bîanc d’œuf. On y jettera pendant cet¬
te clarification une pincée de fleurs de
ülmrn convallmm , auxquelles on donnera
une ébullition de quelques minutes avec
le blanc d’œuf , y éteignant en même
rems quelques morceaux de fer rouilles ,
& rougis au feu. Ondiflôudra dans le pe-
tît-lait coulé un peu de fucre roïal, & on
aura recours au purgatif Ample à la fin.
On ne juge pas qu’il foit permis de
propofer une plus longue fuire de remè¬
des, n’aïantpas tous les éclairciflemens
néceflàires pour une parfaite connoiffan-
ce de la maladie, qui d’ailleurs peut pren¬
dre des tournures .que l’on ne fçauroit
prévoir. On pafle fous fiîence le régime
Revivre a que Monfieur le Médecin ordi-
jjo Consultations choisies
mire aura la bonté de confeiller fuivant fâ
prudence confommée.
Délibéré à Montpellier le zo. mai
tj^.'Signé, M o N T A G N £.
CONSULTATION LV.
Sur des dartres , des clouds , des maux dt
tête , & aux oreilles , accompagné de tin¬
tement 5 & quelquefois de . dureté douie*
L Es; dartres auxquelles Monfieur eft
(îa jet depuis très-long-tems, les clous
qui ont paru en diflerentes parties de ion
corps , les maux & ïa pefantéur de tête y
le lendment de chaleur ôc de douleur
qu'il éprouve aux oreilles 3 & qui eft ac¬
compagné d’un tintement prefque conth-
nuelj & enfin la dureté paflagere de i'oüie
qui furvient alternativement à chaque
©reille ; tous ces accidc-ns , dis-je , font
les productions d’un fang fec , épais , &
acrimonieux , êc de la trop grande élafti-
cité du genre nerveux.
Ladifpofition vicieufe, tant des folidet
que des fluides eft démontrée par le tem¬
pérament vif & méianchoiique de Moi>
f l M ! D ! C 1 S E, ~
Heur , par là grande fenfibilîté au morn*
dre chagrin, & par fes attentions défa-
gréables & inquiétantes fur fes differen¬
tes incommodités.
Pour fuivre les régies de la bonne pra¬
tique dans le traitement des accîdens qui
font le fujet de cette Confultation , on
doit fe propofer de mettre les digeftions
en régie » de divifer le fang avec beau»
coup de douceur, 8c de ménagement y
d’en corriger l’acrimonie qui a pris le'def- '
fus -, & de redonner au genre nerveux fa
fouplefle naturelle : on efpere que ces
indications feront remplies par le moïen
des remèdes fuivans.
Monfîeur commencera par fe repofer
quelques jours, après fon arrivée chez'
lui, & d’abord après on lui tirera deux
palettes de fang du bras , pour lui.don»
ner enfuite pendant fept ou huit matins
un bouillon fait avec un jeune poulet %
les cuiilès de quatre ou cinq grenouilles
écorchées & écrafées, deux écreviffes de
riviere étouffées dans l’eau chaude 5c écra¬
fées dans un mortier'', & une poignée en
toux des feuilles de pimpinelle 5c de chi»
Corée a^ere.
Après ces bouillons ,. Monfieur fera
purgé avec une once de tamarins, la puf»
J 3*1 CoNStTLTATIONS CHOISIES
pe tirée de quatre onces de cailè en Bâ¬
tons fans la palier, une draguae de rhu-*
barbe concalTée, autant dé fel d’Èpfonr,
& deux pincées de fleurs de pécher, dont
on fera une décoétion , dans huit ou neuf
onces,de laquelle, après l’avoir coulée, on
dîlfoudra deux onces de manne.
Immédiatement après. Monfieur pren-.
dra pendant'dix matins le Bain domefti-
que tiède, où il demeurera une heure
chaque fois', avalant à la fortie une écueî-.
lée de petit lait de chevre préparé avec
la préfure ordinaire , & clarifié avec le
blanc d œuf, aïant la; précaution de re'-
purger à la fin.
Pendant les quinze matins fui va ns
Monfieur boira un bouillon fait avec fa
chair , fè foie t le fang , êc lé cœur
d’une tortue d’une grandeur ràifcnnable-,
deux écrevilles de riviere étouffées dans,
l’eau chaude St écrafées dans un mor¬
tier , & une poignée en tout des.feuil¬
les de fcolopendre & de creflon de fon-
raine , pour repurger à la fin avec là
même médecine, ôt revenir d’abord après
au bain domeftique tiède, qui fera con¬
tinué pendant- une fécondé dixafne , fai-
font avaler à la fortie une ou deux tafiès
dfinfullon des feuilles féches de citronei-
B! MEDECINE. 333
1- préparée à la maniéré du thé.
'Vers le quinze d’août,, Monsieur boira
•pendant dix matins les eaux d’Yeuzet„
mais .dégourdies ou tiédes. Qn dilToudra
' le premier jour de la boidon dans le pre¬
mier-verre deux onces de manne & vingt
•grains de rhubarbe en poudre : on ea
fera de même le dernier joui dansle der¬
nier verre.
On pourra le fervir de l’eau tiréedu-
?ne branche de frêne verte , qu’on brûle
par un bout & dont on ramafife d’eau qui
coule parle bout oppofe, pour injeéter
.alternativement dans chaque oreille, en
•faifant placer ie malade fur le côté op-
pofé 3 &.refter pendant quelque terris dans
cette attitude.. On ajoutera à la quantité
d’eau de frêne qu’on aura ramalfé le tiers
ou le quart d’eau-de vie ordinaire, far¬
dant tiédir une partie de ce mélange quand
on veut s’en fervir.
On emploiera aulîi pendant quelque
ftemsle remède fuivant pour en injeéTèr
une certaine quantité , qu’on aura rendu
tiède , dans l’une ou l’autre oreille alter-
. nativement au moïen d’une petite feria-
^.gue.
554 Consultations choisies
I NFV S 10 N.
Prenez des fleurs de camomille & de
mélilot de chacunes, une pincée, que vous
jetterez dans dix onces d’eau de fontaine
touillante , & que vous y laiflerez infu-
fer à froid pendant une couple d’heures.
On difloudra dans la colature une once
du meilleur miel blanc.
On ne propofe pas une plus longue
fuite de remèdes pour la dureté d'oreille,
parce qu’on ne les juge pas néceflai-
res.
Monfieur doit fe nourrir avec des po¬
tages à la viande , du bouilli' & du rôti,
& s’abftenir des ragoûts, des falades, des
fruits cruds, & de tous les alimens de
haut goût, groffiers , indigeftes, ou in-
cendians. Il elt abfolument néceflàire
qu’il combatte le penchant qu’il a à la
nJtlancholie,&: qu’il fe diffipe par la pro¬
menade # & par la fréquentation des per-
fonnes d’une fociété gracieufe , 8c enfin
par tous les plaifirs honnêtes qui font en
état de croifer fes réflexions triûes 8c
défagréables.
Délibéré à Montpellier ce io. juin
1744 . Signé 3 M ont A GNÎ,
©s Médecins.
•53 S
CONSULTATION LYI.
i Pour la .même fer firme de la même maladie
que la 'Conjaltation LIV,
O N a lu avec beaucoup d'attention,
le fécond mémoire à l’exaclitude
duquel il n’y,a rien à ajouter. On l’a com¬
biné avec le premier, & on a eu lieu de
fe convaincre de l’exaélitude avec laquel¬
le les circonftances de la maladie ont été
décrites depuis leur première époque.
L’idée qu’on en avoit eu d’abord demeu-'
re à peu près la même pour le fonds, Sc
pour le prouver d’une maniéré évidente #
on fera les réflexions fuivantes.
' i°. Depuis fon enfance jufqu’à l’âge
de feize ou dix-fept ans, Monfieur a été
fujet à des évanouiffemens, dont la plu»
part fè trouvoient accompagnés de perte
de connoiflance. Il en effuya même une
attaque de cette elpece en 1739.
2 0 . Les dîfférens évanouiflemens fe
font toujous terminés par un vomifle-
ment de crudités, ou matières bilieufes ,
qu’on a tâché de déterminer par la boif»
fon de l’eau tiède , feule ou mêlée avec
de l’huile.
Consultations choisies
3°. Il y a eu deux attaques d’évanouîf.
femens, l’une arrivée durant l’aétion d’un
purgatif, 5 c l’autre après avoir pris une
certaine quantité d’eau impériale que
l’on doit naturellement attribuer à l'irri¬
tation. violente que fouftrit l’eftomac de
la part de la médecine , tk de l’eau im¬
périale.
4°. Durant plusieurs années de fa jen-
neffe, Monfieur fut fatigué par des accès
de fievjre , pour lefquels il ufa du Quin¬
quina , & de différens ftomachiques ou
fébrifuges.
5°. En 17 3 4. Monfieur tomba dans
une afFeétion mélancholique qui dura
vingt-un mois, & qui fut terminée ou
par le tems, ou par le fecours de quel¬
ques remèdes.
■ 4 °,. En 1737. Monfieur eut de grands
éblouiffemens, il voïoit les objets dou¬
bles , & -fe remuans quoiqu’immobiles ;
il n’étoit pas en état de juger de leur fi-
tuation , & enfin il effuya en même tems
une foi te attaque de mélancholie. Ces
accidens furent terminés par un chagrin
des plus vifs qui lui furvint dans ce tems-
2à-
Des faits que l’on vient d’avancer, Sc
«pii font tirés du premier mémoire, on
- ^ a
t> E MEDECINE. 537
* droit de conclure que Mofieur a eu
l’eftomac mauvais depuis fon enfance , &
que fes digeftions fe font foutenues dans
le défordre depuis ce tems-là jufqu’àpré-
fenr.
Si on a égard aux accès de mélancho-
lie , d’une plus grande ou d’une moindre
durée , l’on verra qu’ils fuppofent un
état d’épaiffiiïèment & de fau.mure dans
la mafle du fàng\ & une trop grande
élafticité ou tenûon fpafmodique du fyC-
tême nerveux.
Comme la perte de connoiffance apreC
que toujours été jointe aux évanouiffe-
mens qui ont paru d’abord , & que cet¬
te cîrconftance s’eft encore rencontrée
dans la dernîere, arrivée vers la fin d’a-
Vril , il eft naturel de penfer que les vaifr
féaux du cerveau ont été un peu foibles.
ou ont fouffert de légers embarras y qui
ont troublé la libre diftribution du fàng
dans les vifceres, fur-tout îorfqu’il eft
tombé dans un état d epaiffiflément plus
çonfidérable.
La migraine qui a refté après la der¬
nière attaque , les change me ns furvenus
dans les fon(^^fts'de'dàt ; vufe! ; ^éoriiriië1e
vertige , la vue apparente des mêmes
„ objets dans plufieurs endroits, le ; juge¬
ra n 1?
5 5 S. Consultations chois ns
ment Turlçur fituation & fut leur figu¬
re peu conforme à. la réalité, & les au¬
tres accidens qui ont dérangé l’xrcono-
mie naturelle de la vifion, ne permet-
tenf pas de doutgr que les nerfs optiques
pu la rétine, &. félon toutes les appas,
rences, les. deux enfemble, iraient reçus
des impreffipns particulières, & que les
folides qui ; les compofent n’aient perdu
leur véritable harmonie..
Pour peu de réflexion que l’on fafle
aux circonftances dont on vient de don¬
ner le détail • on déduira. trçs-aifémenc
l.a caufe de laffecKon foporeufe dont
Monfieur fut attaqué le vingt-uniéme
d’avril pafle^auffi-bien que celle des autres
accidens qui l’a voient précédée, qui l’ont
accompagnée , &c qui ont fubfifté quelque
tems après. On ne s’étend pas davantage
fur cette matière en ayant déjà parlé dans
l’autre Confulcation autant qu’il paroît
néceflaire pour prendre les indications
d’une faine pratique,,^ pour le choix
des remèdes que l'expérience a démon¬
trés les plus propres pour prévenir le
retour de pareilles attaques.
Ou ne croit point devoir rien changer
dans les differentes indications qu’on a
fui vies dans l’autre Confuîtation , on va
» E MEDECINE.
feulement ajouter quelque chofe dans la
difpenfation des remèdes, pour s’accom¬
moder à la faifon qui en demande de par¬
ticuliers.
Monfieur pourra commencer, par pren¬
dre durant cinq ou fix matins le demi''
bain domeftique tiède , où îl demeurera
une heure chaque fois avalant à la for-
tie une couple de cafles d’infufion des
feuilles féches de citronelle préparée à
la maniéré du thé. Après quelques jours
dé repos il reviendra au demi-bain do¬
meftique , &à la même infufîon durant
cinq autres matins ; êc, fi Monfieur s’en
eft bien trouvé, après un autre intervalle
de quelques jours, on réitérera le demi
bain avec l’infiifioii pendant cinq ou fix
nouveaux matins.
Vers le commencement du mois d’août
prochain, Monfieur boira pendant cinq
matins les eaux de Vais , mais dégourdies
ou tiédes. Leur quantité par matinée ,
dans le commencement fur-tout, n’excé¬
dera pas celle d’une pinte 6 c demie , ou de
deux pintes tout au plus, mefure de Pa¬
ris , qu’il faut avaler dans l’efpace de deux
heures ou environ : on difloudra le pre¬
mier jour de la boifloii dans le premier
verre deux onces de manne, & vingt-cinq
14a Consultations choisies
grains de rhubarbe en poudré. On aura
ü même précaution le cinquième jour
dans le dernier ou pénultième verre.
Suppofé que ces eaux pinçaflènt l’efto-
mac , on pourroit les affbibliren y ajou¬
tant un quart de l’eau de fontaine fini-
pie : &, fi l'onremarquoit que leur boif-
ibn eau fat des pe fauteur s de tête , un af-
foupifïèment,ou des vertiges, on eu aban¬
donner oit- l’ufage d’abord , ■& on purge-
roit le malade avec là médecine ordinai¬
re , ou celle qui a été prefçrite dans l’au¬
tre Conful nation.
Mais fi au contraire les eaux avoient
bien parte pendant les cinq jours, on laif-
feroit Monfieur tranquille pendant quel¬
ques jours, & on réitéreroit la boiffon
de ces eaux pendant cinq aurres matins ,
avec les précautions qu’on vient de con-
ifèiller , en augmentant même un peu la
quantité fuivant leur effet. L’automne
prochain on aura recours aux bouillons,
au bol, & au petit-lait qui font preferits
dans l’autre Confultation , obfervant én
toutles mêmes circonftances.
L’hy ver prochain Monfieur pourra ufer
trois fois la femaine le matin à l’heure de
fou dîner dans la premierre cuilleréç de
foupe du fafran de mars apéritif prépa*
fiï Me d e ci rï. ^ 14 **
ré'à la rofée du mois de mai, à la dofe
de huit à dix grains , fi mieux il îT aime
prendre le matin a jeun de tems en tems;
comme deux ou trois fois la femaineuii
bol fait avec douze grains de poudre de
guttete , & fix grains du même fafran de
mars , qu’on incorporera avec quelques
gouttes de fyrop de ca pillai re. Il avaler oit-
par deflîis une ou deux tadès d’infufiorr
de feuilles féches de citronelle , ou des
fleurs de làugè franche 3 . préparée à la;
maniéré du thé.
On prie M. le Médecin ordinaire de
vouloir bien fe charger du foin de prêt
crrré le régime de vivre fuivant fes lu^
mieres.
■k Délibéré à Montpellier ce 17 juin-
1744.
Signe Montagne
CONSULTATION LVIL
Sur des attaques de go use.
L A goûte dont Moniteur eft fatigué
depuis plufieurs années, & dont if
vient d’effuyer une attaque des plus for-
P iij
54i Consultations choisies
tes,fans encore être entiérement-terminée,
doit être regardéé comme l’effet de l’em*
barras des glandes mucilagineufes fituées
dans les articulations affè&ées en dernier
lieu , & en même tems de leur difpofi-
îion phlogiftique.
L’épaiffiffement & la faumure de 1 $
lymphe articulaire , qui ont occafionné
l’obftruétion & le gonflement des glan¬
des, fuppofent que tout le corps de la
lymphe, 8 c le refte de toute lamafledu
ïang, ont acquis la même conftitution vi-
cieufe.pmais les differens accidens qui ont
accompagné les accès de goûte prouvent
clairement quil y a une maniéré particu¬
lière à laquelle on doit les rapporter, &
qu’on ne fçauroit placer que dans les pre.
mieres'voies.
Les fymptomes qui fe font toujours
fait le plus remarquer font des bouffées
de fièvres irrégulières pdes, accès portant
le caraélere de fièvres intermittentes , &
pour lefquels on a été forcé d’ufer dn
quinquina, 8 c même de purger , fans at¬
tendre la fin de 1 attaque ; des yomiffe-
mens plus ou moins fréquens, dont le
malade n’eft pas exempt, même après la
îerminaifon de la goûte ; & enfin une fuf-
penfion dans l’écoulement de l’urine, qui
DE MEDECINE. . 34 $
a été allez incommode. L’on voit claire¬
ment que les mauvaifes digeftions don¬
nent lieu à tous ces accidens,,& quelles
entretiennent le défordre de la maflè du
fang , & par conféquent la durée & l’o-
piniatreté de la goûte.
On éprouve journellement chez les
gouteux que les remèdes délayàns &
adouciflans , mais principalement le lait
& Tes préparationsjeur fournirent les fe-
eours les plus efficaces j mais le mauvais
eftomac de Monfîeur , & la propriété
qu’il a de communiquer une aigreur des
plus marquées aux alimens expolés à fon
à&ion croifènt abfolument l’ufage de ce
remède alimenteux • ainfi'on eft forcé de
prendre une autre route.
Pour tirer tout le parti poffible des dif-
polirions que l’on rencontre chez Mon-*
Leur, l’on doit fe propofer de reétifier
les digeftions ; de procurer une divifion
douce & ménagée à la lymphe } & au
refte de la maflè du fang ; d’en corriger
la faumure dominante , & de rétablir le
reffort des glandes mucilagineufes, & des
autres parties voifines des articulations les
plus expofées aux attaques de la goûte,
ayant foin en même tems de calmer la
violence des douleurs, quand elles s’yjoi*
P iiij
544 Consultations chois-iis
gnent. On fe flatte que ces indications fe¬
ront remplies par le moyen des remè¬
des fuivans.
Monfieur s’étant rendu chez lui,& l’accès
de fa goûte étant terminé , ou pour le
moins très-diminué , commencera par
fe purger avec la pulpe tirée d’un quar¬
teron de caflè en bâtons fans la paffer, de¬
mi poignée de fleurs de pêcher , deux
pincées de fleurs de violettes, & une
dragmedefel d’Angleterre, dont on fe¬
ra une déco&ian,dâns un verre de laquel¬
le on laiflèra infufer pendant la nuit une
dragme & demie de follicules de féné, dif-
folvant le matin dans l’infufion coulée
.deux onces de manne, & une once de
fyrop de rdfes folutif.
Inmédiatêment après Monfieur boira
pendant dix matins un bouillon fait avec
un jeune poulet, une dragrne de racine
d’énùla campana concalfée, deux écrevif-
fes de riviere étouffées dans l’eau chau¬
de , & écrafées dans un mortier , & une
poignée en tout des feuilles de chicorée
amere , de fcolopendre, & de creffon de
fontaine.
Monfieur prendra enfuite pendant fix
matins les eaux de Vais , mais tiédes, dif-
folvant le premier jour de là boiffon daus
pr P. M E D E C I N ï. 34?
h premier verre deux onces de manne ,
& trois dragmes de Tel d’Angleterre ; on
en fera de même le dernier jour dans le
pénultième ,'ou dernier verre. La quanti¬
té de ces eaux pour chaque matinée n ex¬
cédera pas celle de deux pintes , ou de
deux pintes & demie, mefure de Paris.
Suppofé que ces eaux aient bien pafîé ,
Moniieur fe repolera pendant cinq. ou
fix jours , après lefquels il reviendra à
la boilîbn de ces mêmes eaux , pendant
fix nouveaux matins, fe purgeant de la
même maniéré dans le - premier verre le;
premier jour & dans le pénultième le >
dernier jour..
Suppofé que pendant la boiflon aë ce£;
eaux Moniieur fût menacé de quelque re¬
tour d’accès de fièvre intermittente, il ob-
ferveroit, ou tous les jours de la boilïon s .
ou de deux en. deux jours, d’avaler fur les
cinq ou fix heures de l’après midi une
dragme de quinquina dans l’eau de fon¬
taine avec fon marc ; ou en tout cas U
décodion de cette dragme de quinquina,
dans l’eau de fontaine réduite à un verre,,,
mais verlee trouble par inclination pour
Iaifîer précipiter la plus grande partie dw
marc.
l£ers le commencement de l’automne ^
B?
W ' ^ Consultations choisies
Mon fleur pourroit réitérer les bouillions
confeillés ci-deflus pendant dix matins ,
ajoutant à chacun fur la fin de la codion
une dizaine de cloportes lavés & étouf¬
fés dans le vin blanc , & purgeant à la
fin & au commencement de leur ufage.
avec la médecine confeillée ci-deffus.
Si Monfieur fentoit fon eftomac bien dif-
pofé, il tenteroit êafuite pendant dix ou
douze matins de boire un grand verre de
petit-lait,qu’on tireroit du lait de vache ou
de chevre caillé le foir avec la préfare' or¬
dinaire , Sc quon fépareroit de ion frbma-
ge,en le lainànt égoutter pendant la nuit à
travers un linge pour le clarifier le ma-*
tin avec le blanc d’œuf. On y jetteroit
pendant cette clarification huit cloportes
lavés <k étouffés dans le vin blanc , &
une pincée des fommités féches & fleu¬
ries de germendrée ou petit chêne , aux¬
quelles on donneroic une ébullition de
quelques minutes avec le blanc d’œuf, y
éteignant en même tems une couple de
doux rouilles & rougis au feu. On difïos-
dra dans le petit lait coulé un peu de fu-
cre roïal, finiffant par le purgatif.
Pendant l’hyver Monfieur pourroit
«fer deux ou trois fois la femaine dans
la première cuillerée de foupe * à l’heure
DE MEDECINE. 347
de Ton dîner du fafran de mars apéritif,
préparé à la rofée du mois de mai à la do-
fe de huit grains.
On auroit foin , s’il furvenoitdes atta¬
ques, de donner le foir à l’heure du cou¬
cher demi-once ou fix dragmes de fyrop
de pavot blanc dans trois ou quatre cuil¬
lerées d’eau de pavot rouge, ou de bar-
danne , pour calmer les douleurs. On fe
fcrviroit auffi pour boifion d’une ptifanne
faite avec une petite poignée de gruau-,
ou avenat mondé, & dépouillé de fon
enveloppe, qu ’on pileroit dans un mor¬
tier & que l’on feroit bouillir pendant
une heure dans trois chopines d’eau de
fontaine : coulant la décoélion quand elle
feroit refroidie.
A la place du quinquina en fubftance ,
fi Monueur avoir befoin de s’en fervir
dans fes attaques de goûte , il fubftitue-
roit l’apozème fui vaut, dont il prendroic
deux verres dans l’efpace de quatre heu¬
res , avec un bouillon dans Tefpacg
moïen.
AP O Z EME.
Prenez une poignée de feuilles de chi¬
corée ’amére hachées , & deux dragmes
de quinquina, que vous ferez bouillir dans
P VJ
34§ Consultations choisies
la quantité d’eau de fontaine néceflaire
pour qu’il refte'après la’.décoétion finie
deux verres de colature, qui feront em¬
ploies comme il a été dit.
Il eft abfolument néceflaire que Meu-
fieur garde un exaéfc régime de vivre ,
qu’il modère fes grandes occupations ~
& qu’il fe nourriflè, même hors de fes at¬
taques , avec des potages à la viande , des
crèmes de ris au bouillon, du bouilli &
du rôti. Il s’abftiendra des ragoûts 3 des
entremets , de la pâtiffèrie ,de la friture,
des falades , des fruits crnds de toute
efpece , des légumes, des châtaignes, &
de tous les alimens venteux , groffiers
indigeftes , ou échauffans ; buvant très-
peu de vin, 8c exrêmement- trempé , 8c
loupant très-frugalement.Durant les atta¬
ques il fera nourri avec des potages ,des
bouillons ,8c des avenats à l’eau , y joi¬
gnant quelquefois un morceau de vian¬
de bouillie ou rôtie,s’ilneft pas queftion
de fièvre.
Délibéré à Montpellier îe 18. juin
1744. figne Montagne.
B E MEDïC IN E,
34£
CONSULTATION LYIIL
Sur un engourdiffement \ une irritation &
chaleur aux doigts , attaques de grœ-
velle 3 & de goûte , cardialgie.
L Es attaques d’engourdîffement, & le
fentimeut d’irritation mêlé d’une cha¬
leur plus ou moins vive que 3e. très-Révé-
rend'Pere a prouvé fréquemment aux
doigtsdesdeux mains,maisp!us déterminé^*
ment à ceux de la-droite , depuis envirdîi
deux mois -, celles de gravelle & de goûte
aufîî violentes , qui font Parvenues après
l’ufage des bouillons incifirs j l’acci¬
dent d’oppteffion , accompagné de car-
dialgje , 8c d’un abattement de force ex¬
traordinaire , arrivé à: Avignon d’une
maniéré inopinée *, la douleur & la pe-
fanteur fixées dan-s certains tems fur le
front, & dans d’autres fur le fommet
de la tête , & à la nuque *, le tintement
ou bourdonnement d’areiiks j le renou¬
vellement de la gcuie au gros orteil du
pied droit, depuis que le malade s’tft ren¬
du en cette Ville i l’étouffement paffa-
3 jo Consultations choisies
ger, le dégoût, le friffon de peu de du¬
rée , les feux qui fe font fentir dans tou¬
tes les parties du corps ; l’abattement gé¬
néral & la foibleïïe qui s’eftfait apperce-
voir depuis peu dans tout le bras droit en
particulier ; tous ces aecidens, dis-je ,
font les produdions d’un fang fufcepti-
ple de fougue & de mouvement tumul¬
tueux , dénué de la portion féreufe, &
épais, réfineux & faumüré , & en mê¬
me tems de la trop grande élafticité de
tout le fyftême des folîdes , mais fur-
tout de celui des nerfs- & on a même
droit d’affurer que ces différentes incom¬
modités portent avec elles uncaradere
qui tient un peu du vaporeux.
Le tempérament vif & extrêmement
adif du très-Révérend-Pere ; les atta¬
ques de gravelle qui ont duré pendant
trois ans dè-fuite , 8c qui ont paru pour
îa première fois depuis vingt-un an ; les
accès de goûte qui ont commencé il y a
quinze ans , & qui font revenus pour la
troifiéme ou quatrième fois en dernier
lieu, prouvent évidemment l’état des flui¬
des & des folides que l’on vient d’établir,
& qui a été extrêmement augmenté par
l’étude & les contentions d’efprit aux¬
quelles le très-Révérend Pere s’eft livré
V ï Mîdïcimï.
fans mefure , foie pendant le tems qu'il
a enfeigné & donné dans la prédication,
foit pendant celui qu'il a occupé les em¬
plois les plus diftingués de Ton Ordre,
& a été chargé de la direélion des afîàires
les plus importantes. L’action réunie de
toutes ces caufes a retranché le baume
& le mucilage le plus fin de la maffe du
fiang , & la jettée dans l’état defécherefi.
fe& d’épaiffifièment tour -enlémble qui
font l’objet' de cette Confultation ; par
une fuite néceflàire les foîides fe font ref-
fentis des défordres "lurvenus dans les
fluides, & ont perdu leur fouplefle na¬
turelle.
Pour fuivre les régies de la bonne pra¬
tique dans le traitement des accidens ,
dont le très-Révérend Pere efl: fatigué,
fur-tout depuis deux mois ou environ,
on doit fe propofer de rectifier les di-
geftions j de procurer une divifion dou¬
ce & ménagée à la malfe du fang, non
par des fondans décidés, mais par des
détrempans , mêlés avec des incififs ,
exempts de toute fougue ; d’en rétablir
la douceur & l’onduofité , & de redon¬
ner au fyftême des iolides, & en parti¬
culier à celui des nerfs , la fouplelle qui
lui manque. Oii efpere que ces indicar
J j.2 - Consultations choisies
tiens feront remplies par le- moïen des
remedes fuivans..
Il parole inutile dé propofer des reme-
des : au malade pendant fon voyage ; ain-
û il ne les commercera qu’après fon ar¬
rivée à' Carpantras , <xi il te repofera mê¬
me pendant quelques- fours. On exami¬
nera pour-lors l’état ou il fe trouve, & ,
s’il étoit extrêmement échauffé, on lui
tireroit deux petites palettes de fang,
pour le purger après la faignée ,.ou fans
elle , pourvu qu’il ne foitpas queftion dé¬
goûté , avec cette médecine.-
RV RG AT 10 N.
Prenez fx’x dragmes de tamarins ; pulpe
dé caffe récemment extraice , & nom
mondée de. fês noïaux deux onces -, fet
d’Eplom une dragme ; fleurs de pêcher
& de violettes, de» chacunes une demi-
poignée faites bouillir dans l’eau de
fbntaine,& diffoudre dans une livre de co-
lature deux onces de manne de Cala¬
bre & une once de fyrop de rofès foîu~
tif. Partagez la liqueur en deux dofeç
qui feront prifes le matin , laiflant entre:
les deux deux heures de diftance.
1 >I Mib-icï-se.
Immédiatement après le très * Révé*
rend Pere prendra pendant nne neuvaine
de matins un bouillon fait avec un jeune
poulet, demi-dragme de femences de pa¬
vot blanc concaflees & enfermées dans un
nouet, les cuifles de cinq ou iîx gre¬
nouilles écorchées , & écrafées., & une
poignée en tout de feuilles de chicorée
aœere, & de pimpreneüe.
Le très-Révérend Pere boira enfuité
pendant fitx matins les eaux d’Yeazet, dé¬
gourdies ou tiédes. On dilloudra le pre¬
mier jour de la boiflon dans le premier
verre deux onces de manne ; on en fera
de même le dernier jour dans le dernier
verre..
Après cinq ou fîx jours de repos, files
eaux ont bien pafle , le malade en réitére¬
ra la boiilon pendant fîx autres matins y
avec les mêmes précautions.
L’Automne prochain , le très-Révé-
rend Pere pourra, reprendre pendant
neuf matins les bouillons que l’on vient
de confeiiler , & auxquels on pourra,
ajouter une ou deux écrevifles de riviere ,
tout au plus, fè fer vaut du même pur¬
gatif confeillé ci-deflus au commence¬
ment 8c à la fin des bouillons.
Immédiatement après il boira pendant
Consultations choisies
douze matins un grand verre , ou «nï
écuellée médiocre de petit-lait _,qu’on tire¬
ra du lait de vache , ou de chèvre caillé
le foir avec la préfute ordinaire, & qu’on
féparera de Ton fromage , en le biffant
égoutter • pendant ld nuit à travers un
linge pour le clarifier le matin avec le
blanc d’ceuf. On y jettera pendant cette
clarification une pincée de fommités fé-
ches & fleuries de petit-chêne, ou gec-
mandrée , auxquelles on donnera une
ébullition de quelques minutes avec le
blanc d’œuf. On dîflbudra dans le petit-
lait coulé un peu de fttcre roïal, & on fi.
nira par le purgatif.
Si le petit-lait avoir bien réufîî, le Ré*-
vérend Pere pourrait prendre pendant
un mois chaque matin un grand verre
de lait d’âneffe entier, y mettant chaque
fois deux cuillerées de la fécondé eau de
chaux. On repurgeroit à la fin avec k
médecine déjà preicrite , obfervant, d a.
jouter de deux en deux jours pendant
le tems du lait à la première cuillerée une
poudre faite avec quinze grains de corail
rouge préparé , & dix grains de cachou
brut réduit en poudre.
Le Révérend Pere ufera, comme il a dé¬
jà accoutumé de le faire, d’une légère in-
î> E M E T> 1 C ï N 3 î f
fufiôn de thé , ou de feuilles féches de
citronnelle , préparée a la manière du
thé , ajoutant de tems en teins s’il veut
à 1 un ou a l’autre un peu de fleurs de
violettes. Les effets qui fuivront l’ufage
de cette' boiffon le régleront pour la pré¬
férence de l’une fur l’autre.
Le t'rès-Révérend Pere aura la bonté de
fe ménager fur fes occupations, ôc ne né¬
gligera rien pour mener une vie douce ,
& tranquille.il fera gras pendant le cours
des remèdes propofés ci-deflùs, & fe
nourrira avec des potages à la viande ,
des crèmes de ris au bouillon, ou à l’eau,
du bouilli & du rôti. Il s'abstiendra des
ragoûts , de la friture de la pâtifferie ,
des faladés, des fruits cruds , des légu¬
mes , & de tous les alimens venteux ,
groffiers , indigeftes, ou incendiaire.
Suppofé que dans la fuite la foibleflè du
bras droit vînt à augmenter, il fe ren-
droit , ou à Dignes ,ou à Saint Laurent*
ou à Balaruc , dans la faifon convena¬
ble , pour fe faire donner quelques dou¬
ches à ce bras.
Délibéré à Montpellier ce 28 juin
1744. fiiP*' M o n T A G K E.
f.j5 Consultations choisies
C ON sultaTiôn LIX.
Sur des tumeurs froides apres la petite vérole.
I L paroîc par la relation que le jeune
malade a des glandes depuis quelque
tems fous L’aifïeBe gauche,, qui font dures
& indolentes , & qui par conféquent
portent leéaraclere de tumeurs froides; il
eft confiant auffi par la; même rélation
qu’il furvinr au même malade il y a en¬
viron dix-huit mois à la partie poftérieu-
jre du coude du même côté une tumeur,,
qui par fes progrèspar la difficulté avec
laquelle elle a tourné en fuppurrarion , &
enfin par lafiftuîequi afuivifa fuppura-
tion , & qui fubfifte encore avec opiniâ¬
treté _,.eft démontrée participer ou être de
la nature des tumeurs froides. Cette
cireonftance eft confirmée par la tumeur
quf fe forma dans la fuite , ou trois ou
quatre mois apres , au-deflus de la che¬
ville droite , fans aucune douleur , ni au¬
cun changement de la peau dans cette
partie.
De ces faits l’on doit conclure que
Ol MïDÎCINÎ. Sjf
î’anchylofe arrivée dans l’articulation du
•bras gauche avec l’ayant h ras du même
-côté , la fiftule qui s’y trouve, 5t lamai-
griiïement ou diminution du volume de
l’endroit voifin de l’articulation , même
de la main correfpondante , font les ef¬
fets d’une matière lympathique arrê¬
tée dans l'articulation , & qui s’étant en¬
durcie, a foudc en quelque maniéré les
têtes des osou les cartilages qui s’entre^
touchent. Il eA même naturel de penfer
que cette lymphe eft d’une conftitutioji
dëche, groffiere, acrimonieufe , & entiè¬
rement analogue à celle des glandes de
l’aiflelle, 5c de la tumeur qu’on a remar¬
quée d’abord à la partie poftérieure dq
coude, & qu’on a jugé devoir être re¬
gardée comme portant avec elle un ca¬
ractère fctophuleux.
On ne dit point dans la relation s’il
y a eu dans la famille dé pareilles difpo-
fitionsjinais on croit pouvoir affurer que le
levain de la petite vérole a donné lieu au
développement de celui qui a occafionné
la premiete tumeur , l’anchylofe , Sc les
glandes de l’aiflèlle.
L’amaigrifTement des parties placées
au-deüous de l’anchylofe prouve claire¬
ment une affection finguliere des nerfs
5)8 Consultations choisies
qui s’y drftribuent ; & laconftitution vb
cieufe du corps de la lymphe, c’eft-à dire
fonépaifIiflèment,& Ton acrimonie/uppo-
fient que toute la mafle des liqueurs par¬
ticipe au meme défordre.
Pour tirer tout le parti poffible de î’an-
chylofe & des accidéns qui l’accompa¬
gnent , on doit fie propofer de r edi fier les
digeftions -, de rendre la malle du fang
plus fluide & plus coulante ; d’en corriger
l’acrimonie qui a pris le detfus ; de tarir la
flftuîe , 5c de redonner la liberté des
iïiouvemens aux parties qui l’ont per-,
du par la foudure des os qui s’entretou¬
chent. On efipere queces indications fe¬
ront remplies, autant que l’efpece delà
.maladie peut le permettre, par le moïen
des remèdes fiuivans.
On commencera par purger le jeune
malade avec cette médecine.
i TV R G AT 1 O N.
Prenez rhubarbe concaflee une demi-
dragme ; faites bouillir légèrement dans
l’eau de fontaine , & diflolvez dans la li¬
queur coulée réduite à quatre onces, de
inanne de Calabre , fyrop de fuc de rôles,
& de fleurs de pêcher,de chacun une de-
hMimcin!. 3#
mi-once ; faites une potion qui fera pri-
fe le matin avec le régime convenable.
Immédiatement après on donnera a a
jeune malade pendant dix matins un
bouillon fait avec la moitié d 3 un jeune
poulet,ou un morceau de maigre de veau,
demi-dragme de racine de fquine coupée
par tranches , une écrévifiè de riviere
étouffée dans, l’eau chaude., & écrafée
dans un mortier , & une pincée de feuil¬
les de cerfeüil. On jettera dans le pot fur
la fin de la coékion fix cloportes lavés Ôç
étouffes dans le vin blanc. On reitérera la
même médecine à la fin.
Pendant les douze matins fnivans le
malade boira un verre ordinaire de petit-
lait , qu’on tirera du lait de chèvre caillé
le foir avec la préfüre ordinaire , & qu’on
féparera de £on fromage pour le clarifier
le matin avec le blanc d’œuf.-On y jette¬
ra pendant cette clarification fix clopor¬
tes lavés &. étouffes dans le vin blanc ,
auxquels on- donnera une ébullition de
quelques minutes avec le blanc d’œuf, y
éteignant en. même tems un ou deux
clous rouilles & rougis au feu. On dif.
foudra dans le petit lait.coulé un peu de
fucre roial, & on finira par le purgatif.
On aura recours, enfui te chaque ma-
360 Consultations choisies
tin à fepc heures, & tous les après midi
vers les quatre heures,à cetre préparation
4e lait.
L Aï T :
Prenez cinq onces de lait de vache ou
de chèvre, & cinq onces d’une légère dé*
çodion de fqnine que vous jetterez en-
jfemble dans un vailieaa propre pour ex-
pofer le mélange à un feu fort doux. On
4écrêmera à tnefure que la pellicule fe¬
ra formée, évitant l’ébullition, & conti¬
nuant de même jufqu à la diminution du
tiers,ou approchant de la moitié. On dif-
foudra dans la colamre un peu de fucre
roïal 4 & on aura foin de repurger à la
fin 9 éc de faire deux fois chaque jour
cette préparation de lait un peu avant la
donner.
Suppoie que l’eftomac du jeune malade
s’accommode bien de ces préparations de
lait, on lui fera prendre le matin pendant
un mois & demi, ou même deux mois,
une petit verre de lait de vache, ou da-
aeffè entier, fi le goût de ce dernier ne le
rebute pas , y mêlant chaque fois une
petite cuillerée de la fécondé eau de
chaux -, 6c, file lait du matin palfe bien,le
malade mangera le foir à fou fouper une
BS M I B î C I N E,
çetîte foupe, ouerêmede ris, ou de gruau,
au laie de vache, purgeant au milieu &
à la fin.
.Durant ce même tems on donnera ,
d’abord de deux en deux & en fuite de
trois en trois jours, dans la première "cuil¬
lerée de foupe à l’heure du dîner à l’en¬
fant, une poudre faite avec huit grains
d’antimoine diaphorétique , & quatre
grains de fàfran de mars apéritif prépa¬
ré à la rofëe du mpis de mai.
Si le jeune malade écoit affèz docile
pour vouloir teter, il conviendrait beau¬
coup mieux de lui choifir une excellente
nourrice , & de le faire teter pendant
très-long-tems. Et, comme cette feule
nourriture pourroit ne pas fufifire , on
Î jourroit joindre un peu de bouillie au
ait de vache, ou un peu de foupe, ou de
panade au Eouîilon, ou du ris ,, &c en¬
fin quelques œufs frais avec un morceau
de pain.
Mais fi le malade refifte, & ne veut
point fe réduire à cette efpece de nour¬
riture , le printems prochain on revien¬
dra aux mêmes bouillons, au petit-lait,
au lait coupé avec la déceéUon de fquine,
& enfin au lait de chevre entier le ma¬
tin , & à la foupe ou au ris au même lait
Tomt K . Q.
$<ji Consultations choisies
le foir., dans le même ordre , & avec
les mêmes précautions qu’on a propofées
pour l’automne.
A l’égard du panfement de la fiftule, il
doit être très-fimple., ôc on fe contente¬
ra d’appliquer alternativement fur cet
endroit, ou l’emplâtre de mucilage éten¬
du fur un peu de toile qu’on changera
de tems en tems, ou des -feuilles de plan¬
tain ou de poirée’, ou de grande fcrofu-
laire.
S’il était néceftaire pour la fortie du
pus, on toucheroit légèrement le bord
de la fiftule avec la pierre infernale fans
qu’on doive rien craindre de cette ma¬
nœuvre , pourvu quellefoit exécutée pat
un Chirurgien entendu. ,
On a déjà emploie bien des onguens
ou linimens -pour dégager les parties en~
chylofées, mais fans fuccès j on pourrok
faire venir des eaux de Bagnols, & en
doucher le bras duJeune malade une fois
par Jour pendant une femaîne , obfêrvant
de faire tiédir l’eau de la douche d’une
manière graduée. On pourroir enfuite
tenter le bain du coude & de l’avant-
bras affecté dans la même eau de Ba-
gnols auffi tiéde , & continuer l’ufage de
ee bain pendant une autre femaiae. SI
ds M ed e e îki.
ses fecours réuffiffoienc, on les emploie-
roit plus long-tems,& dans la fuite ois
«eonduirok le malade à Bagnols , ou à Ba-
reges, pour donner au bras des douches 9
ou des bains.
On doit engager le jeune malade à fè
inourrir abfolument hors du tems du laie
.avec des foupes à la viande, des crèmes de
ris au bouillon , quelques oeufs frais ,
& des bouillies avec le lait. On le privera
de toutes les crudités, & de tous les ali-
mens falés, épicés, indigeftes ou échauf-
fans.
Délibéré à Montpellier le 6> août 1744^
■Signé. :a M o N T A G N E.
CON SXJLTÀTION LX.
Sur une chaudepîjfe d’une Dame*
L ’Ecoulement d’une matière purulent
te & verdâtre, dont Madame com¬
mença à être attaquée au mois de février
de l’année 1743 , avec des fentimens
d’ardeurs & de feu plus ou moins vio-
lens dans le vagin , 8c le canal de l’ure-
thre, a été regardé avec beaucoup de rai-
$<?4 Cqnsuxtations choisies
fon comme produit & entretenu par uû
levain vénérien. Cette idée a été d'autant
plus fondée quelepoux de la malade a
effuié même avant cette époque des acci-
dens vénériens pour Iefquels il faitaduel-
lement des remèdes fans en avoir tiré au¬
cun fruit.
Il eft confiant par le mémoire que Ma¬
dame s’eft fervi des fec.ours les plus appro¬
priés p.our,terminer iamaladie qui 1’inq.uié-
te,Scquiauroit dû ceder .à leur aétion. Cet¬
te .opiniâtreté, mérite une attention parti¬
culière , & donne lieu de craindre qu’il ne
faille encore recourir à des remèdes plus
efficaces pour parvenir à une cure r.adica*
le.
On ne dît pas dans la relation û dans
le tems que Madame & Monfieur ont
emploie des remèdes ils n’ont pas coha¬
bité enfemble ; cependant il eft certain
qu’un commerce habituel entre deux per*
formes dont le fang eft infe&é caufê des
impreffions beaucoup plus fortes dans la
malle de ? s liqueurs de l’un & l’autre , &
l’expérience journalière démontre que dans
ces circ.onftances on doit compter fur une
infe&ion générale qui ne cède qu’au feui
Ipécifîque adminiftré avec les derniere.s
précautions.
ïïE ïvf i Br'r c-r n i.
If faut pourtant convenir que les pertes
qu’on appelle communément blanches
dans les femmes font très difficiles à gué¬
rir de quelque caufe quelles dépendent.
Les Praticiens les plus expérimentés en
font fi perfuadés qu’en commençant le
traitement de ees fortes de maladies , ils
ont foin de prévenir les perfonnes du fexe
que l’écoulement ne cédera pas même
aux fri&ions mercurielles , & qu’il de¬
mandera un nouveau traitement après el¬
les dont il n’eft pas permis de garantir le
foccès.
Ces faits étant une fois établis, il eft
aifé de conclure que l’écoulement pour
lequel on demande confeil fera difficile
à guérir de quelque maniéré qu’on s’y
prenne ; mais comme la ptifanne fudori-
fique & les préparations de mercure dont
©n s’eft fervi intérieurement & extérieu¬
rement n’ont pas réuflï , & que l’on dis¬
tingue un fond d’acrimonie dans la maf-
fe du fang d’un cara&ere particulier , le
Confeil eflr d’avis de ne pas recourir aux
remedes mercuriels fans avoir aupara¬
vant mis enufage, même très-long-
tems , les adoucifïans & les balzamiques.
Far ce moyen on entreprendra une cure
dans laquelle on vifora à traiter l’écou-
Consultations choisies
fenoent comme fimple., & fans levain vé¬
nérien, ou en tout cas on fera une pré¬
paration abfolument néceffairepour venir
dans la fuite aux oncïions mercurielles,
avec plus de fureté, & d efpérance de:
rétablir la fantéde Madame.
On ne connoîc point Tétât où fe trouve
Monfieur, mais il eft abfolument nécef-
faire de~ commencer à fufpendre toute.-
ibrte de commerce en même tems que
Madame fe déterminera à fuivre ce quf
va être confeillé dans la Confultadon.
On commencera par faigner Madame-
du bras, & le lendemain, de la faignée ,
©n lui fera prendre le matin le bain do-
meftique tiède , qu’elle continuera pen¬
dant fix jours de fuite, & où elle demeu¬
rera une heure chaque fois, avalant à la.
fortie un bouillon fait avec un jeune pou-
let 3 demi'onc.e de femences,de pavotblanc
- concailée & enfermée dans un nouer
. & une poignée en tout des feuilles de.
pimpinelle & de chicorée blanche,.
Fendant cet intervalle on fera venir-
les eaux de Mié, que Madame boita pen¬
dant Cix matins, mais dégourdies ou tié-
des, didblvant le premier jour de la boiC
fon dans le premier verre deux onces d&
manne & trois dragmes defel d’Àngletere-
b ê Médecins. $6?
te. On aura la même précaution le fixié-
me jour dans le dernier ou pénultième
Terre de ces eaux.
Madame reviendra d’abord après pen¬
dant fix nouveaux matins aux bains do-
meftiqnes.&: aux mêmes bouillons à la for-
tie, pour reprendre tout de fuite pendant
fix autres matins les eaux de Mié avec
les mêmes précautions qu’on a déjà eu
l’honneur de preforire.
Immédiatement après Madame boira
pendant une quinzaine de matins une
écuellée de lait de vache coupé avec par¬
ties égales d’une légère décodHon de (qui-
ne , & décrêmé à un feu très-doux jufi-
qu’a la diminution du quart ou du cin¬
quième. On y éteindra fur la fin un mor¬
ceau de brique rougi au feu , & on diflou-
dra dans lacolature un peu de fucre roïal r
puxgeant- à la fin avec cette médecine.
PURGATION.
Prenez une once de tamarins , moelle ,
de caffe récemment extraite & non mon¬
dée de fes noïaux deux onces ; fleurs de
pêcher une poignée y fel d’Angleterre une
dragme j rhubarbe concafïée une demi-
dragme j faites bouillir dans une fuffifan*
te quantité d’eau de fontaine , & diflol-
QJiij
‘36-8 Consultations choïsiis
vcz: dans la colature réduite à huit onee*
deux onces de manne ; faites une po¬
tion qui fera prife le matin avec le ré¬
gime.
Après ces préparations on aura recours
au lait danefle entierque Madame pren¬
dra le matin dans fon lit, commençant
par lin grand verte , 8c montant peu à
peu à la quantité de 1 ecuellée. On y mê¬
lera chaque fois une cuillerée & demie
ou deux cuillerées de la fécondé eau
de chaux. Ce remède fera continué juf-
ques vers la fin de novembre sil pa&
bien ; &, après les. premiers dix jours
d’un eifai favorable on. donnera le foir
à l’heure du fou per une foupe, ou un ris,
ou un gruau au lait de vache, aïant foin
de purger au. milieu & à la fin de l'ufage
du lait.
Durant ce même tems on ajoutera,
d’abord de deux en deux 8c enfuite de
trois en trois jours, à la première cuil¬
lerée du lait d’ànellè une poudre faite avec
douze grains de karabé blanc réduit en
poudre,dix grains de cachou brut, & huit
grains de baume fec du Pérou auffi ré¬
duits en poudre.
Madame paflera fon hiver en ufant de
tems. en tems d’un, lait de vache coupé
DE MEDECINE. 5<?9f
avec rinfufîoii de vulnéraires deSuiffele
matin, ou d’une foupe, ou d’un ris au
même lait le foir.
Le printems prochain on examinera
avec beaucoup d’attention l’état de Ma¬
dame y & on s’aiïurera en même tems de
celui de la matrice, pour ne pas fe mé¬
prendre du coté d’une difpofition particu¬
lière dans* ce vifcére, &, fi l’on eft con¬
vaincu que les premières cures ont été
imparfaites y & que le levain vénérien n’a.
pas été détruit entièrement, on aura foin
vers le commencement ou le milieu du;
mois de mars, d’cmploïer la faignée difc
bras, & enfuite la purgation , pour don¬
ner d’abord après durant dix matins uœ
bouillon fait avec un morceau de mai¬
gre ou de mou de veau une dragme de
racine de fquine coupées par tranches
deux écreviflès de riviere étouffées dans
l’eau chaude Sc écrafées dans un mortier
& une poignée en tout des feuilles de-
chicorée amers & de crefîônde fontaine.
Àïant été tepurgée à la En , Madame:
prendra pendant un mois ou environ le:
lait d’ânefiè entier, ou. celui de chevre, le?
matin, y mêlant chaque fois deux, cuil¬
lerées de la fécondé eau de chaux_.
Agrès les dix premiers jours de ce îaifc
37°' Consultation? choisies-
Madame ufera chaque après midi vers-,
les quatre heures du bain domeftique tié*
de , où elle demeurera une heure cha¬
que fois. Aïant pris autour- de dix-huit;
bains , elle fera reflàignée & repùrgée..-
pour reprendre encore une autre, cou.*-
ple de bains.
Ces préparations aïanE? précédé; 3 ©*&
viendra à la difpenfa&ion des ondionss
mercurielles. On aura foin - dé faire pré- -
parer la pommade au tiers-, & avec let
mercure revivifié du cinnabre. Il îfeffi
permis que de confeiller une cure géné¬
rale, parce que la conduite de la cure.*
demande qu’on voye exadément .,
pour le moins une fois -par jour , les ef¬
fets du remède , .qu’on le tienne en bri¬
de . & quon ne néglige rien pour quil •
ne porte pas-du. coté de la bouche. On ;
le propofera de couvrir tout le corps
dans douze ou quatorze fri étions, com«-
mençant par deux dragmes 6c demie ou;
trois de pommade pour chaque fri dion,
& ne frottant.que d’un côté jufqu’à et:
qu’on foit àla ceinture.Alors on augmen¬
tera la quantité de la pommade jufqu’à-
une demi-once pour chaque ftidion 3 mais
par degré , & laiffant deux jours francs
d’une friction à- l’autre. Oa~ tâchera - dt-
» i Médecin i. 37 ï
îaiffèr la malade dans les linges trente-
cinq à quarante jours, la nourriflant avec
du lait le matin , une foupe à la viande '
au dîner, & une couple d’œufs frais , 8c
un peu de pain, une écuellée de lait de
vache ou de chevre décrêiné vers les qua¬
tre heures de l’après midi, & une fou~
pe , ou un ris au bouillon ou au lait vers
les huit, heures , avec un peu de pain.
Sa boiflon ordinaire fera une infufion des
feuilles féches de capillaire préparées à-
la maniéré du thé. On terminera le trai¬
tement par une faignée & une purgation» -
Pendant le cours des remèdes qui fe¬
ront exécutés jufqu’àu commencement :
des onctions , Madame fera nourrie avec
des potages à. la viande , du bouilli 8c
du rôti. Elle s’abftiendra des ragoûts, de
la pâtifferie , ; de la friture , des falades ,
dès fruits cruds, & de tous les alimens
groffiers, indigefies , ou échaufiàns.
Mais fi les remèdes conleillés jufqu’au
printems avoient produit un effet gra¬
cieux , on informeroit de l’état de Ma¬
dame avant de rien entreprendre. Il fe-
roic inutile au refre de la traiter fi Mon¬
iteur ne prend en même teins le même
parti.
. Délibéré à Montpellier le 14 . aoûtï
Î 744 *.. fijTié , M o h t a G îi-î. ■ Qjj ,
372. Consultations choisie?'
===== " = ' ^ - 3 =^
CONSULTATION LXL
Tour des attaques d’épilep/îe.
L A perte delà parolej’embarràs'ou con-
fufîoiT.desrdées Je ferrement ou conf-
_> tridHon des parties voifines de la gorge,les
agitations ou mouvement involontaires
qui fe paflent dans les bras & Sans les
jambes, &. enfin la falivatiom abondant-
te dont Monfîeur a déjà efftiyé plufieurs
attaques $c pendant la. nuit & pendant le
jour , portent le caraéfcere des vapeurs
eonvulfives 3 & l’on doit naturellement,
les rapporter à la fécherefîè , k- lepailfif-
ièment-, & à l’acrimonie de la mafle-du
iàng, & à un-vice organique furvena;
dans les vaifTeaux du--cerveau.
L’état des liqueurs que'l’on vient d’é¬
tablir a d’abord été une fuite- du tempé¬
rament vif & mélancfroiique de Mon-*
fieur , mais il a été de plus annoncé preT
que dès ^enfance par un dévoiement ou
- cours de ventre , qui étoit devenu, beau¬
coup plus confidérabîe pendant les cinq
dernieres anpées qui ont devancé le com--
Mmcemeiit des. attaques conyulûves*-
B E M E 15“ g C I H F Ï 7 f
Le cours de ventre opinâtre auquel -
Monfieur a été fojet , foppofe un défor-
dre dans les digeftions qui porte avec lui
quelque chofe d’hérédkaire , puilque le
pere du malade & fa-famille ont l’eftomac
mauvais, de forte que , félon toutes ap¬
parences le couloir du foc gaftrique, $t
des différentes efpeces- de lymphe qui fo
fopârent dans. les inteftins, s’eft trouvé
foible Jk propre à laifîèr palier des ma¬
tières pus vifqueufès &' acrimonieufes-
tout enfemhle , comme le ténefme qui
s’eft toujours fait fentir à la fin du cours-
de ventre, & les. légers-embarras du foie
ne permettent pas- d en douter.
La vie appliquée,& les occupations peur
meforées. de Monfieur , dans fon comp-
toir,ont beaucoup contribué à augmenter
les difpofitions-héréditaires qui ont occa-
jfionné & entretenu le dérangement des=
digeftions ; & la fofpenfion du cours de
ventre depuis le mois de janvier dernier
a donné lieu au mélange d’une plus gran¬
de quantité de crudités dans la malle du
Jàng , & a retranché en même tems la
dépuration qui fe paftoit à la faveur d e
la diarrhée : aini ces deux circonftances
jointes enftmble ont déterminé les atta¬
ques de vapeurs couYuifwss deux- mois
3"4 Consultations choisies-
après ou environ. Ce fait femble demo#
tré parce que un nouveau retour dé cours,,
de ventre a,fait di’fparoître , ou fufpen^
du,.pendant fa durées lès accès ouparo-
xy fines des vapeurs.
L’impreffion qu’ont reçue les vaifleaus-
•du cerveau eft prouvée par la pefanteur,
& les maux de tête , qui précèdent, ou
fuiventdes attaques, par la foibleffe quel¬
les lalflent après avoir, fini, maj&fuc-toute,
par le vertige & la maüvaife odeur qui
ont accompagné ou précédé, les vapeurs-
eonvulfives.
Pour prévenir lès fuites dé l’état pré—
fent de-Monfieur, l’on doit-avoir en vue
. de redrelier les digeftions , de porter une
divifion douce & ménagée dans la malle,
du fàng , d’en diminuer l’acrimonie qui
a pris, le défias, de la faire rouler avec
* liberté dans les vaifieaux du cerveau , èi
de redonner au genre nerveux la. fouplef-
fè qu’il a perdue. 0n fe flatte que les in*
dications feront remplies par ie moïen-
des remèdes fuivans.
Monfieur étant arrivé cHez lui , & s’y
étant repofé-deux: ou trois jours, com¬
mencera par fe faire faîgner du pied , &
vingt-quatre ou trente heures après on-
mtérera. ceue. faigpée-ce l’autre pied
I? E M £ S Ï'CnfEi $755
purgeant le furlendemain de cette fecon»
de.faignée.avec cette médecins..
P' V RG A T: LO Nî-
Prenez., une once de tamarins ;- une ’
< dfagme de rhubarbe concaflee; fleurs de
mauve & dé pêcher 5 de chacunes deux?
pincées : .faites bouillir dans l’eau de fon¬
taine jufqu’à ce qu’il relie une livre de
colature , dans laquelle vous difloudrez -
une once & demie ou deux onces de man~
ne de Calabre , & une once de fyrop de
chicorée compofé.Faites unepotion pousr
dëux^doiès , qui feront prifes le matin # ,
laiffant entre elles dqux heures d’inter vaL-
le.
Pendant lès fix matins fuivans , Mon-
feur prendra le demi-bain domeftique tiè¬
de,ou il demeurera une heure chaque fois*.,
avalant à la fortie un bouillon fait avec un.
morceau de maigre deveamunedragme de
racine de valériane fauvage concaflée ,
quatre fcrupules de celle de pivoine mâle
suffi concaffée 3 jdeux écreviflis de riviere
.étouffées dans l’eau chaude. & écrafëes
dans un mortier, une pincée des feuilles
de cerfeuil , & autant de fommicés de
menthe. On jettera dans le pot fur la fin
3?6 Consultations choisie?
de la codion une dixaine de cloporte?
lavés Se étouffes dans le vinblanc.
Monfieur, s’étant repofé pendant deux
/©u trois jours-, reviendra aux mêmes de-
mi-bains , & aux mêmes bouillons peœ*
idant fix nouveaux matins , aïant la pré-
caution de terminer ces- remèdes par: la
médecine déjà confeillée.
Immédiatement après Mbnffeur ufera,
pendantdouze matins del’opiate ci-jointe,
êc boira par-deffus chaque- dofe une oïl
deux taffes d’infuüon des feuilles féches
de- citçonelle préparée à la maniéré. ck&
thé;.
O P 1 A T É.
Prenez conferves de kynorthodoïî?
êc d enula campana-, de chacune deux
dragmes & demie ; poudre de guttete
& antimoine diaphorétique_, de chacun
deux dragtnes y racines de valériane en
poudre , 8c cloportes préparés , de cha¬
cunes quatre fcrupules ; extrait de: geniè¬
vre & «de rhubarbe de chàctmane drag-
me , cinnabre d'antimoine un fcrupule^
faites avec le fyrop de pivoine une opia-
se, qui ffra partagée en douze prifes éga¬
les.
Monffeux boira enfuîte pendant üs.
nf MEDECINS. _ 7
matins un grand verre de petit-lait qu 1 on
tirera du lait de vache caillé le foir avec
la préfure ordinaire , & qu’on féparera
de Ton fromage, en le laiflant égoutter
pendant la nuit à travers un linge pour
le clarifier le matin avec le blaiic dœ&f..
On y jettera pendant cette clarification.'
huit cloportes lavés & étouffés dans le
vin blanc, une pincée des fommités fé-
ches. & fleuries de germaudrée , ou petit
chêne, auxquelles on donnera une ébulli¬
tion de quelque minute avec le blanc d’œuf,
y éteignant en même tems fin morceau
de brique rougi au feu*. On dHlbudra dans.
le petit-lait coulé un peu de fucre roïal*
& après ces fix- prifies Monfiêur repren¬
dra pendant fix autres matins la même
opiate avec i’infafion- de citranelle 3 vC
fs repurgera apres ce terme.
Suppofé que le petit lait ait bien paflr,,
Monfiêur recommencera fon ufage , êL
le continuera pendant douze matins „
©bfervant d’y faire éteindre le morceau
de brique rougi au feu, 8c les autres cir—
confiances déjà prefcrites. On aura, te-
cours au purgatif ordinaire à fa fin;
Mais fi au contraire le petit-lait n’a--
voit pas réuflï , on lui fubftitueroit 1er
bouillon coafeillé ci-deiTus pendant &
37§ ' Consultations choisies
matins, & la même opiate avec l’infufio£
de méliiïe pareillement durant fix nou¬
veaux matins ,.fe fervant du purgatif à la
fin.
Monteur paflèra fon hiver en ufant
pendant une femaine du fafran de mars'
apéritif préparé à. la rofée du mois de
mai, à la dofede fept à huit grains dans
la première cuillerée de foupe à l'heure de
fon dîner. î! fe repofera enfaite pendant
une autre femaine pour avaler pendant
Ja fuivante chaque matin-un Bol fait avec
dix-huit grains de poudre de guttete quW
incorporera avec quelques gouttes de
fyrop de capillaire , beuvant par def-
fus une ou deux rafles d’infufion de
feuilles fêches de citronelle, ou de fleurs-
de muguet » onde tilleul, au fil féches &
infufées à la manière du thé. Monfieur
continuera ces mêmes alternatives ou dut
fafran de mars,-.ou du boiavee l'infufîoR,
durant tout l hiver , fe repolant comme
il a été. dit après avoir- fini chaque remé*
de.
Ile printem s prochain on aura recours
à la faignée du pied & à la purgation ,
Bt d'abord après Monfieur reprendra les ;
memes bouillons pendant dix matins
an fui te l’opiare. avec, lïnfufion de. citron-
î>i M ï D i e t ü L ?75>,
ïreîle , & enfin le petit-lait avec les pré¬
cautions déjà prefc rites pour le premier
ufage de ces remèdes.
Mais fi le petit-lait n’avoit. pas pafle 5 ,
on fubftitueroit pendant une vingtaine
de jours- un bouillon fait avec une mor¬
ceau de collet de moutonne fang,le foie,
le coeur, 8c la chair.dune tortue dune
groffeur raisonnable, une dragme de fe-
mences de pivoine mâle enfermée dans
un nouer, une pincée des feuilles de cer¬
feuil,. & une pincée des. fommités de
menthe , terminant les- bouillons par la
médecine-ordinaire».
Gn ne propofe pas le lait d’ânefie, pafir
ce que l’on croit devoir attendre qu’on
donne avis au printems prochain de l’é¬
tat de M'onfieur , & de l’effet des difiré-
rens remèdes mais principalement du.
petit-lait, pour fçavoir s’il eft permis de
recourir au lait d’ànefie.
Il eft abfolument néceffaire que Mon—
fieur obferve un exaét régime de vivre ,
qu’il abandonne pour quelque tems les-
occupations pénibles de toute efpéce, 8ç
iùr-tout celles qui demandent.de la con¬
tention d’efprir.. Il fe nourrira avec des
potages à la viande, du bouilli & du rôti» .
B.slabftiendra.. des ragoûts, delafkiture^
jjSo Consultations choisie*
de la pâtilFerie,dès falades,des fruits cru Jï,
des légumes, & de tous les alimens de-
haut goût, grolîierSjmdigeftes, ouéchauf-
fans. Il Coupera très-frugalement, & boi¬
ra très-peu de vin,& extrêmement trempé.
Délibéré à Montpellier le rr.août 1744.
Signé , Montagne,
CONSULTATION LXIi
Sur ajjsüion hyftêriqus'.
L Es accidens- dont Madame étoit atta¬
quée eii arrivant en cette ville du-
roient depuis plusieurs années ., & avoient
réfî-fté à une grande quantité de remèdes
quelle avoir pris de toutes fortes de per-
fonnes pour fuivre fou empreiîement, à
recevoir du foulagemenr. On crut après
l’avoir exactement examinée qu’011 de¬
voir principalement s’attacher à bien cou-
flokre là maladie,qui paroifiait très-com¬
pliquée, & dont le véritable caraClere fem-
bloitun peu équivoque. Après les, réfle¬
xions convenables , on fut convaincu que
les difFérens accidens qui fubfiftoient
pour-lors pouvoient fe réduire à des dou-
leiîxsLde tête plus ©u moins violentes x Su
»E Medicisi 3^ï
accompagnées de tintement d’oreilles ; à
des maux d’eftomac habituels qui i obii-
geoient à manger plu heurs fois durant le
jour, •& même pendant la nuit, fans-obfer-
'Ver aucune régie entre les repas -, à des
rapports très-incommodes & qui tour¬
noient fur l’aigre $ à une chaleur & fé-
eherefle de poitrine avec une toux inquié¬
tante-, à des feux dans les entrailles , 8c
.aux reins ; à des palpitations de cœur ; à
des douleurs rhumatiques dans différen¬
tes parties i à des pertes blanches <jui ne
difparoifient qu’à l’arrivée des rouges ; à
un iên.timent de froid très» violent dans
les extrémités inférieures , à une infom-
nie très-défagréable j & enfin à une gran¬
de maigreur avec une foibleffe générale.
Toutesces incommodités étaient jointes
à une grande trifteffe, à un dégoût pour la
foclété, & pour la vie , à un penchant ex -
trême pour la fblirude & la retraite , à
une crainte continuelle de tomber dans
Une maladie fuivie d’une mort prompte,
ou qui tiendroit de l’incurabilité, à un
éloignement elfentîel pour tout ce qui
pourroit lui fournir des motifs d’une ef-
pérance flatteufe ; & enfin à une confier-
nation qui rendort inutile tous les ef¬
forts de la raiforn
fSi Consultations choisies
Tant de fymptomes bizarres & complL
qués ne permirent pas de méconnoîcre la
maladie pour laquelle Madame deman-
doit du fecouts& le Gonieil afleœblé
décida qu’on devoir la regarder comme
.une affedion mélancholique , ou vapo-
-reufe 8c hyffcerique , qui avoir fait des
progrès très confidérables, 8c dont la gué-.
arifon 1er oit difficile. .
Le même Conreil jugea que tous les
accidens, dont on a donné le détail, mal¬
gré leur multiplicité & leur bizarrerie,
dévoient être rapportés! deux cauiesgé¬
nérales , 8c qui leur croient communes j
c’eft-a dire à îepailMèment & à la fau-
mure de la mafle du ffing , 8c à la rrop
grande élafticiré ou tenfion Ipafmodique
du genre nerveux.
Les chagrins extrêmement vifs 8c re¬
doublés que Madame avoir effiuiés pen¬
dant plusieurs années , & la contrainte
■continuelle quelle s’étoit faite pour ca¬
cher fa lituation , avoient portés des im-
prefTons très-fortes fur les organes des
digeftions,& fur les différentes parties qui
entretiennent les fondions les plus nécef-
faires à la vie ; de forte que le fangtomba
dans un état d’épaiffifîement & de faumu-
refont les liqueurs digeilives fc refleuri-
©E M£©ï CINE. ^%\
d’une manière plus marquée. Le mé¬
lange d’un chyle mai.travaillé dans la ruade
dulàng pendant plufieurs années, en aug¬
menta le délordre de jour en jour.. Il Te
communiqua aulS à tout le fyftême des
iblldes , & principalement au genre ner¬
veux , dont la fenfibilité fit de grands
.progrès. Le couloir utérin ne fut pas à.
l'abri des changemens vicieux furvenus
dans les liqueurs, comme les pertes blan¬
ches habituelles ne permettent pas d’en
douter. L’amour de la vie & la crainte
d’une mort prochaine fe faifîrent de l’efi-
prit de la malade, ôc la jetterent, à indu¬
ré que les aeddens fè renforçoient, dans
une triftefiè & une mélancholie auxquel¬
les Madame éroit entièrement livrée.
Pour fuivre les régies de la bonne pra-'
tique dans le traitement des accidens
4 ont Madame étoit fatiguée, on convint
.qu’on devoir fe propofer de re&ifier les
digeftions, de procurer une divifion dou¬
ce & ménagée à la maflè du fang , d’en
-corriger la iaumure qui avoir pris ledef-
fus, de relâcher & d’aflouplir le fyftêmç
.des folides , Ôc de modérer la force & la
vivacité des ofciHâtions du genre ner¬
veux. Pour remplir ces indications a on
;fe fervic de plufieurs remedes » donc oa
5$4 Consultations choisies
Ce contentera de décrire certains en géné¬
ral , pour donner un détail exadt de cer¬
tains autres qui ont le mieux réulîî, &
dont on pourra faire ufage dans la fuite.
Quoique les faignées neproduifentpas
ordinairement des effets fort brillans, on
fut d’avis d’en faire une du pied , & de
recourir un ou deux jours après à une
purgation. On confeilla des bouillons faits
avec le maigre de veau , une couple d’é-
crevifies, quelques plantes ftomachiques,
êc les cloportes en vie. Après une fécon¬
dé médecine on eut recours à une opiate
ftomachique & antifpafmodique, faifant
boire par-deffus une infufioft de feuilles
féches decitronelle préparée à la manié¬
ré du thé. Après -s’étre fervi de cette
opiate pendant une douzaine de matins,
on finit par le purgatif, qui fut fuivi d’une
préparation de petit lait continué pendant
une autre douzaine de matins ,•& termi-
néeparla médecine ordinaire.
On eflaia le lait d aneffe entier , qui pa¬
rut avoir quelques fuccès.Les eaux miné¬
rales acidulés ne furent pas négligées,
mais on fut obligé de les quittér parce
qu’elles ne pafïoient pas bien.
On fe détermina à emploïer les bains,
domeftiques pendant les grandes chqleurs.
B* Me O* CI NE. ?S*
£:on les continua pendant long-rems. On
peut même affiner qu’ils firent beau»
coup de bien à Madame , & qu’ils
ont en quelque maniéré déterminé le bon
effet des remedes-qui les ont fui vis.
Quand Madame a paffé des nuits in-
quietes, on a pris le parti de donner
les caïmans le foir pendant quelques
jours, mais fous differentes formes , c’eft-
à-dire fous la forme d’émuifions quand
l’infomnie a été accompagnée de chaleur,
& fous celle de potion quand la chaleur
n’a pas été de la partie & qu’il y a eu des
maux d’eftomac.
FORMULE DE L'EMULSION,
Prenez une demi-once des quatre dé¬
mences froides majeures ; pilez-les dans
le mortier de marbre, y verfent peu à
peu autant d’eau d’orge qu’il en faut. Fai¬
tes bouillir légèrement la colature, &
dîflblvez dans fix onces fix dragmes de fy-
rop de capilaire , & trente ou trente cinq
gouttes anodynes de Sydenham. Faites
une émulfion qui fera donnée à l’heure
du fommeil.
Tome V.
R
3 85 Consultations choisies '
FORMULE de la potion ,,
Prenez eaux de coquelicot & de méü£,
fe fimple ,de chacune une once & demies
poudre de guttete un fcrupule *, fyropde
nénuphar une demi once -, teinture ,ano~
dyne de Sydenham trente ou trente cinq
gouttes j faites un julep qui fera pris à
l’heure du fommeil.
Ces deux remedes ont ordinairement fait
paifer de bonnes nuits , & on en a con¬
tinué l’ufage plus ou moins, fuivant la né-
ceffité.
L’automne étant arrivé, Madame prie
le lait d’ânelfe entier , & ne le quitta que
vers le mois de décembre. On avoit foin
de mêler avec chaque prife deux cuille¬
rées delà fecondeeau de chaux. Le pur¬
gatif avoir précédé, & fuivi tubage de ce
lait.
Dans le printems paffé, Madame a
ufé des bouillons de tortue , auxquels on
ajoutoit une couple d’écreviflès, les feuil¬
les de chicorée amere & de creflfon de
fontaine ; & en fuite on a employé le lait
de chèvre, à qui, n’aïant pas bien réufli.,
on fubftitua le lait d aneflè avec l’addition
de l’eau de chaux à chaque dofe. Durant
B ï M E » ICI K H. 387
des chaleurs de l’été Madame a pris le bain
domeftique , & elle vient actuellement de
'boire pendant une douzaine de jours les
bouillons de tortue. On a eu foin d’entre¬
mêler le purgatif dans le cours de ces
remedes.
Madame devant partir inceflamment,
fufpendra toutes fortes de remedes juf-
qu’aptès fbn arrivée chez elle ; & , après
s’y être repofée le tems convenable , on
la purgera avec cette médecine } qui a en
un bon fuccès dans ce païs-ci.
' V V R G A T 1 O N.
Prenez fix dragmes de tamarins ; rhu¬
barbe concaflëe une dragme ; fleurs de
violettes & de pêcher de chacunes deux
pincées : faites bouillir dans l’eau de fon¬
taine jufqu’à ce qu’il refte flx onces de li¬
queur , où vous ferez infufer deux drag¬
mes de fénémondé: vousdifloudrez dans
la colature une once & demie de manne
■choifie, & une once de fyrop de fleurs de
pêcher.Faites une potion qui fera prife le
matin avec le régime convenable.
Madame pourra enfuke prendre pen¬
dant cinq ou fix iemaines le lait d’anef-
fe entier, à la dofe d’une écuellée cha-
Ri)
388 Consultations choisies
que fois, avec la précaution d’y ajoute*
deux cuillerées de la fécondé eau de
phaux. Elle terminera l’ufage de ce lait
par le même purgatif.
.Si,elle tomboit dans des infom : nies,ou des
inquiétudes qui les lui procuraflènt , elle
aura recours le foir en fe couchant à 1 e-
mulfion dont on a donné la formule ci,,
deftus ^ fi elle fe font échauffée ; ou à la
potion li elle ne fe font point de chaleur.
On pourroit augmenter la dofedes goût-
tes anodynes , fi celle qu’on a fixée nç
calmoit pas allez. Cette augmentation fo
fera de cinq en cinq gouttes chaque fois,
continuant l’un ou l’autre de ces remedes
fuivant le befoin.
, Pendant l’hyver Madame peut ufor du
iaip de vache coupé avec le thé le matin
pour fon déjeûner , & manger le foir à
Ion fouper une foupe ou un ris au lait de
vache de cems en teras. Si on juge qu'elr
le ait befoin d’être purgée , on fo forvira
de la médecine preforite ci-deflus.
Il eft abfolument nécelTaire que. Ma¬
dame obferve un bon régime de vivre, &
qu’elle fe réduife à faire deux repas par
jour, ç’eft-à dire qu’elle dîne &c quelle
foupe ; mais on l’exhorte d’obferver la fru¬
galité à fon fouper. Elle fe nourrira avec
D t M E D É C r N’ t. 3
des potages à la viande , du bouilli & du
rôti, sabftenant des ragoûts, des entre¬
mets y des faîades , des fruits cruds, des
légumes, & de tous les alimens grollîers,
ïndigeftes , ou écliaufïàns. L’ufage du caf-
fé Ôc du chocolat a paru lui être nuifible,
aiüfielle s’én abftiendra ; mais Madame
aura loin de fe diftraire par la promena¬
de à pied ou en voiture, par la fréquenta-
tiondu fpe£tacle’& des compagnies où el¬
le pourra s’amufer gracieufement , &
par toutes fortes d’occupations qui puif-
..lent éloigner les retours de fes anciennes^
idées trilles 5 & de fon penchant à la mé-
îancholie.”
Délibéré à Montpellier , ce %août
*744. Jignè 3 Montagne.
39 ° Consultations choisi is
CONSULTATION LXIII.
Sur uni colique rénale compliquée avec des
mouvemens épileptiques. Le malade de plus
efl attaqué de la colique quon nomme co-
lica pidonum.
I L eft confiant par la- relation dreffée
par Monfieur le Médecin ordinaire que.
le jeune malade , âgé présentement de
douze ans , efl fujet depuis l’age de trois
ou quatre ans à une colique rénale , qui,
après avoir laiffé pendant plafieurs an¬
nées des. intervalles confidérables , sefi:
rendue très-fréquente depuis une année
ou environ ; fes retours arrivant chaque
fèmaine , & depuis fept ou huit jours une
ou deux fois par jour dans les vingt-qua*
tre heures , fi l’on compte du jour que la
relation a été écrite.
Cette maladie fut fuivie ou précédée
dans le tems de fa première époque par
trois accidens d’une afFedion convulfive,
qui % après une longue trêve , a reparu
dans cinq ou fix occafions , pendant le
cours de cette derniere. année , & a fui-
vi régulièrement les derniers accès de co*
B ï M I' D I C I N E. 39Î
Bque devenus journaliers , ou fixés en
quelque maniéré k une ou deux fois par :
jour, puifque Ton a remarqué des mouve-
mens convulfifs dans les extrémités fut
périeures inférieures , & dans pref-
que toutes les parties du corps , les at¬
taques de la colique étant terminées.
Dans l’examen qui a été Fait de l’état
des urines depuis plufieürs années , on a
obfervé qu’elles étoient tantôt rouges &
tantôt noires ; qu’on y diftinguoit des
flocons de fang lorfqu’elles. étoient colo¬
rées en rouge , & qu’on leur avoir don¬
né le tems de fe repofer ; & quenfin les
urines qui ferobloient les plus naturelles
dépofoient un fédiment plâtreux -, mais
t-rès-leger-, fe corrompant très facilement,
mais fur tout dans les circonftances où el¬
les étoient noires- ou obfcures.
Il eft enfin confiant que dans les der¬
niers accès de convulfions le malade s’eft
plaint d’un grand mal de tête & d’une
grande douleur dans la région lombaire
du côré droit durant le paroxyfme de la
colique & des mouvemens convulfifs. Ces
derniers accidcns s’étendent dans le bas-
ventre, & y occafiontient une fenfibilité
qui fe fait appercevoir , furtout en pal¬
pant ces parties. La douleur dans la ré-
$9 z Consultations choisies
gion lombaire fubfifte après les paroxyft
mes fous le cara&ere d’une pefanteur ha¬
bituelle , & fixée au coté droit. Tous ces
différais fymptômes ont eu leurs retours
jufqu’ici fans aucun mouvement de fiè¬
vre.
Le Confeil affèmblé a examiné avee
beaucoup d’attention les accidens énon¬
cés ci-delfus , & il croit que l’on doit
regarder la maladie dont if eft ici quef-
îion comme très-délicate, & comme com¬
pliquée d’une colique rénale , à laquelle
s’eft jointe une colique inteftinale ôc con-
vulfîve tout enfemble.
Si l’on a égard aux floccons de fang
que l’on remarque dans; les urines en les
mettant dans un verre , il eft naturel de
penfer qu’il y a un vice particulier dans
le rein droit , &, félon toutes les appa*
rences, un corps étranger- d’une figureir-
réguliere qui occafionne le mélange du
fang avec les urines.
Les attaques convulfives arrivées dès le
commencement de la colique rénale, c’eft-
à-dire vers f âge de trois ou quatre ans ,
ont été la fuite de quelque défordredans
les. vaiffèaux du cerveau,dont on doit con¬
clure la continuation-par le renouvelle*
ment des mouvemens convulfifs;, & pas
B! MlD!C!lfI. î93
la douleur de tête qui accompagnent leur
attaque.
La maigreur du jeune malade, & la
couleur plombée de Ion vifàge doivent
être regardées comme les productions
d’un lang.épais, & en même-tem's acrimo¬
nieux , & dépourvu de fa férofité. De
ces faits & de la foibleffe du cerveau dé¬
montrée dès la tendre enfance , & enfiiv
du vice organique qu’on a. lieu de con¬
jecturer dans le tiiTu du rein droit , on
déduira très-fimplement les accidens bi¬
zarres dont le jeune malade a été fati¬
gué depuis la troifiémeou quatrième an¬
née de fon âge. La fympathie des nerfs
qui fe diftribuent dans le bas-ventre don¬
ne des moyens très-méchaniques pour
cette explication & le caraCtere pério¬
dique de la maladie fuppofe. un foyer-
particulier qui fournit de tems en tems*
& qu’on ne fçauroit raifonnablemenc
établir que dans les premières voies.
Pour tirer tout le parti pofïble de l’é¬
tat préfent du jeune Monfîeur ,on doit fe-
propofer de redifier les digeftïoas ,de
rendre la maffe du fàngp.lus fluide & plus
coulante , de lui fournir le baume & la
détrempe qui lui manquent, de la,faire
îquIse, avec liberté, & dans le cerveau
K :w
3CONSULTATIONS CHOISIES
& dans le rein droit, & de corriger îe
vice organique qu’on a droit de foupçon-
ner dans ces parties. On Ce flatte que ces
indications feront remplies par lé moï'en
des remedes fuivans , autant que la na¬
ture de là maladie & fes progrès peuvent
le permettre.
On pourra commencer par une peti¬
te faignée du bras , obfervant de la faire
hors des paroxyfmes, & le lendemain ou
le furlendemain 9 choifîflant toujours le
tems libre, on purgera fuivant cette
formule»
T V R G A T / O -N,
Prenez flxdragmes de pulpe de tama¬
rins 5 moelle de caffe récemment ex-
traitej & non mondée de fes noïaux, deux
onces j fleurs de pêcher deux pincées •, fel
d’Epfom deux fcrupules j faites bouillir
dans l’eau de fontaine ,& diflbudre dans
la liqueur réduite à fix onces , après l’a¬
voir preflee 9 une once & demie on deux
onces de manne de Calabre j faites une
potion qui fera prife le matin avec le ré¬
gime convenable»
On pourra faire prendre en trois dif¬
ferentes fois, hors duparoxyfme_ 3 & me-
DE MEDECINE. 39 J
me pendant le paroxyfme , la potiomfui-
vante , dont on continuera l’ufage pen¬
dant tout le tems que les attaques per-
fifteront avec opiniâtreté.
J V L E P.
Prenez eati de mélilfe fimple trois on¬
ces ; diffolvez-y un fcrupule de poudre
de guttete , douze grains de fuccin blanc
préparé ; huile d’amandes douces, & fy-
rop de limon, de chacun une demi-on-*
ce , teinture anodyne de Sydenham
quinze gouttes j faites une potion qui fer
ra prife en trois fois.
On pourra dans la fuite augmenter la
quantité du calmant, fi on le juge né-
eelfaire, ou donner la potion en deux
fois au lieu de trois. On retrancheroit mê¬
me le calmant , fi fôn ufage ne paroif-
foit pas favorable, fe fervant d’ailleurs au
relie de la potion j on pourroit enfin l’em¬
ployer tantôt fimple & fans narcotique,
& tantôt dans fa compofition entière. Ce
feraà'Monfieur le Médecin ordinaire de
régler ces modifications.
Immédiatement après on donnera' le
matin , ou à une autre heure commode,
& hors du paroxyfme, pendant fix jours
R vj
3 ç)é Consultations choisies
au jeun'e malade le demi-bain domeffiquc
tiède j ou ?1 demeurera une heure chaque
fois & il avalera à la fortie un bouillon
fait avec un morceau =de maigre de veau-^
ou de collet de mout&mune dragme de ra¬
cine de pivoine mâle concaflee, deuxécre-
viffes de riviere étouffées dans l’eau chau-
de.& écrafées dans un mortier, mie demi-
poignée de feuilles de chicorée.amere , 8 c
une pincée de fleurs de tilleul ou de petit
muguet.
Ayant laiffe repofer Monfeur pendant
deux ou trois jours oit reviendra au demi”
Hafn & au même bouillon durant flx au¬
tres jours avec la précaution de réitérer la
même' médecine à la fin, & de recou¬
rir à Tufage dè la pction confefilee ei-
dëfltis, en exécutant ces remeder, flla-né-
ceffité l’éxige.
On fera enfuite prendre à Monfieur
pendantune dixaine de mâtins un bol fait
avec quinze grains dé poudre de guttete
& huit grains de cachou brut réduit en
poudre a qu’on incorporera avec quelques
gouttes dè fyrop de capillaire pour for¬
mer le bol.Il boira par-deflus un grand ver¬
re de petît-iait qu on tirera du lait de chè¬
vre ou de vache caillé lé-foir avec la pré-
fure ordinaire ; Si qu’on féparera de fou
|
BS Mis-ECIN!, Ï9T
fromage, en le laiflant égoutter pendais:
la nuit à travers un linge pour le clarifier
le matin avec le blanc d’œuf, y éteignant
en même tems un morceau de brique
rougi au feu. On dÜToudra dans le petit—
lait coulé un peu de fucre. roïal & on.fi¬
nira par le purgatif.
Suppofé que le petit-lairait bien paie
on aura recoura d’abord après,au lait d â-
neflè entier qu’om donnera le matin, &
qu’on continuera pendant une couple de:
mois, fi l'effomac du malade sien accom¬
mode , commençant - par un grand verre ,
& montant - peu à peu jufqu’à la quantité
d’une écuellée médiocre. On pourra mê¬
ler avec chaque prife- une-cuillerée oit
une cuillerée & demie de la fécondé eau
de chaux, 8c on ajoutera, d’abord de deux
en deux, 5c enfuite de trois en trois jours y
à la première cuillerée de. ce lait- une
poudre faite avec douze grains de corail-
îouge préparé^ huit grains de cachou
brut-réduit en poudre , & autant de pon¬
dre de guttete. On ■ repurgera àda fin du
lait, êcmême au milieu , fi on le juge à
propos.
/. Si le. lait de marin avoir bien- paflé pen¬
dant douze ou quinze jours , on en feroit
prendre une feconde prife le loir à l’heu-
üe du coudicr.
3 98 Consultations choisies
Mais fuppofé que le laie d’âneflè ne:
réuffîftèpas , on reviendroit aux mêmes
bouillons pendant une dixaine de matins -,
&, les aïant terminés par le purgatif, on
feroit reprendre la même préparation de
petit-lait & le même bol pendant douze
©u quinze matins avec 1 la précaution de
repurger à la fin.'
Il paroit inutile de propofer une plus
grande fuite de remedes ; mais on pourra
donner avis dé l’effèt qu’auront produit ,
ceux que Ion vient de propofer , & l’on
verra par les éclaircilîe'mens reçus le par¬
ti qu’on devra prendre»,.
On pafie fous lîlence le régime de vivre ÿ
parce que Monfieur le Médecin ordinaire:
voyant journellement le malade pourra
le prefaire plus à propos, & s’acccom-
moder aux differentes variations dont
la maladie eft fufceptible , 5 c qu’il n’eft
pas permis de prévoir. On croît au refte
que les caïmans ménagés à propos con-
viennent, & pendant les douleurs de co¬
lique rénale s & pendant les accès de la
convulfive.
Délibéré à Montpellier ce iy- aou£
J744. Signé } M ont a g n i 4j
J>-F
M i D E C I K 2.
09
CO N S U L T ATI O N LXIV.
Sur une dartre répanduefur tout le cerfs, &
un rhumaûfme genteux.
L À dartre qui parut au côté de la tête; 1
il y a environ dix-neuf ans , & qui »
par les grands progrès qu’elle a faits de¬
puis, s’eft étendue dans prefque toutes les
parties du corps , eii y formant des croû¬
tes blanches & fort épaifles, doit être re¬
gardée comme la production de la lym-•
phe cutanée devenue extrêmement grof-
fiere & acrimonieufe, & en même tems
propreà s’arrêter dans fes couloirs, où
elle a caufé des ulcères qui ont brûlé la
furpeau avec la peau , <k pris la tournu¬
re de dartre croûteufe.
Le Rhumatifme gouteux , véritable¬
ment poftérieur au développement de la
dartre , mais dont Monfieur a eifuyé des
attaques très-fâcheufes , doit être rappor¬
té à la conftitution. grofîiere & acrimo¬
nieufe toute enfemble de la lymphe ,qui
fe lépare dans les glandes mucilagineu-
fes des articulations & des parties tendi-
neufes , & qui aïaiit engagé fes couloirs
4oo- Consultations chgisïes
â produit une difpofition phlogiftiqrre*
dans les parties où cet embarras s’eff
formé j &c donné-, lien au gonflement
Sc aux douleurs qui ont accompagnéie
rhumâtifme.
L'opprefiîon que' Mon fient fouffrev.
pour peu qu’il fatigue, & les rhumes?
fréquens auxquels il eft fujet dans l’hy»
ver j avec une toux plus ou moins in¬
commode y 8c enfin le crachement de
fâng qui s’eft mis de là partie dans certains
cas, fuppofent des concrétions lymphati¬
ques ou tuberculeufes dans le tiflii des
poumons-, qui font auffi une fuite du dé-
ibrdfe de la lymphe trachéale & pulmo¬
naire.
De ces faits if eibaifé dé conclure que*
îâ portion blanche du iang de Monfieur
eft affèdée d’une maniéré particulière, ês
que la groffiereté & l’acrimonie qui y do-'
minent font inféparables de celle de tou¬
te la maflè du faog , comme le tempé¬
rament plein d’ardeur &dé feu du ma»
lade le prouvent évidemment.
Les fatigues de la chah?, & fintempé^
rance dans les- pîaifirs de la table, mais
fur-tout dans là ' boîflon , ont beaucoup
contribué à développer & à augmenter de
plus en plus l’état vicieux dé-la mafie à»
de 'Med e c rur. 40^
ferrg que Monfieur avoic apporté en ve¬
nant au monde.
Pour tirer tout le parti poffible de la
dartre & du rhumatifme gouceux qui
font le fujet de cette Confultation , 011
doit fe propofèr de mettre les digeftions
en régie ; de procurer une divifion douce
êc ménagée à la mafle dV fang ; d’en cor¬
riger l’acrimonie qui a pris le: défias î de
déterger y êc de faire tomber les croûtes
dartreufes ; ôc enfin- de prévenir de nou¬
velles éruptions de‘leur part, & d’em¬
pêcher le retour des attaques du rhuma¬
tifme gouteux. On efpere que ces indi¬
cations feront remplies par le fecours des
remèdes fuivans, autant qu’il efl per¬
mis de s’en flatter, eu égard à l’anciemre-
té & à la nature des deux maladies donc
il eft ici queftiom - '
Monfieur étant arrivé chez lui, &rs’y
étant repoféquelques jours, commencera
par fe faire faigner du bras, & .ôn lui ti¬
rera fept ou huit onces de fang, réitérant
la même faignée de i-autre bras trente
heures aprè? , pour le purger le lendemain
d'e cette fécondé làignée , avec deux pin¬
tes mefùre de Paris ou environ d’eaœ
minérale de Vie, qu’on aura foin de fai¬
re tiédir ou dégourdir, en les buvant. Qm
4©i Consultations choisies
difloudra dans le premier verrre deux
onces de manne en larmes ; & , fi Mon-
ïîeur le vomifloic , il continueroit la boif-
fon de ces eaux jufqu’à la fin de la quan¬
tité marquée, & on difîoudroit dans le
dernier verre deux onces ou deux onces-
& demie de fyrop de rofes folutife
Immédiatement après Monfieur boira-
pendant une .vingtaine de malins un bouil¬
lon fait avec un morceau.de' maigre , ou
de mou de veau , la chair-, le foie, le
fang , & le cœur d’une tortue d’une
grofleur raifonnable, une once de racine
de. lapathum acutum, & une petite poig¬
née de feuilles de. chicorée blanche-On-
jettera dans le pot fur la fin delà coc-
tion une pincée de feuilles féches de lier¬
re terreftrè, .repurgeant à la fin avec la
médecine confeillée ci-defius.
Si on ne pouvoir point recouvrer de-
tortue Js4 Monfieur uferoit pendant une
douzaine .de matins d’un bouillon fait
avec ma morceau de maigre , ou de
mou de veau, les cuiflès d’une demie
douzaine dé grenouilles , ' écorchées &
écrafées, deux écrevHTes de riviere étouf¬
fées dans l’eau chaude , & écrafées dans-
un mortier , & une poignée dé feuilles
de.chicorée blanche., & une. dixaine.de.
n I MEDECIN- E. 40
cloportes lavés & étouffés dans le vin
blanc, obfervant de recourir au même
purgatif
Pendant lés douze on quinze matins
fuivans Moniteur prendra le bol ci-
joint..
B O Z-
Prenez antimoine diaphorétique • quin¬
ze grains, cloportes préparés, dix grains
einnabre préparé phiiofophiquement un*
grain ; faites un bol; avec le fyrop capil¬
laire.
Moniteur avalera par-dèflus le bol 2
chaque fois une écuellée de petit-lait qu’on,
tirera du lait.de vache ou de chevre. caii- -
lé le foir avec - là pré&re ordinaire , ôc
qu’on féparera de fon fromage en le bif¬
fant égoutter pendant la nuit à travers un
linge pour le clarifier le matin avec le
blanc d’œuf. On y -jettera, pendant cette
clarification huit cioportes,lavés & étouf¬
fes dans le vin blanc , auxquels on don¬
nera une ébullition de quelques minutes
avec le blanc d’œuf, y éteignant en mê¬
me teins quelques morceaux de fer Touil¬
lés & rougis au feu. On diffôudra dans le
petit lait coulé un peu de fucre roïal, &
on finira par la ..même médecine...
4°4 CONSULTATIONS CKfOISIÏS
Monfieur boira enfuite le matin pen¬
dant une couple de mois le lait dânefle
entier , à la dofe d’une écuellée, y mê¬
lant chaque fois deux cuillerées de fa fé¬
condé eau de chaux ; & , fi le lait du ma¬
tin a bien pafle pendant une dixaine de
jours , il mangera le/oirà fon fouper un
ris y ou une foupe au lait de vache. Il fe¬
ra purgé a la fin du lait comme il a été
dit.
Fendant lufage du lait Monfieur pren¬
dra trois fois la (emaine le foir en fe cou¬
chant le bol prefcrit çi-deflus , fi mieux
il n’aime alternativement ufer auffi trois
fois la femaîne dans la première cuillerée
de foupe à l’heure de fon dîner du fafran
de mars apéritif préparé a- la rofée du
mois de mai, à la dofe de lept on huit
grain s*
Le printems procfiafn on réitérera la
faignée du bras,& la purgation,pour com¬
mencer le Bouillon avec les écrevidés &
îes grenouilles dont a parlé ci deflus , St
<Fabord après le petit iaitavec le bol, s’en
tenant aux précautions confeiîlées pour,
lé premier ufage dé ces remèdes.
Après ces préparations , on aura re¬
cours au lait de chèvre entier , que Mon¬
fieur prendra le matin à la dofe d’une-
Dî MEDECINE.'.’. 405
âcuellée jufqu’à l’arrivée des chaleurs , y
mêlant chaque fois deux cuillerées de la
fécondé eau de chaux. Le laie aïant bien
réuffi pendant quelques jours, Monfieujr
prendra le foir à. fon (ouper 3 ou une Lou¬
pe, ou un ris au même lait de çhévre;&:,
(1 fon eflomac s’effc bien, accommodé du
fait deux fois par jour , pendant dix ou
douze jours , il fera nourri en avalant
une écuellée de lait de chèvre entier le
matin , en mangeant une Loupe à la vian¬
de , à l’heure du midi , avec une couple
d’œufs frais & du pain , en buvant vers
les quatre heures une écuellée de lait de
chèvre légèrement décrêmé, 8 c en man¬
geant à fon Louper une Loupe , ou un fis
au laie de chèvre , avec un morceau de
paiu , ou quelques bifeuits. Pendant le
rems du lait, on employera deux ou trois
fois la femairie le bol déjà confeillé , à
,l’heure du coucher , ou le fafran de mars
à la même dofe , à l'heure du dîner. On
recourra au purgatif au milieu , 8 c à la
•fin de l’ufage du lait.
Vers la fin de mai , ou le commen¬
cement de juin prochain, les préparations
dont ojn vient de faire mention ayant
.précédé j on pourra tenter des on&ions
.avec la pommade iuiyaute j mais oa Le
-4°"S Consultations choisies
contentera de frotter d’abord une petite
étendue des parties affe&ées ,c’eft-à-dire
la moitié d’un bras, ou le tiers ou le quart
d’une cuilTe. Cn examinera l'effet que
produiront ces onétions ;-■& , fi on remar-
-quoit qu’à mefureque les dartres fe diffi-
peroient la poitrine étoit menacée, ou
que le rhumatifme fe renouvellât , on
abandonneroit abfolument les ondions.
PO M M A D E.
"Prenez ethiops minéral préparé avec le
feu une demi-''nce; foufre vif deux drag-
mes ; larmes de benjoin une dragme:-
magiftere de Saturne deux dragmes & de-
miejfaites avec le beurre frais, ou la pom¬
made de jafminiune pommade pour l'ufa-
ge. Trois onces de beurre fuffiront.
Monfieur doit garder un exad régime
de vivre, s’il veut tirer parti de ces re¬
mèdes , èt fe nourrir hors le tems de la
diette blanche preferite ci deffus , avec
des Poupes à la viande, du bouilli & du
rôti. Il s’abftiendra des ragoûts, des en¬
tremets-, de la pâtifferie, delà friture, des
làlades , des fruits cruds., & de tous les
alimens de haut goût., groffiers ,indigef
tes , ouéchauffans. Il le privera du vin , .
B £ M E D ï. C I N I. 407
s’il lui eft poffible de le faire , au moins
.durant L’ufage du lait, & dans les autres
tems il le ,boira extrêmement .trempé.*
. c'eft-à-dire un fixiéme ou feptiéme de vin
; iur cinq ou fix parties d’eau, il le ména¬
gera atiüE beaucoup pour les exercices de
la chaiïe 3 & il sien privera abfolument
pendant les mauvais tems.
Délibéré à Montpellier ce 28 août
1744. Jigné M o n t a c k e.
CONSUL T AT ION LXV.
Sur des palpitations de cœur , des vapeurs
: convdfives, des vertiges ; &c.
E Confeii afîèmblé a la avec beau-
JL-fCoup d’attention l’hiftoire de la mala¬
die qui a étéenvoyèe,&:il juge que les acci¬
se ns irréguliers dont Monfieur a été a : ta-
quéprincipaletnent depuis.fa feiziéme an¬
née , ou environ , peuvent fe réduire à des
^palpitations decœur 5 auxquelsil devint fu.
jet dès-lors , ôc pour leique’les on em¬
ploya beaucoup de remèdes, Sc deux ac¬
cès de vapeurs çonvulfives , aocompag-
4o§ Consultations choisies
îié% de perte de connoiflànce, ôc de tout
fentipent, donc l’un .arriva le treiziéme
avril de l’annéee 1743 > & l’autre le quin¬
ziéme feptembre de la même année ■ à
des tournoïemens 4e tête furvenus peu de,
tems après le premier paroxyfme convul-
Hf,avec des inquiétudes & des pîeursjà des
étonnemens mêlés de veilles y ou d’une
grande difficulté de prendre le fomœeil,
de fo nges & d’idées lugubres , peu de
rems après le fécond accès des vapeurs
convulfives ,avec des attaques de palpita¬
tion , avec perte de mémoire 8c de con-
noifîàace qui ont paru en dernier lieu ; à
une diminution confidérable de l’embon¬
point , & un changement manifefte dans
la couleur du vifage , malgré une foule de
remèdes qui ont été mis en ufage depuis •
plus de treize mois , & même, long-rems
auparavant.
Le'dénombrement des accidens men¬
tionnés ci-delïus ne permet pas de mécon¬
naître la maladie’à laquelle on n’a point
trouvé à propos jufqu’ici d’affiguer un
nom , mais que l’on doit regarder com¬
me une aâèdion mélajichdjque, & hy¬
pocondriaque par fes commencemens ,
Sc comme compliquée depuis le 13 juin de
l'année
©TE M e BEC ITT!. 40?
1 ? année 1743. de vapeurs réellement cor-
vulfives.
On doit naturellement rapporter le dé¬
veloppement de tant de fymptômes , &
par confëque-nt de la maladie avec Ces
complications, à la conftitution épaifle ÔC
acrimonieufe de la maffè du fang , 8 c à
un vice organique fixé dans les vaifTeaux
du-cerveau.
L’état .des liqueurs que l’on vient d’é¬
tablir eft démontré dès l’enfance par la
mollefle de Monsieur dans fés adions ,
& par fon tempérament mélancho-
lique , dont le dégoût ou l’éloignement
qu’il a eu pour les plaifirs deftinés
■à cet âge a été une fuite , mais fur- tout
par les difpofitions du fang hérédi¬
taires dans fa famille, tant du coté pater¬
nel que maternel , Madame fa mere
étant morte d’un cancer , 8 c Monfieur _
fon grand pere maternel ayant été fu;et à
des dartres très,fâcheufes , 8 c à d'autres
incommodités ; Monfieur fon pere aïant
eu des attaques fréquentes de palpitation,
8 c Monfieur fon grand pere paternel en
aïant fouflfert de pareilles , & ayant péri
par un polype dans l’artere pulmonaire.
Il parole par toutes ces circonflances
que Monfieur a hérité d’une conftitutioa
Terne r. S
4 i© Consultations choisies
du fang propre à produire des 'palpita-
cions de cœur, &c chargé d’un levain mê¬
lé du dartreux & du cancéreux, enve¬
loppé dans un fond de vifcofité répan¬
due dans toute la raalîe.
La foibleCe des vaiffeaux du cerveau
eft prouvée par le penchant extrême que
Monfieur a eu au fommeil durant pîu-
fieurs années ; par les tournoiemens de tê¬
te; par les abfcences ou troubles des idées
qui ont précédé les accès convulfîfs ; ; par
les étonnemens de tête qui ont fuivi; par
les deux attaques démontrées de vapeurs
convulfives, & par celles qu’il a eflùiées
en dernier lieu , quoiqu imparfaites, &
qui femblent avoir pris la forme de fya-
cope. .
. Les plaifirs folitaires que Monfieur fe
procura de bonne heure , & dont il abufa
durant quelque tems , & les remedes in-
cendians & diaphorétiques dont on s’eft
feryi depuis cinq ou fix années, mais prin¬
cipalement depuis le mois de juin de l’an¬
née 1745 , ont dépouillé le fang de fon
mucilage le plus fin , & en ont augmenté
le deflechement, la confiftance déjà vicieu-
fe , & l’acrimonie ; de forte qu’il ne faut
pas être fùrpris fi le fond de la maladie
jfubfifle encore. On ne fçauroit même dé-
3 J E M t D E C î N E. 4 I I
terminer avec précifion fi elle cédera fa¬
cilement à de nouveaux fecours ; on peut
au moins affurer , fans donner dans des
idées hazardées, que la maladie fera opi¬
niâtre, & que du côté de l'affection mé-
lancholiaue 6 c hypochondriaque,ces pro¬
grès feront même fufpendus avec beau*
coup de difficulté , fi Monfieur ne fournit
les reffources les plus avantageufes par un
bon ufage de fa raifoii 6 c de fa manière
de penfer.
Les vues que l’on doit avoir pour que
les nouveaux remedes aient un fuceès plus
gracieux font de mettre les digeftions en
régie , de procurer une divifion douce &
ménagée à la mafiè du fang , d’en adoucir
l’acrimonie dominante , 6 c de redonner
aux vaifîeaux du cerveau le reflort qui
leur manque Le Confeiljuge que ces in-
dications feront remplies par le moïen
des remedes fuivans.
Comme Monfieur a déjà efTuyé un
grand nombre de faignées, on peut Ce di£-
penfer de recourir à rette évacuation, fè
contentant de le purger inceflamrqent
fuivant cette formule.
-.ÇoRSULTATIONS CHOISIES
P V R G AT I O N.
Prenez tamarins un.once j rhubarbe
-concaiïée une dragme \ .fleurs de pêcher
8 c de violettes,de chacunes deux pincées -,
faites bouillir dans l’eau de fontaine , de
maniéré.qu’il en refte .une livre , dans la,-
quelle vgus ferez in fufèr deux dragmes &
demie de féné-j diflolvez dans la colature
deux onces de manne de Calabre; faites
une potion pour deux dofes 5 qui feront
prifes le matin., à deux heures de diftan-
ce.
Iramédiatement après Monfieuc pren¬
dra pendant neuf matins le demi-bain do-
meftique tiède, où il demeurera une heu*
re- chaque fois , avalant à la fortie un
bouillon fait avec un jeune poulet, ou un
morceau de maigre de veau • quatre fcru-
pules de racine de valériane fauvage,
deux écrevifles de riviere , -étouiïees dans
l’eau chaude , & écrafées dans un mor¬
tier , & une poignée ,en tout de feuilles
de pimprenelle & dè creflonrde fontaine.
Pendant les douze matins fuivans Moiv»
fleur boira une écuellée de petit-lait
qu’on tirera du lait de chèvre ou de va¬
che .caillé le foiravecla préfore ordinal*
à ï U k #1 c f N i. 4 IJ
te , 8c qu’on féparera de Ton fromage , en
Je laiflânt égoutter à travers un linge pouf
Je clarifier le matin avec le blanc d’oeuf.
On y jettera pendant cette clarification
huit cloportes lavés' &' étouffés dans-le
vin blanc , auxquels on donnera une ;
ébullition dé quelques minutes avec'le
Blanc d’œuf, y éteignant- en même tems
une couple de clous rouillés ,& rougis au"
feu , & réitérant la même médecine à la
fin.
On aura recours erîfuftfe au lait d’ânefi.
fè entier,que MonfieUr prendra le matin,
commençant par un grand verre, & mon»
tant peu à peu jufqu’ada quantité de l’é*
Cuellée. On y 1 mêlera chaque fois une
cuillerée & demie ou deux 1 cuillerées de
îa féconde eau de chaux. Si le lait dut-
matin a bien pafîe pendant une dixaine'
dé jours , on donnera le foir à l’heure du
coucher une féconde ptrfe de ce lait , ob-
fërvant de faire fouper Moniteur vers les •
fix heures du foir avec un potagë ou une
crème de ris au bouillon , & un morceau
de pain. On continuera l’ufage- du lait
jufques vers la fin de décembre, s'il pade*
8c on purgera au milieu, & même à la
fin , fi on le juge néceflàire , avec la mé¬
decine confieilîée d-dëffus.
* S ii$.
4*4 CoNSULTATIONi CHOISIES
Pendant l’ufage du lait, on donnerai
Monfieur trois fois la femaine le bol fui-
yant, qu’il avalera un moment avant le:
lait du matin.
BOL.
Prenez poudrede guttete quinze grains;,
cloportes préparés dix grainsjcînnabred an¬
timoine quatre grains ;faites un bol avec le
fyrop de capillaires, ou celui de îlechas,.
Monfieur paflera fon hyver en ufant
alternativement pendant lept ou Huit
jours le matin d’un bol fait avec douze
grains de poudre de guttete , & autant,
de karabé blanc préparé, qu’on incor¬
porera avec un peu de fyrop des cinq ra*
cines, buvant par-deflus'une ou deux taf-
fes d’infufion de feuilles féches de citro-
neîîè, ou de fleurs féches de petit nm-
guet ^préparée à la maniéré du thé; ou
d’un petit-lait de vache, compofé comme
il a été dit ci-deflus ,& durant l’ufage
duquel il prendra chaque jour dans la~
première cuillerée de foupe à l’heure de
Ion dîner huit grains de fafran de mars
apéritif préparé à la rofée du mois de
mai. En fuivantces alternatives du bol ou
du petit-lait, on, aura de tems en tem&
recours au purgatif.
DÉ MeCECISL , 4 -ï y
te princems prochain Monfieur réité¬
rera les mêmes bouillons, le même petit-
lait , & d’abord après le lait de,chèvre en¬
tier à la place de celui d’ânefie, commen¬
tant par la prife du matiny & faifant fui-
vre celle du loir dans le même ordre ,6c
avec les précautions prefcrites pour l’ufa-
ge de ces remedes dans l’automne.
Les chaleurs étant arrivées , Monfieur
prendra pendant huit ou neuf mâtins le
demi bain domeflique tiède , avec l’infu-
fîon des feuilles fiches de méliiTe , ou de
fleurs de tilleul auffi féches.àla foitie. Les
demi-bains finis Monfieur boira pendant
neuf ou dix matins un petit-lait préparé
comme il a été dit ci deffus pour revenir
une fécondé fois au demi-bain domefti-
que , & à l’infufion pendant une fécon¬
dé neuvaine, & tout de fuite à une autre
reprife de petit-lait pendant neuf ou dix
matins, terminant ces remedes par le pur¬
gatif ordinaire.
Suppofé que les demi-bains & le pe-
tft-lait aient réufïï,après un repos de quin¬
ze jours , ou de trois femaines, on les
recommencera , & on les continuera
comme la première fois.
Suppofé qu’on ait de petites eaux mi¬
nérales , comme nos eaux de Meyne én
S iiij
4*6 Consultations choisïts
Languedoc, ou* celles dé Pafli près de*
Paris j-ou celles de Sainte Reine en Bour¬
gogne , ou-celles de Nion, dans levoifî-
nage de Genêve , dans lefquelles à peine
diftingue - ton le minéral Monfieur
pourra en ufer pour fa boilTdn , ceft-àr
dire à-Ton ordinaire durant les-chaleurs de
l’eté j mais le Confeil n’eft point d’avis
qu’on emploie des eaux minérales plus,
chargées, & dans, une grande quantité
prife à la fois*
Si ; les iiifomnies & les troubles dans fe
iommeil perhftôient on aurait recours
aux pilules de cynoglofle, qu’on donne,
toit le foir à-l’heure du coucher , com¬
mençant par trois ou quatre grains-, &
en augmentant la quantité- enfuite par
rnn grain à la fois , jufqua ce qu’on eut
trouvé le degré néceflaire pour calmer.
On pourroit fubftituer à.ces- pilules cel¬
les de Matheus , ou Scarkey , qui font
iàponacées.
Il eft absolument néceffaire que Moiv*-
fîeur garde un boiv régime de vivre , &
qu’il fe contente de faire deux repas ré»
glés , fur-tout pendant le cours des-reme-
des confeillés ci-delïus. Il fe nourrira avec
des potages à la viande , dü bouilli & du-,
ïôtlà fon dîner } mais.il loupera très-fru*
RE Me d e C I N!. '417
gaiement. Il s’abftiendra des ragoûts, des
entremets, des iàlades, des fruits cruds ?
deslégumes , & de tous les alimeiis ven>
ceux, greffiers , indigeftes, ou échauf-
fans. Il évitera auffi toutes forces digita¬
tions violentes' ou paffions de Tarne.
Bélibéré à Montpellier, ce 15. fefg-
tembre 1744. [igné f Montagne
& O N S U L T A T I O N L XVI.
Mur une perte blanche* *
L Es douleurs- de tête qui Fatiguent lât
malade ; les fentimens , tantôt de
froid , tantôt de chaud qu’elle éprouve s-
cette partie ; Je tintement d’oreilles i les
éblouiflèmens ; le vertige; les fuffocadons^
îa palpitation-du cœur lés cardialgjes s
eu inquiétudes de l’eftomac, qu’elle fouf-
ire £r équernm eut 5 m ai s fur-toutaprès- avoir
mangés ©aie matin avant de prendre les>-
alitgens y la chaleur d’entrailles ;,lesgon=-
iemenspaflagers du.bas ventre , mêlés-
de petite colique 5 les-renvois & les rap-
ports ; la douleur aux reins ^ la perte
Manche habituelle s & qui depuis trois ;
. fcï*
4 1 S Consultations choisies
ans a donné place trèsi-rarëmcni à on
écoulement en rouge 5 & enfin l’irritation
ou l’ardeur qui accompagne pendant Pé¬
té la perte blanché 5 tous ces accidens r
dis-je , font les produétions d’un fang fec,
épais, & acrimonieux , & de quelques
embarras fixés depuis long-tems dans le
couloir utérin.
La fuppteffion prefque totale des éva¬
cuations menftruelles a beaucoup con¬
tribué à multiplier le défordre de la'maffè
du fang , ôc ^ a troublé les dépurations,
de toute efpece. Les digeftions fougaett-
fes qui fe font mifes de la partie ont oc-
cafiohné le mélange d’un chile greffier
dans les grands vaiffeâux ,8c rendu la
mafte des liqueurs , Sç plus engluée , &
plus acrimonieufe. Les chagrins extrême*
ment vifs*que la malade a efiuyés autre¬
fois j & la terreur que répandit dans fois-
ëfprit un coup de foudie qui la jetta dans
an péril conndérable , ont agi de concert
pour développer les difpofitions qui fe
trouvoient déjà dans le fang , 8c dans lef*
quelles il peut y avoir quelque choie
iTnéreditairey fi on a égard à. la tumeur,
fur venue au cold’un frerede Mademoi*»
felle. Laderniere grofièffe , quia été très-
fâcoramode t ëc l’abondance^ de lait qui
BE MEDECINE. 415»
a fuivi l'accouchement , ont pareillement
renforcé les caufes de tant de fympto-
mes.
Pour préyenir les fuites de letat pré-
iènt de la malade, on doit fe propofer de
mettre les digeftions en régie , de pro¬
curer une divifion douce & ménagée à la
malle du fang , d’en corriger l’acrimonie
dominante,, de dégager le couloir utérin ,
& de lui'redonner la liberté de fes fonc¬
tions menftruelles. On efpére que ces in¬
dications feront remplies par le moïen
des remedes fuîvans.
On commencera par faigner Made-
moifelle du pied , & on lui tirera deux
palettes delâng, pour la purger le lende¬
main , ou le furlendémain , avecfix dra-
f mes de tamarins s une dragme de rhu-
arbe concalFee , & une pincée dé fom-
mités de petite abfynthe , dont on fera
une décodion , dans un grand verre de
laquelle on laifTera infufer pendant la
nuit une dragme & demie de féné , dif-
iblvant le matin dans l’infufion coulée
une once & demie de manne , oc une
©nce de fyrop de fuc de fleurs de pêcher.
Immédiatement après Mademcifelle
Boira pendant lix matins un bouillon fait
avec un morceau de collet de mouton,
-Svj
'4x® Consultations choisies
une dragme & demie de limaille de fër
roui liée & enfermée dans un nouet, dèaW
écreviffes de riviere étouffées dans l’eau
chaude, & écrafées dans un mortier, èc
«me bonne demi-poignée des feuilles de
chicorée amere. 0 n- Jettera dans le pot
for la fin dé la-coétibmûrie douzaine de clo¬
portes lavés & écoufîes dans le vin blanc,
réitérant la-même médecine à la fin.
Pendant les fut- matins-fuivans J Madè-
moifeile avalera uii bol fait avec douze
grains de tartre chalybé folüble,dix-grains»
de cloportes en poudre , & fix grains»
d’extrait de genièvre, avec autant de ce¬
lui de rhubarbe, que l’on mêlera avec
quelques gouttes du fyrop des cinq raci¬
nes pour former le bol. Madémoifellé.
prendra par-de fins une eu deux taffés dé
thé j ou d’infufion-de feuilles féches dé
citronelle préparée à la-maniéré du thé ,
pour revenir- au même bouillon- le fep—
siéme jour, & le-continuer pendant Cm
nouveaux matins avec la précaution d’em-
flbïer lé purgatif à la fin..
Supnofé que le bol propofé ci^dèfiüfî
n’aft-point fatigué là malade , elle le re-
prendrawptmdancneuf autres matins avec:
le t.hé-ou- finfufion dé roéiïffe par-defius*
Orr ^xmnisra-k bol gar la- médecine, or»
diaairek
K E. M E D- E C- I N E; 4 '^ ^
Mademoilelle-boira en fuite- pendant»
douze matins- un grand verre a .ou une-
écueiiée médiocre , de pericdait que Ton.
tirera dur lait-de vache ou de chevîe caillé:,
la foir avec: la.préfure ordinaire, .& qu’on;'
féparera de Ton fromage-, en- le laiflans-
égoutter à travers un linge-pour le cla¬
rifier le matin avec le blanc d’œuf. On y~
jettera pendant cette clarification huit:
cloportes lavés 8c. étouffés dans ; le vin*
blan'c , & une pincée des fommitésde pe¬
tit chêne, ou germandrée, 'auxquelles on
donnera une ébullition de quelques mi-
nures aveele blanc d’œuf, y-e,teignant en-
même tems deux ou- trois clous- rouilléa
& rougis au feu , & emploïant le purga¬
tif ordinaire à la fin..,
Rendant l’hyver la. malade ufera deux-
ou trois fois la femaine dans la première
cuillerée de fcupe à l’heure de fon dîner
d’une poudre- faite avec huit grains de
cloportes e» poudre ,-fix grains de fafran
de mars apéritif préparé àv la rofée du
mois de mai 5 & fix- grains de cajfià ligne a.
On. pourra la purger de-mois 8c demi en
mois & demi, en attendant le prmtems-.
Pendantde cours de ces remedes,on aura
foin de lui donner deux- ou trois fois la
Semaine des kvemens avec l’eau fimple,&:
4*2.: CoNSlTLrATïOHS CHOISIES
quelques cuillerées d’huile.Elleboira auC
fi de cems eir rems, fur-tour pendant te
refte de ce mois , Sc le mois prochain *
d'une ptifane faire avec la racine de gra^-
men ou chiendent, & quelques fruits de
gratecul ou kynorrhodon^
Le printems prochain Mademoifelle réî-
©érera pendant neuf ou dix matins les bouih*
ïbns confeillésci-de{îüs,qui ferontprécédés
d’une faignée du pied, & dè ta purgation
^laquelle on aura auffi recours à la fin..
Immédiatement après' Mademoifelle
ufera pendant dix matins de I’opîate fui-
vante, avalant par-deffusuneou deux ta£-
fes d’infufion de thé- , Sc fe repurgeant
après ladixaine.
0 P IA T E.
Prenez de la conferve de kynorrhodon
trois dragmes 5 d’antimoine diaphoni¬
que , Sc de karabé blanc réduiren pou-*
dre , deux dragmes 5 de fafran de mars
apéritif préparé à la rofée du mois de maî,
& de cloportes préparées s ,dë chacune une'
dragme 8c demie ; d’extrait de rhubarbe
une dragmé , dont on formera une opiate
avec le fyrop dé capillaire , pour parta*-
ger la maife eu dix prifes égales.
Après les préparations la:malade boira
pendant dixdauic ou vingt Jours chaque
ft T. M E R€ G IRÏ, 48=5:
matin une prife de petit-lait préparé de
fa manière prefcritecidellus 5 & fe repuf~
géra en quittant le petit-lait.
Suppofé que cette préparation de îair
ait bien réufll, on donnera à la malade
pendant un mois chaque matin une écuel-
îee ds lait de chevre légèrement décremé s ,
êc dans lequel on éteindra un morceaur
de brique rougi au feu avec la précau¬
tion de revenir au purgatif à la. fin.
Pendant l’u fage.de ce lait on donnera
de deux en-deux jours- àt Mademoifelle
dans la première cuillerée de foupe à
l’heure de fcm dîner fept ou huit graine
de-fafran de mars apéritif préparé à la.
rofée du mois de mai.
On verra l’été prochain s*il convient de
donner à la malade des demi-bains dome-
itiques , & enfhite les eaux de Camarès*.
Il eft absolument nécelîaire que Made-
moifelle-gàrde Un bon régime de vivre 1 ,
quelle fe-nourri (le avec des loupes à la
viande , du bouilli & du rôti ; elle s’abf-
tîendra des ragoûts, des falades 3 des
fruits eruds des légumes , des châ¬
taignes & de'tops lesalimens groffiers 9
inaigeftcs ou écnauffàns»
Délibéré à Montpellier le octobre
1744. Signe > M o N T .A g K s.
4-2T2J. Consultations CHorsas^
G O NS U L T A TI O N LXVIL.
S'Ur une affeÜion vaporeujè & corrvidjîve 0 ^
L A perte de coniToiffance accompa¬
gnée ou précédée d’une efpece de dé¬
lire , d’un parler continuel^d’agitations*
très -violentes dans lés différentes parties •
Jâ corps mêlées de-mouvemens convut-
fifs, & enfin la. roideur ou - convulfiosv-
générale de tout lercorps dônt Màdemor*
felîe a été-fatiguée pendan£;einq ou ûx.
mois ne permettent pas- dé méconnoître
la maladie qui-fait lefujqtde cene Gon*
fui ration , Û que l’on doit regarder comb¬
ine une affédioir vaporeufe , & en mê*
me temsconvulfive , produite par lacon-
ftitution épaifiè & acrimonieufe de la-,
maile du fang, dé par un vice local éta»
bli dans les folides du cerveau.
L’état des liqueurs donc on vient dër
parler eft démonté par la vivacité du?’
tempérament de Màdemôifelle-, par fa=
grande fenfibilité >. par Tes mauvais effets:-
qu’ont produits.chez elle plufieurs remer
les. qu’on a. employés, mais fur-tout 1§
D E M E D E G I N E.
dernier qui eau fa des impreffions extraor¬
dinaires,^ qu’il eft inutile de détailler îc&
La difpofirion-vicieufe du fang' attaché®
au tempérament a été conlîdérablement
augmentée paries peines d’efprit qu’elle
a elfuiées, 8ë 'par le dérangement des di-
geftions qui fe trouve démont-répar le vo-
miflement de matières bitieufes &c par là-
mélangedb fan g quelles- entraînent.
Il nefl pas également aifé de détermi¬
ner en quoi conufte le-vice organique que
l'on foupçonne dans-le cerveau -, & qui
s’eft développé depuis long-tems dans les
premières attaques de perte de connoif-
lin ce; Oh-peut cependant le réduire , ou.
à des tumeurs-- lymphatiques’, ou à-des
varices ,„on à des t urne or s - anév-ri fm aies ?2l .
qui ont leur fiége dans le cerveau.-
Il faut pourtant convenir qu’outre le
dëfordre des flnides.& des folides -, il y a;
une minier© particulière qui fournit de
fems en tems des fes-propres à engluer ^
ou à gonfler la maflè du fang-, & à dé¬
terminer les paroxysmes ou accès de va.--
peurs convulfivés. On ns fçauroit natu*
rellement pîaeef. cette minière- quel
dans les premières voies ;ce qui efteon?
èrmé pat ce qui a été dit.ci-deffiis.hiu lg-.-
4^6 Consultations choisies-
dérangement des digeftions. On déduira-
es-facilement les accidens qui caraéte-
rifent la maladie , Sc tous les autres qui:
font énoncés dans la rélation, Sc qui de¬
vancent Sc fuivent les- attaques des faits
que l’on a déjà établis.
Pour tirer tout le parti poffibîe de l’é¬
tat préfent de Mademoifelle , on doit fe
propofer de reéftfier les digeftions,, de
procurer une divifion douce Sc ménagée
à la malfe du fang y d’en tempérer l’a-
crimonie dominante, de 1% faire rouler
avec uniformité dans le cerveau , & de'
redonner aux vaifleàux de ce vifcere , Sc
à.ceux de Peftomacpareillement fûibles y
le reftbrt qui- leur manque.- On fe flatte
que ces- indications feront remplies 'par
le moïen des- remedes fuivans.
La faifon n-’eft pas infiniment' propre'
k exécuter les remedes les plus conve¬
nables^ on va cependant confeiiler ceux;
que l’oii peut mettre en ufage inceflam-
ment.
On commencera par faigner Made—
moifelle du pied , & on lui tirera fept ou
huit onces de fang , & le lendemain ou¬
ïe- furlendemain de la faignée , on la pur¬
gera, de la-maniéré fuivante.
If! MîDIGÏHlr 4*7
TV RG AT 10 N,
Prenez une once de tamarins ; demi-
poignée de fleurs de pêcher, & deux fcru-
pules de rhubarbe concaflee , donc 011
fera une déeoéfcion, dans un grand verre*
de laquelle, après l’avoir coulée, on dif-
foudra deux onces de manne & une on¬
ce de fyrop de rofes folutif.
Immédiatement après Mademoifelle*
prendra pendant fîx matins un bouillon
fait avec un jeune poulet , ou un mor¬
ceau de maigre de veau , une dragme 8c
demie de racine de pivoine mâle concaC-
fée , deux, écrevififès de riviere étouffées
dans l’eau chaude, & écrafées dans un
mortier , & une poignée en tout de*
feuilles de chicorée amere- & de pimpî-
neîle^
Pendant les fix matins fuîvans Made-
moifelle ufera de l’opiate cî-joihte ^ava¬
lant par-deflus chaque dofe une tafle d’u~
ne légère infufion de thé , ou de feuil¬
les féches de roélifle, 8c revenant à la,
laignée du pied le foir de la fixiéme pri-
fe de l’opiate_
O P I A T E.
Prenez conferve de kynarriiodon. deux:
Co’NSüITATlOKS CHOÏSÎÎS
dtâgmesq poudre de guttete , & cacîioi*
ürut réduit en poudre, de- chacune une'
dragçne & demie ; antimoine diaphoréti-
que une dragtne j. extrait de rhubarbe*
une demi-dragnie pilules dè cynoglof-
fe quinze grains ; faites avec le. fyrop de
lofes féches- une opiate pour fix dbfïs#
égales.
Ayant réitéré la même médë-cine;-Gn
reviendra pendant fix- autres matins aa
même bouillon , tout de fuite à làunême
©piate& à la meme infufîôiipendant fix
nouveaux,matins ,.rérmiiiâut les reme-
des par le purgatif ordinaire-.
Pendant les douze ou dix-Huît matins
fui vans Madernoifélîè boira un grandT
verre,pu une. écueHeemédiocre,de petit*
îait qu’on tirera'du lait dë chevre ou dëiva*--
che caillé,le foir avec la prélure ordinaire,
'& qu’on , réparera de fon- fromage en 1er
fai liant'égoutter pendant la nuit à travers*
«n linge pour le clarifier le matin avec
Je blanc d’œuf. On y jettera pendant cet¬
te clarification une pincée de fleurs fé-
ches de gallium lutcum , ou as fon défaut
de celles de tilleul, ôi fept ou huit clo¬
portes lavés &'étouffés dans le vin blanc,
auxquels on donnera une ébullition de
quelques, minutes avec le.blanc- d’œuf »
bî Med e c i n e. 4*9
’ÿ éteignant en même rems une couple
jàe clous rouilles & rougis au feu , & finit
faut par la purgation ordinaire.
Mademoifejie palïera (on hiver en
ufant trois fois k femaine le matin d’un
ibol fait avec d 0 uzegr 4 ins.de poudre de
guttete,, dix grains de corail Æquge pro¬
paré . & iîx grains de cachou brut réduit
en poudre , que lion incorporera avec
queîques.gourtes de fyrop de capillaire
pour former ile bok par-deflus lequel il
faudra avaler une grande .rafle d’infufica
des .fleurs féçhes fle cicronelle , ou de
fleurs de tilleul auflî .lèches*
On pourra pendant le cours de l’hiver
emploïer la faignée du pied, fi on le ju¬
ge néceflaire , &.même dans les autres
laifons, obfervant de la faire quelques
jours avant l’arrivée des régies»
Le pnntems prochain on aura recours
J, la faîgnée du |«ed , aux bouillons à
iopiate avec Tinfufion , & enfin au petit
lait de chevre, préparé comme il a été
die 4 obfervant en tout les circonftances
énoncées ci-deflus ; & , fi l’eftomac de
Mademoiselle a-bipn Supporté cette pré¬
paration de lait., elle boira d’abord après
pendant tout le refte du printems le lait
4’ânefle., on de çhevre entier$ comment
43'0 CONSULTATIONS CHOISIES
cant par un grand verre, & montant peu ,
a peu julqua la quantité de l’écuellée*
Suppofé que le lait du matin ait bien
pa/Té pendant une dixaine de jours , k
malade mangera à Ton fouper, ou un
ïis , ou une loupe au lait de cfievre. Cn
purgera à la fin, & même au milieu de
l’ufagedu lait, fi on le juge néceifairé.
Pendant tout le tems du lait on ajoute¬
ra, d’abord de deux en deux , & eniuite
de trois en trois jours; à la première cuil¬
lerée de celui du matin une poudre faite
avec quinze grains de terre figillée , dix
grains de corail rouge préparé, & huit
grains de cachou brut réduit en poudre*
A l’égard du tems des attaques, com¬
me elles font fixées depuis long-tems, le
Coijfeil eii d’avis qu’on lailfe la malade
tranquille- pendant leur durée , à moins,
qu’il ne fur vînt quelque accident parti¬
culier qui demandât un fecours promp't.
Les chaleurs de d’été étant arrivées,
on pourra tenter le demi-bain domefti-
que tiède , où Mademoifeile demeurera
une heure ou environ chaque fois, ëc
qu’elle continuera pendant quatre ou
cinq matins ; & après trois ou quatre
jours de repos 3/ fi elle s’en eft bien trou¬
vée , elle reprendra encore cinq demi-
.© e Mïbicike. 45 î
?balns. On lui fera boire à la fortie une
talfe d’infufion de feuilles fiéches de ci-
tronélle.
On examinera l’effet que Tes demi*
Sains auront produit,&, s’ils fe trouvent
.favorables , on les réitérera encore pen¬
dant dix ou douze matins , lai liant quel¬
ques jours dereposaprès le fixiéme bain*
oblervant de ne les recommencer pour
la fécondé fois qu’après' une quinzaine de
^ours d’intervalle des premiers à ceux de
la fécondé reprife.
L’automne prochain on reviendra aux
«mêmes remedes qui ont -été confeillés
?pour celui-ci, fur-tout fi Mademoifelle
s’en eft bien trouvée ; mais , comme elle
pourra les commencer au mois de fep-
^ternbre, on y joindra l’ulage du lait
d’ânefïè pendant une couple de mois ,
après celui du petit lait , avec les pré¬
cautions qu’on a prefcrit.es pour le mê¬
me lait dans le prinrems.
Mademoifelle doit garder un exact ré-
• gime de vivre* &c fe nourrir avec des
foupes à la viande, des crèmes de ris au
• bouillon ou à l’eau , des avenats à l’eau*
du bouilli & du rôti. Elle foupera très-
frugalement , & s’abftiendra fcrupuleu-
4 ' 3’1 CoMS-ÜLTATIONS CHOISIES &C.
ferment des ragoûts, des entremets , des
falades , des fruits cruds , des légu*
mes , & de tous les alitnens greffiers} '
indigeftes, ou échauffans. Elle doit -éviter '
toutes fortes d'agitations , & de vivaci¬
tés ; & tâcher de prendre fur elle de fe
rendre beaucoup moins ■feafible aux .
évenemens que l’on aie fçauroit ni pré- •
venir ni éviter.
Délibéré à Montpellier le ij. no^
•membre 1744» figpê, ,Mojî t a g m e. . ,